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L’histoire des séries : Philadelphie 76ers vs Washington Wizards

NBA Playoffs

Montage Une : Anthony Jeffrey pour Basket Rétro

Depuis quelques jours, les playoffs 2021 ont fait leur entrée. Pour bien vous préparer, Basket Rétro vous a concocté un menu complet avec un retour dans l’histoire de la NBA en se basant sur les affiches actuelles et leurs confrontations passées. Place à Philadelphie vs Washington.

Lorsque ces deux franchises se sont rencontrés pour la dernière fois en playoffs, Julius Erving gambadait encore sur les vieilles lattes du Spectrum, il y a 35 ans ! Washington et Philadelphie ont connu chacune leur tour une décennie de succès. Les Bullets étaient de sérieux outsiders dans les seventies jusqu’au titre de 1978. Les 76ers ont surtout commencé à prendre le contrôle de la conférence Est au début des années 80 avec également une bague, en 1983. A cinq reprises, ils se sont affrontés pour un bilan de 3-2 pour la ville de l’amour fraternel (Phila). Voyons comment cela s’est déroulé.

BILLY CUNNINGHAM vs WES UNSELD – 1971

A cette époque, il n’y avait que 17 équipes en NBA et seules les quatre meilleurs bilans se qualifiaient en playoffs. Pas de premier tour, c’était directement les demi-finales de conférence. Dans l’effectif de Phila, il y a encore Hal Greer qui fait quelques dégâts malgré un déclin qui s’amorce. Au cours du premier match face aux Bullets, c’est lui qui met à mal leur défense (30 pts) avec l’aide inestimable de Billy Cunningham dans un troisième QT fatal à Baltimore. Wes Unseld a beau s’activer comme un bougre dans la raquette (20 rbs), Au G2, revirement de situation. La triplette Earl Monroe/Kevin Loughery/Jack Marin est intenable (75 pts), Unseld domine toujours la raquette (18 rbs) et c’est surtout la faillite offensive de Greer et Cunningham qui provoque la défaite (6/21 pour Greer !). Les deux rencontres suivantes se disputent à Baltimore. Cunningham et Unseld bataillent dans la raquette comme des affamés. Le premier conclut avec un triple-double (21 pts – 19 rbs – 10 asts) pendant que le second déménage dans la peinture (19 pts – 24 rbs !). Greer est le seul à aider correctement son coéquipier alors que le colosse bénéficie d’un apport offensif de premier ordre de Monroe et d’un Gus Johnson en mode animal.

Menés 2-1, Phila continue de décevoir en perdant de nouveau malgré un Wes Unseld très vite handicapé par les fautes. Cunningham est partout sur le terrain et Archie Clark, la seule lueur au bout du tunnel. L’effectif des Bullets est plus dense que celui des 76ers, qui se cantonne à Cunningham/Clark/Greer. Au G5 à domicile, Philadelphia démarre en trombe et prend une sérieuse avance à la mi-temps (58-42). Cunningham ne quitte pas le parquet une seconde et réussit l’un des meilleurs matchs de sa carrière, 32 points et 20 rebonds. Baltimore ne se laisse pas intimider et repart au combat au retour des vestiaires. Le dernier QT se joue à peu de choses et les 76ers ont bien failli y laisser leur peau. Ils vont garder cette énergie en s’imposant à Baltimore pour égaliser à 3-3. Cunningham est encore étincelant et c’est surtout la domination écrasante au rebond qui a été l’élément déterminant. Domaine qui va s’avérer décisif pour l’ultime match, le G7. Unseld, Marin et Johnson gobent plus de rebonds à eux trois (55) que toute l’équipe de Phila réunie (51) et ce malgré les efforts considérables d’Archie Clark et Billy Cunningham. Une qualification surprise des Bullets qui réaliseront un autre upset en sortant les champions en titre, New York, au tour suivant avant de subir le courroux des Bucks de Lew Alcindor en finale (4-0).

EN ROUTE VERS LA FINALE – 1978

Après l’immense déception de la défaite en finale la saison précédente contre Portland, les 76ers repartent à l’assaut en étant de nouveau numéro 1 de leur conférence. Après avoir éliminé aisément les Knicks, ce sont donc les Bullets qui se mettent en travers de leur destin. Wes Unseld est toujours là pour poser ses écrans de catcheur et prendre la place dans la raquette, mais il y a aussi et surtout Bob Dandridge et Elvin Hayes qui mènent la danse au scoring. Les Spurs de George Gervin ont d’ailleurs été les victimes de ce duo dévastateur au tour précédent. Billy Cunningham ne chausse plus les baskets, c’est désormais lui qui donne les consignes. On ne peut pas dire qu’il est seul dans cette odyssée afin de gagner la bague, car il a une véritable armada sous ses ordres. Julius Erving, World B.Free, Doug Collins et George McGinnis n’ont tout simplement aucun équivalent dans la ligue. Les Bullets évoluent dans la capitale américaine depuis quatre ans et la montée en puissance se fait sentir. D’entrée, les 76ers se font surprendre à la maison en partie à cause du match de mammouth d’Elvin Hayes (28 pts – 18 rbs – 6 blks – 4 stls !), qui a mis sans dessus dessous la raquette adverse en provoquant les fautes. L’absence d’Unseld au match suivant est compliqué à combler. Washington tient bon toute la première mi-temps et se voit impuissant face à la mise à feu de Doug Collins (28 pts) et d’un surprenant Darryl Dawkins en sortie de banc.

Julius Erving s’envole face à Elvin Hayes – @hoophabit

Dans la capitale au G3, Phila coule à pic avec une réussite qui les fuient. Pendant ce temps-là, Dandridge les assomme avec l’aide de Kevin Grevey. La rencontre suivante est la copie conforme du précédent. Les 76ers peinent à scorer et la sentence est extrêmement violente. Dandridge est sur un nuage et Hayes reprend le leadership avec brio (35 pts – 19 rbs). Avec un déficit de 3-1, Phila se doit de réagir promptement. Unseld fait son retour et sa moisson habituelle au rebond (16). Hélas, ses coéquipiers ne sont pas dans un bon jour et le tandem Dr.J/Collins parvient à maintenir leur équipe en vie. Le G6 est asphyxiant. Unseld est de nouveau titulaire, Hayes et Dandridge font le taf et Collins est en feu (33 pts). Avec autant de possibilités offensives, difficile de croire que le money time va se jouer sur la défense. Personne ne trouve le chemin du filet au cours des deux dernières minutes, et c’est finalement Wes Unseld qui marque l’unique panier dans ce laps de temps dans son style habituel, le rebond offensif. La libération et une place pour la finale NBA. Washington s’imposera 4-3 face aux Supersonics. Nouvelle désillusion chez les 76ers qui feront quelques changements, dont l’arrivée de Bobby Jones et Maurice Cheeks.

LA SÉRIE APÉRITIF – 1980

Une campagne 1978-1979 de transition chez les 76ers et les voilà propulsés parmi les grands favoris pour le titre avec les Celtics et les Lakers.  Les Bullets ont perdu leurs couleurs et surtout Bob Dandridge sur blessure au cours de la saison. Unseld et Hayes commencent à sentir le poids des années. Tout est donc réuni pour que ce premier tour ne soit qu’une formalité et, spoiler, cela va être le cas. Si Unseld et Hayes ont toujours un certain poids dans la raquette (28 rebonds à eux deux), ce n’est plus la même fraicheur. Offensivement, si Kevin Grevey n’était pas là, le filet ne serait pas très sollicité. Nos deux all-stars vieillissants vont aussi trouver à qui parler, le pivot Caldwell Jones qui réalise le match de sa carrière : 18 points et 26 rebonds ! Une rencontre remportée sans problème et avec un Julius Erving aux fraises (5/19 aux tirs). Le Doc se réveille au match suivant (31 pts) et avec le poison défensif Bobby Jones, les adversaires souffrent pour accéder au cercle. Hayes ne quitte pas le parquet, mais la différence de niveau est trop flagrante. Washington doit s’incliner 2-0 et entamer une reconstruction. Les 76ers ne seront pas champions à cause d’une défaite 4-2 en finale face aux Lakers d’un rookie surnommé Magic.

TENTATIVE DE DERNIER RUN – 1985

Maurice Cheeks vs Frank Johnson – @NBA.com

Julius Erving a 34 ans et il reste encore assez fringuant. Si Boston semble intouchable et que Milwaukee est une nouvelle place forte en NBA, Philadelphia a encore quelques surprises en réserve. Un rookie qui n’a peur de rien et qui en inflige aux autres, Charles Barkley, mais aussi les cadres que sont Moses Malone, Maurice Cheeks et Andrew Toney qui ont encore pas mal d’essence dans le réservoir. Washington est allé cueillir le meneur Gus Williams à Seattle et l’ailier fort Cliff Trent Robinson pour entourer le bûcheron Jeff Ruland et le jeune Jeff Malone. Malgré leur bonne volonté, les Bullets ne font pas le poids. Dès le Game 1, Erving et Malone donnent le ton et Barkley cause des ravages en sortie de banc (17 pts – 12 rbs). Jeff Malone règle la mire au G2 (30 pts), sauf que Toney en fait de même (31) et c’est une déculottée au coup de sifflet final. Les Bullets évitent le sweep dans une large victoire autour d’un trident Williams-Robinson-Ruland au top niveau (74 pts en cumulé). Erving qui était en peu en retrait jusqu’ici, lâche les chevaux au Game 4. Barkley est toujours irrésistible avec son double double de moyenne (16 pts – 14 rbs). Washington est sur les bons rails, mais il manque encore des éléments pour espérer lutter contre la concurrence de plus en plus féroce. Les 76ers mettront une dérouillée aux Bucks en demi-finale avant de céder logiquement contre les Celtics de Larry Bird.

UNE PURE BATAILLE – 1986

Toujours un mélange de vétérans et de jeunesse au sein des 76ers. Barkley est cette fois un titulaire en puissance et va avoir toute la place nécessaire pour mettre son postérieur pachydermique en avant. Des playoffs qui s’annoncent compliqués car Moses Malone est forfait pour cause de blessure à l’oeil. Washington s’est renforcé pendant la saison en allant dégoter un Dan Roundfield en fin de carrière et une immense liane Soudanaise, Manute Bol. C’est justement Roundfield qui surprend tout le monde en sortant du banc de manière efficace (20 pts) et Bol apparait comme une muraille infranchissable (9 blks !) pour réussir un hold-up totalement inattendu. Les 76ers mènent de 17 points à 4 minutes de la fin du match. Les Bullets entament alors une remontée de gala avec quinze points consécutifs sans la moindre réponse de leurs adversaires. Il reste alors trois secondes pour l’ultime possession, le remplaçant Dudley Bradley lance une prière après avoir mystifié la défense naïve des 76ers, un panier primé au buzzer !

Le scénario se répète à quelques détails près au Game 2. Phila est devancé et va enclencher la seconde sur la boîte de vitesse pour calmer les ardeurs de Washington dans le money time. Barkley est une fois de plus héroïque, 14 points dans ce dernier QT. D’ailleurs, voici les stats de Sir Charles sur ces deux premières rencontres: 26,5 points et 21 rebonds en moyenne ! Des stats ahurissantes pour cacher son gros défaut, les pertes de balles en pagaille. Charles va avoir bien plus de mal au G3, mais Erving et Cheeks font un travail admirable qui permet de reprendre l’avantage du terrain. Les Bullets ne se laissent pas envahir par la déception et arrachent un match décisif sous l’impulsion de Jeff Malone et Cliff Robinson et ce malgré un grand match de Barkley, Erving et Cheeks. Washington prend de plein fouet la fureur de Phila au G5. Tout le monde participe à la démonstration. Terry Catledge est la surprise du chef (27 pts) et Barkley termine la série sur un triple double (19 pts – 15 rbs – 12 asts). Un blowout avec la manière.

Depuis, nous n’avons donc rien eu à nous mettre sous la dent jusqu’à 2021. Les 76ers de Joel Embiid se présentent comme un sérieux prétendant au titre, numéro 1 de la conférence Est. Les Bullets devenus Wizards depuis 1997 se sont qualifiés in-extremis par le biais du play-in, une nouveauté qui a fait son entrée en 2020. Russell Westbrook, la machine à triple-double, Bradley Beal loin d’être à 100%, la série risque de tourner court.

BILAN ALL TIME DE LA SERIE

Source : Land of Basketball

LE MATCH COMPLET – G1 PLAYOFFS 1978

LES HIGHLIGHTS DU COMEBACK DES BULLETS EN 1986

 

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About Anthony "Pred" Saliou (516 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 15 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

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