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1957-2006 – Les OPALS chercheuses d’or

Coupe du Monde

Si dans les archives, on note une confrontation contre la voisine Nouvelle-Zélande en 1938, il faut attendre 1957 pour qu’une vraie et officielle sélection nationale, féminine ou masculine, quitte la terre des kangourous pour disputer une compétition internationale. Sans aucun soutien administratif et financier, celles qui ne sont pas encore surnommées les Opals, ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour se rendre au Brésil disputer la deuxième édition de la Coupe du Monde. Elles doivent faire appel à des bienfaiteurs et puiser dans leur compte en banque personnel pour financer le voyage. Avec un bilan de deux victoires pour quatre défaites, Les Australiennes finissent à la dixième place sur douze. Mais le premier coup de pelle de la quête de l’or a été donné. L’amateurisme total couplé à l’isolement géographique constitue un obstacle considérable à leur progression. Les déplacements vers l’Europe et le continent américain ne sont pas envisageables et il faut attendre 1967 pour disputer une nouvelle Coupe du Monde à Brno en Tchécoslovaquie. Dixième avec une seule victoire contre l’Italie, l’Australie présente au monde sa première pépite, sa meneuse et capitaine Jean Forster qui avec 21,2 points de moyenne établit un record de points national qui tiendra 35 ans. A partir de cette date, l’Australie ne manquera plus aucune édition de la compétition mondiale.

L’équipe Australienne 1967

A défaut de performer, l’équipe australienne existe durant les années 70. Les Coupes du Monde 1971 et 1975 disputées en Amérique du Sud, Brésil et Colombie, sont traversées sans gloire. Toujours dominée par les nations européennes et le Japon, l’Australie doit se contenter de la neuvième et dixième place. C’est la huitième édition à Séoul en 1979 qui hisse les vertes et or au pied du podium où elles bénéficient certes de l’absence de l’URSS et de ses pays satellites pour cause de boycott. L’Australie figure ainsi dans un groupe préliminaire constitué de trois équipes seulement, la très faible Malaisie écrasée 119-14 et l’Italie battue 79-76. Dans la poule finale, elle tient honorablement sa place en ne cédant que face aux Etats-Unis, le Canada et dans une courte défaite 72-76 face au pays hôte, la Corée du Sud. Mais la nette victoire contre la France, 59-46 et celle acquise en prolongation contre le Japon, 61-60, montrent d’indéniables progrès.

Non qualifiées aux Jeux Olympiques de Montréal et Moscou, les Australiennes franchissent pourtant une étape au tournant des années 80. L’immensité du pays interdisait jusqu’alors la tenue d’un championnat national. On ne pouvait s’affronter qu’à l’échelle régionale. Mais en 1979 une ligue nationale, la NBL, est créée pour les équipes masculines et deux ans plus tard la Women’s Interstate Basketball Conference permet de ressembler l’élite du basket au féminin au sein d’une même compétition. Chacune des neuf franchises doivent s’acquitter de 25 dollars de droits d’entrée dans cette ligue fermée. Devenue Women’s National Basketball League en 1985, la WNBL devient la pépinière de l’équipe nationale officiellement baptisée les Opals à l’occasion des J.O de Los Angeles. Qualifiées suite au désistement de Cuba, elles terminent à la cinquième place sur six. La restructuration du basket australien ne porte pas immédiatement ses fruits. Les onze et neuvienne places à l’issue des Coupe du Monde 1983 et 1986 semblent au contraire indiquer une stagnation.

La première marche de l’ascension est franchie en 1990 avec la sixième place en Malaisie. En 1994, l’Australie accueille la compétition mondiale. Les télés et les médias répondent présents et un véritable engouement populaire pour ses Opals gagne le pays. Si elles échouent une nouvelle fois au pied du podium derrière les USA, la Chine et le Brésil, le match des cœurs lui a été gagné haut la main et rendez vous est pris pour les J.O d’Atlanta. En 1996, dans la capitale de la Georgie, le basket au féminin est à l’honneur, depuis le 24 avril on sait qu’une ligue professionnelle, la Women’s National Basketball Association, sera lancée l’année suivante avec le soutien de la puissante NBA. Derrière Robyn Maher et Sandra Brodello, les Opals affichent leurs ambitions. Et elles les assument. Eliminée en demie finale par une équipe américaine intouchable, les Australiennes décrochent le bronze face à une de ces nouvelles nations de l’Europe de l’Est, L’Ukraine. C’est leur première médaille mondiale. Deux ans plus tard au Mondial en Allemagne c’est le back to back sur la troisième marche du podium après une défaite face à la Russie en demie et la victoire contre le Brésil pour s’approprier le bronze.

Michele Timms, la première Australienne en WNBA.

Sydney accueille les Jeux Olympiques en 2000, les Opals, elles, accueillent Lauren Jackson, une joueuse de 1,96 m âgée de 19 ans et fille de deux internationaux. Contrairement aux Boomers, qui à la stupéfaction générale échouent face à la France en demi-finale, les Opals décrochent le droit d’affronter les Américaines en finale et de perdre 54-76. Avec 24 pts et 13 rbs, Lauren Jackson marque son territoire et entame une féroce rivalité avec Lisa Leslie à qui elle arrache les extensions capillaires sur un rebond plus qu’ardemment disputé. Une première médaille d’argent, une nouvelle marche est franchie.

Au Mondial 2002 en Chine, en demi-finale les Opals butent une nouvelle fois sur les Etats-Unis. Jackson commet trois fautes sur Leslie durant les six premières minutes et passe la plupart du match sur le banc. Mais la victoire, une nouvelle fois contre le Brésil, offre une quatrième médaille en quatre compétitions mondiales. La cinquième, en argent, est ramenée des Jeux Olympiques d’Athènes.

En 2006 la coach Jan Stirling, en place depuis 2001, arrive au Brésil avec une équipe soudée et déjà médaillée. A l’exception des deux leaders WNBA, Lauren Jackson et Penny Taylor et de Kristi Harrower, (Valenciennes, LFB), les joueuses sont issues de la WNBL. Sûres de leurs forces, elles sont candidates au podium et plus si affinités. Après un premier tour passé comme une formalité face à la Lituanie, le Sénégal et le Canada, seul l’Espagne au second tour provoque une petit frisson mais la victoire 72-68 valide celles acquises sans difficulté contre le Brésil et l’Argentine. C’est la France qui se présente en quart de finale. Une France qui a cédé à deux reprises lors du second tour face aux Etats-Unis et la Chine, (de deux points), mais est passée sur le corps de la Russie. 79-66 pour les Opals, la France est sortie sans ménagement. Le Brésil est balayé en demi-finale, 88-76. Mais la surprise vient de l’autre demi-finale où les Russes parviennent à faire tomber les Américaines de leur piédestal. Les Australiennes n’ont pas leur revanche des J.O mais Ilona Korstin, Maria Stepanova et leurs coéquipières ne se présentent pas en victimes expiatoires pour autant. Les 28 points à 64%, dont 6 sur 9 à 3 pts, de la MVP Penny Taylor et les 16 points, 11 rebonds de Lauren Jackson font la différence. Les quatre quart-temps sont gagnés et le 91-74 au coup de sifflet final est le reflet d’une domination totale des Australiennes. Les Opals sont sur le toit du monde.

La MVP Penny Taylor martyrise les Russes en finale.

Le titre de 2006 n’est pas un miracle offert par une génération dorée apparue ex nihilo. Les Opals se sont forgées une identité basée sur un jeu rapide et une puissance intérieure impressionnante. C’est le fruit d’une patiente politique de développement et de structuration d’un basket au féminin qui a trouvé sa place au sein du sport australien riche et performant. La formation qui s’appuie sur l’Australian Institut of Sport, inspirée de notre INSEP, permet un renouvellement des cadres. Jackson et Taylor parties, arrivent des Suzy Batkovic, Abby Bishop, Liz Cambage, Rebecca Allen, Ezi Magbegor… En 2026, l’Australie n’est plus là-bas, loin, à l’autre bout du monde. Des joueuses s’expatrient en Europe et aux Etats-Unis, pour y acquérir une expérience et se confronter aux meilleures. L’Australie est le deuxième contingent étranger derrière la France en WNBA. Vingt ans après le titre mondial, l’Australie est toujours une véritable puissance mondiale du basketball au féminin.

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About Laurent Rullier (94 Articles)
Le premier match de basket que j'ai vu en live était un Alsace de Bagnolet vs ASVEL. Depuis la balle orange n'a pas arrêté de rebondir dans ma p'tite tête.

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