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ITW Laurent Foirest – Partie 2 : «Le basket est moins fort tactiquement qu’à mon époque »

Crédits photos : FFBB / NewsOuest - Christophe Marchand

Basket Rétro vous livre la seconde partie de l’entretien avec Laurent Foirest effectué le 5 octobre dernier. L’ex-ailier de l’équipe de France s’est confié notamment sur ses activités de coaching, le championnat de France et la NBA.

Basket Retro : Vous êtes actuellement coach à Quimper. C’était la suite logique pour vous après votre carrière d’entraîner un club pour la reconversion ?

Laurent Foirest : Je ne pensais pas devenir coach. Quand on rencontre des joueurs caractériels, on se dit que coacher, gérer ce genre de joueurs n’est pas fait pour nous. Au fur et à mesure, après l’arrêt de ma carrière, j’ai été directeur sportif. J’ai pu voir qu’on pouvait aider, donner des conseils à des joueurs sur le terrain qui en ont besoin. Cela donne alors envie de passer de l’autre coté du décor en créant son équipe, les choses se font naturellement. L’idée est de redonner aux autres ce que j’ai appris.

BR : Etes-vous plus un coach tourné vers l’attaque ou la défense ? Quelle est votre philosophie du basket en tant que head coach ?

LF : Je suis assez pragmatique. Il faut qu’on se donne des deux côtés du terrain. Défendre avec une grosse intensité au maximum pour ne pas encaisser de paniers faciles. Puis bien se partager le ballon en attaque.

BR : Envisagez-vous dans quelques années de coacher un club de Pro A, Pro B ?

LF : Comme lorsque j’ai été joueur, je profite du moment présent. Si les choses se présentent, on verra le jour J. Je me concentre aujourd’hui avec mon équipe de Quimper que je découvre. Chaque chose en son temps.

Laurent Foirest dans la position du coach à Quimper avec un de ses joueurs et son assisitant - Décembre 2015 (c) Coté Quimper

Laurent Foirest dans la position du coach à Quimper avec un de ses joueurs et son assisitant – Décembre 2015 (c) Coté Quimper

BR : Quels conseils donneriez-vous aux garçons et filles qui veulent effectuer une carrière pro ?

LF : Il faut travailler dur sans rechigner, ne pas brûler les étapes même si on peut promettre monts et merveilles aux gamins qui ont du talent. Donc bien suivre les étapes.

BR : Quelle différence faites-vous dans l’évolution du basket masculin au niveau du jeu entre votre époque à aujourd’hui  sur le plan technique, tactique ?

LF : Les joueurs aujourd’hui sont un peu plus physiques bien que certains avaient des grosses qualités physiques à mon époque. La musculation est rentrée dans les habitudes d’un basketteur aujourd’hui. Tactiquement, c’est moins fort qu’à notre époque au niveau de la lecture du jeu. On avait des joueurs capables de maîtriser les bons fondamentaux, de développer un meilleur jeu qu’aujourd’hui où c’est beaucoup de un contre un avec shoots et beaucoup moins de lecture de jeu. Disons qu’il y a moins de joueurs qui peuvent le faire.

BR : Avez-vous accepté ce poste aisément de Chef des opérations basket en 2011 avec l’Asvel ?

LF : Je ne savais pas trop quoi faire après carrière pour ma reconversion. Antony Thiodet, directeur executif de Villeurbanne à l’époque, me l’a proposé. J’ai appris ce métier sur le tas. C’était agréable de côtoyer les équipes de faire le tampon avec la direction, de gérer des projets.

« Je ne pensais pas devenir coach. Quand on rencontre des joueurs caractériels, on se dit que coacher, gérer ce genre de joueurs n’est pas fait pour nous. Au fur et à mesure, après l’arrêt de ma carrière, j’ai été directeur sportif. J’ai pu voir qu’on pouvait aider, donner des conseils à des joueurs sur le terrain qui en ont besoin. Cela donne alors envie de passer de l’autre coté du décor en créant son équipe, les choses se font naturellement. L’idée est de redonner aux autres ce que j’ai appris ».

BR : On assiste à un championnat de France de Pro A irrégulier avec des champions différents en plus de 10 ans. Quel est votre regard à ce sujet ? Inquiétant ou non ?

LF : Disons que la formule avec un seul match n’a rien fait pour arranger les choses. L’ADN des playoffs, c’est plus des quarts, des demi et une finale joués en plusieurs manches. Le fait d’avoir fait jouer à un moment la finale en une manche sèche explique qu’il y ait eu autant de champions différents. C‘est peut-être pas la meilleure équipe qui a gagné à chaque fois. Sur un match, tout pouvait se passer. Avec la formule en plusieurs séries qui a été remis en place, on voit que ce sont les meilleures équipes de la saison qui sont champions. Il faudrait qu’une équipe française tire vers le haut pour qu’on puisse en Coupe d’Europe continuer à travailler, à s’adapter au niveau européen.

BR : Que faire pour que les clubs français brillent plus régulièrement en Coupe d’Europe. Quelles solutions ?

LF : Par rapport à certains clubs européens, on manque beaucoup d’intensité, de jeu tactique et de lecture de jeu comme je le disais tout à l’heure. Ca vient du fait de la formation ne s’est pas beaucoup axé sur cet aspect-là mais plus sur les caractéristiques physiques et athlétiques. Se rabattre sur la lecture du jeu permettrait aux clubs d’avoir des joueurs de niveau européen. Il faut essayer d’avoir des équipes qui ne changent pas d’effectif toutes les années aussi. La continuité d’une équipe permet de trouver des automatismes sur des gros matchs à haut niveau, elle peut aider.

BR : Pensez-vous que la France va dominer sur le plan européen voire mondial sur les cinq années à venir après la retraite internationale de Parker, Flo Pietrus, Gelabale ?

LF : Oui. On a de gros et bons joueurs. Maintenant, peut-être que le style de jeu sera un peu différent. Il ne sera pas seulement tourné vers un joueur comme c’était pendant quelques années avec une Parker dépendance. Aujourd’hui, il y a de nouveaux leaders comme Nando De Colo, un joueur exceptionnel. Faut trouver une hiérarchie, un autre style de jeu.

BR : Vous avez cité Tony Parker. Vous avez joué avec lui en équipe de France. Un mot sur sa retraite internationale et ses dix ans passés en équipe nationale.

LF : C’est énorme ce qu’il a fait avec les Bleus. Il n’était pas tout seul non plus. Sa génération a été exceptionnelle avec le nombre de médailles qu’elle a apporté à la France. C’était un des meilleurs meneurs du monde. Sans ses coéquipiers, il ne serait pas le joueur qu’il a été.

Laurent Foirest et Tony Parker, anciens coéquipiers en équipe de France, ont travaillé ensemble à l'ASVEL (c) EQ

Laurent Foirest et Tony Parker, anciens coéquipiers en équipe de France, ont travaillé ensemble à l’ASVEL (c) EQ

BR : Quels sont vos premiers souvenirs de la NBA basket américain ?

LF : C’est Magic Johnson, Michael Jordan et Dominique Wilkins. C’étaient les joueurs auxquels on faisait référence quand j’étais gamin.

BR : Quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) que vous aimez en NBA ? 

LF : Je suis pas trop la NBA. Je regarde les résultats par rapport aux joueurs français. A l’époque, j’étais plus pour les Lakers de Magic.

BR : Avez-vous le souvenir d’un match NBA marquant : All Star Game, playoffs, performance d’un joueur ?

LF : Non j’en ai pas en mémoire. Mais Jordan, Magic sont des joueurs plaisants à voir jouer avec des styles de jeu très différents.

BR : Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ?

LF : (soupir). Il faut que je réfléchisse là (rires). Magic, Jordan, Kareem Abdul-Jabbar, Scottie Pippen et Julius Erving.

BR : Vous avez porté énormément de maillots durant votre carrière ? Qu’en avez-vous fait ? Avez-vous une collection de produits dérivés ?

LF : J’ai gardé un maillot de chaque équipe par lesquels je suis passé, donc 4 clubs. La plupart sont ceux avec lesquels j’ai été champion. J’ai gardé aussi des maillots de coéquipiers qui m’ont marqué et avec qui j’ai joué.

BR : On va conclure cette interview avec votre mot de la fin ?

LF : C’était un super plaisir.

BR : Merci à vous Laurent Foirest

Son Palmarès :

  • Médaille d’Argent aux Jeux Olympiques de 2000 avec l’Equipe de France
  • Champion d’Europe Juniors en 1992 avec l’Equipe de France (Budapest, Hongrie)
  • Champion de France en 1991, 1995 avec Antibes
  • Champion de France en 1998, 1999 avec Pau Orthez
  • Champion de France en 2004 et 2009 avec l’Asvel
  • Vainqueur de la Coupe de France en 2008
  • MVP du championnat de France en 1999 et 2004 avec Pau-Orthez
  • Vainqueur de la Semaine des As en 2010 avec l’Asvel
  • Champion d’Espagne en 2002 et Coupe du Roi 2002 avec Vitoria

Laurent Foirest en 1995 lors du match Antibes-Asvel

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro – Crédits photos FFBB / NewsOuest – Christophe Marchand

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About Richard Sengmany (376 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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