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L’histoire des séries : Milwaukee Bucks vs New Jersey Nets

NBA Playoffs

Montage Une : Anthony Jeffrey pour Basket Rétro

C’est au tour des demies finales d’être décortiquées. Pour bien vous préparer, Basket Rétro vous a concocté un menu complet avec un retour dans l’histoire de la NBA en se basant sur les affiches actuelles et leurs confrontations passées. Place à Milwaukee – New Jersey.

Coup de coude, mauvaise foi, erreur d’arbitrage et une belle moustache au programme de cette rivalité en trois actes entre Bucks et Nets.

1984 : UNE BATAILLE DE TRANCHEE ET LA NAISSANCE DU « POINT FORWARD »

Les amateurs de jeu léché et spectaculaire, passez votre tour. Pour leur première confrontation en playoffs en 1984, Nets et Bucks nous ont réservé une guerre des tranchées digne des plus belles batailles de l’Est dans les années 80 : 370 fautes personnelles sur la série, soit 62 par rencontres, 12 exclusions pour 6 fautes, …

L’affiche à la base est déséquilibrée : les Bucks de Milwaukee de Don Nelson sont une place fort de la NBA. Leader de la division centrale avec 50 victoires et 32 défaites, ils ont battu non sans difficulté les Hawks d’Atlanta au premier tour (3-2). Milwaukee peut compter sur un effectif complet avec Sidney Moncrief, Bob Lanier, Marques Johnson, Mike Dunleavy, Alton Lister, Paul Pressey, Junior Bridgeman et la moustache de Paul Mokeski.

@ NBAE

Les New Jersey Nets sont eux l’équipe surprise de ces playoffs. Après une saison à 45 victoires et 37 défaites, les joueurs de Stan Albeck ont créé la surprise en sortant les Philadelphie 76ers, tenant du titre, au premier tour, remportant la rencontre décisive sur le parquet des Sixers. Une performance remarquable qui fait dire à Billy Cunningham, coach des 76ers, que les Nets peuvent aller loin :

« Si ils jouent la prochaine série comme celle-ci, ils peuvent aller loin. J’espère juste qu’ils ne pensent pas que la saison est réussie parce qu’ils ont battu les champions du monde »

L’effectif des Nets est jeune et ambitieux (parfois vicieux). ce sont pourtant loin d’être les princes de la ville : le futur Antibois Michaël Ray Richardson, Buck Williams, Albert King, Otis Birdsong ou encore le « Chocolate Thunder », Daryl Dawkins.

New Jersey a aussi un avantage stratégique : l’assistant coach John Killilea est un ancien Buck, si bien que Don Nelson doit cacher derrière sa veste les signaux envoyés à ses joueurs durant la rencontre.

New Jersey crée la surprise et remporte la première rencontre à la Mecca avec 32 points de Darryl Dawkins (16 sur 18 au lancer-francs) et surtout une grosse défense sur Sidney Moncrief, limité à 10 points (1 sur 8 au tir). Le ton est donné, trois Bucks sont sortis pour six fautes (Lanier, Lister et Dunleavy), le cinq majeur des Bucks en ayant 26 sur 30 possibles.

Les Bucks prennent le deuxième match de justesse avec une première polémique arbitrale : Revenu à deux points à une minute de la fin, les Nets peuvent égaliser mais Michaël Ray Richardson se voit siffler une reprise de dribble.

« De mon point de vue, il ne l’a pas touché. Même le ralenti le prouve. Mais l’arbitre en a décidé autrement. L’impact sur la rencontre est énorme » Peste Stan Albeck à la fin de la rencontre.

Sidney Moncrief, s’est bien rattrapé de son premier match avec une grosse performance : 28 points et 8 rebonds. En face, c’est encore Buck Williams qui sort un match de mammouth : 21 points, 18 rebonds, 5 passes et 4 interceptions. Une rencontre en tout cas, qui ne laisse pas indifférent Don Nelson :

« C’était la NBA a son meilleur niveau ce soir. Un match âpres, disputé, très physique »

Les deux équipes se partagent les rencontre 3 et 4 avec des affrontements à chaque fois décidés dans le quatrième quart-temps.

Le match 5, souvent décisif est remporté facilement par les Bucks de douze points avec 22 points de Marques Johnson.  Il explique quelques années plus tard les ajustements de Don Nelson durant la série, le faisant participer davantage à la construction du jeu pour soulager les arrières pressurisés.

« C’était en 1984, on jouait les Nets en playoffs. Ils mettaient la pression sur nos arrières. Don Nelson a eu l’idée à l’entrainement de me faire remonter la balle et lancer l’attaque pour soulager nos arrières. Je n’essayais pas d’être Magic Johnson et distribuer 10 ou 11 passes décisives. Mon rôle était d’installer l’attaque plus facilement. Quand Nellie m’a proposé cela, je lui ai dit et à Del Harris que j’allais être un point forward, pas un point guard. Et Nellie a aimé le concept. C’est la première fois que ce terme a été utilisé ».

La série se termine quelques jours plus tard à Meadowlands sur une nouvelle victoire des Bucks et une nouvelle polémique. Ce coup-ci, les Nets reprochent, à juste titre, à l’arbitre de ne pas avoir sifflé une violation des 24 secondes sur la dernière possession des Bucks. Mené alors d’un point, ils auraient pu avoir une chance de remporter la rencontre sur un dernier tir. Une décision qui rendra furieux Lewis Schaffel vice-président des Nets qui enverra un Telegram à David Stern pour se plaindre de la décision.

Une bataille qui se termine enfin comme le résume Bob Lanier à la fin de la série

« Quand j’ai vu les zéros sur l’horloge, j’étais heureux que ce soit fini. Passons à autre chose ».

Épuisés, les Bucks échouent quelques jours plus tard face aux Celtics de Larry Bird en offrant une résistance limitée. Quelques mois plus tard, ils bouleversent l’équipe, envoyant Marques Johnson, Junior Bridgeman et Harvey Catchings aux Clippers, recevant en retour Terry Cummings, Craig Hodges et Rickey Pierce.

Les Nets eux essayeront durant l’été un jeune français nommé Hervé Dubuisson.

1986 ; DES BUCKS (PRESQUE) SANS ACCROCS

Deux ans plus tard, c’est au premier tour que l’on retrouve Nets et Bucks. Si Milwaukee reste une place forte de la NBA avec un nouveau titre de division et le deuxième bilan à l’Est, les Nets végètent dans le ventre mou.

Le casting est pourtant assez proche de la dernière confrontation. Terry Cummings, Craig Hodges ou Rickey Pierce sont arrivé dans le Wisconsin et Milwaukee peut encore compter sur Sidney Moncrief, Paul Pressey, Alton Lister. Même la moustache de Paul Mokeski est encore présente.

Côté New Jersey, c’est une autre histoire : Dave Wohl est désormais sur le banc. Michaël Ray Richardson et Otis Birdsong sont toujours présent mais n’ont plus le niveau d’antan. Darryl Dawkins est blessé au dos et Buck Williams tient la baraque en défense. Le leader offensif est désormais l’immortel Mike Gminski.

La première rencontre est à sens unique. Les Bucks musellent Gminski, réduit à 12 points avec un faible pourcentage et coupable de quatre ballons perdus dans le dernier quart-temps.

« J’ai raté mes tirs. Durant la saison, les équipes ne faisait pas autant attention à moi. Ce soir, ils m’ont mis la pression ». déclare l’intéressé.

Milwaukee peut compter sur un Craig Hodges impeccable (25 points, 10 sur 11 au tir, 5 sur 5 sur la ligne) et un bon apport du banc (Charlie Scott et Alton Lister notamment).

Même son de cloche pour la seconde rencontre : une victoire facile des Bucks malgré le retour en forme de Gminski à 25 points. Terry Cummings avec 28 points a dominé la raquette des Nets.

La troisième rencontre s’annonce être une nouvelle promenade de santé pour Milwaukee. Il n’en est rien : les Nets prennent le meilleur départ, menant de 12 points à la fin du premier quart-temps et de 18 points à la mi-temps (73 – 55).

Le retour des vestiaires est différent et Milwaukee revient progressivement dans le match pour finalement le remporter 118 à 113. Les 18 points comblés à la mi-temps sont alors le plus gros come-back de l’histoire (depuis battu par Cleveland et les 25 points remontés contre les Pacers en 2017). Une nouvelle fois, Terry Cummings est le fer de lance de Milwaukee avec 23 points et 11 rebonds.

Un sweep donc sans trop de difficulté pour les Bucks, qui battront les 76ers en demi-finale de conférence avant d’échouer une nouvelle fois contre les Celtics, à une marche de la finale NBA

2003 : L’ELEVE DEPASSE LE MAITRE

Il faudra attendre 17 ans avant de retrouver de nouveau Bucks et Nets face à face en playoffs. Des retrouvailles au premier tour avec un parfum d’inédit : pour la première fois de l’histoire les séries du premier tour se joueront au meilleur des sept rencontres et au lieu de cinq habituellement.

Finalistes malheureux la saison précédente, les Nets de Byron Scott sont menés par Jason Kidd au pic de carrière, épaulé par Richard Jefferson et Kenyon Martin. A 36 ans, Dikembe Mutombo n’est que l’ombre de lui-même et sort d’une saison compliquée, perturbée par des blessures à répétition.

Chez les Bucks, la saison a été plus que mouvementée. L’équipe qui, deux années auparavant, était à deux doigts et surtout un arbitrage objectif, de décrocher une place en finale NBA a été complètement remaniée. Exit Glenn Robinson, échangé à l’intersaison à Atlanta contre Toni Kukoc, et un premier tour de draft. Exit aussi Ray Allen, transféré en cours de saison à Seattle contre Gary Payton et Desmond Mason. Milwaukee peut aussi compter sur Michael Redd en pleine progression, Anthony Mason qui joue alors sa dernière saison et Sam Cassell, dernier vestige du Big 3 des Bucks.

C’est donc un duel fratricide qui s’annonce entre les deux meneurs, Jason Kidd et Gary Payton, tous les deux amis d’enfant du côté d’Oakland, Payton, l’ainé ayant souvent dominé le plus jeune Kidd. La première rencontre est à l’avantage des Nets avec une victoire facile 109 à 96. Jason Kidd prend le meilleur sur Payton très rapidement, et les Nets ne sont pas inquiété, prenant même jusqu’à 31 points d’avance.

« Il a tout de suite imposé son rythme. Il a marqué, fait des passes. 14 points dans le premier quart-temps ! Toute son équipe a bien joué »

Kidd termine avec 14 points et 14 passes décisives alors que Payton fini avec seulement 8 points à 3 sur 11 au tir.

La seconde rencontre est une toute autre histoire : une victoire de Milwaukee dans le money-time, pour récupérer l’avantage du terrain, avec 22 points pour Payton et 21 points pour Cassell.

« Le premier match était un blowout parce que nous n’étions pas venu pour jouer. Aujourd’hui, c’était une autre histoire. C’est comme ça que l’on doit jouer en playoffs : répondre du tac au tac, être présent et donner aux fans un gros match » jubile Payton après le match.

Si la défaite est dure pour Jason Kidd, elle l’est encore plus pour T.J. son fils. Sur un ballon perdu, le meneur des Nets lui atterri dessus : verdict, fracture de la clavicule pour le petit dernier de la famille Kidd.

@ Getty Images

Le match 3 est un classique : Les Nets prennent l’avantage en première mi-temps mais les Bucks reviennent avec une grosse performance de Sam Cassell lors du troisième quart-temps. A 24 secondes de la fin, le score est de 101 partout avec la possession pour New Jersey. Rodney Rogers se retrouve sur la ligne à 5 secondes du terme après une faute (douteuse) d’Anthony Mason. Il rate les deux lancer-francs mais Kenyon Martin dévie le rebond offensif dans les mains de Rodgers, qui marque à deux secondes de la fin. Le tentative à trois points désespérées de Payton ne donnera rien, New Jersey reprend l’avantage du terrain. George Karl est furieux : d’abord parce que les arbitres n’ont pas laissé Desmond Mason changer de côté et se positionner du côté de Martin au moment du second lancer-franc. Ensuite parce qu’il reproche à Martin un poussette sur Mason au moment du rebond.

« Nous avons perdu une rencontre de playoffs parce que Martin s’en tire innocent d’avoir poussé Mase sous ce foutu panier ».

Le héros de la rencontre, Rodney Rogers, n’en revient toujours pas

« J’étais surpris de la récupérer. Quand j’ai tiré, je savais qu’il allait rentrer. C’est tellement bon ! Je me sentais si mal d’avoir raté ces deux lancer-francs. C’est arrivé tellement vite…. Un rachat instantané ».

La quatrième rencontre est aussi très disputée. Alors que Milwaukee pense avoir la rencontre en main avec 14 points d’avance à six minutes de la fin, ils s’effondrent et laissent les Nets revenir. Et c’est sans compter sur la maladresse des Nets sur la ligne (neuf échecs aux lancer-francs dans les quatre dernière minutes), que Milwaukee résiste tout de même et accroche la prolongation. Ils remportent la rencontre 119 à 114 avec 23 points de Toni Kukoc dont 8 en prolongation.

Le match 5 est une toute autre histoire. Ce coup-ci, les Nets rentrent leur lancer-franc et emportent une bataille âprement disputée 89 à 82 avec 17 points et 16 rebonds de Richard Jefferson.

« C’est le match de la rédemption, de la seconde chance. Nous avions les lancez-franc et ce coup-ci, les mêmes mecs sont venus et les ont rentré ».

Pour les Bucks, c’est la soupe à la grimace, avec une adresse de 34% sur la rencontre et seulement 4 sur 18 à trois points.

Quelques jours plus tard, les Nets concluent la série de la plus belle des manières : un blowout ponctué par un triple double de Jason Kidd, 22 points, 11 rebonds et 11 passes décisives. Il paraphe sa domination sur son ami/rival Gary Payton sur l’ensemble de la série.

Cette défaite marque la fin d’une époque pour Milwaukee avec le départ des derniers vestiges de l’épopée de 2001 : George Karl sera limogé et remplacé par Terry Porter tandis que le dernier membre du Big 3, Sam Cassell, part faire les beaux jours de Minnesota en 2004 et décrocher sa première sélection au All-Star-Game.

Pour les Nets, la saison sera de nouveau ponctuée par un échec en finale, ce coup-ci face aux Spurs.

Bilan All-Time de la série :

1984 : GAME 6 :

2003 : GAME 3 : 

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Twitter : @junkyardswan

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