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Roger Duquesnoy – Le Donjon d’Orthez

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Roger Duquesnoy était un joueur atypique par son parcours et son physique qui déstabilisait ses adverses et parfois ses coéquipiers. C'était surtout un joueur attachant et attaché à une ville : Orthez.

Rien ne prédestinait Roger Duquesnoy a une belle carrière dans le basketball. Il est née le 3 mars 1948 dans le Nord à proximité de Lille. Certes, il mesurait 2m13, ce qui pour l’époque était très grand. Et c’est sans doute pour cela qu’il avait fait ses premières armes dans le club de basket de Thumeries qui jouait à l’époque en nationale 2.

Toutefois, c’est le rugby qui lui offrit en premier lieu le haut niveau. En effet, 2m13 et 120kg, voilà un gabarit qui pouvait faire de sérieux dégâts. De plus, Roger aimait regarder le rugby à la télévision, alors quand on lui proposa l’expérience, il accepta. Roger Duquesnoy évolua donc sous les couleurs du club de rugby de Cognac. Pour autant, cette aventure, de deux ans comme la ligne à laquelle il était assignée, ne lui laissa pas un bon souvenir et même plutôt une légère cicatrice à l’œil. Il déclara à cet égard :

« Je rentrais tous les dimanches avec deux énormes coquards ».

DES CRAMPONS À LA MOUTÈTE (1971-1981)

Cette expérience terminée, Roger Duquesnoy retourna dans son Nord natal. Et là, une rencontre fit basculer son destin, celle avec Pierre Seillant. Le président de Orthez (Pas encore Pau-Orthez à l’époque) entendit parler de ce joueur aux dimensions athlétiques notamment par le biais de son entraîneur de l’époque, Jean Luent. Finalement, convaincu de rencontrer ce géant, le président Seillant décida de se rendre à Fretin dans la banlieue lilloise pour le convaincre. Pierre Seillant finit par revenir sur ses terres avec son nouveau joueur dans les valises. Et Roger Duquesnoy débarqua à Orthez avec beaucoup d’incertitudes mais un travail à la mairie à la clé. Nous étions en 1971 et c’est une nouvelle carrière qui se présente au géant du Nord : joueur de basketball. Le poste ? Pivot bien sûr !

Dès le début  sa carrière fut atypique. En effet, alors que l’entraînement reprit, il manquait un absent de taille…Roger Duquesnoy n’était pas là. Ni une ni deux, le président Seillant et son coach Jean Luent se rendirent chez Roger Duquesnoy pour le réveiller. Il était 7 heures du matin. Malheureusement, il ne subsiste aucune retranscription de la scène que n’aurait sûrement pas renié un auteur de théâtre.

C’est là que sa carrière de basketteur allait commencer, et une belle carrière sous une seule et même bannière.

Lors de son arrivée, l’élan béarnais connaît beaucoup d’émotions dont il fut un acteur.  Lors de la saison 72/73 le club accèda à la première division notamment grâce au duo Alain Larrouquis et Mathieu Bisséni et bien sûr le pilier de la Moutète, Roger Duquesnoy. Trois leaders de leaders et trois amis en dehors du parquet. Mais le club redescendit dès la fin de la saison. Le retour en deuxième division fut malgré tout plutôt positif car ils finirent par être champion de France de cette même division et remonter dès la saison suivante.

L’équipe de 1973: En haut, de gauche à droite : Pierre Seillant (président), Henri Manoux, Jean Jacques Convert, Roger Duquesnoy, Steeve Schmitt, Mathieu Bisseni et Jean Luent (coach). En bas, de gauche à droite : Bernard Lamarque, René Page, Claude Carrasse, Jean Noël Perpère, Alain Larrouquis, et Bernard Lolo.

La saison 77/78, il arriva avec ses coéquipiers à atteindre la cinquième place du championnat et surtout une qualification pour participer au premier tour de la Coupe Korac. Ils affrontèrent en aller/retour le club espagnol de Badalona. Le premier match était serré mais déboucha sur une défaite pour Orthez (72-76). Le second match fut une sévère raclée 79-116 mais pour une première européenne face à une très grosse équipe (Badalona s’inclina en demi-finale), le souvenir est resté d’avoir hissé pour la première fois le club à l’échelon européen.

Souvent les géants sont caricaturés comme des joueurs lourds et costauds. Si Roger Duquesnoy était en effet grand (2m13) il n’était pas lourd ou très costaud, ne faisant que 120 kg. Il était surtout rapide pour son gabarit. C’était aussi un dur au mal, un trait de caractère sans doute développé lors de son passage au rugby. Il savait aller chercher les rebonds défensifs et faire mal à la raquette adversaire. Il était aussi un joueur adroit et avec une vision du jeu assez bonne surtout par rapport à son parcours atypique. Il ne faut jamais oublier qu’il a découvert le basket très tardivement. Son envie de donner le ballon et de le faire vivre à une époque où le pivot ne devait que pilonner la raquette ne fut pas toujours facile pour lui. Son camarade, Alain Larrouquis, disait aussi de lui:

« Quand Roger veut aller au rebond, alors je sais que le match va se gagner car les pivots adverses tremblent dans la raquette. »

10 ans de carrière sous le maillot béarnais, 225 matchs et 2 000 points marqués, voilà une belle carte de visite. Et sa fidélité s’est même prolongé dans son après-carrière car il continuera de travailler pour la municipalité. Parmi les personnages de la Moutète, Roger Duquesnoy y a sa place assez haute, et il sera une figure du club régulièrement invité aux événements souvenirs.

Roger Duquesnoy et son ami Mathieu Bisséni

LA SEULE EXCEPTION AU VERT, LE MAILLOT BLEU

Outre ses qualités athlétiques, Roger Duquesnoy avait aussi une bonne lecture de jeu et de passes, c’était entre autres, pour ces qualités que sa seule entorse au maillot béarnais fut pour le maillot bleu de l’équipe de France. Plus précisément, de 1972 à 1981, avec un total marqués de 56 points pour un bilan de 28 sélections.

Pourtant ce parcours en bleu ne fut pas toujours facile. Lors de ses premiers matchs, ses coéquipiers n’ont pas toujours su s’adapter et il n’avait pas forcément pu démontrer son talent. Mais si l’on repense à sa faible expérience dans le basketball en général, atteindre un tel niveau était un sacré exploit !

Roger Duquesnoy nous a quittés le 13 août 2012 laissant beaucoup de souvenirs éternels pour ses proches et l’institution béarnaise dont il est à jamais un pilier.

De gauche à droite, debout : Paul Henderson, Mathieu Bisséni, Roger Duquesnoy, Jean-Luc Deganis, Jean Luent (entraîneur), René Page (capitaine de l’équipe de 1973 qui avait accédé en Nationale 1) ; assis, Christian Ortega, Robert Bialé, Alain Larrouquis, Freddy Hufnagel, Gérard Dumas, Florent Dechaumet

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