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Le coin lecture #1 : The Book of Basketball de Bill Simmons. S’il ne devait en rester qu’un … (2009)

Lecture

Illustration Une : Adrien PMMP pour Basket Rétro

Tous les 15 jours, Basket Rétro vous ouvre les portes de sa bibliothèque pour vous faire découvrir un ouvrage sur l’histoire de la NBA. Cette semaine, « The Book of Basketball » de Bill Simmons, paru en 2009 (et complété en 2011)

LE LIVRE

En 2009, après une longue attente, Bill Simmons publie son ouvrage le plus complet : « The Book of Basketball: The NBA According to the Sports Guy »

Issu d’un travail de plus de trois ans, ce livre de 627 pages retrace l’histoire de la NBA, depuis sa création, avec un œil d’expert et une touche d’humour qui caractérise son auteur.

Après une introduction au concept de « The Secret », cette chose inexplicable qui fait qu’une équipe et qu’un joueur est grand, Simmons fait un retour sur les différentes époques de la NBA : le lancement de la ligue en 1946, jusqu’au sacre des Lakers en 2009, en passant par les années Mikan, la domination des Celtics des années 60’s, la période sombre post ABA, la renaissance avec l’arrivée de Larry Bird et Magic Johnson ou l’explosion de la ligue grâce à Michael Jordan.

Dans le chapitre « the What-if game », Simmons revient sur les décisions qui ont changé l’histoire de la NBA en essayant d’imaginer ce qui se serait passé si l’histoire avait été autrement : Par exemple, que ce serait-il passé si Chris Webber et Penny Hardaway n’avait pas été échangé le jour de la draft ? Que ce serait-il passé si Memphis au lieu de Cleveland avait eu le 1st pick de la draft 2003 ? Que ce serait-il passé si Len Bias n’avait pas succombé à une overdose le lendemain de la draft 1986 ? Et si les Houston Rockets de 1986 n’avaient pas explosé en plein vol ?

Enfin, un tiers du livre est consacré à la « Hall of Fame Pyramid », ce classement des 96 meilleurs joueurs de l’histoire à partir de critères bien précis. De Tom Chambers à Michael Jordan en passant par Pete Maravich ou Willis Reed, Simmons argumente chacun de ses choix en les rangeant dans 5 catégories. A l’heure où les débats sur les classements All-Time sont quotidiens sur les réseaux sociaux, l’ouvrage de Simmons fait office de référence sur plusieurs points : d’abord parce qu’il propose une argumentation documentée : celle-ci n’est pas que basée sur des lignes de stats ou des vidéos YouTube, mais surtout sur des analyses, ouvrages, articles et témoignages de personnes qui ont véritablement vécus les périodes concernées. La comparaison Bill Russel – Wilt Chamberlain est un modèle du genre et devrait être lu avant que toute personne ne se lance dans la construction de son classement All-Time. Il poursuit par un classement de meilleures équipes de tous les temps. Qui des Celtics de 1987, des Bulls de 1996, des Lakers de 1972 sont les plus grands ?

Au-delà des innombrables anecdotes rares sur la NBA, l’humour de Simmons rend l’ouvrage encore plus plaisant : lui, le fan absolu des Celtics ne manque pas une occasion pour se moquer de Kareem Abdul-Jabbar ou Vince Carter (ses cibles préférées) ou encore de la tenue épouvantable de Rick Barry dans les années 70. Les nombreuses notes en bas de page rajoutent le côté décalé à cet ouvrage et Simmons se prend parfois au jeu de créer des équipes « originales » selon certains critères.

Fin 2019, Bill Simmons sort une suite au Book of Basketball. Le Part 2, uniquement au format Podcast a déjà trois saisons au compteur : Positionnement de joueurs actuels dans la pyramide, re-draft de 1996 à 2010 ou retour sur les plus grandes rencontres de l’histoire, une mine d’or pour les fans d’histoire de la NBA.

EXTRAIT

Sur l’équipe All-Time des joueurs blancs qui auraient pu être noirs :

Titulaires : Dave Cowens,  [Tom] Chambers, [Billy] Cunningham, [Paul] Westphal et Jason Williams, ou comme j’aime les baptiser, les frères honorifiques. Vous savez ce qui est excitant avec ce groupe autre que le manque total du complexe de l’homme blanc : ils auraient fait un 5 de départ excellent ! Qu’il y aurait eu de plus fun que de regarder le « White Chocolate » lancer les contre-attaques avec Cunningham et Chambers sur les ailes ou Westphal et Cowens poser des écrans hauts dans le money time ?

Sixième homme : Bobby Jones – l’un des joueurs les plus déroutant de l’histoire de la NBA – un maigrichon, diabétique non assumé qui jouait au dessus du cercle plus que n’importe quel autre joueur, noir ou blanc. A part Big Shot Rob [Robert Horry], aucun autre ailier maîtrisait mieux le « couvrir le terrain, protéger le cercle, défendre le scoreur adverse, se battre sur tous les rebonds et tout donner sur le terrain » que Bobby Jones. Même son nom laisse penser qu’il est noir

Banc : Dan Majerle, Brent Barry, Bobby Sura, Raef LaFrentz (avant sa blessure au genou), Andrei Kirilenko et Chris Andersen. Un mélange détonant pour une équipe moderne même si ils encaisseraient probablement 125 points par rencontre.

Coach : Doug Collins, qui aurait pu prendre la place de titulaire de Paul Westphal s’il était resté en bonne santé en tant que joueur NBA.

Petit extrait de la présentation de Tom Heinsohn, classé 57 dans la pyramide.

 « Les vieilles histoires de Heinsohn sont très drôles – tu ne peux qu’aimer l’époque où les cigares explosifs et les lacets fait entre eux étaient des vrais bonne blagues. Tommy semble être le genre de personne qui pouvait rentrer dans votre chambre d’hôtel, pour couler un horrible bronze, ne pas tirer la chasse et le laisser mariner pendant 10 heures dans votre chambre jusqu’à ce que vous rentriez et vous évanouissiez »

 Ou encore celle de Jason Kidd:

 « A chaque fois que je regarde Kidd jouer, c’est comme voir rentrer une fille canon dans un bar, mais, lorsque Kidd lance une de ces briques, c’est comme si la fille canon enlevait sa veste et laisser apparaître des piqures de moustiques en guise de poitrine »

L’AUTEUR

Bill Simmons est l’un des journalistes sportifs les plus célèbre aux Etats-Unis.  Auto-proclamé « SportsGuy », il est élevé au basket dès le biberon : son père fan des Celtics l’emmène au Boston Garden dès l’age de 4 ans. A 6 ans, il assiste au plus grand match de l’histoire de la NBA, le fameux Match 6 de la finale NBA entre les Celtics et les Suns qui se termine après trois prolongations (endormi sur les genoux de son père, il ne voit pas Garfield Heard égaliser lors de la seconde prolongation).

Il se fait remarquer fin des années 90s avec son premier blog BostonSportsGuy.com dans lequel il parle avec légèreté et humour des péripéties des équipes sportives du Massachussets. Il est repéré par ESPN en 2001 qui l’engage pour écrire des colonnes sur tout les sports. Il intègre en parallèle l’équipe du Jimmy Kimmel Live ! pour écrire des sketchs. Il devient alors la référence des columnists américains : « Page 2 », son blog dédié sur le site d’ESPN devient l’une des pages les plus visitées du site.

Il lance en parallèle différents projets, un livre (« Now I can Die in Peace » en 2006 sur le titre MLB des Red Soxs en 2004), un podcast (the BS Report, l’un des premier à exploiter ce format), des documentaires (il est à l’origine de la série de 30 for 30) et même son propre site web (Grantland en 2011 ).

En 2014, le torchon brûle entre ESPN et Simmons suite à des nombreuses critiques sur la gestion de Roger Goddell, commissionnaire NFL, au sujet des violences domestiques de certains joueurs. Suspendu, puis renvoyé par ESPN, il créé sa propre plateforme en 2016, The Ringer, et publie 2 à 3 podcast par semaine (« The Bill Simmons Podcast »).

L’AVIS DE BASKET RETRO

Ce n’est pas une surprise que cet ouvrage soit le premier présenté de cette rubrique. Il reste, 12 ans après sa publication, la référence pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de la NBA. A l’heure où beaucoup de personnes donnent leur avis sur l’histoire de la NBA et la réécrivent à leur façon, cet ouvrage essentiel remet l’église au centre du village et met l’accent sur l’importance de prendre en compte les écrits et les avis de ceux qui ont vécu les différentes époques. Chose rare également de nos jours, il offre une analyse de l’histoire NBA basée sur autre chose que les statistiques ou les highlights.

A lire… absolument.

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About Jay Swan (64 Articles)
Twitter : @junkyardswan

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