19 octobre 2016 : le récital de Tyrone Brazelton en BCL
Europe
La compétition européenne Basketball Champions League dispute officiellement sa première journée. Une compétition née dans la douleur, principalement pour le fan de basket européen, victime du conflit opposant l’ECA (Euroleague Basketball) à la FIBA concernant l’organisation des compétitions européennes.
Après quinze ans de gestion des compétitions par l’ECA, la FIBA a tenté de reprendre la main en espérant convaincre les plus grands clubs européens de revenir sous l’égide de l’organisation, sans succès. Ils ont donc lancé leur compétition en concertation avec onze ligues partenaires. Un argument : ici, les meilleurs jouent, peu importe le statut, la qualification ne découle que du résultat sportif de chaque équipe. Une promesse partiellement vraie puisque les meilleures équipes restent en Euroligue, d’autres en EuroCup, et vous pouvez retrouver des équipes de milieu de tableau des meilleurs championnats européens dans ce qui est censé être le must du vieux continent.
Du basket restant du basket, cette première journée s’ouvre avec quarante équipes réparties en cinq poules de huit. Lors de ces dix premiers matchs, l’un d’entre eux va être particulièrement disputé. Il oppose le PAOK Salonique, solide club grec, au surprenant et plus confidentiel Rosa Radom, modeste club polonais qui sort d’une saison exceptionnelle avec une deuxième place en championnat national, une victoire en Coupe de Pologne et qui vient de remporter la Supercoupe de Pologne. Pour attaquer sa campagne européenne, l’équipe de Radom s’est adjoint les services d’un meneur américain, Tyrone Brazelton. Le joueur originaire de Chicago sort d’un passage au BCM Gravelines. Habitué des missions en Europe, il entend profiter de cette compétition pour se montrer.

Rosa Radom (MARCIN KUCEWICZ)
Le 19 octobre 2016 sera donc son jour, et quel jour. Au cœur de la Voïvodie de Mazovie, Radom accueille ce match dans un gymnase aux allures de salle régionale française sortant directement des années 1970.
D’entrée, les deux équipes se rendent coup pour coup. Anastasios Markopoulos, coach de l’équipe grecque depuis 2009, s’appuie sur ses Américains, Keith Clanton et Jordan Sibert. Le massif et très expérimenté Andreas Glyniadakis est aussi de la partie.
Mais ce soir, c’est Tyrone Brazelton qui va mettre le feu. Jouant de sa vitesse, appuyé par Gary Bell à ses côtés, l’ancien des Hilltoppers de Western Kentucky va faire étalage de son talent. Floater, fadeaway, drive : il attaque la défense du PAOK, encore et encore. Les équipes se suivent et ne se lâchent pas. Trois points d’avance pour Radom à la mi-temps, 33 à 30. La seconde mi-temps reste particulièrement serrée. Dix-neuf changements de leader sur l’ensemble du match et quatorze égalités. Fin du temps réglementaire, 65 partout. C’est dans les grands moments que l’on voit les grands joueurs. Une prolongation s’y prête parfaitement. Enfin, une, ou deux, ou même trois !
La première prolongation est irrespirable. Le PAOK prend un léger avantage pour se retrouver à 71-68 à quinze secondes de la fin. Impossible pour Tyrone d’en rester là. Sur un rebond défensif capté, il remonte la balle et dégaine à trois points : 71 partout. La salle exulte, réchauffée par son numéro 13 ! Seconde prolongation, tout aussi intense. Le score est de 79 à 79. Il faut en finir. Brazelton va scorer huit des quatorze points de son équipe et distribuer deux passes décisives pour définitivement écarter Salonique. Victoire 93-85.
Le meneur américain termine avec 36 points à 8/17 à deux points, 4/8 à longue distance, 9 passes et 5 rebonds. Une magnifique évaluation de 30 et un trophée de meilleur joueur de cette première journée.
Bien que le parcours de la petite équipe polonaise fût par la suite compliqué, avec seulement trois victoires, la performance du joueur de l’Illinois reste à ce jour la meilleure marque de l’histoire sur la première journée de la Basketball Champions League.
Highlights de Tyrone Brazelton :


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