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André Tondeur, un précurseur contrarié (1899 – 1962)

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Il fait partie des pionniers du basket français, est l’un des plus titrés (9 titres de champion de France en tant que joueur, deux autres comme entraîneur) et pourtant il n’a pas eu, de la part de ses pairs, la reconnaissance qu’il pouvait attendre. Joueur de talent, formateur intransigeant, André Tondeur fait pourtant partie des figures-clés du basket français. Portrait.

André Tondeur, le Nordiste, militaire et moniteur d’éducation physique, a beau avoir gagné neuf titres de champion de France comme joueur et capitaine, deux autres comme entraîneur, avoir déniché de nombreux talents, être plébiscité par la presse, il n’a jamais connu une légitime reconnaissance de ses pairs. Jusqu’à son entrée dans l’Académie du basket français en 2009. Soit 47 ans après sa mort.

André Tondeur, ©Miroir des sports- 1957

Petit (1,70m), fluet (64 kilos), il fut le leader intransigeant et reconnu sur le terrain et en dehors de l’âge d’or du basket Mulhousien, qui domina sans partage le basket français des années 20.

Sous-officier arrivé en garnison à Mulhouse à 21 ans, il porta, en 1924, le Foyer Alsacien vers un premier titre national en écartant le tenant, Arras. Béret vissé sur la tête, il enquilla les titres comme d’autres des perles : 1925 contre Dinard, 1926 (Ste Hippolyte), 1928 (Roubaix), 1929 puis 1930 et 1931 face au CS Plaisance. Il se brouilla avec le FA, rallia le voisin et ennemi, le Cercle Athlétique de Mulhouse pour deux nouveaux titres en 1935 et 37, année du doublé avec les filles du CAM qu’il entraînait avant de gagner un dernier titre avec les féminines de l’AS Strasbourg en 1948.

« Un capitaine réfléchi qui, le premier en France, imposa à son équipe un travail rationnel de préparation basé sur l’adresse dans les tirs et la condition physique » – Gérard Bosc, « Une histoire du basket français » – 1999.

Le journal « l’Auto » salua « son intelligence, son sang-froid et son adresse ». Mais jamais Tondeur ne trouva grâce auprès des sélectionneurs et jamais il n’intégra l’Equipe de France, une tache qu’il vécut, et d’autres avec lui, comme une grande vexation. Il avait peut-être raté le coche en 1931 (à 32 ans !) lorsqu’il ne put se rendre à un rendez-vous des tricolores, mais il ne fut jamais reconvoqué malgré les pétitions et les exhortations de la presse.

Durant la guerre il rallia Antibes en 1942 avant de se voir confier la première formation d’entraîneurs en 1943. Il fit long feu dans ce rôle ne s’entendant pas avec les dirigeants fédéraux. Engagé courant 44, le capitaine Tondeur participa à la libération de l’Alsace, sa région de cœur.

Tondeur/Busnel est bonne – André Tondeur avec le Foyer de Mulhouse en 1930, Busnel à 15 ans ! @ Vincent Janssen

Parmi les nombreux joueurs qu’il a développés, retenons-en deux : Robert Busnel, dont le père, adjudant, avait été muté à Mulhouse. C’était en 1935. Le début d’une complicité qui ne s’est jamais démentie : « Quand à l’âge de 15 ans, je suis devenu champion de France avec le Foyer Alsacien, M. Tondeur m’a donné 20 francs. Avec ces 20 francs, je me suis payé le cinéma. J’avais touché de l’argent. J’étais donc déjà professionnel… » s’amusa plus tard Busnel (1) qui, lorsqu’il prit en mains la destinée de l’Equipe de France s’attacha les services de son mentor en tant qu’assistant, tant aux Jeux de Londres en 1948 (médaille d’argent derrière les Etats-Unis) qu’à ceux de Helsinki en 1952 (8°).

La seconde pépite qu’André Tondeur a ciselée est Jean-Paul Beugnot, jeune échalas de Bar-le-Duc venu étudier à Strasbourg, dans sa région natale, qu’il fit signer aux Pierrots de Strasbourg au début des années 50 pour transformer celui qu’alors on surnommait le « Piquet » en pivot dominant en Europe, sous le maillot de l’Equipe de France et de l’Etoile Mézières-Charleville.

ANDRÉ TONDEUR – PROMOTION 2009 A L’ACADÉMIE DU BASKET

Source : MBC, l’Europe en baskets (1989).

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About Dominique WENDLING (4 Articles)
Ancien journaliste, joueur, entraîneur, dirigeant, président de club. Co-auteur, avec Jean-Claude Frey, de "Plus près des étoiles", le livre paru fin 2018 sur les 90 ans de la SIG Strasbourg.

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