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Le coin lecture #2: The Curse – L’histoire chaotique des Los Angeles Clippers (2016)

Lecture

Montage Une : Adrien PMMP pour Basket Rétro

Tout les 15 jours, Basket Retro vous ouvre les portes de sa bibliothèque et propose de vous faire découvrir ou redécouvrir un ouvrage sur l’histoire de la NBA. Cette semaine, coup de projecteur sur l’histoire des Los Angeles Clippers dans « The Curse »

LE LIVRE

A première vue, on pourrait penser : pourquoi écrire sur l’histoire des Clippers ? En quoi la franchise la plus chaotique et pathétique de la NBA mérite un livre de plus de 540 pages ?

Et pourtant, la réponse est évidente : qui d’autre que les Clippers peut rassembler ce cocktail de comédie, d’incompétence et de malchance qui fait de ce livre une agréable lecture ?

« The Curse » est une plongée dans l’histoire des Clippers, une analyse année après année documenté par des nombreux témoignages de joueurs – entraîneurs – employés, passés par la franchise.

@ The Curse

L’histoire démarre en 1978 dans l’état de New York à Buffalo avec le premier et seul échange de Franchise de l’histoire de la NBA. Irv Levin, alors propriétaire des Celtics veut retourner dans sa Californie ou le climat est plus clément et où il a servi pendant la guerre. S’il est inenvisageable de faire bouger les Celtics de Boston, c’est d’un tour de passe-passe que Levin s’arrange avec John Y. Brown, futur acquéreur des Braves. Ce dernier récupère les Celtics tandis que Levin prend possession des Braves qu’il fait déménager à San Diego. Levin a la possibilité de récupérer un joueur des Celtics dans l’échange. Il hésite entre Freeman Williams et un ailier drafté en sixième position par Boston : Larry Bird. N’ayant la garantie que Bird rejoigne les Clippers en 1979 après son année universitaire restante et surtout le considérant « lent et ne sautant pas très haut », il opte pour Freeman :  les Clippers viennent de naître.

Ils deviennent rapidement la risée de la ligue, comme avec notamment la signature du blessé / non motivé, Bill Walton qui ne joue que 102 rencontre sur 492 possible avec les maillots des Clippers. C’est surtout le rachat de la franchise par Donald Sterling en 1981 puis son déménagement de San Diego vers Los Angeles sous les conseils du propriétaire des Lakers, Jerry Buss qui fait passer les Clippers dans un autre niveau d’incompétence. Des changements de coachs incessants, un staff médical incompétent et sous-dimensionné si bien que nombreux joueurs voient leur carrière ruinée à cause de blessures sous le maillot des Clippers, des drafts catastrophiques et une tendance à la radinerie très prononcée. Sterling est connu pour distribuer des chèques de paye non signés à ses joueurs, ces derniers devant réaliser un parcours du combattant pour avoir cette fameuse signature..

Bill Walton, le premier échec d’une longue série aux Clippers @ NBAE

A l’image de la franchise, Danny Ferry, drafté avec le second choix en 1989, refuse littéralement de jouer aux Clippers et préfère s’exiler en Italie.

A cela va s’ajouter un racisme banalisé de Sterling qui sera mis à l’évidence aux yeux du monde en 2014 après la publication d’un échange téléphonique avec sa compagne, lui reprochant de fréquenter des personnes de couleur… pauvre Elgin Baylor ! Sterling est banni à vie de la NBA en plein playoffs 2014 par Adam Silver alors que les Clippers font parti des favoris pour le titre…Quelques jours plus tard, Chris Paul s’effondre dans le money-time contre le Thunder en perdant deux ballons en 20 secondes et faisant faute sur un trois points de Westbrook. 

Le rachat de la Franchise par Steve Balmer en 2015 est censé donner un nouveau souffle à la franchise : mais les Clippers restent les Clippers et perdent inexplicablement la demi-finale de conférence contre les Rockets après avoir gâchée une avance plus que confortable lors du Match 6 (la fameuse rencontre avec Josh Smith qui prend feu et James Harden qui voit son équipe revenir depuis le banc, une serviette sur la tête).

Au travers ces décennies d’échecs, le livre est rempli de témoignage, d’anecdotes et d’histoires pathético-hilarantes comme seuls les Clippers peuvent nous offrir. Norm Nixon, Ron Harper, Danny Manning, Terry Cummings, Michael Olowokandi, Elton Brand, … autant de joueurs passés par les Clippers qui témoignent de leur passage au purgatoire de la NBA. 

EXTRAIT :

Sur Danny Ferry qui refuse de jouer pour les Clippers

Danny Ferry ne veux pas jouer pour les Clippers, ce qui fut un problème : il est alors considéré comme l’un des meilleurs prospects de la draft 1989, pour laquelle les Clippers ont le second choix. Ferry, un talentueux ailier de 2m02 vient juste de terminer son année de senior à Duke, où il a gagné le trophée de joueur de l’année. Il a aussi été nommé à deux reprises joueur de l’année de la Conférence Atlantic Coast et était alors le seul joueur de l’histoire de la conférence ACC a finir sa carrière avec plus de 2000 points, 1000 rebonds et 500 passes décisives.

Il a de nombreuses raisons de ne pas vouloir aller chez les Clippers : il est au courant des dysfonctionnements de la franchise grâce a son père Bob Ferry, ancien joueur NBA et alors General Manager des Washington Bullets. Danny sait tout des difficultés que les rookies des Clippers endurent lors de la négociation de leur contrat, des saisons à 50 ou 60 défaites et le sentiment général d’instabilité et de moral en berne qui colle à la peau de la franchise comme une mauvaise odeur.

Avant la draft, Bob décide de voir si il ne peut pas aider son fils à sortir de cette situation. Il contact David Falk, agent qu’il connait bien, pour voir si ce dernier ne peut pas dissuader les Clippers de drafter Danny. Falk appelle alors Donald Sterling et lui dit sans détour que Danny ne veut pas jouer pour les Clippers. L’imperturbable Sterling dit alors à Falk qu’une fois que Ferry aura visité Los Angeles et vu la magnifique vue du balcon de son bureau, il changera d’avis.

A l’approche de la draft, Danny Ferry est comme un homme à une soirée qui ne peut profiter car une femme peu attirante le fixe au loin. Ferry a déjà déclaré qu’il trouve injuste que les joueurs n’aient pas leur mot à dire sur où ils veulent démarrer leur carrière, comparant la draft NBA à un système non-américain.

Malgrès ses craintes, il se rend le jour de la draft au Madison Square Garden, confiant qu’il ne sera pas sélectionné par les Clippers. En plus de l’appel de Falk, il pense que le besoin des Clippers est ailleurs. Si il y a bien une position où ils sont chargé, c’est au poste d’Ailier-fort, celle de Ferry. Avec Manning et Charles Smith, les Clippers ont déjà deux futurs All-Star au même poste. Et avec Ken Norman, le meilleur joueur de la saison passé au poste trois, il ne pourrait pas avoir de minutes non plus en tant qu’ailier.

Sacramento démarre la draft en sélectionnant Pervis Ellison. Quelques minutes plus tard, Danny Ferry entend David Stern prononcer la phrase : « avec le second choix de la draft 1989, les Los Angeles Clippers choisissent Danny Ferry de Duke. »

Les Clippers

Danny Ferry va être coincé a jouer chez les Clippers, l’équivalent basketballistique d’être dans le couloir de la mort…

Les 2000 personnes présentes à la Sport Arena de Los Angeles accueillent la draft par des sifflets. Bien qu’il partage ce sentiment, il fait attention à ne pas faire de vague après la draft. Il dira juste être « un peu surpris » par la sélection. Dans les semaines qui suivent, il apparaît évident que Ferry était plus que simplement surpris :

Il avait un plan pour s’échapper.

LES AUTEURS

« The Curse » est le premier et seul livre à ce jour de Mick Minas, Australien né à Melbourne, fan de basket-ball et plus particulièrement des Clippers. La préface est écrite par Jim Lynam, ancien joueur et entraîneur, et premier coach des Clippers après le déménagement de San Diego à Los Angeles.

L’AVIS DE BASKET RETRO

Si vous êtes fans des Clippers, ce livre est une bonne thérapie pour comprendre l’histoire de la franchise et de ses souffrances. Pour les fans de NBA, l’ouvrage de Minas arrive presque à donner un côté attachant aux Clippers et explique parfaitement pourquoi cette ADN de loser colle à la peau de la seconde franchise de Los Angeles.

C’est en tout cas un livre ultra-complet, qui se lit très facilement et avec un niveau de détail rarement vu. Depuis sa parution, des nouveaux chapitres pourraient être ajoutés (notamment les playoffs 2020 dans la bulle). La saison 2021 sera peut-être celle du titre pour les Clippers (après tout, Cleveland a bien eu son titre en 2016) : elle sera sinon probablement celle d’une nouvelle déconvenue pour les Clippers, qui ne sont plus à cela près…

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Twitter : @junkyardswan

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