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L’histoire des séries : Denver Nuggets vs Portland Trail Blazers

NBA Playoffs

Montage Une : Anthony Jeffrey pour Basket Rétro

D’ici quelques jours, les playoffs 2021 feront leur entrée. Pour bien vous préparer, Basket Rétro vous a concocté un menu complet avec un retour dans l’histoire de la NBA en se basant sur les affiches actuelles et leurs confrontations. Place à Denver – Portland.

1977 : UNE PREMIERE SOUS FOND DE RIVALITE ABA/NBA

1977 : le premier volet de la trilogie Star Wars sort sur grand écran. Au même moment, les Nuggets intègrent la NBA après la chute de la ABA : la franchise du Colorado arrive avec l’étiquette de grosse cylindrée, emmenée par trois futurs Hall-of-Famers : David Thompson, Dan Issel et Bobby Jones. En face, les Trail Blazers de Portland qui accèdent aux playoffs pour la première fois de leur histoire, avec Bill Walton en tête de gondole, second au classement MVP derrière Kareem Abdul-Jabbar. La franchise de l’Oregon peut aussi compter sur un collectif léché sous la baguette du coach Jack Ramsey.

Un duel inédit donc mais plein de symboles. C’est tout d’abord le premier affrontement significatif en playoffs entre franchise de premier rang de l’ex-ABA et NBA. Les Nuggets ont terminé la saison avec le deuxième bilan de la NBA derrière les Lakers (50 victoires pour 23 défaites), alors que les Trail Blazers sont troisième (49v – 24d). C’est aussi une opposition avec un parfum de revanche entre les deux stars, Bill Walton et David Thompson. Le 23 mars 1974, North Carolina State de Thompson ont créé la surprise en renversant UCLA de Walton en deux prolongations lors du Final Four, mettant fin à une série de 7 titres NCAA consécutifs des hommes de John Wooden.

La première rencontre, jouée à Denver devant 17 995 personnes, est une bataille serrée où les deux équipes se rendent coup pour coup. Si les Nuggets prennent rapidement l’avantage, les Trail Blazers reviennent peu à peu dans la partie, menant à la mi-temps 50 à 45 et même 77 à 71 à la fin de la troisième période. Mais, Denver revient et passe même devant, 98 à 95 à 1 minute 23 secondes de la fin de la rencontre, Thompson à l’occasion de tuer le match aux lancer-francs après une faute de Gilliam. La star des Nuggets rate ses deux tentatives et perd le ballon sur la possession suivante après deux points de David Twardzik. Maurice Lucas fait passer les Blazers en tête à 34 secondes de la fin, mais Thompson répond avec deux lancer-francs (ce coup-ci réussi). C’est finalement de nouveau Lucas qui offre la victoire aux siens 101 à 100 à dix secondes du terme. A la fin de la rencontre, Thompson regrette ses deux échecs qui auraient donné cinq points d’avances à son équipe

« Si j’avais mis ces deux lancer-francs, on aurait gagné la rencontre. Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé, je les voyais dedans. »

La seconde rencontre voit les Nuggets égaliser malgré le triple double de Bill Walton (19 pts, 16 rebonds, 10 passes décisives) dans un match où les arbitres se font remarquer. Avec la grève des arbitres, la NBA est obligé d’affecter des remplaçant ! Les Blazers reprochent à Richie Jackson et Joe Crawford (déjà lui !) qui officient ce soir là, un nombre de fautes inégal et l’impossibilité de défendre, notamment sur Dan Issell. Jack Ramsey préférera philosopher sur le sujet :

« Le moins on parle, le mieux on est arbitré. On a été en foul trouble très tôt. La différence entre le nombre de fautes et le lancer-francs est énorme : mais je n’ai pas le droit de dire quoi que ce soit sur les arbitres »

Les Blazers prennent l’avantage dans la troisième rencontre avec un gros apport de leur banc, puis la quatrième rencontre qui verra le retour des arbitres titulaires.

Dos au mur, les Nuggets prennent le Game 5 à domicile après prolongation sous la houlette de 31 points de David Thompson dans un classique après prolongation.

Finalement les Trail Blazers remportent la série lors du Game 6 à Portland. Le héros de la soirée n’est ni Walton, ni Lucas mais bien Johnny David, remplaçant Twardzik blessé et auteur de 25 points.

Une victoire 4-2 qui sera suivi d’un balayage en règle des Lakers pourtant favoris en finale de conférence. Portland finira le travail en finale contre les 76ers de Julius Erving (4-2) pour le premier et unique titre à ce jour de la Franchise… La Blazermania est en marche…

1986 : LA DER DE DR JACK RAMSEY

Il faut attendre neuf ans pour voir les deux franchises s’affronter de nouveau, au premier tour des playoffs 1986. Un affrontement au parfum de retrouvailles pour de nombreux joueurs qui ont fait le chemin entre Denver et Portland quelques mois plus tôt. En juin 1984, Denver décide de laisser partir sa star offensive, double All-Star, Kiki Vandewegghe dans l’Oregon en échange de Calvin Natt, Fat Lever, Wayne Cooper et deux choix de draft.

Dans un style caractéristique ultra-offensif, les Nuggets de Doug Moe affichent le troisième meilleur bilan à l’Ouest avec 47 victoires en 35 défaites et peuvent compter sur un effectif profond (English, Natt, Lever, Copper, Hanzilk, …). En face, la jeune garde de Portland (40 victoires pour 42 défaites), toujours coaché par Jack Ramsey, seul rescapé de la première série. Les Blazers peuvent compter en plus de Van Dewegghe sur le jeune Clyde Drexler, All-Star pour la première fois ou encore l’ancien second choix de draft, Sam Bowie. Ils ont surtout comme fait d’arme principal une victoire au Boston Garden le 6 décembre 1985, la seule connue par les Celtics cette saison (qui termineront, playoffs compris, avec un bilan de 50 victoires pour 1 défaite à domicile en 1986).

La première rencontre est comme prévue un festival offensif avec une performance de titan de Clavin Natt. L’ancien Trail Blazers termine la rencontre avec 40 points (à 15 sur 21 au tir) et 10 rebonds et mène les Nuggets vers la victoire 133 à 126.

Les Trail Blazers égalisent lors du deuxième match (108 à 106) avec 36 points de Kiki VanDewegghe qui se rappelle au bon souvenir de ses anciens co-équipiers. Dans une série au meilleurs des cinq rencontres, le match 3 est souvent le plus important… et le héros de la rencontre ne sera ni Alex English, ni Fat Lever pour les Nuggets mais bien un Rookie qui n’a joué qu’un total de 48 matchs en saison régulières (6 minutes par rencontre) : Blair Rasmussen. Le mormon prend feu avec 26 points, 9 rebonds, 2 interceptions et 3 contres avec une action à trois points décisives dans le quatrième quart-temps. Les Trail Blazers qui avaient commencé par un 12-0 laisse filer la victoire à Denver à domicile, au Mémorial Coliseum (115 à 104).

Denver remporte la rencontre suivante à Portland 116 à 112 avec un nouveau match de titan de Calvin Natt et se qualifie pour le tour suivant face aux Rockets. Côté Portland, cette rencontre est la dernière de Jack Ramsey, plus grand entraîneur de la franchise à qui on reproche le manque de cohésion de l’équipe et le fiasco Sam Bowie en préparation. Il part coacher les Pacers la saison suivante. C’est tout de même le début d’une génération prometteuse emmené par Clyde Drexler, Terry Porter ou encore Jerome Kersey.

Fait intéressant sur la série, seulement 8 trois points seront inscrits pour 31 tentatives au total : une autre époque.

2019 : UN CLASSIQUE OUBLIE

Derniers playoffs en date avec du public à ce jour. Deux mois de folie qui ont vu les Raptors de Toronto décrocher le titre NBA avec des playoffs qui resteront dans l’histoire : Le panier victorieux de Kawhi Leonard lors du Game 7 face aux 76ers, Damian Lillard qui termine le Thunder et Paul George… Mais aussi la troisième rencontre entre Trail Blazers et Nuggets au second tour.

Les deux équipes se partagent les deux premiers matchs à Denver, les Trail Blazers répondant à une victoire des Nuggets. Le Game 3 a déjà un parfum de rencontre décisive : si les Nuggets l’emportent, il récupèrent de nouveau l’avantage du terrain. La suite est ce que le basket peut nous offrir du plus beau. Un mano à mano intense dans une salle survoltée.

Damien Lillard en difficulté tout au long de la rencontre offre deux points d’avance aux Blazers à 33 secondes de la fin, son premier panier du quatrième quart-temps. Les Nuggets jouent le two-for-one sur la possession suivante et Jokic trouve Barton d’une passe lumineuse pour égaliser. Aminu rate à 6 secondes de la fin le trois point ouvert et Murray fait l’erreur de prendre un temps-mort alors qu’une contre-attaque ouverte semblait se lancer pour Denver. La dernière tentative des Nuggets ne donnera rien.

Prolongation. Damian Lillard vole le balon à Torey Craig à 17 secondes de la fin de la première prolongation et CJ Mccollum égalise à 7 secondes de la fin.

Double prolongation. Ce coup-ci, ce sont les Blazers qui laissent passer leur chance, Lillard ne ré-éditant pas son exploit du premier tour avec un tir raté au buzzer.

Prolongation numéro 3. Avec 4 points d’avance à 32 seconde de la fin, Denver pense tenir la rencontre. Mais les dieux du basket en décident autrement, et après un double pas de Lillard, McCollum force une perte de balle de Murray (après révision vidéo). Lillard se charge d’égaliser sur une action similaire à la précédente.

Quatrième prolongation : une première depuis 1957. Qui dit match improbable, dit héros improbable. Rodney Hood inscrit 7 des 11 points de son équipe dans la dernière période et offre la victoire à Portland d’un trois points à 17 secondes de la fin après un rebond offensif de McCollum. Jokic, a bout de force, rate quelque secondes plus tard les lancer-francs pouvant offrir une incroyable cinquième prolongation. Score finale 140 à 137.

Le box score est sous stéroïdes : Jokic affiche 64 minutes (un record en playoff) pour 33 points, 18 rebonds et 14 assists. McCollum joue 61 minutes et termine avec 41 points.

Mike Malone, coach défait ne peut qu’être admiratif après la rencontre et remet en question certain de ses choix :

« Si j’avais été à la maison pour regarder la rencontre, j’aurais été scotché devant ma TV. C’était un grand moment de basket. Ce n’a pas été parfait tout le temps, mais l’effort, la compétitivité des deux équipes était incroyable […] J’ai fait jouer Nicolas 65 minutes ce soir. C’est du jamais vu, c’est ridicule. Je ne peux pas lui faire cela. C’est trop de minutes. »

Si cette victoire booste le moral des Trail Blazers, Denver se reprend vite, prenant les deux rencontres suivantes et récupère au passage l’avantage du terrain. Portland remporte la rencontre 6 à domicile si bien que les équipes doivent se départager au cours d’un match 7 décisif.

Si Damian LiIlard est en délicatesse tout au long de la rencontre, CJ McCollum prend le relais avec une performance digne des plus grands. 37 points à 17 sur 29 au tir mais surtout des actions décisives dans la dernière période. Un contre sur une contre-attaque de Murray mais aussi des paniers décisifs comme ce tir à 11 seconde du terme pour offrir 3 points d’avance à Portland. Evan Turner scelle la victoire des Trail Blazers avec deux lancer-francs ultra-clutch pour donner un avantage de 4 points à 7 secondes de la fin. Une nouvelle fois, Jokic qui a porté son équipe sur ses épaules tout au long de la série, rate un lancer-franc important en fin de rencontre. Le score final est de 100 à 96.

Terry Stotts, l’ancien joueur de Voiron en Isère dans les années 1980 est admiratif de la performance de ses arrières :

« C’est un luxe d’avoir deux gars comme cela qui peuvent scorer en toute circonstance. C.J. le fait d’une façon, Dame d’une autre. Les soirs ou Dame est en difficulté, CJ prend le relai »

Portland échoue quelques jours plus tard aux portes de la finale NBA face aux Warriors.

Au final, un bilan donc de 2-1 pour les Trail Blazers. Nulle doute que les Nuggets voudront faire-valoir leur rang de leader de division et prendre leur revanche sur 2019 derrière le futur probable MVP de la NBA : Nikola Jokic.

Bilan : Trail Blazers 2 – Nuggets 1

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Twitter : @junkyardswan

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