Quand le BC Montbrison était à l’avant-garde avec sa salle Beauregard
France
Alors que la France se reconstruit et panse ses plaies de la Seconde Guerre Mondiale, un club du Forez, le BC Montbrison, va illustrer son dynamisme en s’équipant d’une salle d’avant-garde au parquet alors unique dans l’hexagone, la salle Beauregard bientôt baptisée salle Jean-Pierre Cherblanc.
A première vue, Montbrison n’apparaît pas pour les observateurs du XXIe siècle comme une place-forte du basket français. L’équipe fanion masculine évolue en effet au niveau « amateur » en Nationale 2 bien loin de l’élite et des joutes européennes. Pourtant, le BC Montbrison (BCM) mérite qu’on s’y attarde.
Il faut dire que le club est en bonne place dans le bulletin fédéral de la fédération française de basket-ball en avril 1946 avec un sujet qui fait écho à un dossier encore bien d’actualité aujourd’hui. Montbrison, ville du Forez de seulement 8 000 âmes (à l’époque) est en train de construire une salle de basket digne de ce nom ! Pas un simple gymnase ou une halle couverte pouvant accueillir des basketteurs, non ! C’est bien une salle avec un parquet et une capacité de 1 500 spectateurs que s’apprêtent à faire sortir de terres les dirigeants montbrisonnais, André Dubruc et Georges Soleillant, grâce en partie au financement d’un autre fondateur du club (en 1934), épicier de son état, un certain Jean-Pierre Cherblanc.
Le club est alors en plein essor et à l’instar d’autres clubs français n’hésite pas à traverser les frontières ou inviter des formations étrangères pour organiser ou participer à des tournois, embryon de coupes d’Europe avant l’heure. Ainsi, Montbrison s’en va croiser le fer en Suisse et c’est au retour d’un tournoi à Lausanne que germe dans l’esprit de Dubruc et Cherblanc l’idée un tournoi international.
MONTBRISON ET SON TOURNOI DE PÂQUES
Cette première mouture a lieu les 20 et 21 avril 1946 sur le terrain en plein air de Beauregard. Ce tournoi international sous le patronage du journal L’Équipe rassemble quatre équipes : le BC Montbrison bien évidemment, l’AS Monaco, le Royal IV Bruxelles et Sanas BC Lausanne. Si Montbrison écarte Lausanne en demi, 27 à 18, Monaco cède face à Bruxelles, 28 à 18. En finale, c’est Bruxelles qui s’adjuge ce premier tournoi de Montbrison contre les locaux par 46 à 30.
L’engouement ne faiblit pas durant l’été et le 28 septembre 1946, Montbrison, toujours à Beauregard et devant la salle en construction qui deviendra la salle Jean-Pierre Cherblanc, accueille une étape de la tournée française de l’équipe tchécoslovaque de Sokols Brno devant 1500 spectateurs amassés autour du terrain. Le club évolue alors dans l’élite du championnat de France sobrement dénommé « Excellence ».
Après plusieurs mois de travaux, la salle est inaugurée le 17 février 1947 avec un match de gala : Servette Genève face au BC Montbrison en féminines et une double confrontation (juniors et seniors) entre l’équipe locale et le CAPO Limoges.
Le 5 avril 1947, Cherblanc accueille la deuxième édition du tournoi international qui s’installera dans la durée (jusqu’en 1987 pour les seniors) sous la dénomination de tournoi de Pâques. Une fois encore, le plateau a des allures de mini coupe d’Europe. Le tenant du titre belge est là pour défendre son bien face au Gênes FC, l’Urania Genève et Montbrison. Les Italiens, Suisses et Français n’y pourront rien, Bruxelles conserve son titre.
HÔTE DE LA FINALE DU CHAMPIONNAT DE FRANCE FÉMININ 1947
Ces premiers mois d’exploitation verront également Beauregard accueillir la finale du championnat de France féminin 1947. Salué par les instances fédérales pour son organisation, le club du Forez assiste au sacre des « souterraines » de l’US Métro face au Stade Marseillais UC (37-27). L’événement est complété par un match de prestige entre le BCM et l’équipe de France militaire (victoire des locaux, 58 à 43).

L’Équipe du 28 avril 1947
(c) Gallica BnF
La salle désormais baptisée Jean-Pierre Cherblanc va alors traverser les décennies avec son architecture si particulière. Le parquet de Beauregard est en effet surplombé d’une verrière sous laquelle se déploient des arches composant la structure même du bâtiment jusqu’à ses fondations.
Les dites arches arborent des publicités qui sont l’apanage de commerces locaux mais aussi de marques nationales bien connues, Alsa, Pernod ou encore les cognac Martell.

(c) Florence Schmidt – COSM Volley
Hélas, 76 ans après son inauguration, Cherblanc est contraint de céder la place aux autres sports de gymnase et notamment le volley-ball pour la rentrée 2023. Des travaux de rénovation sont entrepris pour rendre la salle omnisports. Le BCM trouve alors refuge non loin de là, au complexe André-Dubruc, sans être trop dépaysé par le nom de leur nouvelle antre.
La salle Jean-Pierre Cherblanc par son originalité architecturale, son histoire riche témoigne que le patrimoine du sport et plus particulièrement du basket-ball est aussi un patrimoine bâti. Un patrimoine qu’il faut préserver et valoriser au même titre que d’autres bâtiments historiques. La tendance est d’ailleurs à cette reconnaissance du patrimoine sportif puisque parmi les lauréats de la mission Bern en 2024 figure la tribune d’honneur et le gymnase du parc des sports de Marville en Seine-Saint-Denis.


Article sympa Julien!
Je ne sais pas si la photo utilisée en Une par Laurent Rullier vient de là mais j’ai acheté en février sur E.bay un livre où cette photo est publiée.
Il s’agit d’un petit livre (Format A5) aux qualités d’impression des photos excellentes qui dont le dépôt légal date du premier trimestre 1994. Il a été écrit par un certain Yvon Enaud et s’intitule: « Le Basket-Club Montbrison a 60 ans…..histoire d’une passion ».
On y retrouve aussi la photo de la première buvette de la salle Beauregard.
Il contient des informations pour les historiens du basket que ne donnent pas Wikipédia.
Comme le fait qu’Alain Thinet, « Le Petit Prince de Cherblanc », a fait, tout en jouant avec les seniors masculins du BCM, ses premières armes d’entraineur avec l’équipe féminine de Montbrison de 1974 à 1976.
Plus croustillant l’arrêt pour blessure au genou en décembre 1992 de la capitaine et vedette de l’équipe féminine alors en NF4: une certaine Sylvaine Howard (née Grenier)…….. le 25 octobre 1993 naissait son fils un certain William Howard!!! Comment une blessure à un genou d’une joueuse de NF4 donne naissance à un international français joueur de NBA!!!
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On y retrouve aussi la photo de la première buvette de la salle Beauregard.
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Comme le fait qu’Alain Thinet, « Le Petit Prince de Cherblanc », a fait, tout en jouant avec les seniors masculins du BCM, ses premières armes d’entraineur avec l’équipe féminine de Montbrison de 1974 à 1976.
Plus croustillant l’arrêt pour blessure au genou en décembre 1992 de la capitaine et vedette de l’équipe féminine alors en NF4: une certaine Sylvaine Howard (née Grenier)…….. le 25 octobre 1993 naissait son fils un certain William Howard!!! Comment une blessure à un genou d’une joueuse de NF4 donne naissance à un international français joueur de NBA!!!
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