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ITW George Eddy : « L’internationalisation du basket en France a commencé dans les années 60 »

Interview

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Est-il encore nécessaire de présenter George Eddy ? L’emblématique commentateur de Canal+ fut l’un des grands artisans de la médiatisation de la NBA en France; à la veille du premier match de saison régulière disputé à Paris, il a accepté de répondre aux questions de Basket Rétro et de raconter certains souvenirs…

Basket Rétro : Vingt-cinq ans après, les Charlotte Hornets sont de retour à Paris. Comment pourriez-vous résumer le chemin accompli par la NBA durant cette période ?

George Eddy: C’est un chemin extraordinaire à tous points de vus ! La progression du chiffre d’affaires, les droits télés et surtout l’internationalisation de la ligue avec les efforts de David Stern. J’ai l’ai bien connu, ainsi que les autres dirigeants de l’époque, et, en 1988, j’ai même participé à certaines recherches  qui étaient faites sur le développement européen du marketing de la NBA.
On peut dire que Stern était l’un des meilleurs dirigeants sportifs de l’histoire, aux Etats-Unis c’est ce qu’on appelle un « success-story ».

eddy stern

En compagnie de David Stern @ Panoramic

BR : Pouvez-vous nous dire quelles recherches avez-vous menées en 1988 ou est-ce un secret ?

GE : Non il n’y a pas de secret, je le racontais déjà dans mon livre l’an dernier et plus récemment après la disparition de David Stern. Celui-ci a reconnu en Canal+ un pionnier par rapport à l’intérêt de la chaîne pour la NBA depuis janvier 1985, donc il s’est appuyé sur notre savoir-faire et est venu voir s’il y avait un marché à développer ici, si les Français pouvaient devenir des clients du merchandising de la NBA, s’il y avait des partenariats à faire… Nous avons aussi été au Final Four de Gand, en Belgique, avec le Maccabi Tel-Aviv, le Partizan Belgrade, Milan et l’Aris Salonique Il y avait Mike D’Antoni et Bob MacAdoo, ça devrait vous parler à Basket Rétro !

« J’ai bien connu David Stern, et, en 1988, j’ai même participé à certaines recherches  qui étaient faites sur le développement européen du marketing de la NBA. »

BR : Cela fait une belle passerelle entre l’Europe et la NBA…

GE : Tout à fait ! En fait, l’internationalisation du basket a commencé bien avant la NBA, avec l’arrivée des joueurs et entraîneurs américains en France dans les années 60.
J’ai vu ça de près en arrivant en 1977. L’apport des joueurs étrangers a été essentiel à une progression rapide.

BR : Pour en revenir à 1994, quels souvenirs conservez-vous de la rencontre entre les Charlotte Hornets et les Golden State Warriors, premier match NBA joué sur le sol français ?

GE : C’était un événement ! C’était Muggsy Bogues, le plus petit joueur de la NBA, contre Manute Bol, le plus grand. L’attention médiatique tournait beaucoup autour de ça, avec des photos et notamment celle où Dorothée pose entre les deux joueurs. Il y avait Don Nelson et une bonne équipe de Golden State, avec Chris Mullin, Tim Hardaway… J’avoue que ça remonte à loin…Je me souviens que j’ai commenté le match, que c’était à sens unique. C’était sympa de suivre les équipes NBA à l’entrainement ou au Champs de Mars et devant la Tour Eiffel. C’était assez classique comme rendez-vous touristique avec Paris !

BR : Pouvez-vous nous parler de Chris Mullin, symbole des Warriors bien avant Stephen Curry et Klay Thompson ?

GE : Mullin était un énorme shooteur que j’aimais beaucoup parce que j’avais un peu le même rôle en France, on l’a aussi vu dans la Dream Team…c’était une grande star !

C’est l’un des trois membres de l’époque du « Run TMC » avec Mitch Richmond et Tim Hardaway. Ils étaient les précurseurs du « run and gun » et du « small ball », avec beaucoup de shoots à mi-distance et beaucoup de rythme. Ils cherchaient à marquer beaucoup de points ! C’est le début du basket moderne, après il y a eu le Phoenix de D’Antoni avec Steve Nash et Boris Diaw.

BR : En 2003, les Spurs de Tony Parker affrontaient les Grizzlies de Pau Gasol, une affiche « sur mesure » pour le public du vieux-continent. Pourriez-vous nous donner votre classement des cinq meilleurs joueurs européens de l’histoire de la NBA ?

GE : C’est drôle parce que moi je préfère Parker à Nowitzki à cause de ses quatre titres. L’Allemand avait des statistiques individuelles plus impressionnantes mais je mettrais Parker en 1 et Nowitzki en 2. Pau Gasol a plus de titres que Nowitzki donc il pourrait être devant mais il avait moins de stats…Il avait Kobe avec lui mais c’est vrai que c’est quand même grâce à son arrivée que les Lakers vont en finale. On va quand même mettre Gasol en 3, puis Drazen Petrovic en 4 pour son talent individuel.
En 5, je prends Sabonis même si ça peut toujours se discuter, il y a pas mal de joueurs dans la discussion, Marc Gasol, Boris Diaw, Rudy Gobert, Vlade Divac… Et bientôt Doncic qui pourrait grimper très vite et très haut dans le classement !

BR : Avez-vous pu échanger avec Dwyane Wade et Vince Carter à l’occasion du match entre Miami et New Jersey à Bercy en 2008 ?

GE : Sans doute, mais le truc, c’est que je n’ai pas des souvenir spécifique à chaque match. J’en ai commenté tellement en 35 ans ! A ce moment-là c’est sûr que c’était le grand événement mais je me souviens plus d’interviews comme celui avec Eva Longoria quand les Spurs ont rencontré le Maccabi Tel Aviv en 2006. Je me souviens quand même d’une photo ou je suis en train d’interviewer Dwyane Wade.

« Je n’ai pas des souvenir spécifique à chaque match. J’en ai commenté tellement en 35 ans ! A ce moment-là c’est sûr que c’était le grand événement mais je me souviens plus d’interviews comme celui avec Eva Longoria »

longoria

Eva Longoria et George Eddy @ Getty Images

BR : Malgré tout, comment jugez-vous la carrière de ces deux joueurs ?

GE : Wade a fait une carrière extraordinaire, il était un peu sous-estimé au début mais c’était un vrai winner et un joueur emblématique de sa franchise. Il est vraiment à considérer très haut dans l’histoire. Il a autant de titres que LeBron James et tournait à 40 points par match lors des finales de 2006, il jouait comme Jordan ! Carter était plus un « journeyman » qui a changé d’équipe assez souvent. Sa période la plus remarquable remonte à 2000, quand il a remporté le concours de dunks, le meilleur de l’histoire probablement. D’ailleurs il est le meilleur dunker de l’histoire, dans les mêmes sphères que Julius Erving et Michael Jordan.

BR : Le dernier match disputé à Paris remonte à près de 10 ans avec l’opposition entre les New York Knicks et les Minnesota Timberwolves et Rony Turiaf était de la partie. On connait vos liens avec Tony Parker, mais en aviez-vous également avec d’autres joueurs français ?

GE : J’avais beaucoup plus de liens avec Boris Diaw qu’avec Ronny Turiaf par exemple. J’ai toujours été fan et proche de lui, et même de sa mère que j’ai connu quand elle était encore joueuse. J’ai énormément apprécié l’attitude de Boris Diaw, très indépendant, iconoclaste, altruiste. Tony Parker était le champion classique qui voulait marquer beaucoup de points, gagner beaucoup de titres et marquer sa génération, il l’a fait à merveille, tandis que Boris était le lieutenant parfait pour arrondir les angles et mettre de l’huile dans la machine collective, que ce soit en NBA ou en équipe de France.

BR : Le match de vendredi n’aurait certainement pas eu lieu sans le travail que vous avez fourni pour Canal+, alors serez-vous présent dans le public pour cet événement particulier ?

GE : Non, je vais être présent au bord du terrain pour commenter le match pour Canal+ Afrique ! C’est très populaire, et même beaucoup plus en Afrique qu’en France, même s’il y a beaucoup de fans. Les matchs passent en prime time et l’intérêt est proche de celui pour le football.
Je rigole en disant qu’avant je commentais pour un pays et maintenant je commente pour un continent !

BR : Malgré tout Est-ce que vous savez si Canal+ tentera de récupérer les droits de diffusion de la NBA lors du prochain appel d’offres ?

GE : Je pense que c’est une époque révolue. Ce n’est pas du tout dans les priorités de Canal, qui traverse une période compliquée en France. Ils ont choisi une certaine stratégie et la NBA n’en faisait plus partie. Pour l’Afrique, par contre, c’est un produit très important, c’est pour ça que j’ai « bifurqué » vers Canal+ Afrique. Je serais ravi que Canal récupère même un seul match événement par semaine, parce que Canal est plus dans l’événementiel, les gros matchs… Mais comme après avoir été ennemis absolus de beIN Sports nous sommes devenus « partenaires privilégiés », allez savoir si dans les prochaines années il ne peut pas y avoir plus d’aller-venus entre Canal et beIN, parce que maintenant on rame dans le même sens, un peu dans le même bateau !

Propos recueillis par Alexandre Rivet pour Basket Rétro
Merci beaucoup à George Eddy de nous avoir accordé cet entretien !

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