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Nick Galis, le Diable en personne…

Biographies

Tout le monde sur la planète basket s’accorde à dire que le meilleur joueur de l’histoire de moins de 6 ft. (1m83) n’est autre que le génial et fantasque Allen Iverson. On nous l’a rabâché à coup de Top 10, de cross-overs fantastiques, de « and one »… Bref, tout le monde sait ça. Et bien, il se pourrait que… tout le monde se trompe.

Une coupe de cheveux en arrière, mi-brosse mi-gominé. Une démarche pataude. Un torse exagérément velu, jusqu’à devoir prendre la taille au dessus pour ses chemises. Un regard à glacer le sang, de ceux qu’on n’oublie pas. Une gueule d’écorché vif, mais qu’on n’a pas envie d’approcher de trop près. Et un peuple en furie qui l’idolâtre, littéralement prêt à se sacrifier pour lui.

« Lui », c’est « Nick The Greek », le parrain de la mafia Grecque, sans aucun doute possible le meilleur basketteur de l’histoire de moins de 6 ft.

                    

Nikolaos Georgealis, plus connu sous le patronyme de Nikos ou « Nick » Galis est né en 1957 à Union City, dans le New-Jersey, à deux pas de Manhattan par le tunnel Lincoln. Fils d’immigrés Grecs, il commence le sport par la boxe, comme son père. Mais à New-York, nul n’échappe à la balle orange, qu’il découvre assez rapidement. Il commence à jouer en High School à Union Hill, puis rejoint la fac réputée de Seton Hall. Sa première saison en 1975 est quelconque, mais Nick progresse et passe de 3 à 13 points par match pour son année sophomore. Il continue sur sa lancée et après une saison junior où il commence à faire parler de lui, Nick termine 3ème marqueur de NCAA (27,5 points à… 58%) pour sa dernière année, juste derrière Lawrence Butler d’Idaho State et… Larry Bird, le grand Blanc d’Indiana State University. Il scorera même 48 points dans un match contre Santa Clara. Le coach de Seton Hall, Billy Raffery, le considère alors comme le meilleur joueur qu’il n’ait jamais coaché.

« La seule grosse erreur que j’ai faite durant ma carrière est de ne pas avoir gardé Galis » Red Auerbach, Boston Celtics.

En 1979, Nick Galis signe avec un agent en vue de la draft, mais ce dernier, aussi agent de la chanteuse Diana Ross est très occupé par le lancement du tube « Upside Down », oublie de l’inscrire aux work-out de rigueur et Nick se retrouve drafté par Boston au… 4ème tour, 68ème pick. La carrière d’un joueur ne tient à pas grand-chose. The Right Man At The Right Place, disent les Ricains… Nikos Galis se blesse sérieusement pendant la pré-saison et un autre joueur prend immédiatement sa chance. De toute façon, avec Bird, les Celtics ont déjà leur rookie. Ils n’ont pas de temps à consacrer à ce scoreur de petite taille. Nick décide alors de faire le chemin inverse de ses parents et d’aller gagner sa vie en tant que basketteur, en Europe. Quelques années plus tard, les Celtics et les Nets se montreront insistants pour signer Galis, mais il refusera, le statut de joueur NBA et de joueur d’équipe nationale FIBA n’étant pas compatible à cette époque. Clap de fin pour la NBA.

« J’ai vu Nick Galis faire des choses qu’aucun Laker ni Celtic n’a jamais faite » Bob McAdoo, 1975 NBA Most Valuable Player.

Nick Galis traverse donc l’Atlantique et débarque à l’Aris Salonique en 1979. Nul ne se doute encore que son arrivée élèvera le sport grec à des niveaux jamais égalés – et d’ailleurs jamais atteints à nouveau.

      

Nick Galis fait donc 1m83, on l’a déjà dit. Si son petit shoot dans la zone intermédiaire – art quasi disparu dans le basket d’aujourd’hui – est une de ses armes de destruction massive, son habileté à jouer en pénétration lui vaut un haut pourcentage de réussite et… une pluie de lancers-francs. La légende de Galis se construira sur ces « paniers + faute », que les arbitres lui sifflaient quasiment avant tout contact à la fin de sa carrière. Mais ce qui surprend le plus chez ce petit bonhomme, c’est… son jeu en post-up, en bas de la peinture. Nick est un joueur tanké, avec un buste et des épaules de taureau. Il abuse de ce corps musclé à tout va et avec un jeu de feintes sublime, prend toujours le dessus sur son adversaire direct, pivots compris. Hallucinant.

En 13 saisons avec l’Aris Salonique, de 1979 à 1992, Galis tournera à… 37,4 points de moyenne par match !!! Et pas dans une équipe de seconde zone : au côté des autres légendes Panagiotis Yannakis et Slobodan Subotic, il gagnera 8 championnats grecs (dont 7 consécutifs, de 1985 à 1991 !!!), 6 Coupes de Grèce et fera trois apparitions consécutives à un Final Four, en 88-89-90. « Nick The Greek » scorera 44 points par match en 1981, 41.2 en 83 ou encore 39.7 en 1987…

« Si je suis le fils du Diable, alors Galis est le Diable en personne ! » Drazen Petrovic, Hall Of Famer.

En 1992, après une saison décevante il quitte le club de son cœur et rejoint le nouveau riche du Panathinaïkos Athènes. Dès sa première saison, il emmène le club – moribond jusque là – à la 2ème place du championnat et gagne sa 7ème coupe de Grèce.

      

L’année suivante, à 37 ans, il est toujours top-scoreur de l’Euroleague avec 23.8 points et joue un des plus beaux matchs de sa carrière contre… Limoges, le champion en titre. Quart de Finale de l’Euroleague. Un gymnase de Glyfada littéralement en fusion. Imaginez 5 000 fans Grecs torses-nus, hurlant pendant des heures, dans le gymnase de votre quartier. Même pour ceux qui l’ont vu de leurs propres yeux (Eurosport, à l’époque), c’était irréel. Crachats sur les joueurs, fans à califourchon sur les paniers et qui les font bouger pendant les lancers-francs… l’enfer Grec. Avec le Diable en personne en représentation.

Entre-deux. Balle à Limoges. Bronca à faire s’évanouir le plus courageux des guerriers (et Limoges n’en manque pas cette année là…). Panier complètement raté sous la pression de la foule. Balle sur Galis qui remonte le terrain de son dribble appuyé, légèrement chaloupé. Dacoury en défense, pas n’importe quel larron à l’époque. Un des meilleurs. Légère accélération du ballon, petits pas vers la peinture, démarrage vers le panier, coup de sifflet (avant le contact, bien sûr), choc épaule contre torse, shoot, panier, faute, fans en délire, salle qui explose. Match et série pliée, après seulement la première action du match retour. Galis est diabolique et tout le monde se rallie à lui : pays, fans, arbitres et bien sûr coéquipiers. Sasha Volkov et Stojko Vrankovic boudent leur manque de ballons, mais le boss, c’est « Nick The Greek ».

      

Depuis son arrivée en 1979, tout le pays est dévoué à ce petit bonhomme. Et quand on connaît la ferveur des fans Grecs…

Galis porte évidemment le maillot national grec. Celui-là même qu’il préfèrera aux sirènes de la NBA, repentante devant tant de génie. 169 matchs disputés en compétition internationale, 30.6 points de moyenne. Eurobasket 1983 en France ? 33.3 points par match. Championnat du Monde FIBA 1986 ? 33.5 points. Eurobasket 1987 ? 37 points pour aller avec son titre de Champion d’Europe. Eurobasket 1989 ? 35.6 points et une médaille d’argent. On arrête là, tant les chiffres sont écœurants.

Nick Galis, 1m83, Américano-grec, boudé par la NBA pour une ridicule histoire de tube disco, a dominé le basket-ball FIBA pendant 16 ans. Et 16 saisons au plus niveau européen, c’est long… Alors certes, l’histoire mettra en avant les Sabonis, Marciulonis ou Petrovic, mais ces trois gars avaient pour point commun de craindre Nikolaos Galis comme le Diable en personne.

Alors ? Allen Iver…who ?!

SON PALMARÈS

  • 11 fois meilleur marqueur du championnat grec de 1981 à 1991
  • 4 fois élu au sein de la  FIBA EuroBasket 1st Team en 1983, 1987, 1989 et 1991
  • 4 fois meilleur marqueur de l’Eurobasket en 1983, 1987, 1989 et 1991
  • 8 fois meilleur marqueur de l’Euroleague en 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 1994
  •  Meilleur marqueur du championnat du monde en 1986
  •  Elu MVP de l’Eurobasket de 1987
  • Elu Mediterranean Player of the Year en 1987
  • Elu European Player of the Year en 1987
  • 5 fois élu MVP du championnat grec en 1988, 1989, 1990, 1991 et 1992
  • Entre au Hall Of Fame de Seton Hall en 1991
  • Figure parmi les 50 meilleurs joueurs FIBA en 1991
  • Entre au Hall Of Fame FIBA en 2007

SES STATS NCAA

Saison Equipe Chpt  Matchs FG% FT% Rbds Ast Points
1975-76 Seton Hall NCAA D-I 24 48.0 73.0 1.1 1.8 3.2
1976-77 Seton Hall NCAA D-I 29 51.8 81.9 2.3 4.7 12.9
1977-78 Seton Hall NCAA D-I 27 52.1 82.6 2.4 4.5 17.3
1978-79 Seton Hall NCAA D-I 27 57.6 82.6 3.5 3.9 27.5
Career Totals Seton Hall NCAA D-I 107 50.0 81.7 2.3 3.7 20.3

SES STATS PAR COMPÉTITION

Compétition Matchs joués Points marqués Moy. de points
Championnat grec 384 12,849 33.5
Coupe de Grèce 55 1,935 35.2
Coupe d’Europe 146 4,807 32.9
Equipe nationale 169 5,163 30.6
Totaux en carrière 754 24,759 32.8

SES STATS SAISON PAR SAISON

Saison Compétition Matchs Points Moy. de points Club
1979-80 Greek Champ. 22 692 31.4 Aris
1980-81 Greek Champ. 26 1,143 44.0 Aris
1981-82 Greek Champ. 22 828 37.6 Aris
1982-83 Greek Champ. 24 869 36.2 Aris
1983-84 Greek Champ. 23 948 41.2 Aris
1984-85 Greek Champ. 24 891 37.1 Aris
1985-86 Greek Champ. 24 944 39.3 Aris
1986-87 Greek Champ. 18 715 39.7 Aris
1987-88 Greek Champ. 18 651 36.2 Aris
1988-89 Greek Champ. 17 641 37.7 Aris
1989-90 Greek Champ. 23 893 38.8 Aris
1990-91 Greek Champ. 23 813 35.3 Aris
1991-92 Greek Champ. 32.1 Aris
1992-93 Greek Champ. 26 615 23.6 Panathinaikos
1993-94 Greek Champ. 33 622 18.8 Panathinaikos
1994-95 Greek Champ. 12.8 Panathinaikos

LA CARRIÈRE DE NICK GALIS EN IMAGES

Crédits photo : FIBA Europe/USA Greek Reporter

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