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[ITW] Pierre Galle – Partie 1 : « A l’époque, il y avait deux équipes dont on parlait : Saint-Etienne et Berck ! »

Interview

Montage Une : Aurélien Sohard pour Basket Rétro

Indissociables, tel est l’adjectif qui caractérise le mieux Pierre Galle et Berck dans le basket français des années 70. Mais le « cerveau », c’est aussi un parcours en bleu dont il fût le capitaine, Lyon et Denain un temps puis Caen quelques saisons. Basket Rétro vous propose de revenir, grâce à une interview en deux parties, sur le parcours d’un génie de la balle. Épatant !

Basket Rétro : Le 21 mars 1974, avec Berck, vous recevez le grand Real Madrid en demi-finales de la Coupe d’Europe. Et pourtant, une partie de votre équipe refuse de jouer. Pouvez vous nous parler de ce fameux évènement ?

Pierre Galle : Malgré le temps, je n’ai rien oublié de cette rencontre. Pour moi, cela a même été très certainement la période la plus horrible de ma carrière. Je suis arrivé à Berck en 1967. C’est René Fiolet qui m’avait recruté par l’intermédiaire de Bernard Rimbaud parce que j’étais à Lyon à cette époque-là. La salle s’appelle comme cela à présent d’ailleurs : Salle René Fiolet. On est monté très rapidement jusqu’en Nationale 1 avec Berck. Une année, René était même allé plaider notre cause à la Fédération auprès de Robert Busnel parce que Toulouse arrêtait. Voilà l’aventure… Donc pour le club, arriver à être champion de France, puis jouer la Korac et cerise sur la gâteau recevoir le grand Real avec la notoriété que l’on connait pour ce club, c’était fantastique. Berck et ses 18.000 habitants recevaient le grand Real Madrid ! La salle était pleine : 6000 personnes. Je me souviens, le jour du match, nous étions allés chercher deux tribunes amovibles au Touquet pour accueillir les gens. A l’époque, il y avait deux équipes dont on parlait d’ailleurs, Saint-Etienne et puis Berck. C’était magnifique ce qui nous arrivait. Le match était télévisé en direct et il y a eu cette malheureuse grève. J’avoue qu’en en reparlant, j’ai presque les larmes aux yeux. Mon frère Jean a dû rejouer. On a refait jouer des anciens aussi. Et en discutant à la fin du match, on s’est dit que c’était foutu et que quelque chose était cassé alors qu’on avait 17 points d’avance sur Le Mans en championnat. De 67 à 74, avoir un tel parcours pour ne pas jouer…. C’est comme cela mais quelle aventure fantastique !

Le Real Madrid 1974 : déjà 5 coupes d’Europe ! Source : Realmadrid.com

BR : L’année d’après, rebelote : vous participez à une nouvelle demi-finale européenne, cette fois contre Varèse. Il vous a manqué quoi pour aller plus loin ?

PG : La priorité c’était d’abord de garder notre effectif. Après cela, il nous a manqué un véritable pivot je pense pour faire progresser l’équipe. On avait ciblé Alain Durand de l’ASVEL et Michel Longueville du PUC mais cela n’a abouti, ni pour l’un, ni pour l’autre.

J’avoue qu’en en reparlant, j’ai presque les larmes aux yeux. Pierre Galle sur la rencontre contre le Real Madrid

BR : Est-ce que vous avez des souvenirs qui vous ont plus marqué en Coupe d’Europe ? Des anecdotes, des rencontres, des voyages…

PG : Quand nous sommes allés au Panathinaikos, on jouait sous les tribunes du stade de football. On s’est fait cracher dessus par les supporters quand on est rentré aux vestiaires, malgré la défaite de 17 ou 18 points. Et puis, ils tiraient sur les tendeurs du panneau pour qu’on ne marque pas. C’était horrible, les gens nous hurlaient dessus. Horrible ! On est resté ensuite bloqué pendant une heure dans les vestiaires, en attendant que la police arrive. Au retour, c’était pour l’ouverture du Palais des Sports, on était très très motivés. Mon père avait fait des tracts pour que le public vienne en masse. Ils ont pris plus de 40 points. Dès l’entre deux, Yves-Marie Vérove et un grec se sont d’ailleurs « mis des pains ». L’arbitre, un hollandais, les a expulsé et c’est à ce moment là que Didier Dobbels rentre dans le 5. Nous sommes allés à Tel-Aviv également où Tal Brody jouait. Il était le capitaine de l’équipe militaire américaine, il a été aussi drafté par Baltimore en 1965. A Cantu, il y a avait Pierluigi Marzorati. Si je vous dis cela, c’est parce que Tal m’a présenté toute sa famille à l’époque. Avec Pierluigi, on a parlé souvent ensemble. Il y avait beaucoup d’amitié et de respect entre eux et moi. Ce sont des grands, des hommes.

BR : Vous êtes nés en janvier 1945. A Calais.  Que pouvez-vous nous dire de votre enfance ?

Oui, je suis né un 13 janvier. Mes parents étaient commerçants. Ils tenaient un débit de tabac, buvette, lingerie et épicerie. A cette époque, leur commerce était tout proche de l’école Condé, à Calais. Et toutes les écoles de l’époque avaient des équipes qui jouaient en UFOLEP avec des benjamins, des minimes, etc… C’est là que j’ai commencé à l’école Condé. Je devais avoir 8 ou 9 ans et j’ai passé ensuite ma vie sur le terrain. Je me souviens, il y avait un endroit mal goudronné sur ce terrain. De là, je ne ratais jamais un tir. Nous avons été encore un des premiers clubs à avoir l’éclairage, donc on pouvait jouer jusqu’à 22 heures. Je me souviens, mon père venait nous chercher en fermant son commerce. Il n’y avait pas de salle à l’époque. Enfin si, il devait y en avoir une demi au lycée de Calais avec 3 ou 4 panneaux. Avant d’avoir l’éclairage, on mettait une bicyclette sur pied pour éclairer le cercle. Et quand tu ratais, tu allais pédaler. On jouait aussi avec des ballons en cuir. Et à Berck, il pleut assez souvent. Alors je me souviens qu’il ne fallait pas qu’on shoote avec la planche sinon le ballon glissait complètement. On avait également les mains toutes noires avec la saleté. On pouvait alors déceler, en les regardant , si on tirait plus avec la paume de la main où plus avec l’extrémité des doigts. On n’avait pas encore d’entraineur, on se débrouillait tout seul et ce jusqu’à ce que mon frère prenne en main l’équipe.

Je me souviens, mon père venait nous chercher en fermant son commerce. Pierre Galle

BR : Parlons de Berck à présent. C’est une sorte de TGV sportif Berck dans le sens où vous accédez après le fédéral à la nationale 2 puis à la nationale 1. Qu’est ce qui explique une telle ascension ?

PG : D’abord à Calais, il y avait Jacques De Rette, international de hand et professeur d’EPS. Il a rassemblé les meilleurs de chaque école pour créer le BAC de Calais. De là viennent de très bons joueurs. L’équipe monte rapidement, évidemment. Ils jouaient dans la cour du Lycée de la République, à Calais et où je suis allé. J’ai vu des matchs de l’Etoile de Mezières, avec Jean-Paul Beugnot, où il y avait 3000 spectateurs. Cette équipe a failli d’ailleurs les battre. Bref. Et j’ai joué à Calais, en senior, dès mes 14 ans. Mon frère m’avait emmené à Lille pour que j’aille voir un médecin pour un double sur-classement. Mais à Calais, il n’ y avait pas vraiment une volonté de jouer plus haut. J’étais allé voir en ce sens l’adjoint au sport de Calais pour savoir ce qu’il pouvait faire pour nous au niveau professionnel. Et là, la transition se fait à Berck. Entre temps, je suis aussi allé joué à Grand-Fort-Philippe pour suivre mon frère et je fais également mon service militaire. René Fiolet me contacte alors pour Berck. Et on repart en partie avec le groupe constitué à Calais, quelques années plus tôt. Le nord me manquait, mes parents avaient vendu leur commerce, Jean travaillait à Usinor Dunkerque et je voulais les revoir plus souvent.

BR : On trouve trace de vous à Lyon, en 1965 . Vous y jouez notamment avec Bernard Fatien qui en plus d’être international est un éducateur reconnu dans le monde du basket. Et puis vous y êtes entrainé par André Buffière. Vous avez 20 ans…

PG : Pendant mon service militaire, au Bataillon de Joinville, à Lyon, mon entraineur était André Buffière. Cela m’a marqué forcément. Et à l’issue de mes 16 mois, j’y signe par son intermédiaire pour deux saisons. Bernard Fatien, à présent décédé, était ami très proche. Il y avait aussi à Lyon Gérard Lespinasse, Bernard Magnin ou Rodolphe Lazarre meneur comme moi. A l’époque, je travaillais du lundi au samedi. On s’entrainait 3 ou 4 fois par semaine. Albert Demeyer jouait encore allier. Christian Petit faisait également partie de l’équipe.

BR : En 1974, votre équipe tourne à plus de 100 points par match. Cela nous donne le sentiment que vous avez inventé le « run and gun » ? Vous courriez sans cesse en attaque ?

Berck à l’honneur en juin 1974 – Source : L’Equipe Basket Magazine

PG : On s’entrainait le midi. On s’entrainait le soir. Et c’était déjà révolutionnaire. On était donc très très bien physiquement. Mais on avait aussi ajouté un kiné à l’équipe pour le suivi médical au quotidien. Cerise sur la gâteau, Alain Roux, le kiné de l’équipe de France et qui habitait Le Mans, on passait le prendre en avion quand on pouvait. Tout cela pour dire qu’on était, avec Berck, très en avance sur notre temps. Et sur le terrain, on savait parfaitement où chaque joueur se trouvait. Ces détails nous permettait de courir tout le temps. Moi en tant que meneur, je crois que je sentais bien les match-up. Grâce à cela, on a plié tout le monde !

BR : Vos partenaires à l’époque sont notamment Yves-Marie Vérove, Didier Dobbels, Jean Caulier, ou Jan Racz. Vous jouez également à côté d’américains : John Gidding ou Ken Gardner. L’idée n’est pas que vous nous parliez de chacun d’eux mais plutôt de savoir lesquels vous ont marqué ?

PG : Kenny Gardner nous rejoint suite à la tournée de l’agent Jim Mac Gregor. C’est un vendeur de viande qui a financé son salaire : Monsieur Renard, un homme rude mais de parole. Il l’a payé de sa poche. Alors Kenny m’a marqué parce qu’il a transformé l’équipe. Il jouait intérieur/extérieur avec son 1m98 et c’était pas rien. Et il défendait très bien. Il était fait pour jouer à Berck de part sa mentalité et on a beaucoup discuté ensemble. John Gidding avec sa grande connaissance du basket m’a fait passer des échelons. Après mes autres partenaires sont nordistes. Yves est de Grand-Fort, Didier de Roubaix, Jean du SOMB, et Jan Racz c’est une épopée. Jan jouait à Bruxelles. Il s’est sauvé de Hongrie avec sa famille sur une péniche. Je suis allé chercher Jan à Bruxelles. Il n’avait pas ses papiers et on a passé la frontière à un endroit « tranquille ». Jan comme Kenny était fait pour jouer à Berck.

Kenny Gardner sous les couleurs de Berck. Source : La voix du nord

BR : C’est votre frère qui vous entraine alors, comment vous avez géré cela ?

PG : C’est moi qui ai d’abord entrainé Berck. Mais après un mois, je le sentais pas. J’avais peur de me disperser malgré mes quatre années passées avec Buffière. J’ai alors demandé à René Fiolet de faire venir mon frère mais il lui fallait un travail. Une fois cette chose faite, Jean a pris en main l’équipe. On a eu beaucoup d’échanges avec Jean. En Nationale 3, c’était assez confortable au départ pour moi même si j’avais l’obligation d’être bon.

Le nord me manquait, mes parents avaient vendu leur commerce, Jean travaillait à Usilor Dunkerque et je voulais les revoir plus souvent. Pierre Galle

BR : Vous êtes deux fois champions de France, deux fois MVP, quels souvenirs gardez-vous de ces deux saisons, 73 et 74.

PG : En 1973, on a été reçu à L’Equipe. On était à égalité avec Jacques Cachemire mais il n’y avait qu’un trophée. Je lui ai laissé et je n’en ai pas eu (il se marre). MVP c’est valorisant, c’est sur. Cela a dû être mérité sûrement. Je n’étais pas le plus rapide. Je courais moins vite que Jean-Michel Sénégal par exemple mais je me disais qu’avec le ballon, je devais être capable de sprinter et de maitriser la balle en même temps. Cela a été un de mes axes de travail. Et je crois avoir eu une adresse au-dessus de la moyenne. En toute modestie évidemment ! C’est d’ailleurs dommage que la ligne à trois points n’existait pas car je tirais quasiment tout le temps de cette distance. Quand je ne me sentais pas bien, j’allais encore beaucoup travailler dans les dunes. C’est aussi beaucoup de travail ces récompenses. En parlant de travail, j’ai eu la chance de jouer contre Bob Cousy, dans le cadre d’une exhibition, à Lille. Je l’ai observé à son échauffement et pendant le match. Et j’ai enregistré sa gestuelle. Bob c’est l’inventeur du dribble dans le dos ! Quel joueur ! Sans vouloir le copier, il m’a inspiré. J’avais 19 ans.

Pierre Galle en pleine action. Source : Collection personnelle de Pierre Galle

BR : On raterait quelque chose si on ne vous parlait pas de votre surnom : « Le cerveau ». Vous le devez à l’Equipe. 

PG : C’est valorisant évidemment et c’est un peu ma conception du basket. Trouver les meilleurs match-up, jouer dans le tempo, parfois être capable de jouer pour soi, etc… J’ai le souvenir qu’on faisait beaucoup de 8 à 3 par exemple à l’entrainement. Maintenant, on est beaucoup dans le Pick And roll. Tout cela pour dire que quand je passais la balle à Yves au poste, il savait qu’il pouvait avancer et shooter. Avec Didier, c’était sa capacité à se démarquer qui était formidable et je devais le trouver. Quel jeu sans ballon… un peu comme Alain Gilles d’ailleurs. Donc « le cerveau » oui je représentais certainement un peu l’entraineur sur le terrain mais je souhaite rester modeste.

BR : Souvent, il est état de votre rivalité avec Alain Gilles mais il y a pleins d’autres meneurs en France. Il y en a certains dont vous vous souvenez ?

PG : Avec des décalages oui bien sur ! Jean-Michel Sénégal, Alain Larrouquis, Jean Degros, Gerard Berthé, Paul Besson pour les français ou Charles Tassin. Et puis, il y avait les américains Carmine Calzonetti, Dan Rodriguez ou Bob Morse. Mais j’ai joué contre tellement de grands joueurs… Après pour revenir sur Alain Gilles, j’ai du attendre 7/8 ans avant de la battre ! La patience a parfois du bon…

En parlant de travail, j’ai eu la chance de jouer contre Bob Cousy, dans le cadre d’une exhibition, à Lille. Je l’ai observé à son échauffement et pendant le match. Et j’ai enregistré sa gestuelle. Bob c’est l’inventeur du dribble dans le dos ! Quel joueur ! Sans vouloir le copier, il m’a inspiré. J’avais 19 ans. Pierre Galle

BR : On parle des Championnats d’Europe Junior ?

Henri Chapuis, le journaliste du Miroir des Sports, m’interviewe comme tout le monde et je lui dit que je viens de Grand-Fort. Et là, il me répond :  » Je prends ton nom mais tu n’y arriveras certainement pas. » Je crois qu’il s’est trompé (il se marre). A Antibes, au centre national, on était 120 autour de Busnel et Buffière les entraineurs nationaux et au final , il n’en reste que 12 pour aller à Naples, dont moi. Et on va en finale ! La fédération était d’ailleurs très rigide sur les dépenses. Moi, en tant que capitaine, j’avais un fanion et mes coéquipiers un petit coq pour donner aux adversaires. On en avait que pour les phases qualificatives et quand l’aréopage est arrivé pour les finales, on avait plus rien. Contre les Russes, on a été battu mais pour le basket français, c’est une première que l’on aille à un tel niveau. Notre entraineur était Joe Jaunay. Dans l’équipe, il y avait mon meilleur ami, un Chti comme moi : Daniel Ledent de Denain comme Jean-Pierre Staelens. Il y avait Crapet de Valenciennes, Baudry, Longueville, Tassin, Caperon et d’autres. Alain Gilles et Jean-Claude Bonato n’ont pas pu jouer avec nous car ils jouaient déjà avec les seniors.

BR : Parlons un peu des Bleus. Vous n’avez que 64 sélections. C’est très étonnant au regard de votre longévité notamment mais aussi au regard de votre niveau de jeu …

PG : D’abord, des matchs il y en avait beaucoup moins que maintenant. Et puis ensuite, je n’étais pas pro donc parfois j’ai dû joué en équipe de France tout en prenant des congés sans solde à mon travail. Je travaillais pourtant à la mairie de Berck ! J’ai raté deux championnats comme cela. J’ai fais aussi un championnat du monde qui n’a pas compté, à Barcelone. Le championnat du monde des moins d’1m80 ! Il n’y en a eu qu’une édition.

BR : Votre première sélection vous l’honorez le 16 février 1968 face aux Hongrois. Vous scorez 10 points. Du coup, deux questions en une. Est-ce que vous vous souvenez de cette rencontre et que représente pour vous le fait de jouer pour la France ?

PG : Quel honneur les bleus ! Cette première sélection : c’était dans le nord mais je ne sais plus où exactement (NDLR : à Roubaix) et puis le nombre de points j’ai oublié. Joe Jaunay m’avait convoqué alors que je jouais en nationale 3 à Berck !

BR : A l’inverse, votre dernière sélection a lieu en 1976, face à la Roumanie. Du coup, comme pour la question précédente : deux interrogations en une. Est-ce que vous vous souvenez de cette rencontre et que vous reste-t-il de votre carrière internationale ?

PG : On a raté les JO d’un point ! C’est ce dont je me souviens le plus, malheureusement. Cela s’est joué sur rien mais c’est mon plus grand regret, les JO. Après, représenter la France, c’est quelque chose d’exceptionnel d’autant que j’ai eu la grande chance d’avoir été capitaine des A, des juniors et des militaires. C’est modestement que je vous dit cela mais cela fait plaisir avec du recul de pouvoir le dire.

Pierre Galle (en bas à gauche) sous le maillot des bleus – Source : Collection personnelle de Pierre Galle

BR : En 1977, vous signez à Denain. C’est la conséquence des soucis que Berck rencontre ?

PG : Quand mon frère part à Caen, je voulais partir avec lui mais avec ce qui s’était passé je suis resté quand même à Berck. Avec Jan Racz, on s’est alors occupé de l’équipe. Et puis au Touquet, à l’époque, j’avais monté une brasserie qui s’appelait le « Lancer-franc ». C’est Jean-Pierre Staelens qui venait souvent au Touquet qui m’a convaincu de signer à Denain. Je l’ai fait par amitié pour lui mais c’était compliqué d’abord parce qu’il fallait faire la route et puis parce que j’avais plein d’autres choses en tête.

BR : On vous retrouve à Caen ensuite jusqu’en 1981. Vous y devenez directeur sportif et votre frère y entraine. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?  

PG : En 78, j’arrive à Caen qui cherchait un directeur sportif. J’ai occupé ce poste une saison entière tout en aidant pour les entrainements. Une année, on perd l’ossature donc je remet mes baskets. Je le fais pour Charly Badache, un ami qui était avocat et qui avait repris le club. J’en ai bavé car quand tu t’arrêtes c’est très dur de reprendre. Jean coachait mais il avait peur que je ne fasse pas le « taf ». On joue contre Tours de Sénégal : on gagne. On joue le Stade Français de Boistol : on gagne. J’étais finalement revenu à un bon niveau mais je ne jouais plus 40 minutes ce n’étais plus possible à 36 ans mais j’étais revenu à un bon niveau. Cerise sur le gâteau, on rejoue contre Cantu en coupe Korac et je mets un panier du milieu du terrain qui nous envoie en prolongation. Là, j’étais pro. Je faisais du travail individuel avec Raphaël Ghewy, Traoré, Bob Brower ou Georges Eddy. Et puis, je m’occupais des espoirs également. A la fin de notre contrat de trois ans, Jean part à Mulhouse et moi je pars à Montferrand. La satisfaction de Caen, c’était qu’en arrivant le club était qualifié pour la Coupe d’Europe et on l’a laissé qualifié pour la Coupe d’Europe : contrat rempli sportivement parlant.

Pierre Galle sous le maillot de Caen – Source : Collection personnelle de Pierre Galle

BR : Votre retraite sportive, vous vous y étiez préparée et comment l’avez-vous vécu ?

PG : C’est un sentiment bizarre, ma retraite mais il faut savoir s’arrêter au bon moment en fait. Jouer en Nationale 1 à 36 ans, c’est très bien et voilà. Je ne voulais pas faire l’année de trop. C’était le moment donc de dire stop.

BR : Avant de venir à votre parcours d’entraineur, pouvez-vous nous dire quel regard portez vous sur votre carrière ?

PG : J’ai perdu certainement du temps. International junior, j’aurais pu signer à Denain et j’aurais dû aller en Nationale 1 plus tôt. C’est le seul regret que j’ai mais ce que l’on a construit avec Berck, cela efface tout et j’en suis fier.

Propos recueillis par Guillaume Paquereau pour Basket Retro. Dans la partie 2, vous pourrez (re)découvrir le parcours d’ entraineur de Pierre Galle.

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About Guillaume Paquereau (64 Articles)
Amoureux de Gozilla depuis mon plus jeune âge, je suis devenu fan des Suns ! De Sir Charles à Dan Majerle en passant par Nash, via Stoudemire pour aller jusqu'à Devin Booker : PHX a le monopole de mon coeur. Je veux du soleil !

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