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[Coupe de France] 1988 – AS Esquennoy : Les terreurs du terroir

Coupe de France

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Le samedi 14 mai 1988, l’AS Esquennoy (N3) créait l’exploit en s’adjugeant la Coupe de France face à Villeneuve-sur-Lot (N2) sur le score de 86-79 à St Michel de Maurienne, en Savoie. Plus de 30 ans après, Ce résultat reste l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire, rarement contée, de la Coupe de France de Basketball.

Entendons-nous bien, nous parlons ici du Trophée Coupe de France et non pas du format auquel les équipes pro ont le droit de participer (la Coupe de France Robert Busnel). En 1988, la coupe de France masculine est ouverte aux clubs de Nationale 2 et divisions inférieures. Rappelons-nous que la NM1 n’existait pas. La Nationale 2 était alors le troisième niveau national (après la Nationale 1A et 1B).

LE VILLAGE REBELLE

Esquennoy ? Ce nom ne vous dit rien ? c’est plutôt normal. A moins d’avoir été basketteur dans les championnats nationaux entre l’Ile-de-France et le Nord-Pas-De-Calais dans les années 80-90, On ne vous en voudra pas de ne pas connaitre ce petit village surnommé par le journaliste de FR3 Picardie Thierry Adam « le village rebelle » !

Esquennoy est un patelin de 885 habitants, situé au nord de l’Oise, entre Beauvais et Amiens. A part la pétanque et son club de basket, il n’y a pas grand-chose à y faire. C’est un village comme il y en a des centaines dans ce coin de France que l’on appelait encore Picardie. Mais il faut bien reconnaitre que la passion du basket a emporté toute la population de ce village, comme si les Mauges ou la Chalosse avaient décidé d’implanter leur esprit basket dans cette campagne cernée par les champs de betteraves.

L’essor du basket dans ce petit bourg est, comme bien souvent, l’œuvre d’un homme, un dirigeant qui a bâti petit à petit une aventure sportive et humaine. A Esquennoy, il se nomme Raymond Fourmaux. Le « Père Fourmaux » a occupé pendant près de trente ans le fauteuil de président du club. Le club d’un village dont le nom résonne fort dans l’histoire du basket au nord de Paris : durant plus de 25 ans, une présence continue dans les championnats nationaux (en N2 durant 4 saisons, de 1989 à 1992) et un statut de chaudron imprenable dans les années 80, une ambiance survoltée dans le hangar du village qui aura vécu bien des épopées sous la férule de ce président discret mais capable d’élever la voix quand le besoin s’en faisait sentir.

(Marc, Guy, Luc et Jean-Pierre Fourmaux : les « terreurs du terroir » immortalisés dans le « guide du Basket 1991-92 », un numéro hors-série de Sports Action paru en septembre 1991).

Sans son opiniâtreté, le basket à Esquennoy n’aurait pas survécu bien longtemps. A sa première licence en 1957, les joueurs jouaient en extérieur sur le terrain de l’Argilière, à l’écart de la commune… Il déclare « Le club était en sommeil depuis 1960, nous avons monté les échelons les uns après les autres pour nous retrouver en nationale II en 1988-89. Au départ, il s’agissait avant tout de créer une animation dans le pays pour éviter, en particulier, que les jeunes restent désœuvrés ».

Il flairait les bons coups : les entraineurs (Michel Bordeaux, Jacques Gengembre, le bulgare Petko Marinov) comme les joueurs (Harley Major, Lonnie Lewis, Bruno De Colo le père de qui vous savez) ou même lorsqu’il s’agissait de doter son hangar/chaudron d’une tribune : il n’hésita pas à récupérer les tribunes de l’hippodrome d’Aumale (76), vouées à la destruction !

Incroyable mais vrai, ce bourg minuscule aux confluents de l’Oise et de la Somme, que rien ne prédisposait à sortir de son anonymat fait exploser toutes les barrières. A partir de 1981, le village et ses environs –au sens large- ne vivent plus qu’au rythme des rencontres de l’équipe fanion. Les victoires en Coupe départementale s’enchainent (19 au total), les montées en division supérieure aussi. Le premier coup d’éclat du club survint en 1982, sous les ordres du coach Michel Bordeaux, avec un 1/4 de finale de Coupe de France contre le Denain (N2) de Jean Degros et Ernie Signars à St Just-en-Chaussée (Oise), alors qu’Esquennoy évoluait en Excellence Régionale Picardie.

Le pinacle de sa présidence, et de l’histoire du club, fût atteint en 1988 avec cette fameuse victoire en finale de la Coupe de France, succédant au palmarès à une autre formation picarde, le SQBB, vainqueur en 1987. Mais ce qui rend unique cette histoire de basket au village, c’est que – tenez-vous bien – non content de présider aux destinées du club, Raymond Fourmaux a pu voir pendant plus de 15 ans ses 4 garçons évoluer en même temps dans l’équipe première !

LES TERREURS DU TERROIR

En effet, Marc, Jean-Pierre, Luc et Guy Fourmaux ont joué TOUS LES QUATRE en même temps dans la même équipe en championnat de France, une curiosité nationale qui perdura de longues années… et qui se perpétua avec l’avènement de la génération suivante avec leurs fils (Gwenaël Harlé et Loïc Harlé les fils d’Annie, la seule fille de Mr et Mme Fourmaux ; Aymeric, Yohann et Gaël Fourmaux et leurs cousins Alexis et Nicolas Villain) tous ensemble dans l’équipe 1 également en NM3 dans les années 90-2000 ! On vit même le père jouer avec le fils en NM3 (Jean-Pierre et Yohann), avant de voir le père manager son fils et ses neveux…

Ainsi, le club s’est forgé à travers le temps la réputation d’un club familial avec des valeurs fortes qui permettaient de compenser un budget toujours tiré au plus juste. Pour les dépenses somptuaires, passez votre chemin… Les mercenaires n’ont pas fait long feu ici, il fallait mouiller le maillot et épouser les valeurs familiales : jeu collectif, don de soi, humilité. D’ailleurs, quelques grands noms du basket français et international sont passés par Esquennoy, en y laissant de superbes souvenirs aux supporters locaux : les bulgares Ilia Evtimov (dont le fils ainé Vasco joua une saison avec les petits-fils Fourmaux en 1990-91 !) et Ljubomir Amiorkov, Benkaly Kaba ou encore Frédéric Domon.

ET SI L’ON REVENAIT AU PARCOURS DU CLUB EN COUPE DE FRANCE ?!

Les blanc et bleu d’Esquennoy sont managés en 1988 par Gérard Boulinguet et Nicole Lagache, une grande figure du basket nordiste, ex-joueuse de N1 et internationale. La principale force de frappe de l’équipe c’est forcément l’«américain de service » Harley Major. Un intérieur, grand routier des championnats nationaux (Gauchy, Noyon, Fréjus puis Douai) au club de 1986 à 1989 (N3 puis une saison de N2). Jean-Pierre Fourmaux, ailier, est le plus talentueux des 4 frères. Malgré des propositions des places fortes locales (Berck, Denain), il n’a jamais cédé aux sirènes du monde pro, tel un Olivier Léglise de l’Oise… Il est épaulé dans le 5 majeur par l’ailier Philippe Masson et les arrières Jean-Pierre Lizard et Patrice Boulinguet. Des obscurs à l’échelle nationale, mais des cadors respectés dans leur région.

Le club caracole en tête de sa poule de NM3 en 87-88 en route vers la montée en Nationale 2. Avec un record de 20v/2d, il laissera derrière lui des clubs tels que Denain, Noyon, Liévin, Proville, Grande-Synthe, Bruay et Cambrai. Lors de la phase finale pour le titre de champion de France NM3, il devra baisser pavillon en demi-finale à La Roche-sur-Yon face à Vienne Saint-Romain (et ses ex-pros Cazemajou, Bruss et Sangouard), en route vers le titre.

Comme chaque saison, Esquennoy profite de la coupe de France pour exporter son fighting spirit hors des frontières de la Picardie.

(Saint-Lô tombe 75-70 en 1/16èmes, encore un coup des frères Fourmaux !)

Les premiers tours sont une aimable mise en jambe ; Esquennoy se voit proposer deux formations du Nord-Pas de Calais en guise de hors d’œuvre : Brébières (72-99) puis Coudekerque, qui évolue en Promotion régionale (42-93), sont aisément ventilés. Ce fût le tour ensuite des franciliens de Puteaux. En 32èmes de finale, les oisiens ont peu à s’employer face à Massy, écarté 64-85.

Les 1/16èmes de finale propose une première opposition face à un pensionnaire de N2 : les normands de Saint-Lô, une équipe de milieu de tableau. Les picards sont remontés comme des coucou (NDLR : expression qui n’a plus cours depuis une trentaine d’années…) car cet adversaire est celui-là même qui les a éliminés de la course à l’accession en N2 la saison précédente, lors d’un match de barrage à Soissons (72-75). On assiste à une superbe première mi-temps pour les locaux qui font rugir de plaisir les 450 spectateurs oisiens, Masson, Lizard et Major alimente le score et malgré les normands Turmel et l’américain Jones, Saint-Lô pointe à -15 à la pause (36-21). Mais, revenus avec de meilleures intentions, Saint-Lô se reprend et égalise à la 27ème grâce à Thiébot, André et Jones (52-52). Suspense total, la tension monte… Jean-Pierre Lizard score à son tour puis Harley Major fait péter le couvercle avec deux tirs primés, mais le normand Thiébot en fait de même ! Saint-Lô revient à deux points (73-70). Dernière possession : le meneur feu-follet local Patrice Boulinguet donne le tournis aux normands, conserve la balle et provoque la faute, il conclue aux lancers-francs ; Score final 75-70 pour Esquennoy. La fanfare peut exulter et démarrer son tour d’honneur…

L’aventure commence à tourner à l’hystérie dans le village : on voit se créer une troupe de majorettes masculines, bien ventrues et moustachues. Ils sont beaux avec leurs bobs bleu marine bien vissés sur le crâne ! On ne se prend pas au sérieux à Esquennoy mais quand il s’agit de défendre cette réputation de village d’irréductibles, ça ne rigole plus… Le hangar du village avec son revêtement en béton et son unique tribune latérale ne fait plus rire personne. Au contraire, il est craint.

UN MENTAL D’ACIER

En huitième de finale le 12 mars 88, Esquennoy terrasse Levallois-Asnières d’un petit point (62-61). L’équipe francilienne, managée par le respecté Indulis Vanags (cf l’excellent article de Dominique Wendling sur notre site concernant son père Alex Vanags) et menée par l’américain Ron Stewart, était pourtant leader de N2 avec seulement 3 défaites au compteur avant de se présenter en terre picarde. Les oisiens sont rincés par l’âpreté du combat, le président Fourmaux est soulagé « On espérait, mais on n’y croyait tout de même pas trop ». Pour le capitaine Philippe Masson : « nous avons livré un vrai match de Coupe. Mais il est impensable de jouer de la sorte tous les week-ends ». Harley Major n’apporte que 15 points et doit sortir à 2mn10 de la fin de la rencontre pour 5 fautes. Le prof d’EPS et capitaine Masson raconte, sous forme de boutade « On joue toujours mieux sans lui ! Nos automatismes de N4 avant l’arrivée d’Harley sont toujours là ».

(Le gymnase d’Esquennoy ou hangar ou tombeau, c’est selon.)

Il ne fait pas bon venir défier les « culs-terreux » dans leur hangar. Une autre formation francilienne de N2 va en faire l’amère expérience au tour suivant… En effet, c’est l’équipe de Sceaux que le tirage propose à Esquennoy au stade des quarts-de-finale, le 2 avril 88. Assuré de leur montée en N2, les locaux sont surmotivés en égalant ainsi leur performance de 1982 en Coupe. De son côté, Sceaux vient de rejoindre Levallois en tête de la poule B de N2. Les picards lui réussissent cette saison en Coupe : ils ont éliminé Soissons et Noyon précédemment. L’équipe managée par l’expérimenté Jacky Renaud présente un effectif de qualité : le pivot US Oren Gilmore (frère du Hall of Famer ABA/NBA Artis Gilmore), le shooteur de Paray Vieille-Poste Patrick Millavet (qui ira jusqu’en ProA avec Sceaux), Salles, Owen, Chambres, Trocellier, Tsoungui. Coach Renaud ne prend pas son adversaire à la légère : toute la semaine, il a entrainé ses joueurs sur des panneaux en bois ! Basketteur des villes vs basketteurs des champs…

Fanfare, pom-pom, 500 fanatiques entassés dans le hangar picard : le décor est planté. Et Sceaux va subir le même sort que Levallois et Saint-Lô avant lui, mais que ce fût dur ! La rencontre est très serrée : un mano a mano jusqu’à la mi-temps (45-48), Gilmore et Millavet répondant aux paniers de Masson, Major et JP Fourmaux. A la 35ème minute, Sceaux prend la tête : Owen et Millavet scorent,77-80. L’air devient irrespirable. Harley Major sort enfin de sa boite pour marquer un 3pts, 84-85 pour Sceaux. Il reste alors 18 secondes, Sceaux perd la balle sous le panier picard, le dernier tir est forcément pour Major… Il le rate, mais c’est le vénérable pivot barbu Marc Fourmaux, l’ainé de la fratrie, qui capte le dernier rebond et s’en va marquer le point de la délivrance, sur une claquette au buzzer !

Score final 86-85. Merci, au suivant !

ANOTHER ONE BITES THE DUST !

Pour la demi-finale sur terrain neutre à Auxerre le 23 avril 88, 4 autobus, une fanfare, des majorettes et plusieurs dizaines de voitures particulières de supporters font le déplacement pour voir les hommes du président Fourmaux venir à bout de l’OS Hyères d’un petit point (75-74). Encore un pensionnaire de NII qui mord la poussière ! Et encore une fois, une victoire d’un point pour Esquennoy, ce n’est plus un hasard… L’entraineur Philippe Legname et ses joueurs majeurs Maric, Clabon et Jean-Louis Borg n’ont pas pu empêcher Esquennoy de se frayer un chemin jusqu’à la finale de la Coupe de France… Pourtant, Hyères avait pris les commandes à la 32ème minute de la rencontre mais comme le relata Jean-Pierre Fourmaux « ça fait trois matches de suite que c’est comme ça, mais il y a une petite étoile là-haut qui est avec nous en ce moment ! ».

Hyères est la quatrième équipe de NII qui tombe consécutivement dans les filets esquenouillards, la coach Nicole Lagache savoure, dans les colonnes du Courrier Picard : « On a très bien défendu, on a été bons au rebond défensif. Les garçons ont d’énorme qualités morales et un sacré enthousiasme qui leur a permis de revenir à chaque fois qu’ils ont été menés. Et puis, dans le climat d’énervement, nous, on a su rester calme et jouer notre basket ». En effet, il y avait de l’électricité dans l’air et les varois ont peut-être eu le tort de passer plus de temps à critiquer l’arbitrage qu’à jouer…

LA FINALE

Voici donc les oisiens qualifiés pour la finale, face à Villeneuve-sur-Lot, encore une formation de N2. Pour cette occasion, on voit grand chez les dirigeants : c’est carrément un transport collectif en TGV qui a été spécialement affrété pour rallier la Savoie. Le président annonçait quelques semaines auparavant : « l’affaire s’avère parfaitement réalisable. Il suffit en effet de trois à quatre cents demandes et c’est au moins le nombre de nos supporters s’étant déplacés à Auxerre… Et puis, ce serait une nouvelle occasion de faire une grande fête ! ». En moins de huit jours, 400 places sont réservées. Départ vers 8h00, arrivée en début d’après-midi le jour du match : plus de 400 supporters esquenouillards seront du voyage, dont les joueurs qui tapent le carton pour tuer le temps, le maire Mr Millot, le conseiller général et même le père Van Glabeck, curé de la paroisse. Un voyage…un périple, devrait-on dire ! Les plateaux-repas sont préparés par quatre généreux commerçants du village, une organisation aux petits oignons. Ce joyeux contingent représente un tiers de l’affluence de la finale (1200 spectateurs), autant dire que les Fourmaux boys vont jouer à domicile…

Les joueurs sont surmotivés, pensez-donc ! C’est la moitié de la population du village qui est en partance pour la Savoie. Cette fièvre constitue un atout de choix pour Jean-Pierre Lizard, au club depuis la catégorie benjamin : « Cela nous pousse à nous dépasser. A ne jamais abandonner également ».

(Esquennoy, finale Coupe de France 1988. En haut de g à d. : Gérard Boulinguet manager, Philippe Deheyer, Marc Fourmaux, Harley Major, Jean-Pierre Fourmaux, Nicole Lagache entraineur, Raymond Fourmaux président. En bas : Jean-Pierre Lizard, Luc Fourmaux, Philippe Masson, Daniel Buffet, Guy Fourmaux.)

Villeneuve-sur-Lot (47), pensionnaire de N2, s’est qualifié pour cette finale en battant à Tarbes l’équipe de Tourcoing, une autre équipe de N3. L’équipe du chef-lieu d’arrondissement du Lot-et-Garonne (23730 habitants) se présente en Savoie avec un car de supporters, pas plus : dure, dure la concurrence au pays du rugby ! Le coach, l’ex-international Maurice Boulois peut compter sur l’américain naturalisé Bob Brower, l’US Phil Dailey, Jean-Michel Demont l’ex-espoir orthézien et les expérimentés Alain Fioraventi, François Montalvez et Gueye. Leur bilan en championnat est équilibré : une 7ème place de la poule A de N2 (11v/11d) à 4pts de Salon et Hyères. Avec ses 4 doubles-mètres contre aucun côté picard, l’équipe de Villeneuve a des arguments à faire valoir au niveau du rebond, mais elle ne saura pas en profiter. « Quand on a vu les tailles à l’échauffement, on n’a pas paniqué pour autant explique Nicole Lagache. Hyères aussi en demi-finale avait des gabarits ».

Dans un entrefilet, le quotidien L’Equipe relate la finale : « Plus complets, plus adroits et surtout plus motivés, les picards d’Esquennoy se sont fort logiquement imposés en finale de coupe de France face à Villeneuve-sur-Lot, qui ne fit illusion qu’une dizaine de minutes avant de subir la loi d’une équipe de N3 euphorique et sans complexes, qui inscrit ainsi sa cinquième formation de N2 à son palmarès. Major (22pts en première mi-temps avec 4 tirs à 3pts) puis Jean-Pierre Lizard (20pts) furent les artisans du succès ». Adresse folle d’un côté, maladresse et de nombreuses fautes de l’autre, dès la 29ème minute, la messe était dite : Esquennoy menait de 22points. Comme le veut la tradition, Nicole Lagache fait participer les réservistes Buffet et Deheyer lors de la dernière minute afin que chacun puisse participer à la fête.

« Nous avions affrété un T.G.V. venu en gare de Bacouël prendre à son bord quatre cents personnes d´Esquennoy et de la région de Breteuil. Le train nous a conduits directement à Saint-Michel-de-Maurienne pour affronter Villeneuve-sur-Lot, l´autre club finaliste. Ce fut un week-end mémorable ! Après notre victoire 86 – 79, nous avons été fêtés comme des rois dans ce magnifique village des Alpes avant de retrouver la Picardie avec notre T.G.V. » raconte le président Fourmaux.

(Jean-Pierre Fourmaux, en finale de la CdF 1988, face à Villeneuve)

Après une folle farandole dans les rues de Saint-Michel, c’est l’heure du retour festif dans le TGV spécial le dimanche à 1h du matin pour une arrivée en gare de Breteuil (Oise) à 6h du matin, les yeux rougis. « Nous croyions revenir d’une autre planète tellement nous venions de vivre intensément cette finale, en si peu de temps » se remémore le journaliste Philippe Loranger, du Bonhomme Picard

Cette victoire représenta une première dans l’histoire du sport départemental oisien. Esquennoy s’était joué de toutes les embûches et reçut sa consécration au pied du Mont-Blanc, comme un clin d’œil du destin.

A sa petite échelle régionale, Esquennoy représente aujourd’hui une belle anomalie, comme une parenthèse hors du temps, une histoire de petits poucets qui auront résisté et imposé leur présence pendant plus de 25 ans au niveau fédéral avec des valeurs presque anachroniques. A l’ère moderne du sponsoring et des joueurs qui courent le cachet sans attaches, Esquennoy aura montré pendant très longtemps qu’un autre modèle pouvait exister. Pour peu que chacun adhère à ces valeurs et reste assez longtemps au club pour cela… Mais, exsangue et sans renouvellement de génération, en 2011 le club fini par quitter les parquets fédéraux.

Le 19 septembre 2019, le club a dit adieu à son vénérable président d’honneur Raymond Fourmaux, deux ans après le décès de son épouse… Aujourd’hui, le club présidé par Jean-Pierre Villain existe toujours ; il évolue dans le championnat régional des Hauts-de-France et conserve un parfum de haut-niveau avec la présence dans ses rangs du multi médaillé FIBA Jeunes, Henri Kahudi (formé non loin de là, à Beauvais puis Pontpoint).

En 2012, l’équipe fanion de l’AS Esquennoy victorieuse de la Coupe de France 1988 a été intronisée « Académicien du basket picard » lors de la seconde cérémonie de ce panthéon du basket régional picard qui avait eu lieu dans les salons du stade de la Licorne à Amiens.

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Les 4 frères Fourmaux (de gauche à droite : Guy, Marc, Jean-Pierre et Luc) lors de cette remise de prix, en 2012.

POUR ALLER PLUS LOIN :

Galerie photo du club : Cliquez ici

La finale de 1988, avant-match et itw en vidéo : cliquez ici

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About Vincent Janssen (1 Article)
Passionné de l'histoire du basket, du basket-ball, du basketball et même du baskett. Passion inavouable : les arbitres.

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