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ITW Makan Dioumassi – Part 1 : Face à Steve Nash, j’avais l’impression de le connaître par cœur

Interviews

Basket Rétro vous propose aujourd’hui de lire la première partie de l’interview avec Makan Dioumassi. Le 17 septembre dernier, l’ex-international français, nous a parlé de NBA, de sa carrière, de son profil défensif ainsi que de ses fameuses rencontres lors des Jeux Olympiques de Sydney 2000 face au Canada et aux Etats-Unis. C’est durant cette compétition d’ailleurs qu’il a décroché la médaillé d’argent avec l’équipe de France. Entretien. 

Basket Rétro : Comment avez-vous découvert le basket ? A quel âge avez-vous commencé à jouer ?

Makan Dioumassi : J’ai commencé le basket très jeune dans les playgrounds. J’ai eu ma première licence à 17 ans. C’est donc à cet âge que j’ai commencé à intégrer une grosse structure sportive qui s’appelait à l’époque le Paris Basket Racing.

BR : Avant de revenir sur votre carrière, je vais aborder maintenant avec vous la NBA. Quels sont vos premiers souvenirs du basket américain ?

MD : Je fais partie de cette génération qui a découvert Michael Jordan. Dans les années 90, Jordan a su fédérer et créer un mouvement basket. On a été bercé aussi par la voix de George Eddy et ses commentaires sportifs. On est entré un peu dans cette mouvance « 3D » avec le basket, la musique hip-hop, le breakdance. C’est l’apparition de la culture américaine en Europe. C’est grâce à cela qu’on a découvert le basket américain. Puis il y a eu la diffusion des premières finales NBA de Jordan avec les Chicago Bulls qui ont gagné plusieurs titres.

BR : Quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) que vous aimez en NBA ?

MD : Je suis un fan inconditionnel des Knicks de New-York. C’est une vraie équipe dans une métropole. Il y a des ressemblances avec Paris. Un de mes modèles est Scottie Pippen. Michael Jordan a été une espèce d’incubateur pour l’amour qu’on avait pour ce sport. C’est plus sur des événements du moment (play-offs, matchs) que sur un joueur en particulier que j’appréciais telles ou telles choses. Ensuite, sur le côté basket pur, San Antonio démontre depuis des années qu’il faut un fort talent pour jouer au basket avec son fond de jeu, son côté sérieux et stratégique. Sur le côté entertainment, j’ai toujours aimé les équipes entraînées par Doc Rivers que ce soit les Boston Celtics ou les Los Angeles Clippers. J’aime bien sa manière de gestion. Pour le coté showtime, je dirais les Clippers et les Lakers des années 80 avec Magic Johnson.

Makan Dioumassi (c) sport365BR : Vous êtes supporter des Knicks de New-York de Patrick Ewing ou celle actuelle ?

MD : J’ai toujours été pour New-York même les Giants, l’équipe de football américain. Je supporter les Knicks que ce soit à l’époque de Earl Monroe dans les années 70 ou celle d’aujourd’hui avec Carmelo Anthony. Je suis vraiment un new-yorkais dans l’âme.

BR : Et quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) que vous aimez le moins ?

MD : Des équipes m’ennuient comme Charlotte où ce n’est pas plaisant. Passionné de sport, même s’il y a des équipes qu’on ne veut pas trop voir évoluer, je ne peux pas sortir de noms.

BR : Avez-vous le souvenir d’un match NBA marquant : All Star Game, playoffs, performance d’un joueur ?

MD : Oui cette année, j’ai vu Miami-Atlanta en décembre sur le parquet du Heat où il y avait 2-3 prolongations. Ensuite il y a des matchs qui sont rentrés dans la légende comme le shoot de Ray Allen avec le Heat en finale contre les Spurs en 2013. Il y avait les finales de Jordan contre le reste du monde. Les rencontres entre Chicago et New-York, Chicago-Détroit sont des bons souvenirs. Après j’aime le basket. Je regarde tout. Je dévore tous les matchs à la télé. Je regarde et regarde.

BR : A ce propos, en voyant cette rencontre entre Miami et Atlanta, quel est votre regard sur la différence du basket entre les Etats-Unis et la France ?

MD : Oui c’est différent. L’hiver dernier, je suis parti voir Tony Parker qui devait jouer contre Oklahoma avec San Antonio. Et ensuite je suis parti voir ce match de Miami deux jours après. L’approche est différente avec le basket européen. On est dans du sport business, du showtime. Tout est fait pour que les gens passent un bon moment avec un fil conducteur qu’est le basket. En Europe, les gens qui viennent dans les salles sont des passionnés. Obligatoirement, l’angle est simplement différent. On le voit sur tout ce qui est marketing, approche, ainsi que les règles qui changent totalement. On l’a vu avec l’équipe américaine lors de la Coupe du monde en Espagne et leur manière de jouer : beaucoup de courses, balancer le ballon en l’air, tirer. Et c’est comme ça non-stop pendant 40 minutes à la différence du jeu posé, réfléchi du basket européen.

L’ambiance dans les salles est complètement différente. Aux Etats-Unis, les salles sont remplies avec la présence de familles. C’est « The place to be ». Il faut être là-bas. C’est toujours mieux d’y assister car on fait partie du gotha. C’est une mentalité. En Europe, et si on parle que de la France, on a très peu d’équipes qui se trouvent dans des grandes villes. Nos équipes de Pro A évoluent dans des petites villes. A part Paris, ou Villeurbanne, on se déplace à Gravelines, Chalon. Ce sont des gens du terroir qui viennent car ce sont des passionnés. C’est une équipe de famille et les gens les soutiennent à fond derrière.

BR : Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ?

MD : Le 5 idéal serait celle de la Dream Team 1992 en fin de compte : Magic Johnson, Michael Jordan, Larry Bird, Charles Barkley et je crois c’était Patrick Ewing. Pourquoi ? Ce sont des gens qui ont fait du basket ce qu’il est aujourd’hui. Au-delà du basket pur, ces joueurs ont apporté quelque chose à ce sport : Magic Johnson avec son côté showtime ; Jordan, pour tout ce qu’il a fait, a changé le basket dans sa manière de jouer, au niveau marketing ; Barkley par son coté All Star Game, franc parler ; Patrick Ewing c’est un monument qui a été loyal envers Georgetown et coach Thompson. Il a été fidèle aux Knicks. Larry Bird, pour tout ce qu’il a apporté à Boston.

BR : Possédez-vous des produits dérivés NBA ?

MD : J’étais un grand collectionneur de casquettes. Je prenais toujours un t-shirt vintage d’une université et non pas un maillot : Princeton, Syracuse. Sinon pas de goodies.

BR : La NBA reprendra ses droits. Quel est votre favori à l’Est, à l’Ouest ? Qui voyez-vous en Finales NBA ? Qui sera champion NBA en 2015 ?

MD : Je vois San Antonio car cette équipe a une vraie connaissance du basket. Les autres équipes sont à des années-lumières des Spurs. Le club texan construit une équipe avec des joueurs intelligents. Ce ne sont pas que des athlètes mais aussi des basketteurs. Je pense que l’alchimie à Chicago va être compliquée. Quelle va être la place de Pau Gasol ? La construction des Cleveland Cavaliers va-t-elle être très compliquée ? Est-ce-que Blatt va pouvoir gérer tous ces égos avec un MVP mondial comme Lebron? Indiana va-t-elle vivre une saison noire avec l’absence de Paul George, viser les playoffs et rebondir ? Oklahoma ne sera-t elle pas qu’une équipe de saison régulière ? Vont-ils pouvoir passer un cap en playoffs ? Golden State a bien joué l’année dernière en playoffs mais ils ne sont pas armés pour aller jusqu’au bout. Qu’en sera-t-il du renouveau des Lakers et des Knicks avec Phil Jackson et Derek Fisher ? Par rapport à tout ça, je pense que ca sera San Antonio favori à l’Ouest. En finale, je vais me lancer, sans être forcément optimiste, ca sera peut-être l’année des Knicks de New York.  Je pense que les Spurs garderaient leur titre.

BR : J’en viens désormais à votre carrière. Vous avez commencé celle-ci au Paris Basket Racing. C’est le point de départ de votre parcours professionnel dans le basket. Comment avez vous été recruté  par le club parisien ?

MD : J’étais à l’école et à l’UNSS. Lors d’un match à l’UNSS, entraîneur des cadets du Racing de Paris m’a demandé si j’étais licencié. J’ai dit que j’étais licencié de nulle part. C’est comme ça que je suis passé de cadet deuxième année à espoir jusqu’au niveau pro. Ca a été très très vite, moi qui étais à l’UNSS et jouais dans les playgrounds avec Moustapha Sonko.

BR : Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à Paris?

MD : C’était magnifique. C’était un peu à l’image d’Anelka quand il est arrivé à Paris où il jouait avec Rai, Le Guen. Je me suis retrouvé dans une équipe dans laquelle les joueurs étaient des superstars coachés par Greg Beugnot : Delaney Rudd, Hervé Dubuisson, Hughes Occansey, Freddy Hufnagel, Rudy Bourgarel, père de Rudy Gobert. C’était le respect aux anciens qui étaient tous internationaux. C’était un peu intimidant. Mais j’ai beaucoup appris auprès d’eux.

« J’étais à l’école et à l’UNSS. Lors d’un match à l’UNSS, entraîneur des cadets du Racing de Paris m’a demandé si j’étais licencié. J’ai dit que j’étais licencié de nulle part. C’est comme ça que je suis passé de cadet deuxième année à espoir jusqu’au niveau pro. Ca a été très très vite, moi qui étais à l’UNSS et jouais dans les playgrounds avec Moustapha Sonko ».

BR : Vous avez un profil défensif. Quand vous avez débuté le basket, vous saviez déjà que vous vouliez être un grand défenseur ?

MD : En espoir, j’avais des records au scoring. Arrivé au Mans, on m’a donné des missions défensives. Sinon, j’étais scoreur. C’est donc ça qui m’a permis de basculer sur la partie défensive. En professionnel, les cartes sont redistribuées. A l’époque, on ne pouvait pas prétendre dire moi je vais prendre tous les shoots. Donc il fallait accepter d’autres rôles et missions.

BR : Pour ceux qui vous connaissent pas, quelle type de joueur étiez-vous sur le terrain ?

MD : Dans toutes les équipes, j’étais capitaine. J’étais un leader de vestiaires et aussi sur le terrain car je montrais l’exemple. J’étais un peu à l’image de Scottie Pippen : montrer l’exemple des deux cotés du terrain.

BR : Réputé pour vos talents de défenseur, comment parfaire sa défense vous qui avez effectué beaucoup d’entrainements durant votre carrière ?

MD : Il y a le côté technique et pas mal de connaissance basket qu’il faut travailler. L’observation, c’est important. Rubio par exemple est un anti-défenseur. Si on le regarde, il n’a aucune technique en défense. C’est quelqu’un qui court partout. Grâce à la volonté qu’il a, il va arracher des ballons par derrière. C’est un manieur de ballons. Avec son style, il a une vraie connaissance basket pour pallier son manque de technique défensive. Il doit travailler celle-ci. C’était l’ancienne école me concernant. On nous faisait beaucoup faire d’exercice en défense. Mais je pense que c’est 80% une question de volonté. Le reste, ca se travaille, ça s’apprend avec l’expérience.

BR : En quart des JO 2000, on retient votre grosse défense sur Steve Nash ? Comment avez-vous procédé pour museler un des meilleurs meneurs de la NBA (visionnage de vidéos sur ces déplacements de ce joueur) ?

MD : J’ai fait partie de la génération X qui était en avance sur celle Y. C’est mon avantage. Je suis très attiré par l’informatique, les jeux électroniques. Je jouais beaucoup à Madden, un jeu de football américain sur Playstation, des jeux de basket. Pour le basket donc, j’ai fait un travail d’assimilation. Je savais donc que j’allais rencontrer Nash et le jouer en face à face. J’ai appris énormément en le regardant jouer. En quart, j’avais l’impression de le connaître par cœur. C’était de la volonté. Il y avait le respect de l’opposition. Ce n’était pas facile mais on va dire que je suis tombé sur la bonne personne qu’il y avait en face de moi.

Dioumassi défendant sur Nash lors de France-Canada au JO de Sydney (c) (c) CP Photo - COC - AOC Mike Ridewood

Dioumassi défendant sur Nash lors de France-Canada au JO de Sydney (c) CP Photo – COC – AOC Mike Ridewood

BR : Médaillé d’argent au JO de Sydney, avec le recul qu’a-t-il manqué à la France pour décrocher l’or face aux Etats-Unis ?

MD : Avant il faut dire que l’ex-Yougoslavie a perdu son dernier match de poule face au Canada. Ils étaient favoris et attendus pour jouer la finale olympique contre les Etats-Unis. Les Yougoslaves ont terminé deuxième de leur groupe derrière le Canada, ce qui nous a permis d’éviter la Yougoslavie en quart et de rencontrer les Canadiens au final. Ca nous a donc ouvert des portes. On a eu une issue favorable avec cette apothéose qu’on connaît. Ensuite, il nous a manqué l’expérience du groupe. Sur les deux victoires des Américains sur nous, il y a à chaque fois une dizaine de points d’écarts. Si on avait plus de vécu à ce niveau de la compétition on aurait pu gagner contre eux. C’est le cas de la récente équipe de France qui avec son vécu a d’ailleurs glané des médailles au plus haut niveau. Je pense qu’elle sera performante pour les JO à Rio dans deux ans.

BR : Vous y avez cru pour la médaille d’or ?

On était programmé pour rien. Après les quarts, on s’est retrouvé projeté à gagner. Même si on perdait la finale, on avait la médaille d’argent. On n’avait plus rien à perdre. Il nous a manqué ce coté tueur pour la médaille d’or. Etre un peu plus combattant sur ce match même si on s’est battu.

Propos recueillis par Richard Sengmany

Retrouvez la deuxième partie de l’entretien dés vendredi avec Makan Dioumassi. Il évoquera entre autres sa carrière à l’étranger, la Pro A, et les récents bons résultats de l’équipe de France.

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About Richard Sengmany (376 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

1 Comment on ITW Makan Dioumassi – Part 1 : Face à Steve Nash, j’avais l’impression de le connaître par cœur

  1. J ai tres bien connu makan , en plus d’etre un bon joueur ct un excellent camarade , un super gars , total respect à lui….

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