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Souvenirs Olympiques • Les JO de George Eddy

George Eddy, c’est un peu la voix de l’Amérique. Mais quand il s’agit de JO, il met sa casquette bleu au drapeau tricolore et n’hésite pas à secouer en conférence de presse un ténor du coaching US. 

George, vous avez couvert vos premiers J.O à Barcelone en 1992. Qu’ont-ils représenté pour vous ?

Un moment formidable. Pour ma carrière bien sûr, mais aussi pour la chaîne que je représentais. Canal + n’avait que sept ans et nous nous lancions dans une opération énorme en couvrant les J.O. C’était la première fois qu’une chaîne privée se risquait dans une telle aventure. On partait dans l’inconnue, Charles Bietry avait une pression pas possible. On s’est épuisé, j’ai fait la deuxième semaine sous cortisone. Mais nous étions à Barcelone, une ville festive, parfaite pour des JO. Et la Dream Team bien sûr. Pour moi qui m’occupais du basket, la Dream Team comme élément majeur de ces jeux, c’était extraordinaire. Chaque match de la Dream Team était un moment unique. Tout était réuni pour en faire un événement exceptionnel. Après on a enchaîné cinq olympiades. Toutes ont eu leur saveur… Le parcours de la France en 2000… Mais Barcelone, Ça reste le plus fort. Magic, Jordan, des écarts de 40 pts par match… Il ne faut pas oublié non plus qu’il y avait une très forte équipe de Croatie qui a résisté une mi-temps. On se rend compte maintenant que tout ça, les JO, la Dream Team, cela a accéléré de manière considérable l’évolution du Basket partout dans le monde. A Barcelone j’ai vu des adversaires qui prenaient en photo les joueurs américains et 12 ans après seulement, Team USA n’était que troisième. Quand on y pense, c’était complètement fou.

Et les autres Olympiades ?

Il y a eu un très grand moment en 96 à Atlanta quand nous avons eu l’interview exclusive de une heure avec Shaquille O’Neal dans le magazine de Charles Bietry. C’est moi qui ai dû négocier le montant du chèque pour le Shaq. Il y en avait quand même pour 25 000 $. Quand on lui a donné le chèque, il l’a mis dans la main de son garde-du-corps en lui disant : « Occupe toi de ça ». J’étais allé le chercher, lui et son armée de garde-du-corps, à son hôtel car il me connaissait. On avait déjà fait quelques animations ensemble lors de ses passages à Paris. Mais l’avoir en exclu, une heure, c’était aussi fort que la visite de Jordan à « nulle part ailleurs » en 97. Puis sur le plateau, il y avait là Joachim Noah avec son père. Il avait 10 ans à l’époque. On sait ce qu’il est devenu par la suite, un des meilleurs défenseur de la NBA donc après coup, c’est on se rend compte de la coïncidence, du clin d’œil de l’histoire.

« A Barcelone j’ai vu des adversaires qui prenaient en photo les joueurs américains et 12 ans après seulement, Team USA n’était que troisième. Quand on y pense, c’était complètement fou »

Après en 2004, à Athènes, c’était très bien parce que la première semaine la salle était en face de la plage. On pouvait aller piquer une tête pour se rafraîchir entre deux matchs, c’était vraiment très agréable. Sur le plan basket voir l’Argentine en finale contre l’Italie, c’était assez inattendu. Moins sympathique mais après coup assez drôle, j’ai eu quelques problèmes avec Larry Brown, le coach de team US, en conférence de presse. Il y avait des journalistes américains qui voulaient me casser la gueule parce que j’avais osé poser quelques questions un peu dérangeantes à une légende du coaching. Larry Brown m’a pris de haut, donc je n’ai pas hésité à lui rentrer un peu dans le lard. C’était devenu un peu tendu. Après quand je levais la main pour poser une question, il tournait la tête pour ne pas me voir.

Qu’est-ce que vous lui reprochiez à l’ombrageux Larry ?

Moi je trouvais que team USA ne respectait pas le basket international. Qu’un joueur comme Jasikevicius qui a tué team USA méritait sa place en NBA par exemple. C’était mon argumentation. Malgré la déculottée des Championnat de Monde de 2002, ils n’avaient pas retenu la leçon. Ils convoquaient les gars, passaient trois jours ensemble et après on va battre tout le monde parce qu’on est plus talentueux que les autres. Pour eux c’était toujours suffisant, malgré la débâcle d’Indianapolis.. Mais ça, visiblement, Larry Brown ne voulait pas l’entendre.

« Il y a eu un très grand moment en 96 à Atlanta quand nous avons eu l’interview exclusive de une heure avec Shaquille O’Neal dans le magazine de Charles Bietry. C’est moi qui ai dû négocier le montant du chèque pour le Shaq. Il y en avait quand même pour 25 000 $. »

2008 ?

2008, ce sont mes cinquièmes JO d’affilés mais c’est surtout le plus beau match de basket de l’histoire, NBA inclus. Quand Team USA bat l’Espagne en finale, c’était juste d’un niveau incroyable. 60 pts à la mi-temps avec une adresse à 70 % malgré des défenses extraordinaires. Ça se joue à deux possessions dans le money time où Dwayne Wade et Kobe prennent les choses en main pour arracher le match, mais l’Espagne de Pau Gasol pouvait gagner aussi. Avec mes collègues journalistes américains, on se regardait, on en revenait pas. C’était d’un niveau jamais vu, l’adresse, le collectif, le spectacle…

Après je n’étais pas à Londres en 2012, j’ai commenté pour Infosport à Paris. Et la finale de 2012 n’était pas loin d’être l’égale de celle de 2008. Chaque Olympiade a ses moments forts.

Des regrets, des mauvais souvenirs ?

Non, pas vraiment… Si… après la belle médaille de Sydney, c’était un dommage de pas avoir les Français à Athènes et Pékin. J’ai joué quinze ans en France, j’étais là pour une télé française… Quand il n’ y avait pas les Bleus, il manquait forcément quelque chose.

Professionnellement, en tant que commentateur, les JO vous ont-ils apporté quelque chose de particulier par rapport à d’autres événements basket, des championnats internationaux, des play offs NBA..

Barcelone m’a fait évolué dans mes commentaires en écoutant ceux de Thierry Rey au judo. Il était complétement déchainé, il a libéré le commentaire sportif. Même s’il pouvait se permettre de mettre une intensité sur une épreuve qui dure cinq minute qu’on ne peut pas reproduire sur un match de deux heures. Mais il nous a définitivement sortis du commentaire façon AFP, rigide, froid… Là on pouvait y mettre un vrai enthousiasme, de l’humour… tout en donnant des informations sérieuses. A Barcelone Canal a trouvé son style.

Merci George.

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

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About Laurent Rullier (65 Articles)
Le premier match de basket que j'ai vu en live était un Alsace de Bagnolet vs ASVEL. Depuis la balle orange n'a pas arrêté de rebondir dans ma p'tite tête.

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