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[Portrait] Vasco Evtimov, 11 pays – 26 clubs

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Vasco Evtimov a fait ses gammes à UNC, les Tar heels de North Carolina, équipe NCAA de premier plan où un certain Michael Jordan a brillé. Vasco a effectué une partie de son parcours en Caroline du Nord avec Vince Carter, le dunker ultime. Mais ce n’est que le début du voyage pour lui.

SES DÉBUTS

Son parcours démarre à Sofia, en Bulgarie, en 1977, Vasil (son prénom) comme son jeune frère Ilian qui aura, lui aussi, une carrière de basketteur professionnel. Ses mensurations en « hors courbes » sont l’héritage de la génétique de son père, basketteur professionnel. C’est le métier de leur père qui emmènera la famille Evtimov en France, tout d’abord à l’est de notre pays, pour écumer nos championnats. Vasco a 12 ans. Durant 4 années ils parcourront la France d’est en ouest jusqu’Angers. Ses qualités de basketteur, son corps sculpté et son jeux rugueux sont remarqués au tournoi international de Mannheim avec sa sélection bulgare, cela lui ouvre des portes, de nombreuses portes. Les plus prestigieuses comme celles de Long Island Lutheran High School, dans l’État de New York aux États Unis. 3 ans pour y parfaire son basket, ses fondamentaux, ses épaules mais aussi son anglais :

« Au début, je ne parlais du tout l’anglais. C’était très, très dur. Il n’y avait pas internet et je ne pouvais appeler mes parents qu’une seule fois par semaine, le dimanche »

.Vasco est un jeune joueur reconnu, au point d’être sélectionné au McDonald’s All-American Boys Game de 1996, un All-Star Game des joueurs de High School. A l’Ouest, un pédigrée NBA notable au sein de l’équipe, Mike Bibby, mais à l’Est, un vrai 5 NBA : Stephen Jackson, Jermaine O’Neal, Tim Thomas, Rip Hamilton et Kobe Bryant. Vasco Evtimov finit le match avec le seul double-double : 14 points et 11 rebonds. Kobe dira de lui : « avec le talent dont il dispose, Vasco sera en NBA d’ici deux, trois ans ».

Vasco NC

©Getty Images

Impossible donc pour Vasco de passer sous les radars des gros programmes Universitaires américains. Il choisira UNC North Carolina (4 titres avant 1996 puis 3 autres dont le dernier en date en 2017), et jouera pour le légendaire coach Dean Smith. Une première année « quelconque » en termes de statistiques (1,5pts et 1,4rbds en environ 5 minutes par match) dans une équipe où exercent 4 futurs joueurs NBA dont Antawn Jamison et Vince Carter). L’équipe participe au tournoi NCAA et au Final Four.

La seconde ne se déroula pas sur le campus, Vasco dû satisfaire ses obligations militaires françaises (il est franco-bulgare). Ce sera à Pau, comme parachutiste. Mais à 2m08, rien n’est taillé pour vous à l’armée, il ne sautera jamais. Enfin, d’un avion car il continuera à sauter après les rebonds lors de la saison 1997-98 à Pau-Orthez où l’équipe sera Championne de France en battant Limoges. Une magnifique équipe : Fauthoux, Sonko, Marcus Brown, les frères Gadou bien évidemment, Hufnagel, Foirest… qui offre son premier titre majeur à Vasco.

Les Rangers bien rangées à la caserne de Pau, Vasco reprend l’avion pour Chapel Hill, site du campus de UNC pour y effectuer ce qui sera sa dernière année en Université américaine :

« Et je n’ai pas gardé de très bons souvenirs de cette troisième année »

Il sera d’abord suspendu 18 des 31 matchs de la saison 1998/99 pour avoir joué en Championnat de France. Une dernière saison sur le sol américain avec une équipe emmenée par le NBAer Brendan Haywood et Ademola Okulaja, intérieur allemand qui connaîtra une belle carrière européenne en Allemagne et en Espagne. Lors de cette dernière saison ses statistiques sont de 4,4 points et 5 rebonds pour le 7ème temps de jeu d l’équipe. Mais, pour Vasco, l’aventure sera ailleurs, enfin, un peu partout.

SA CARRIÈRE EN CLUB : UNE JOLIE COLLECTION DE MAILLOTS

Premier pays étape, la Grèce, plus exactement Athènes en 1999. Deux clubs pour ses deux premières saisons et un titre continental avec Maroussi, la coupe Saporta, la « coupe des vainqueurs de coupes ». Le premier club fut le club de Dafni AO, quartier d’Athènes. Puis à Maroussi, où il portera le numéro 11 et prendra les rebonds des shoots de Jimmy Oliver et du reste de l’équipe composée majoritairement de grecs conduits par Manolopoulos, leur capitaine. Vasco tourne en double-double avec presque 11 points et 11 rebonds de moyenne.

La saison suivante, 2001/2002, Vasco déménage vers pour un club de standing supérieur, bien supérieur, le Skipper Fortitudo Bologna. Le club vient de remporter l’Euroligue, menée par un personnage emblématique de ce club : Ettore Messina LE coach, de retour au club. L’effectif est pléthorique avec des joueurs comme Gregor Fucka, Andrea Meneghin et Gianluca Basile qui représentent l’épine dorsale de la sélection italienne, ou Anthony Goldwire, américain au long CV européen et NBA. Vasco apporte une force intérieure dans la rotation avec ses presque 9 points et 7 rebonds par match en championnat italien et quelques unités de moins lors des joutes européennes en Euroligue.

Vasco Club

©Sport365

2002/2003, l’année où l’ADECCO ASVEL décide de créer une muraille infranchissable dans la raquette. Elle sollicite Vasco pour « remplir » la raquette au côté de Robert Gulyas pour l’Euroligue et le championnat. Au bas mot 250 kilos à eux deux. Encore une fois il vient jouer pour le compte d’une équipe championne sortante de son championnat domestique et qui s’apprête à jouer l’Euroligue. Vasco remplit les feuilles de statistiques dans ses standards depuis le début de sa carrière européenne, autour de 9 points et 7 rebonds dans les deux compétitions. Au niveau personnel, preuve de la reconnaissance que lui portent le public et ses collègues, il participe au All Star Game en face, cette fois-ci, de son compère de raquette, Vasco jouant pour la sélection française. Aucun titre, en France mais une finale du championnat perdue contre la green team de Pau-Orthez composée de joueurs français qui laisseront leur trace dans l’histoire de notre sport (Florent et Mike Pietrus, Boris Diaw ou Cyril Julian). La saison suivante, l’ASVEL repartira en championnat avec des ambitions à la baisse, sans Euroligue et sans Vasco qui exporta ses talents en Espagne, un nouvel autocollant d’un pays visité à coller sur son pare-brise de voiture.

2003, quelques années après Makan Dioumassi, Vasco s’inscrit pour la première fois sur le long terme dans une équipe, deux saisons. L’équipe vient de finir 12ème de son championnat, un effectif sans grande star, quelques joueurs reconnus comme Jay Larranaga ou Andy Panko. Vasco vivra une belle première saison statistique avec un double double de 10,5 points et 10,8 rebonds. Le club finira à nouveau 12ème puis à la 10ème position en championnat. Pas de play-off. Vasco ne finira pas la saison 2004/2005 à Séville, mais à la Virtus Roma pour 4 matchs.

La saison suivante il réitère le fait de jouer pour deux clubs sur un seul exercice, 2005/2006 à l’Union Olimpija Ljubljana en Slovénie, il y retrouvera son ancien coéquipier à Maroussi, l’américain Jimmy Oliver, où il remportera la Supercoupe de Slovénie. Équipe tremplin pour la NBA des profils de joueurs importants dans la grande ligue comme Danny Green, Aron Baynes, Raso Nesterovic, Beno Udrih, Goran Dragic… Pour ne citer qu’eux. Ce ne sera pas le cas pour Vasco qui n’aura jamais la possibilité de jouer dans la grande ligue nord-américaine Puis l’équipe de Capo d’Orlando en Italie pour 14 matchs où il cassera tout avec 14,8 points et 13,6 rebonds à plus de 60% de réussite pour finir 15ème du championnat.

Cette pige en Italie a marqué les esprits des dirigeants du Climanio Bologne, champion sortant, pour le championnat et surtout pour le retour de Vasco en Euroligue. L’équipe ne passera pas le premier tour en Euroligue et finira 14ème du championnat. Le syndrome habituel, en tout cas dans notre championnat de Jeep Elite à l’époque Pro A, où jouer l’Euroligue hypothèque la capacité de bien figurer dans son championnat domestique en parallèle. En moyenne, sur les deux compétitions, Vasco tournera à environ 5 points et 3,5 rebonds par match en 14 minutes. Il ira d’ailleurs finir la saison à Valladolid en Liga ACB espagnole pour des statistiques similaires. Cette période marquera d’ailleurs une lente stagnation puis déclin de ses statistiques.

2007/2008 sera la dernière saison réellement marquante et entièrement passée sous le même maillot de septembre à la fin de la saison. L’équipe de Grupo Capitol Valladolid sera rétrogradée à l’étage inférieur en fin de saison faute de résultat sportif, la saison s’achèvera sur l’avant dernière place de la Liga.

De 2008 à 2014, Vasco jouera pour 11 équipes, 7 pays dont certains où il n’avait pas encore joué comme l’Ukraine, Chypre et l’Allemagne. Ses chiffres seront plus ou moins anecdotiques excepté au Levski Sofia où il finira meilleur répondeur du championnat avec 9,8 prises par match. Son influence dans les vestiaires, son charisme et son expérience seront salués partout où il passera comme au Paris Levallois, par exemple.

Après une dernière pige dans on club de cœur, le Levski Sofia, et une année blanche Vasco prend sa retraite en 2016, la fin des « opa », rebonds en français.

SA CARRIÈRE EN ÉQUIPE(S) NATIONALES(S)

Vasco France

©L’Equipe

En fait, se seront deux carrières internationales. Binational il a eu l’opportunité de porter deux maillots différents chez les A : celui des bleus de 1999 à 2002 pour 32 sélections, puis celui rouge et blanc de la Bulgarie en 2009, sans lendemain.

Il ne sera pas de l’aventure des bleus aux JO 2000. Période un peu trouble pour l’équipe de France qui vit une sorte de fin de cycle Rigaudeau avant sa prise en main par les Parker, Diaw et Piétrus avec les succès et quelques déconvenues que nous connaissons. Malheureusement pour lui, il n’eut aucun de palmarès en bleu ou en blanc et rouge.

Vasco Bulgarie

©FIBA Europe

ET MAINTENANT ?

vasco-conclusion.png

©The Daily Tar Heel

Après avoir achevé son cursus à North Carolina, promesse faite à Dean Smith quand il était étudiant, Vasco se destine à devenir entraîneur, à Sofia, peut-être, club fil rouge de sa carrière. Et suivre la future carrière d’un de ses trois enfants, Nicholas, actuellement en NCAA et solide prospect. 3ème génération d’Evtimov à prendre des « opa ».

LE PARCOURS DE VASCO EVTIMOV EN CLUBS :

  • 1996/97 : North Carolina (NCAA)
  • 1997/98 : Pau-Orthez (France)
  • 1998/99 : North Carolina (NCAA)
  • 1999/00 : Dafni Athènes (Grèce)
  • 2000/01 : Maroussi (Grèce)
  • 2001/02 : Fortitudo Bologne (Italie)
  • 2002 : Ural Great Perm (Russie)
  • 2002/03 : ASVEL Lyon-Villeurbanne (France)
  • 2003/05 : Caja San Fernando Séville (Espagne)
  • 2005 : Virtus Rome (Italie)
  • 2005 : Union Olimpija Ljubljana (Slovénie)
  • 2006 : Capo d’Orlando (Italie)
  • 2006/07 : Climanio Bologne (Italie)
  • 2007/08 : Valladolid (Espagne)
  • 2008 : Levski Sofia (Bulgarie)
  • 2008/09 : Reggio Emilia (Italie)
  • 2009 : Khimik Youzhne (Ukraine)
  • 2009 : Levski Sofia (Bulgarie)
  • 2009/10 : Panionios Athènes (Grèce)
  • 2010 : AEL Limassol (Chypre)
  • 2010/11 : Mitteldeutscher BC (Allemagne)
  • 2011 : Paris-Levallois (France)
  • 2011/12 : Levski Sofia (Bulgarie)
  • 2012/13 : Limoges CSP (France)
  • 2013/14 : BC Orchies (France)
  • 2015 : Levski Sofia (Bulgarie)

SON PALMARÈS :

  • Champion de France en 1998
  • Vainqueur de la Coupe Saporta en 2001
  • All-Star de Pro A en 2002
  • Vainqueur de la Supercoupe de Slovénie en 2005

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About Arnaud Lefèvre (4 Articles)
" Il est nécessaire de connaître le passé pour comprendre le présent...", contribuer à BasketRetro me permet de transmettre ma passion.

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