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Robin Ficker – L’avocat du diable

Portrait

Montage Une : Fabien Mathieu pour Basket Rétro

Avocat respecté le jour et trouble fête le soir, Robin Ficker a été un élément perturbateur en NBA dès la fin des années 80 jusqu’à la fin des 90’s. Sans jamais être injurieux et avec toute sa malice, voilà un homme qui n’enfilait pas le costume de Batman, mais plutôt d’un brave emmerdeur.

L’ennemi public numéro 1 qui sévissait dans le vieux Capital Centre de Washington, c’était lui. Nous sommes dans une période creuse dans la franchise des Bullets. Il est loin le temps glorieux d’Elvin Hayes et Wes Unseld. L’équipe peine à se qualifier pour les playoffs et sombre définitivement dans les limbes au cours de la décennie des années 90. L’attraction principale est un fan déchaîné qui n’a qu’une obsession, pourrir les adversaires avec toutes les astuces possibles. Robin Ficker avait un siège situé juste derrière les visiteurs et passait son temps à vociférer les plus belles crasses dans les oreilles des joueurs. Et si ça ne suffisait pas, Ficker n’hésitait pas à sortir le mégaphone pour être bien certain que vous ayez entendu l’information avec véhémence. Son style? S’attaquer à la vie privée, les ragots dans les médias et tout scandale pouvant aider à vous faire sauter un boulon. Bon nombre de joueurs ont voulu en découdre avec lui, verbalement et surtout physiquement. Mais chercher des noises à un as du barreau, c’est comme aller directement plaider coupable. Ficker est intouchable.

Isiah Thomas lui a jeté une chaussure. Les Warriors lui ont balancé des gobelets de Gatorade. L’intérieur des Pacers, LaSalle Thompson a cherché à lui faire une tête au carré. Bon nombre voulaient sa peau.

Robin Ficker @Washingtonpost

Au milieu des années 80, il avait lu un article du journal USA Today sur Frank Layden. Le coach caractériel d’Utah avait eu une altercation avec sa star, Adrian Dantley. Le quotidien faisait aussi référence à ses costumes d’un goût douteux, le qualifiant du coach le plus mal fagoté du circuit américain. Dès que le Jazz a posé ses valises en ville, Ficker a sorti l’artillerie tout le long du match en répétant encore et encore les mots de l’article concerné. Malgré la victoire, Layden fulminait tellement qu’il avait décidé d’aller lui mettre son poing dans la figure, heureusement retenu de justesse par…Karl Malone.

Shaquille O’Neal était encore qu’un rookie qu’il avait aussi le privilège de se faire invectiver par les paroles de Ficker qui déformait les textes de rap du pivot d’Orlando.

Lorsque les Bulls jouaient dans la capitale, l’avocat diabolique hurlait pendant les temps-mort, des passages du livre de Sam Smith « The Jordan Rules« , les plus aptes à énerver le numéro 23. Même son joueur favori, Charles Barkley, n’était pas épargné. A l’époque où Barkley jouait avec Philadelphia, le trouble fête s’amusait à lui hurler les composants d’un hamburger dès que le joueur était sur la ligne des lancers. Le staff de Phila avait demandé un dispositif incroyable pour ne plus entendre la voix de Ficker. Ils avaient fabriqué un logo 76ers géant en forme d’anneau pour le placer derrière le banc. La NBA l’a ensuite fait retirer et Ficker a demandé à Barkley:

« Si tu veux que je vote pour toi pour ta candidature de gouverneur en Alabama, je veux savoir ton point de vue sur le système de santé et notre économie. Il a rétorqué par: J’ai ma vision des choses sur la peine de mort et ça devrait être utilisé sur toi. »

Entre les menaces d’aller lui casser la gueule et de lui envoyer quelques insultes comme Sir Charles les aime, leur relation s’est toutefois largement améliorée avec le temps.

« Il avait pris pour habitude de laisser un mot sur ma chaise en me disant d’être cool avec lui. Il m’a donné à plusieurs reprises le ballon au coup de sifflet final. Je le respectais beaucoup en tant que joueur et aussi car il avait de la répartie. »

John McDonough /Sports Illustrated via Getty Images/Getty Images)

La finale NBA 1993. L’un des moments les plus connus dans la légende de Robin Ficker. Sur l’invitation de Barkley (billet d’avion et place réservée) pour aller taquiner le banc des Bulls pendant le Game 2 à Phoenix, le trublion a pu se déchaîner le temps du premier quart-temps en déployant un jeu de cartes de grande taille, suffisamment visible pour se moquer de Michael Jordan après ses problèmes de jeux d’argent au cours des playoffs, notamment dans la série face aux Knicks. La sécurité de l’enceinte des Suns a ensuite fait sortir gentiment notre avocat.

La saison 1997-1998 sonne le glas pour Ficker. Nouvelle salle avec le MCI Center et interdit de se retrouver derrière le banc adverse, il est rejeté et n’éprouve plus l’intérêt de continuer à assister aux rencontres. Les nouvelles règles protègent les joueurs et le staff. Un mot de travers, un avertissement et au second, vous êtes expulsé du stade. Son nom? « The Ficker Rule ». La classe. Il n’aura manqué aucun match à domicile en douze ans, de 1985 à 1997.

On l’a tout de même aperçu dans le Verizon Center de Washington lors des playoffs 2014, au Game 4 face aux Pacers. Le pivot des Pacers, Roy Hibbert peut en témoigner.

« J’ai été subjugué par un type qui m’a balancé tout un panel d’obscénités. Étant un homme de foi, je ne vous répéterai pas ce qu’il m’a dit ».

Avocat dans le Maryland, Robin a passé du temps depuis à venir cracher son venin sur les jeunes lutteurs universitaires adverses. On ne se refait pas.

Petite anecdote finale et familiale, sa fille Desiree est une grande championne de triathlon, ayant terminée seconde aux championnats du monde en 2006 à Hawaii.

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About Anthony "Pred" Saliou (521 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 15 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

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