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ITW Richard Dacoury (Partie 1) : « Ma plus grande fierté est d’être resté au plus haut niveau avec Limoges »

Richard Dacoury fête le titre européen de 1993 avec ses coéquipiers du CSP Limoges
Richard Dacoury fête le titre européen de 1993 avec ses coéquipiers du CSP Limoges

Richard Dacoury fête le titre européen de 1993 avec ses coéquipiers du CSP Limoges

Basket Rétro vous fait découvrir une nouvelle interview pour sa rubrique « le basket vu par ». Le 24 février dernier, Richard Dacoury, grande légende du basket français, a accordé un entretien exclusif à notre site. Découverte du basket, ses années avec le Cercle Saint-Pierre (CSP) de Limoges, sa reconversion après sa carrière de basketteur, l’actualité de la Pro A, l’Euroligue et la NBA, le « Dac », âgé de 54 ans, a abordé tous ces sujets. L’interview est à découvrir en 3 parties dont voici la première : ses débuts dans le basket et sa carrière à Limoges.

Basket Rétro : Comment avez-vous découvert le basket ?

Richard Dacoury : Avant de vouer un véritable amour pour le basket, j’avais une passion pour le sport en général. Depuis tout petit, j’ai essayé plein de disciplines différentes : natation, handball, volley. Le football ne m’a jamais attiré. J’avais fait donc beaucoup de choses avant d’avoir un coup de foudre pour le basket. Puis avec des copains, j’ai découvert le basket. Ils m’ont entraîné dans ce sport. J’ai joué avec eux sur les playgrounds de mon quartier à Reims. Ça correspondait parfaitement à mon état d’esprit, à ma recherche un peu d’une dimension esthétique et physique. Ce sport est un mélange d’adresse, de détente et de vitesse. Ça se mariait parfaitement avec ce qui est censé être mes qualités. J’ai donc suivi mes amis. Le sport et le basket en particulier était un moyen de se plonger dans des bons moments de plaisir, d’échange, de partage avec mes amis.

Richard Dacoury, un des meilleurs joueurs du basket français (c) Pauce/lequipe

Richard Dacoury, un des meilleurs joueurs du basket français (c) Pauce/lequipe

BR : A quel âge avez-vous commencé à jouer ?

RD : J’ai eu ma première licence à l’âge de 13 ans et demi 14 ans au club de Reims Champagne Basket où j’ai longtemps joué en équipe A en minimes. Et je suis parti à CRO Lyon vers 15 ans je crois. J’ai signé dans ce club qui évoluait encore en première division entraîné par Maurice Buffière. C’est le frère d’André qui était coach à Villeurbanne et mon entraîneur à Limoges au début de ma carrière. Puis j’ai été repéré par Gérard Bosc qui m’a sélectionné en équipe de France Juniors. Et les choses se sont enchaînées très rapidement par la suite.

BR : En effet, vous avez ensuite connu une belle carrière avec Limoges. Pouvez-vous nous raconter comment le club limousin vous a recruté ?

RD : C’est assez drôle. Je jouais pour mon lycée à l’époque je crois. J’avais joué un match à Limoges. Il devait y avoir des dirigeants du CSP qui m’ont repéré lors de cette rencontre où j’avais été très bon surement ce jour là. Ils ont vu en moi un potentiel. Ils sont venus vers moi par l’intermédiaire de Jeff Dubreuil et m’ont proposé de les rejoindre. J’étais encore en Equipe de France Juniors. Je n’avais encore rien prouvé. J’étais un potentiel brut de décoffrage. Je suis parti à Limoges un peu contre l’avis de certains spécialistes et d’amis. Puis le CSP montait en première division. Il hésitait entre moi et Barry White, un joueur américain en fin de carrière naturalisé et devenu international français. Le club a parié sur l’avenir et ont préparé celui-ci en misant sur moi. Voilà comment j’ai atterri à Limoges. Et les choses se sont enchaînées plutôt favorablement pendant 18 ans.

 » Limoges a parié sur moi pour l’avenir. Les choses se sont enchaînées plutôt favorablement pendant 18 ans ».

Richard Dacoury a porté pendant 18 ans le maillot du CSP Limoges.

Richard Dacoury a porté pendant 18 ans le maillot du CSP Limoges.

BR : Vous avez passé 18 saisons sous les couleurs vertes et blanches puis jaunes et grenats de ce club. Parmi tous les trophées remportés, la victoire en finale de Coupe d’Europe en 1993 reste t-il le plus grand moment de votre carrière ?

RD : On retient ceci car c’est le trophée le plus extraordinaire. Avant cela, on a fait plein d’exploits de manière assez répétés : dans un premier temps se maintenir en première division, gagner la Coupe Korac à deux reprises, remporter plusieurs titres de champion de France. Le club est resté au plus haut niveau années après années pendant plus de 20 ans. Et ça c’est peut-être plus qu’un exploit,  la preuve de la suprématie de Limoges pendant toute cette période. Et cela est dû au travail effectué par les dirigeants de Limoges. Ils ont réussi à construire un club viable, pérenne et solide, capable de rester au plus haut niveau. Et ma plus grande fierté est d’être resté au plus haut niveau avec Limoges. C’est assez extraordinaire avec en point d’orgue ce titre européen en 1993 complètement inimaginable. Et on reparlera de ce titre pendant encore longtemps (rires).

« Ce titre européen en 1993 est complètement inimaginable ».

BR : Pour revenir sur cette finale gagnée en 1993, pouvez-vous nous raconter cette aventure européenne à partir d’avril de cette année ? Dans quel état d’esprit, le groupe limougeaud s’était-il rendu à Athènes pour le Final Four ? Comment se trouve l’équipe à ce moment là (tendue, sereine) ?

RD : Avant le final four, on dominait le championnat de France cette année de la tête et des épaules. On s’était fait battre à Lyon par Cholet lors du tournoi des AS en demi-finale. C’était une grosse désillusion. Pour le final four, le coach Bozidar Malkovic nous a bien préparé physiquement et tactiquement. On a abordé cette compétition avec beaucoup de sérénité voire même de légèreté avec le sentiment de tout à gagner et de n’avoir rien à perdre, de faire ce qu’il fallait pour être prêt le jour J. Limoges était à peine connu en Europe. On nous donnait aucune chance face à Trévise, le Real Madrid et le Paok Salonique.

Mais dans un premier temps, encore fallait-il battre Arvydas Sabonis et les stars du Real Madrid en demi-finale. C’était une autre paire de manches. Pour cette demi-finale, le discours de Malkovic était étonnant mais nous connaissant assez bien, il disait simplement : «  faites ce que je vous ai dit de faire ». On appliquait à la lettre la tactique qui était prévue. On l’a exécuté avec beaucoup de maîtrise. C’est le match le plus abouti qu’on avait réalisé. On a réussi à désorganiser le jeu du Réal en les faisant déjouer. On était très surpris. Le coach pas du tout. On bat le Real et on atteint donc la finale. Comme on dit, une finale ne se dispute pas mais elle se gagne.

On joue la finale contre Trévise, une équipe costaud. C’est un énorme challenge qui se présente face à nous. La pression nous avait rattrapé. Pour cette finale, on avait envie du titre. On est rentré sur le terrain presque contracté. On avait fait une première mi-temps assez exécrable tout en limitant la casse. On avait 6 points de retard à la mi-temps. Notre souci était de retrouver notre basket sans être exceptionnel après la pause et donc de jouer comme on savait le faire. On est revenu au score. On a repris la tête avec un Michael Young, Jim Bilba, Willie Redden extraordinaire. Toute l’équipe a sur faire le job pour décrocher ce titre extraordinaire pour le basket français.

BR : Avec ses 6 points de retard contre Trévise, quelles étaient les mots de Coach Malkovic à ce moment là pour renverser la tendance ?

RD : On jouait tellement mal que le discours du coach était facile à comprendre et on l’entendait parfaitement bien : se concentrer à jouer et à défendre comme on savait le faire avec beaucoup d’organisation, de contrôle et surtout ne pas céder sous la pression.

BR : Que se passe t-il dans votre tête dès que la finale se termine ?

RD : Tout s’entrechoc, tout se précipite. Il y a bien sur la célébration avec les joueurs. C’est une des raisons pour lesquelles je fais du sport : vivre ces moments intenses de partage avec des gens qui ont bossé et qui se sont entraînés pendant une année. On a saisi notre chance ce jour là. C’est aussi le partage de ce grand moment avec le public qui avait fait le déplacement. C’est important aussi. On ne se bat pas uniquement pour soi mais aussi pour les autres, ses amis, ses partenaires et le public. Puis j’avais une pensée pour ma femme. J’étais heureux qu’elle puisse vivre cela. Ce sont des moments forts, intimes qu’on est heureux de partager.

La vidéo ci-dessous pour ceux qui veulent voir ou revoir cette finale de 1993 entre Limoges et Trévise.

BR : Avant de remporter cette coupe d’Europe, j’ai lu un article qui évoquait la relation entre vous et le coach Malkovic, un homme important dans votre carrière. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce lien fort qui s’est crée entre vous ?

RD : Je voulais carrément arrêter ma carrière parce que je n’apprenais plus rien. J’avais l’impression d’avoir fait le tour des choses. Puis Bozidar Malkovic m’a laissé entrevoir de nouveaux horizons. J’ai totalement adhéré à son discours et au projet qu’il m’a proposé. Il m’a soutenu et incité à poursuivre ma carrière. J’ai repris les entraînements en progressant et apprenant à ses cotés. Ce cas est quelque chose que je n’avais jamais connu auparavant. Aucun français ne le connaissait mais c’est un coach serbe avec sa culture qui a gagné beaucoup de titres européens, envers qui j’ai de la reconnaissance. Il avait sa discipline, ses méthodes et une autre manière de travailler que j’ai découverts. J’avais beaucoup de respect pour lui car il est dur et honnête dans son discours. C’est un mec pour qui j’aurais joué à l’étranger sous ses ordres s’il me l’avait demandé. D’ailleurs Split, un des clubs qui l’entraînait, pratiquait un extraordinaire basket.

« J’avais beaucoup de respect pour Malkovic ».

BR : Tout au long de votre carrière, on vous surnommait Flying Dac. Quelles en sont les raisons ?

RD : On me surnommait Flying Dac parce que je smashais beaucoup lors de ma carrière. C’est l’idée des supporters présents à tous les matchs avec des banderoles. Ils me surnommaient aussi à la fin de ma carrière Flying Papy car je volais beaucoup moins haut. Je les appréciais énormément. C’est plutôt pas mal puisque le surnom a été repris par pas mal de gens.

BR : N’avez-vous pas de regret de ne pas avoir pu évoluer dans un autre championnat ? Avez-vous eu des opportunités de jouer dans des clubs étrangers ?

RD : Aucun. A mon époque, on jouait beaucoup moins en Europe. Ensuite, les choses se sont largement décantées par rapport au fait que l’Europe s’ouvrait et les joueurs bougeaient. Lorsque que cela s’est décanté, j’avais 36-37 ans, il était beaucoup trop tard pour moi pour bouger. Je n’ai pas de regret car cela ne s’est pas présenté réellement. Et ça ne correspondait pas aux possibilités de l’époque. Si j’arrivais aujourd’hui, j’aurais eu l’intention de jouer en Europe. Après Limoges, j’ai passé deux ans au Paris Basket Racing.

Mercredi, la deuxième partie de l’interview de Richard Dacoury, il nous parlera notamment de l’hommage rendu par le CSP et son public et de sa reconversion.

A mercredi donc !

La carrière de Richard Dacoury

  • Cro Lyon : 1976-1978
  • CSP Limoges : 1978-1996
  • PSG Racing : 1996-1998
  • US Pont l’Evêque : 2005-2006
  • Equipe de France : 160 sélections entre 1981 et 1992
  • Statistiques : 4e meilleur marqueur de l’histoire de la Pro A (5 228 points), 43e rebondeur (1 164 rebonds) et 13e passeur (1 134 passes décisives).

Le palmarès de Richard Dacoury

  • 9 titres de champion de France : 8 avec le CSP Limoges (1983, 1984, 1985, 1988, 1989, 1990, 1993, 1994) + 1 avec le PSG Racing (1997)
  • 7 Coupes de France avec le CSP Limoges : 1982, 1983, 1985, 1988, 1990, 1994, 1995
  • 1 titre de Champion d’Europe avec le CSP Limoges : 1993
  • 1 Coupe des Coupes avec le CSP Limoges : 1988
  • 2 Coupes Korac avec le CSP Limoges : 1982, 1983

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About Richard Sengmany (387 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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