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[A lire] « Scottie Pippen – Libéré »

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Montage Une : Aurélien Sohard pour Basket Rétro

Voilà déjà un moment que Scottie Pippen nous sort des inepties, son côté aigri ayant visiblement pris le dessus sur sa conscience. Il y a des circonstances atténuantes bien entendu, la perte d’un fils étant le moment le plus triste dans sa vie parmi de nombreux autres faits. Une autobiographie annoncée au vitriol qui a pourtant quelques atouts à faire valoir.

Le livre est écrit de manière chronologique. Pas de retour en arrière, on se pose directement dans son enfance où il se confie sans tabou. Une famille de douze enfants, peu de moyens financiers, juste ce qu’il faut pour ne pas avoir le ventre vide à chaque repas. Scottie revient sur l’accident vasculaire de son père ainsi que l’handicap de son frère aîné, Ronnie, attaqué par un jeune de son âge à l’école, qui lui a brisé le dos. Entre les soins à domicile où ils se relayaient tous, les débuts de maux dorsaux suite aux aides à soulever de tout leur poids, son père et son frère et le basket. De part ses résultats scolaires moyens, Scottie a du mal à trouver une université. C’est avec l’aide de ses coachs au lycée qu’il va pouvoir accéder à la petite fac de Central Arkansas en NAIA (National Association of Intercollegiate Athletics), le deuxième niveau universitaire. S’ensuit différentes choses entre son train de vie en tant qu’étudiant et joueur de basket où il n’hésite pas à s’autocritiquer.

On enchaîne évidement avec la draft 1987, les raisons de son année rookie compliquée, son amitié avec Horace Grant et la vraie relation qu’il avait avec Michael Jordan sur les premières saisons à Chicago. On va avoir aussi un portait épicé de Doug Collins, le coach remuant avant que Phil Jackson ne prenne sa place. Pippen explique par exemple que Collins n’hésitait pas à humilier ses joueurs en public, même en plein match. Qu’il ne s’entendait pas avec Tex Winter qui essayait pourtant de lui faire comprendre que le basket se joue à cinq. Le Jordan show agaçait ses coéquipiers, le coaching staff, sauf les fans, la NBA et Collins qui en avait fait un privilégié.

La rivalité avec les Pistons est aussi évoquée, bien sûr. L’épisode de la migraine au cours du Game 7 en 1990 lui a fait autant mal physiquement que moralement. Il nous livre ses explications. Nous sommes globalement à la moitié de l’ouvrage et vous avez lu ce qu’il y avait de plus intéressant. Quelques banalités à droite et à gauche comme lorsqu’il conte les matchs où il nous dévoile ses stats et celles de certains de ses coéquipiers. C’est écrit de manière presque nonchalante comme s’il avait épluché les box scores sur internet. Là où nous pouvions espérer des anecdotes inédites, vous allez être déçus. Le premier threepeat manque de saveur là où celui sur la Dream Team s’avère plus délectable. Le départ en retraite de Michael, la mort de James Jordan, la saison 93/94 où il s’éclate comme jamais, sa rage sur l’arbitre Hue Hollins et le fameux épisode « 1,8 seconde » quand il a refusé de revenir en jeu face aux Knicks.

Tantôt, Scottie montre son admiration envers MJ et son respect à Toni Kukoc. Tantôt, en restant évasif et jouant sur les mots (exemple: Jordan est appelé une fois « tu sais qui ») ainsi que sa jalousie pour le Croate. Il n’a jamais digéré son contrat signé au début des 90’s et montre toujours de l’animosité contre Jerry Krause et l’ensemble de Chicago. Pas d’impolitesse ou de violence verbale toutefois. Le second threepeat est coupé en deux chapitres, l’un qui regroupe les titres de 1996 et 1997 et le dernier sur « The Last Dance« . Sa fin de carrière entre Houston, Portland et son retour à Chicago sont décrits de manière brève. Il y a tout de même quelques passages sympathiques sur son expérience chez les Blazers.

Si Pip’ reste courtois dans ses propos, il n’hésite pas toutefois à dire ce qu’il pense. Ainsi sa relation avec Jordan n’a jamais été idyllique comme on a pu le croire ou que les médias ont voulu nous le faire croire justement. Cela s’arrêtait au basket et à quelques parties de cartes dans le bus ou l’avion. Il nous livre ses sentiments d’être dans l’ombre envahissante du numéro 23 à tous les niveaux, même sur le plan des chiffres. Un statisticien était ainsi venu dans le vestiaire en disant à Jordan qu’il avait été généreux sur la feuille de matchs. Il dévoile également que si ses anciens coéquipiers n’ont pas voulu rentrer dans le jeu de la revanche médiatique, ils n’en pensaient pas moins. Horace Grant était le plus colérique à ce sujet. D’une jalousie maladive et un sérieux égo, l’homme aux goggles n’en pouvait plus d’être la troisième roue du carrosse et encore plus agacé dès lors que Pippen rejoignait « His Airness » pour un blackjack.

Au final, que doit-on en retenir? Pour ceux qui connaissent très bien le sujet des Bulls 90’s, ce n’est clairement pas indispensable tant le contenu « exclusif » sur sa carrière professionnelle est assez chiche.  Alors que pour les fans curieux, l’achat est déjà plus intéressant. Dans les deux cas, cela reste plaisant à lire tant la simplicité et la fluidité font bon ménage. C’est bien là le principal. D’autant plus qu’on pouvait (devait?) s’attendre à un véritable pugilat de la part de Pippen sur Jordan, Krause et que cette mauvaise publicité est factice. Le personnage se révèle agaçant et attachant. Le livre est présenté comme une autobiographie, mais il a bien été épaulé, du moins ses dires ont été retranscrits par Michael Arkush, journaliste qui a notamment travaillé au L.A Times et auteur de plusieurs ouvrages (la bio de Ray Allen ou encore le combat Ali/Frazier en 1971).

  • Scottie Pippen «Libéré (Unguarded) »
  • Traduction: Grégory Berge
  • 391 pages
  • Aux Editions Hugo Sport
  • Disponible chez vos libraires depuis le 7 avril 2022.

Crédits photos :  Aurélien Sohard/Editions Hugo Sport

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About Anthony "Pred" Saliou (526 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 15 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

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