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[Portrait] Monumentale Odile Santaniello

Portrait

Montage Une : Fabien Mathieu pour Basket Rétro

Considérée par beaucoup comme la meilleure joueuse française de tous les temps, Odile Santaniello a brillé sur les parquets durant les années 80 et 90. De sa Lorraine natale à Aix, en passant par Bourges, Schio puis Bordeaux, Santa a marqué le basket féminin. Mieux, elle l’a fait évoluer. Basket Retro vous propose de revenir sur un parcours unique. Récit.

Nous sommes en mars 1995 pour cette finale de la Coupe Ronchetti qui oppose Bourges à Parme. Jamais alors un club de basket français féminin n’a remporté de coupe d’Europe. La Ronchetti se joue depuis 1990 sur deux rencontres. Le vainqueur est l’équipe dont la différence de points est la plus grande. Parmi les protagonistes, une joueuse de 28 ans brille particulièrement. Son nom sonne bon la botte italienne mais elle est française et joue pour Bourges. Elle est arrivée dans le Berry à l’intersaison d’Aix-en-Provence. Blonde, les cheveux longs qu’elle refuse de nouer, longiligne et tonique, notre ailière d’ 1m83, s’appelle Odile Santaniello.

On peut dire que cette saison là, tout est à rebâtir pour cette joueuse très confirmée. Santa est la meilleure joueuse française du championnat depuis 1987, et ce sans discontinuer. Mais comme Bourges, notre héroïne rêve à présent de titres car elle n’a jamais rien gagné collectivement parlant. Dans cette confrontation, Bourges part favori mais Parme possède l’expérience de deux finales consécutives. Une gagnée en 1993 face aux Polonaises de Poznan et une perdue face à Césène en 1994. Bourges semble un cran au dessus mais la pression que se met Odile est à la hauteur de son talent, c’est à dire énorme. Et puis Odile est encore embêtée par une hernie discale qui lui a imposée des infiltrations, quelques forfaits et le port d’un corset. Ses statistiques sont en baisse mais là n’est pas la question. Une victoire signifierait pour elle, la reconnaissance d’avoir fait le bon choix en ayant quitté son club de presque toujours à l’été 1994. Santaniello sait qu’on peut compter pour beaucoup dans un club et n’être rien dans un autre. Alors au coup d’envoi de la première rencontre, on perçoit sa nervosité mais aussi sa détermination. Difficile pourtant d’imaginer le volcan qui bouillonne en elle. Bref, la tension est palpable. Odile ne se doute pourtant pas le moins du monde qu’elle est en passe d’ouvrir un cahier de palmarès qui deviendra saisons après saisons des plus garnis.

En cinq saisons à Bourges, elle remportera cinq titres de champion de France, deux Euroligues et un autre titre de MVP du championnat de France mais à l’heure du tip-in, elle n’en sait rien. Au Prado, pour le match aller, Bourges se détache de suite pour mener 22 à 8. Habituées à humilier ses adversaires (39.5 points d’écart de moyenne sur leurs victoires en Ronchetti), les oranges peinent par la suite mais gagnent (56-47). Pour le retour en Italie, Bourges refuse de jouer en noir qui est la couleur portée par le CUC malheureuse finaliste de cinq finales européennes dans les années 70. Parme démarre pied au plancher (8-2) mais Yannick Souvré avec sa tunique blanche par deux fois à trois points puis Cissé ramènent Bourges (15-15). À la pause, Parme mène d’un point (33-32). Santa qui souffre des fautes dans cette rencontre n’est pas sereine alors que Parme mène de 5 points à la trentième minute (45-40). Cissé et Koudashova portent leur équipe dans le money time. Au final, le CMJ bat encore Parme à son propre jeu, sur le physique et la défense (56-53). Plus que le titre, cette Ronchetti résonne comme le début d’une histoire.

Bourges gagne La Ronchetti ! Source : http://www.tangobourgesbasket.com

 

Et à 28 ans, Santa gagne, enfin ! L’avion qui décolle dans la foulée de la rencontre pour ramener les joueuses dans le Cher a à peine le temps de se poser que 1500 spectateurs acclament leurs héroïnes. Yannick Souvré et son sang froid, Emmanuel Bergeron la plus ancienne du club à 22 ans, la capitaine Amy Cissé, Martine Campi et son tragique shoot de 1993 avec le BAC, Stéphanie Vivenot la boute en train, Elena Koudashova l’ancienne perle de Challes-les-Eaux, la rusée Kotocova, les championnes de France espoir Vappereau, Vincente, Andre, Lawson et Agaesse, le coach Kapranov, la mascotte Pitchounette et enfin Odile Santaniello pouvaient exulter. Plus tard, elle déclarera :

Quand on voyait le travail de Pierre et de tous les dirigeants derrière, ainsi que tous ces supporters… Puis il y a la façon dont on s’entraînait avec Vadim, qui a réussi à faire prendre la mayonnaise entre toutes les personnalités qu’il y avait… Oui, on sentait que quelque chose était en train de naître.

D’AUBOUE A AIX

Odile est née à Briey, une petite ville de Meurthe-et-Moselle située entre Metz et Thionville, le 21 décembre 1966. Briey et ses 5000 habitants, c’est là qu’un certain Michel Platini y a fait ses études secondaires. Les Santaniello y occupent une petite maison de bourg. Odile est la dernière d’une famille de quatre enfants. Elle découvre avec son frère Vincent le basket et use ses godillots dans le jardin familial où son papa lui a installé un panneau. Là, elle s’imagine en Françoise Quiblier du CUC. Et les shoots s’y enfilent, par milliers. Toutefois, sa mère d’origine polonaise et son père venu de Naples veillent au grain parce qu’Odile, c’est l’huile sur le feu. Santa signe sa première licence à Auboué, un club qui fait référence en Lorraine dans les années 50-60, soit bien avant l’émergence de Nancy. Dès ses 16 ans, elle intègre naturellement l’équipe fanion d’Auboué et y tourne à 35 points de moyenne avec un record à 54 unités !

J’ai tout le temps eu l’objectif de devenir basketteuse professionnelle. Quand j’ai passé un CAP de compta, c’était pour dire que je faisais quelque chose. Je demandais des dispenses en cours de gym pour pouvoir m’entraîner un peu plus… Franchement, non, je n’ai jamais pensé à faire autre chose !

Devenue trop petite pour elle, Auboué laisse la place au Sport-études de Nancy après une scolarité au Lycée Jean Zay de Jarny. Dans sa promo, il y a quinze garçons à qui elle rend les coups et trois filles à qui elle rend les coups aussi. Au CREPS nancéen, elle se lie d’amitié avec Christophe Gorak, international junior qui passera par Lyon, Nantes et la SIG. Elle passe quelque peu sous les radars en étant oubliée (volontairement ?) lors de certaines détections pour ensuite être repérée par Colette Passemard et Jackie Delachet. Odile intègre ainsi l’équipe de France junior et participe aux championnats d’Europe alors qu’elle est encore cadette. A Pescara, en Italie, Odile tourne à 12 points de moyenne à 50% de réussite aux tirs. Sa carrière semble lancée.

Je n’avais jamais joué au niveau international. Je pleurais de peur. Au bout de 5 minutes, j’ai demandé à Jackie de me sortir.

De retour au SLUC, sa vie sportive bascule pourtant. Nous sommes le 3 mars 1984 dans une rencontre de Nationale 2 qui oppose Nancy à Challes-les-Eaux. Cet événement, elle le décrit à Pascal Legendre dans un Maxi Basket de l’époque :

Je défendais sur une fille. Elle part en contre attaque. Elle s’arrête. Elle fait quatre pas. C’est marché. Je le dis à l’arbitre, elle a marché. Elle ne veut rien savoir. Cela m’a énervée ! Je défendais en box et les deux points c’est moi qui les prenait. Je tape la balle par terre mais pour moi, pas pour l’arbitre. Elle me donne une technique. Je veux m’expliquer et lui dit qu’elle aurait pu me donner qu’un avertissement. Alors, je dis un mot que je ne répèterais pas. Et comme je n’ai pas une petite voix, elle m’a entendue. Disqualifiante ! Je suis partie sur le banc. L’arbitre sifflait tout contre nous. Je me suis encore énervée. Je n’aurais pas dû. Quand elle est arrivée à la table de marque, je me suis levée et je lui ai touché l’épaule mais jamais tapée ! Je me suis rassise au final et au retour des vestiaires, elle est même revenue me donner un coup de pied dans le tibia…

Odile est suspendue deux ans mais la FFBB lui accorde le droit de signer en Belgique, à Namur. Proche du domicile familial, le club belge végète en milieu de tableau mais Santa y continue sa progression. Jamais en deux saisons, le président du club Paul Legrain n’aura à se plaindre d’elle.

En Belgique, je ne faisais que du basket, déclare elle à l’époque. Mais j’aimerais m’entrainer trois fois par jour. Je suis complètement folle de basket. Personne ne pourra m’enlever cela…. Là où j’aimerais jouer c’est en Italie. Mon père est Italien, et les italiennes elles défendent comme des folles… La défense c’est pas mon fort, mais quand je les vois c’est la folie.

Franche, spontanée, compétitrice, Odile ne rentre sur le terrain que pour gagner et choisit pour son retour en France l’ASPTT d’ Aix-en-Provence. Il y restera jusqu’à l’été 1994 et y jouera avec de grands noms comme Pamela McGee. Aix est dirigé en 1986 par Guy Boillon qui se souvient des circonstances de son arrivée :

En 1986, Odile sortait de suspension et à Aix on débordait d’ambition. C’est Joe Jaunay qui m’avait conseillé de la faire venir. A l’époque, elle hésitait entre le CUC et nous mais j’avais réussi à la convaincre parce que comme elle, notre club avait beaucoup d’ambition. J’avais tellement peur qu’elle change d’avis que je lui avais donné rendez vous très vite à Paris. De Marseille, j’ai sauté dans le premier avion pour Paris, puis pris le Métro pour la Gare du Nord, lieu de notre rendez-vous. Dans ma valise, le contrat et sa licence étaient déjà prêts. Qu’est-ce que j’ai bien fait ! Et ce qui l’a décidé aussi à venir à Aix à l’époque c’est peut être un peu le fait de jouer dans une région complètement différente de sa Lorraine natale. Une région ensoleillée.

Odile Santaniello sous le maillot de l’ASPTT Aix-en-Provence. Source : Collection personnelle de Josette et Guy Boillon

Son jeu physique, sa détente exceptionnelle, sa technique balle en main, son shoot en suspension y font merveille dès son arrivée. Comparée alors à Cathy Malfois, Odile brille dans le jeu de transition grâce à des qualités athlétiques hors du commun. Encore méconnue, sa carrière décolle. Dans l’élite, après quelques rencontres dans la saison 1986-87, l’arrière tourne déjà à 24 points et 7 rebonds. Mais les chiffres ne disent pas tout de son impact, immense. Dans ce contexte, elle devient internationale le 21 juillet 1987 à Zakopane (Pologne) contre la Pologne puis participe dans la foulée et sous les ordres de Jackie Delachet au Championnat d’Europe, une compétition où les Bleues termineront à la huitième place. Santa traverse cependant malheureusement les saisons à la salle de la Pioline sans rien gagner. Avec Aix, c’est un peu toujours la même chose : toujours placée en championnat et en Ronchetti mais jamais gagnant. Cependant, à Aix, Odile se construit, mûrit, progresse et étoffe son jeu. Et puis jugez du peu : en huit saisons, Santaniello est élue huit fois meilleure joueuse du championnat ! Monumental ! Le club provençal ne compte d’ailleurs plus ses exploits, comme ce 2 mars 1991, où elle score 28 points en demi-finale du premier tournoi de la fédération de l’histoire face à Mirande. Sous les couleurs d’Aix, deux matchs marquent particulièrement Guy Boillon. Deux anecdotes qui en disent long sur la personnalité de notre monument :

En 1990, on affronte, Mirande adversaire le plus important cette année-là. Odile s’était fait une belle entorse de l’épaule. On avait décidé qu’elle garderait son attelle sous son survêtement pour ne pas le montrer et qu’elle ne rentre pas. On était menée et au final malgré tout elle rentre à la mi-temps et le match bascule. C’était cela Odile, elle voulait gagner et personne ne pouvait l’en empêcher. Il y a eu aussi cette rencontre contre le Stade Clermontois, en 1991. On perdait de 27 points à la mi-temps. Odile est rentrée furieuse dans le vestiaire. Les murs ont tremblé et le club revient à un point. Elle faisait se lever la salle par son talent et puis elle a mis Aix non seulement sur la carte du basket en France mais aussi en Europe. C’était notre fer de lance, notre incontestable leader. Et puis, un jour elle a poussé la porte de mon bureau pour me dire qu’elle voulait gagner et qu’elle partait. Cela a été le jour le plus triste de ma carrière de président mais j’ai compris et respecté son choix. Pour moi, c’est la meilleure joueuse française mais aussi européenne de sa génération. Ni plus, ni moins, sans contestations.

Sous le maillot tricolore, Odile participe pendant cette période au Championnat d’Europe 1989. En 1991 (notre photo) Odile est élue dans le meilleure cinq des Jeux Méditerranéens. Une compétition pour laquelle la France termine à la seconde place. Elle est aussi de la campagne 1993 où la France termine à la seconde place, une première… Mais plus que cette performance de 1993, cet épisode marque un tournant, un déclic. En effet, le basket français féminin se décomplexifie à cette période. Oui, l’équipe de France peut gagner au niveau international ! Enfin ! Odile est une figure de ces équipes. Ce faisant, elle construit, elle aussi, les futurs succès Bleues. Odile est quelque part et un peu aussi Championne d’Europe 2001 car son abnégation et son dégoût de la défaite deviennent des leitmotivs sous le maillot tricolore. Santaniello déteint doublement dans ce paysage des années 90. D’abord parce qu’elle dribble dans le dos, se jette au sol sur toutes les balles, shoote en suspension ou réalise des passes aveugles. Et puis ensuite et surtout, parce qu’elle est peut être la première sportive de renom à parler librement, à hurler sur le terrain, à contester et à l’époque c’est tout juste autorisé, pas toujours accepté lorsqu’on est une femme. Parfois critiqué, il faut prendre Odile Santaniello comme elle est : entière, passionnée et parfois oui excessive. Et c’est dans le Cher que notre héroïne va récolter le fruit de son travail.

Odile Santaniello avec l’équipe de France aux Jeux Méditerranéens.
Source : Basket Ball. Revue officielle de la Fédération Française de Basket Ball

LE PRINTEMPS DE BOURGES

À Bourges, elle se met au service du collectif, et dans la foulée de la victoire de 1995 dont nous avons parlé en introduction, en Ronchetti, Odile Santaniello devient championne de France avec son nouveau club. Tout ces succès valident évidemment son choix d’avoir quitté la Provence et Aix, un club qui l’a frustré mais qu’elle aime tant. Parce que comme toujours, Odile ne pense qu’à gagner. Ainsi, la veille du premier match de la finale du championnat 1995, elle racontera avoir visionnée un match entre les Bulls de Chicago et les Bad Boys de Detroit, histoire de sentir le souffre… À Bourges, elle est entourée de grandes joueuses et Vadim Kapranov réussit à tirer le meilleur de ses éléments. À partir de là, tout s’enchaine. Le CMJ et Santaniello remportent le tournoi de la fédération et le championnat de France 1996 qui font eux-mêmes écho à un Final Four 1996 où Bourges apprend en perdant face à Côme. Et puis vient 1997. En finale du championnat de France, dans un remake de la finale 96, les Nordistes de VA bousculent Bourges dans le premier match avec un départ canon 28-16 et une Audrey Sauret stratosphérique. Isabelle Fijalkowski ramène les siennes devant, un temps, mais VA l’emporte au final de deux petits points 67 à 65. Usé par une saison dantesque, Bourges vacille. Mais en championnes, les Berruyères remettent l’église au milieu de leur village dans le second acte. Odile y brille avec 26 points. La belle, elle, ne sera qu’une formalité (71-59) qui mettra un point final à une saison historique. Jugez du peu : Bourges avant le tournoi de la fédération et sa défaite d’un point contre Tarbes a enchainé une série de vingt-deux victoires en championnat ! Mieux, à 30 ans, notre Lorraine et son club deviennent championnes d’Europe des clubs après une victoire de près de 20 points face à Wuppertal. Un titre qui est marqué par la perte, trois jours avant la finale, de la fille de l’entraineur Kapranov. L’année suivante, Bourges remet cela à domicile face à Madrid.

Elle est de loin la meilleure joueuse de la première mi-temps, 13 points à 100% de réussite aux tirs et 5 rebonds dit à l’antenne de Canal + George Eddy. 21 points, meilleure marqueuse du match poursuit-il.

En passant sur Stade 2, puis en étant reçu à l’Elysée, Fijalkowsky, Melain, Kotocova, Vivenot, Souvré, Jeanne, Robin, Robini, Kotocova et Odile se font un prénom aux yeux du grand public. Le CJM, un temps, devient plus médiatisé que son printemps. Et Odile inonde ses maillots de larmes car ce que l’on ne vous a pas dit c’est que quand elle gagne, en général elle pleure. Dois-je vous préciser que le CMJ devient aussi champion de France en battant en finale Valenciennes ? Jamais dans l’histoire du sport collectif français, un club n’avait conservé son titre européen. Dans cette même compétition, en 1999, Bourges cale contre Ružomberok en quart de finale de l’Euroligue féminin. Par contre, en championnat, le CJM l’emporte encore une fois face à VO pour ce qui sera la dernière saison du mythique coach russe Vadim Kaprasov. Odile se trouve alors elle aussi en fin de contrat, à 33 ans. Elle vient d’enchainer avec cinq titres de championnes de France en cinq saisons, deux Euroligues et un nouveau titre de MVP ! Cerise sur le gâteau pour notre héroïne, Bourges remporte contre Aix un second tournoi de la fédération après celui de 1996. Guy Boillon l’emblématique président des rouges d’Aix tente alors l’impossible en essayant de faire venir Kapranov et faire revenir Odile à l’ASPTT. Nous sommes en 1999. Mais pour Santaniello, il est temps de passer à autre chose. Et cet autre sera en Italie, comme elle l’envisageait déjà en 1986 dans l’interview donnée à Maxi Basket et que nous avons évoqué plus haut. Le CJM, lui, décidera le 7 avril 2018 de retirer le maillot d’Odile. Plus personne au club ne pourra porter le 9. Les stars c’est au plafond !

KALEIDOSCOPE

Odile est une joueuse exceptionnelle avec un bagage technique phénoménal. Des qualités athlétiques hors normes dit d’elle Paoline Ekambi

En Italie, Santa pose ses valises en Vénétie, à Schio. La ville est au cœur d’une région riche où sont nées les sociétés Benetton et Lotto. Le club a comme projet de décoller définitivement pour mettre fin à l’hégémonie sportive de Côme où joue une certaine Fijalkowski. À la surprise générale, la finale du championnat d’Italie 2000 va opposer Priolo au Schio d’Odile. Et c’est Priolo qui l’emporte finalement sur le score de 3 à 1, alors que Schio avait l’avantage du terrain. Odile Santaniello échoue donc en finale dès sa première saison transalpine malgré de belles stats dans le match 4 : 8 points (mais avec un petit 3/15 aux shoots), 11 rebonds et 6 fautes provoquées qui témoignent d’une agressivité intacte. Schio sera battu également en finale de la coupe d’Italie. La trentaine bien passée, les saisons sont cependant de plus en plus longues pour la Lorraine. Longues car son corps montre des signes de fatigue. Malgré cela, elle signe à Bordeaux la saison suivante, au Wapiti. Elle y jouera peu au final et arrêtera sa carrière pour se faire opérer du dos. Odile va ensuite définitivement poser ses valises à Marseille (elle y réside encore). C’est tout naturellement que Guy Boillon lui demande alors d’intégrer le staff de son équipe de cœur, Aix. Alors qu’elle n’imaginait pas un seul instant entrainer, elle rentre dans le staff de l’équipe aixoise pour épauler Abdou Ndiaye. En 2003, Santaniello accompagne ainsi les filles du Pays d’Aix 13 dans leur quête d’Euroligue. À présent, elle gagne sur la scène européenne en tant que coach. Pour la petite histoire, le trophée de cette coupe d’Europe est encore chez les Boillons, à l’étage. Dedans, il y a la photo d’Odile Santaniello.

Odile Santaniello, assistante coach à Aix. Source : Collection personnelle de Josette et Guy Boillon

Santa restera entraîneuse assistante d’Aix-en-Provence de 2003 à 2005, puis deviendra maman. Incapable de mener qu’une chose de front, tel un kaléidoscope réfléchissant à l’infini, elle passe un BE2 basket mais aussi une Licence Pro de visiteur médical. Côté basket, elle prendra en main un temps le Cavigal Nice en Ligue 2 féminine, puis les garçons de Martigues, l’USS Bouc-Bel-Air, une équipe de U17 puis enfin Aubagne en Nationale 3. Côté professionnel, elle sera encore commerciale pour une société de matériel médical avant d’intégrer le Conseil Général des Bouches-du-Rhône en tant qu’instructrice de dossiers de subvention au service des sports. De son bureau au conseil général, au métro qu’elle prend aujourd’hui quotidiennement dans un anonymat certain jusqu’aux parquets qu’elle fréquente encore, Odile Santaniello poursuit à l’heure où vous lisez ces lignes le cours de sa vie, sous le soleil. Paisiblement. Entre temps, en 2009, la FFBB l’a placé au rang d’Académicienne du basket français.

SON PALMARES :

  • Vainqueur de 2 Euroleague (1997, 1998)
  • Vainqueur d’une Coupe Ronchetti (1995)
  • 5 fois Championne de France (1995, 1996, 1997, 1998, 1999)
  • Vainqueur du Tournoi de la Fédération (1996, 1999)

DISCTINCTIONS PERSONNELLES :

  • 9 fois MVP du Championnat de France (1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994 et 1998)

SELECTION NATIONALE :

  • 141 sélections en Équipe de France
  • Vice-championne d’Europe en 1993

 

NB 1 : Définition du Petit Robert – Monumental (Figuré) : Personne que ses qualités placent hors du commun.

NB 2 : Propos recueillis par Guillaume Paquereau pour Basket Rétro

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About sunkiddbr (34 Articles)
Amoureux de Gozilla depuis mon plus jeune âge, je suis devenu fan des Suns ! De Sir Charles à Dan Majerle en passant par Nash, via Stoudemire pour aller jusqu'à Devin Booker : PHX a le monopole de mon coeur. Je veux du soleil !

1 Comment on [Portrait] Monumentale Odile Santaniello

  1. Excellent article rétrospectif !
    Merci d’avoir pris le temps de décortiquer cette immense carrière pour notre bonheur

    J’aime

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