Coupe du Monde 2002, lorsque Lisa Leslie remportait le trophée de MVP
Coupe du monde
Nous sommes en 2002, la Chine est une nation bien installée sur la scène internationale depuis 15 ans et accueille la 14ème édition de la Coupe du Monde. Team USA ne fait pas de quartier lors des compétitions internationales et s’apprête à réaliser un exploit qu’elle seul a réalisé 12 ans plus tôt : remporter consécutivement deux éditions des Jeux Olympiques et deux Coupes du Monde.
6 ans seulement après la création de la WNBA, Team USA retrouvait sa position de leader incontesté du basketball féminin en remportant 3 médailles d’or consécutives sur des compétitions majeures : d’abord lors des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, puis lors de la Coupe du Monde 1998 en Allemagne, et enfin lors des Jeux Olympiques de Sydney en 2000. En grande favorites, les tenantes du titres se rendaient à Pékin en quête d’un doublé et avaient réunis une véritable armada autour de Lisa Leslie, considérée comme la meilleure joueuse du monde. Pendant que les hommes perdaient peu à peu leur position de numéro 1, les femmes ne fléchissaient pas.
FIGURE DE PROUE DE LA SELECTION ETATSUNIENNE, ET VISAGE DE LA WNBA
Alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente, le talent de Lisa Leslie crève l’écran, si bien que les Etats-Unis l’intègrent à la sélection pour la préparation des Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Une fois son cursus Universitaire sous le maillot des Trojans d’USC couronné par un titre de Naismith College Player of the Year, elle débutait sa première compétition internationale avec Team USA pour la Coupe du Monde 1994 en Australie conclue par une médaille de bronze. Elle n’était pas encore professionnelle qu’elle avait déjà commencé à remplir son palmarès en équipe nationale. Elle fait ensuite ses premières gammes en tant que professionnelle en Italie (Sicilgesso) entre 1994 et 1996 avant de disputer ses premiers JO à Atlanta cette même année. A domicile, elle remporte la médaille d’or, son premier titre FIBA et loin d’être le dernier. Dans la foulée, en pur produit Californien, elle est sélectionnée en 7ème position de la toute première draft de l’histoire de la WNBA par les Los Angeles Sparks en 1997. Un an plus tard, elle joue sa deuxième Coupe du Monde en Allemagne, tournoi au cours du quel elle porte son pays vers un 6ème titre. Dès 1999, elle devient All Star pour la première fois et MVP du All Star Game. Un an plus tard, la pivot écrase la concurrence avec les USA lors des JO de Sydney et empoche sa deuxième breloque en or. Elle entame dès lors un arc à partir des années 2000, une période durant laquelle rien ne lui résiste (ou presque). En 2001, Lisa Leslie réalise le triplé en étant élu MVP de WNBA pour la première fois, MVP du All Star Game puis MVP des Finales en fin de saison pour sa première bague avec les Sparks. Alors que la Planète Basket était à ses pieds, elle n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Sa meilleure saison en carrière l’attendait en 2002, année de mondial en Chine.
LA SAISON 2002, AU SOMMET DE SON ART
Pour sa sixième saison dans la Grande Ligue, la pivot de 1m96 est MVP et championne en titre et en route pour un back to back. Du haut de ses 29 ans, jamais elle n’a atteint un tel niveau aux rebonds, à la passe, aux interceptions et aux contres. Le 30 juillet 2002, elle se permet même de réaliser le tout premier dunk de l’histoire de la WNBA. Malgré des moyennes de 16,9 points, 10,4 rebonds, 2,7 passes, 1,5 interception et 2,9 contres, elle manque de peu le trophée de MVP (deuxième derrière Sheryl Swoopes) et de DPOY (troisième derrière Sheryl Swoopes et Tamika Catching). Elle se console par une sélection All Star et en 1st team. Elle porte tout de même les Sparks vers un bilan de 25 victoires pour 7 défaites et sort invaincue des playoffs balayant tout sur son passage vers une deuxième bannière de champion. Au bout de cette épopée, elle est logiquement élue MVP des Finales. Les vacances peuvent attendre puisque la Coupe du Monde débute seulement deux semaines plus tard (14 septembre 2002).

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Le format de la Coupe du Monde consistait à une première phase de groupe qualifiant les trois premiers de chaque poule, puis d’une seconde phase de groupe qualifiant le premier de chaque poule pour les quarts de finales.
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D’entrée de jeu, les Etats-Unis sont emmenées par Lisa Leslie qui annonce la couleur (20 points, 6 rebonds, 3 interceptions et 19 d’évaluation) et roulent sur la Russie (89-55). Pour le deuxième match, Taiwan se fait écraser (80-39) et la pivot des Sparks ne force pas son talent (11 points, 6 rebonds, 2 interceptions et 14 d’évaluation). Pour conclure cette première phase de poule, la Lituanie se fait surclasser (105-48) et Leslie se montre des deux côtés du terrain (15 points, 3 rebonds et 5 interceptions). Sans grande surprise, Team USA finit en tête du Groupe C et accède aux deuxièmes phases de groupes.
Contre Cuba (87-44), elle s’amuse ne rencontre pas la moindre difficulté (20 points, 6 rebonds, 1 passe, 1 interception, 2 contres et 21 d’évaluation). En ne faisant qu’une bouchée de la Corée du Sud (91-53), elle signe son premier double-double de la compétition (16 points, 10 rebonds, 2 interceptions et 14 d’évaluation), un exploit qu’elle réitère contre la France (101-68) montrant une véritable montée en puissance (13 points, 14 rebonds, 2 passes, 2 interceptions, 1 contre et 25 d’évaluation). En grandes favorites de la compétition, elles concluent cette seconde étape en tête du groupe F et se qualifient pour les phases finales.
En quart de finale, les Etats-Uniennes sont opposées à l’Espagne. Amaya Valdemoro, visage de la Roja est limitée (7 points, 3 rebonds) et sombre face avec son équipe (94-55) ne pouvant rien face aux Américaines emmenées par Lisa Leslie dans ses standards depuis le début de ce mondial (19 points, 6 rebonds, 1 interception, 3 contres et 23 d’évaluation). Dans le dernier carré se dresse face à elles l’Australie de Lauren Jackson. Là aussi, la star des Opals se voit cadenassée sous le cercle (9 points, 8 rebonds) tandis que son opposante directe réalise sa meilleure performance (24 points, 13 rebonds, 4 passes, 1 interception, 1 contre et 29 d’évaluation) et fait basculer la rencontre (71-56) au même titre que les débats pour le MVP du mondial. Les Etats-Unis décrochent leur billet pour la finale et rejoignent la Russie.
En ce 14 septembre 2002, cette finale à une saveur particulière. La Russie tient enfin sa revanche après avoir perdu en finale du mondial de 1998 contre les Etats-Unis, édition durant laquelle Elena Baranova avait élu MVP. La bataille entre Leslie et Baranova s’annonce épique et d’un tout autre niveau d’adversité pour Team USA qui s’est baladé depuis le départ. La pivot de l’UMMC Iekaterinbourg était passée au travers de son match d’ouverture perdu par 39 points d’écarts. Cette fois, elle affichait un tout autre visage dans une rencontre fermée (18 points, 12 rebonds, 3 passes, 1 interception et 17 d’évaluation), de quoi donner du fil a retordre à Lisa Leslie qui s’est retrouvée en difficulté, à jouer les yeux dans les yeux avec sa rivale (17 points, 9 rebonds, 2 passes, 1 interception et 11 d’évaluation). Sa performance est légèrement en dessous de ses standards, mais suffisant pour arracher la victoire au bout du suspense (79-74). Baranova butte à nouveau contre les Etats-Unis, pour la deuxième fois consécutive, des échecs qui vont la suivre pout le reste de sa carrière.
La joueuse star Américaine affiche 17,2 points, 8,1 rebonds et 1 passe de moyenne sur l’ensemble du tournoi, faisant d’elle la 3ème meilleure marqueuse et 2ème rebondeuse. Logiquement élue le cinq type du mondial aux côtés de sa coéquipière Shannon Johnson, d’Amaya Valdemoro, Lauren Jackson ainsi qu’Elena Baranova. Pour sa régularité et sa domination sur ses concurrentes directe, Lisa Leslie est enfin élue MVP d’une Coupe du Monde, point d’orgue de l’une des plus grandes saisons de sa carrière.

UNE FIN DE CARRIERE ACCOMPLIE
Peu de temps après avoir remporté son 4ème titre majeur avec la sélection nationale, elle est élue de manière symbolique dans le meilleur 5 de l’histoire de Team USA aux côtés de Dawn Staley, Suzie McConnell, Katrina McClain et LaKeshia Frett. 2004 est également son année. Elle glane une troisième médaille d’or aux JO d’Athènes, quelques semaines avant de remporter son troisième trophée de MVP de WNBA ainsi que son premier DPOY. Lors des inter-saisons 2005 et 2006, elle décide de partir jouer en Europe sous le maillot de Spartak Moscou et remporte l’Eurocoupe en 2006 contre Aix en Provence (entraîné par Alain Weisz). Dans la foulée, elle remporte à nouveau le trophée de MVP de la WNBA, son quatrième. L’âge n’a aucun impact sur son niveau de jeu, ni même après un an d’absence en raison de sa grossesse, ni même à 36 ans lors de la saison 2008. Elle continue à peser sur le jeu en tant qu’intérieur expérimentée durant les Jeux Olympiques de Pékin, conclus par une 4ème médaille d’or. De retour en WNBA, elle est élu DPOY pour la deuxième fois. Lorsqu’elle prend sa retraite au sortir d’une saison 2009 où elle est encore All Star (sa huitième sélection), elle met un terme à une carrière où aucun trophée ne lui a échappé, un palmarès long comme le bras aussi bien en club qu’en équipe nationale.
Toute sa carrière, elle a été élue dans une All WNBA Team (8 fois en 1st team et 4 fois en second team). La Californienne fait partie du cercle fermé des 9 joueuses élues parmi les meilleures joueuses de l’histoire de la WNBA, et ce, à chaque anniversaire de la Ligue (10 ans, 15 ans, 20 ans et 25 ans). Elle se retire en tant que meilleure marqueuse, meilleure rebondeuse ainsi que seconde contreuse de l’histoire de la WNBA. C’est simple, partout où elle passe, dès que Lisa Leslie touche un ballon, elle gagne.
Ultime consécration d’une carrière hors norme, elle est intronisée au Basketball Hall of Fame en 2015, puis au FIBA Hall of Fame en 2022.
Il y a eu Anne Donovan avant elle, puis Lisa Leslie a ouvert la voie à Candace Parker puis à Brittney Griner. En véritable icône de sa génération, elle a perpétué la domination impériale des Etats-Unis sur la scène internationale. Au-delà des simples résultats sportifs, elle a su inspirer les futures générations et a inscrit son nom au panthéon du basketball et du sport féminin en générale.


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