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Kareem Abdul-Jabbar, le seul triple MOP de la March Madness [1967, 1968 et 1969]

NCAA March Madness History

A quelques heures du début du Final Four 2015, Basket Rétro vous propose de revenir sur les grands moments de cette période phare du basket universitaire outre-Atlantique. Retour aujourd’hui sur la performance de Kareem-Abdul Jabbar, triple MOP (joueur le plus remarquable) de la March Madness en 1967, 1968 et 1969.

Bien avant de mettre des paniers grâce à son skyhook légendaire avec les Lakers de Los Angeles, Kareem Abdul-Jabbar a été élu trois fois de suite MOP de la March Madness en 1967, 1968 et 1969 avec UCLA (Université de Californie à Los Angeles). C’est l’agence de presse Associated Press (AP) qui remet ce prix annuel au meilleur joueur remarquable à la fin de la March Madness, compétition qui réunit les 68 meilleures équipes de basket universitaire. Alors qu’il s’appelait encore à ce moment-là Lew Alcindor, Jabbar est l’unique joueur de NCAA à avoir remporté cette distinction personnelle trois fois de suite avec la célèbre fac d’UCLA qu’il a rejoint en 1966.

ABDUL-JABBAR, PIVOT ÉMÉRITE DE L’HISTOIRE DE UCLA

Kareem Abdul-Jabbar tout sourire avec UCLA, champion NCAA en 1968 (c) APEntraîné par le légendaire John Wooden, Abdul-Jabbar a affiché des stats impressionnantes dans le tournoi final de la NCAA ainsi qu’en saison régulière sur ces trois années avec les Bruins de UCLA. Avec son équipe qui est la plus dominatrice du championnat universitaire, il a été un des grands acteurs qui a permis à sa fac de remporter trois titres supplémentaires après ceux raflés en 1964 et 1965. Le détail de ces performances ci-dessous lors de la March Madness :

En 1967 (deuxième année = sophomore)

  • Demi-finale régionale face à Wyoming, victoire 109-60 : 29 points à 10/15 aux tirs et 10 rebonds
  • Finale régionale face à Pacific, victoire 80-64 : 38 points à 13/20 aux tirs et 14 rebonds
  • Demi-finale nationale face à Houston, victoire 73-58 : 19 points à 6/11 aux tirs et 19 rebonds
  • Finale nationale face à Dayton, victoire 79-64 : 20 points à 8/12 aux tirs et 18 rebonds
  • Ses stats moyennes sur ces 4 matchs : 26,5 points et 15,2 rebonds.
  • Pourcentage aux tirs sur ces 4 matchs : 63,7 % (37/58)
  • Ses stats moyennes en saison régulière (30 victoires et aucune défaite) : 29 points et 15,5 rebonds
UCLA Champion NCAA en 1967 (c) uclabruins.com

UCLA Champion NCAA en 1967 (c) uclabruins.com

En 1968 (troisième année = junior)

  • Demi-finale régionale face à New Mexico State, victoire 58-49 : 28 points à 9/13 aux tirs et 23 rebonds
  • Finale régionale face à Santa Clara, victoire 87-66 : 22 points à 6/8 aux tirs et 18 rebonds
  • Demi-finale nationale face à Houston, victoire 101-69 : 19 points à 7/14 aux tirs et 18 rebonds
  • Finale nationale face à North Carolina, victoire 78-55 : 34 points à 15/21 aux tirs et 16 rebonds
  • Ses stats moyennes sur ces 4 matchs : 25,8 points et 18,8 rebonds
  • Pourcentage aux tirs sur ces 4 matchs : 66% (37/56)
  • Ses stats moyennes en saison régulière (29 victoires et 1 défaite) : 26,2 points et 16,8 rebonds
UCLA Champion NCAA en 1968 (c) uclabruins.com

UCLA Champion NCAA en 1968 (c) uclabruins.com

En 1969 (quatrieme année = senior)

  • Demi-finale régionale face à New Mexico State, victoire 53-38 : 16 points à 8/15 aux tirs et 16 rebonds
  • Finale régionale face à Santa Clara, victoire 90-52 : 17 points à 8/14 aux tirs et 7 rebonds
  • Demi-finale nationale face à Drake, victoire 85-82 : 25 points à 8/14 aux tirs et 21 rebonds
  • Finale nationale face à Purdue, victoire 92-72 : 37 points à 15/20 aux tirs et 20 rebonds
  • Ses stats moyennes sur ces 4 matchs : 23,8 points et 16 rebonds
  • Pourcentage aux tirs sur ces 4 matchs : 61,9 % (39/63)
  • Ses stats moyennes en saison régulière (29 victoires et 1 défaite) : 24 points et 14,6 rebonds
UCLA Champion NCAA en 1969 (c) uclabruins.com

UCLA Champion NCAA en 1969 (c) uclabruins.com

UNE DECISION PRISE A L’ENCONTRE DE ABDUL-JABBAR

Lors de la saison 1967-1968, la NCAA a appliqué une nouvelle règle : l’interdiction du dunk en match. C’est un geste offensif que Jabbar utilisait fréquemment. La règle a été renommée « Alcindor Rule ». Devant accepter cette décision, le pivot de UCLA a dû alors effectuer un nouveau geste pour marquer des points à son équipe. Pouvant utilisé l’arme du shoot à deux mains pour être performant en attaque, ce n’est pas celui-ci qu’il affectionnera le plus. C’est un autre mouvement en attaque qui lui sera associé durant toute sa carrière et qui a écœuré pas mal de ses adversaires: le skyhook.

Dans un article du dailybrun.com, Jabbar déclarait que cette règle ne l’a pas si perturbé que cela lors de ses années universitaires : « Cela ne m’a pas affecté tant que cela sur mon jeu. Je pense vraiment que les fans ont plus souffert que n’importe quel joueur individuel. Le dunk est un geste qui a ravi les fans et ils n’ont pas pu en voir pendant un certain temps (le dunk a été autorise dès la saison 1976-1977). La NCAA lui aura donc rendu bien service puisqu’il a réalisé des matchs prolifiques en attaque grâce au skyhook qui lui a si bien collé à la peau.

Pour Abdul-Jabbar, l’envie de gagner le championnat national était un objectif, un rêve indéniable : « J’ai eu l’opportunité de faire quelque chose dont j’ai rêvé de faire quand j’étais au lycée. Comme vous avez joué au basket au lycée, et que vous commencez à vous approcher des années de fac, vous rêvez des finals NCAA et de les remporter ».  Comme le dit l’adage, les rêves deviennent réalité et un d’Abdul-Jabbar a été réalisé. Et qui plus est à trois reprises.

UCLA, UN CHOIX PAYANT POUR ABDUL-JABBAR

Abdul-Jabbar a effectué une superbe carrière en NCAA et son choix de rejoindre UCLA a été judicieux. Facile à dire évidemment, en choisissant une autre fac, on ne sait pas s’il aurait brillé à foison sous le maillot d’une autre université. Dans une interview datée du 18 janvier 2007, l’ancien pivot des Lakers expliquait les raisons de rejoindre la fac californienne :

« J’ai choisi UCLA car lors de mes deux dernières années au lycée, UCLA avait gagné deux fois le championnat NCAA. Aussi, je me suis souvenu avoir regardé le ‘Ed Sullivan Show’ en présence de Rafer Johnson que je connaissais bien. C’était un athlète de classe mondiale mais il n’était pas sur le plateau en tant qu’athlète mais en tant que président du corps étudiant de UCLA. J’étais vraiment impressionné que les gens l’apprécient au-delà du fait qu’il ait des aptitudes sportives. Il a beaucoup parlé de l’état d’esprit à UCLA et que c’était le bon endroit pour aller à l’école. De plus, il y avait un gars qui a joué au Knicks et qui est passé par UCLA : Willie Naulls. Il a parlé grandement de cette fac et de coach Wooden. Tout compte fait, cela semblait avoir du sens. J’au eu la chance de rencontrer John Wooden l’année où se déroulaient les recrutements de fac avec plusieurs voyages et déplacements. Wooden est venu à New-York et a parlé à mes parents. Ils ont été impressionnés. Ils ont pensé que je serais entre de bonnes mains. Et ca a été le cas ». (source : achievement.org).

Pour les plus curieux, retrouvez en anglais cette interview intégrale de Kareem Abdul-Jabbar sur le lien suivant : http://www.achievement.org/autodoc/printmember/abd0int-1

On y apprend dans cet entretien d’ailleurs qu’il avait exprimé très tôt son envie de rejoindre UCLA :

« J’ai toujours eu envie d’aller à l’université. C’était un objectif que mes parents avaient convenu pour moi. J’y ai songé probablement aussi quand j’étais en classe de CM2 ou sixième. J’ai récemment retrouvé mon album de l’école primaire. Vous écrivez certaines choses à propos de votre futur sur celui-ci. Et sur ce point là, j’avais écrit «  Mon lycée favori » avec pour précision UCLA. Ca m’a surpris de retrouver cet album. J’ai toujours pensé que cela se produirait un peu plus tard. Et ce après avoir vu UCLA briller dans le basket universitaire. Aussitôt quand j’étais en quatrième, j’avais choisi l’école dans laquelle  je voulais aller ».

Kareen Abdul-Jabbar et John Wooden sur le banc (c) fifteenminuteswith.com

Kareen Abdul-Jabbar et John Wooden sur le banc (c) fifteenminuteswith.com

En quatre années avec UCLA, fac avec laquelle il s’est sublimé, Abdul-Jabbar aura marqué 2 325 points (26,4 de moyenne), et 1 367 rebonds (15,5 de moyenne). Son célèbre maillot numéro 33 a été retiré. En 1969, le pivot a quitté UCLA pour rejoindre les rangs de la NBA et des Bucks de Milwaukee. L’après Jabbar n’a pas empêché UCLA de remporter 4 nouveaux titres universitaires de suite après ceux en présence du roi du skyhook : 1970, 1971, 1972 et 1973 toujours sous la houlette de John Wooden. Après donc son choix payant d’aller à UCLA,  Abdul-Jabbar connaîtra par la suite la gloire en NBA notamment avec les titres remportés avec les Los Angeles Lakers.

LA FINALE NCAA DE 1968 : UCLA – NORTH CAROLINA

UN REPORTAGE SUR KAREEM ABDUL-JABBAR A UCLA

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About Richard Sengmany (387 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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