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ITW Franck Butter : S’il y avait eu une sélection des plus gros « déconneurs », j’aurais fait partie du cinq !

Interview

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Franck Butter, champion d’Europe avec Limoges en 1993 et ancien international français, revient avec une bonne dose d’humour sur sa longue carrière remplie de titres, d’expériences humaines, de blessures, mais aussi de retours au premier plan.

Basket retro : Comment s’est déroulée votre première rencontre avec la balle orange ?

Franck Butter : J’ai vraiment toujours eu du bol dans le sens où déjà au lycée je n’avais pas le droit de faire de sport parce que je grandissais trop vite et du coup, j’ai été exempté de sport. J’étais tellement fatigué parce que je grandissais énormément, quatorze centimètres par an, donc du coup le médecin m’interdit de faire du sport. Je suis originaire des environs de Fontainebleau, j’avais un pote qui jouait au basket et donc je suis allé voir un match, puis je suis allé au resto avec eux. C’était bien, une manière de couper le cordon ombilical, j’étais le petit dernier d’une famille de trois enfants. Résultat des courses : on vient me chercher à dix-huit ans, on n’arrêtait pas de me solliciter puis le médecin a dit de me laisser un petit peu jouer. Je joue donc dans un club à Cannes-Écluse (77).

BR : Tout a dû aller très vite, vu que vous avez débuté sur le tard ?

FB : On faisait de temps en temps des matchs contre la Police de Paris dont l’école était située à Cannes Écluses, et c’est venu aux oreilles de Pierre Dao qui lui à l’époque était entraîneur du bataillon de Joinville. J’ai un CAP d’employé de bureau, comme j’étais fatigué à cause de la croissance, je ne pouvais pas rester longtemps debout donc ils m’ont orienté vers un CAP d’employé de bureau. Donc je travaillais à la chaîne à l’usine. Finalement, je n’ai trouvé aucun travail dans ce secteur, je pars en tant qu’intérimaire. Puis je reçois un coup de fil de la secrétaire de Pierre Dao me demandant de me rendre à l’entrainement du jeudi. Je pensais que c’était mes potes qui m’avaient fait une blague vu que pour moi c’est un grand ponte du basket, je ne dis rien à ma mère.

La secrétaire de Pierre Dao me demandant de me rendre à l’entrainement du jeudi. Je pensais que c’était mes potes qui m’avaient fait une blague.

BR : Effectivement vous avez de la chance, rencontrer directement Pierre Dao. Comment se déroule l’intégration au Bataillon ?

FB : J’y vais aller voir le jeudi après mon entrainement, Pierre Dao m’appelle le lendemain, je l’écoute, impressionné. Il faut savoir que j’ai été exempté du service militaire pour deux cm et j’avais plus de dix-huit ans, le bataillon était réservé aux futurs pros, ce qui n’était pas mon cas à l’époque. Je fais un premier entrainement, il y avait des gars de 2m14, 2m18, c’est la première fois que je me trouvais avec des gens qui était plus grand que moi. On avait la même passion mais je n’avais qu’à peine un an de basket dans les mains. Pierre Dao me dit, et ça m’a toujours marqué, que pour un grand je cours bien, j’ai de bonnes mains, qu’en s’accrochant on pourrait faire quelque chose. Je rentre, je dis ça à mes parents qui prenne ça à la légère.

BR : Vous vous retrouvez à Limoges assez rapidement pourtant ?

FB : Effectivement, Pierre Dao revient à la charge en disant qu’ils créent un centre de formation à Limoges et ils ont besoin de jeunes à former et qu’il veut que je vienne. Donc moi je signe à Limoges. Il est venu chez mes parents, au septième étage d’un immeuble, leur dire qu’il veut me récupérer et que, pour qu’ils ne soient pas inquiets, il les invite trois jours à Limoges pour rencontrer les dirigeants, découvrir les installations et le Palais de Sports. Ils ont été accueillis et ça les a rassurés.

BR : Donc vous intégrez le centre de formation du CSP.

FB : Pas encore, tout le monde est content pour moi, au travail aussi. Limoges commence à gagner, ils venaient de gagner la Coupe Korac, c’est une grosse équipe. Les journaux sortent que je vais intégrer le centre de formation, mais nous n’avions pas encore donné notre accord mes parents et moi. Donc mon entourage me conseille d’accepter, que c’est la chance de ma vie, j’accepte. Donc j’arrive au centre de formation, c’est Fabien Texier qui est le coach et je rencontre Olivier Garry, Hugues Occansey, Jean-Manuel Sousa et d’autres, on avait vraiment une super équipe.

Mon entourage me conseille d’accepter, que c’est la chance de ma vie, j’accepte.

BR : Vous deviez avoir un décalage physique et technique avec des joueurs qui sont en club depuis de nombreuses années ? Vous continuez à travailler en parallèle ?

FB : Je venais d’excellence départementale et j’avais moins d’un an de basket, donc oui. Je suis passé de 2 entraînements par semaine à 3 entraînements par jour. En plus, Pierre Dao ne voulait pas que je reste inactif donc pendant mes créneaux de libre je travaillais comme livreur d’électroménager pour André Sardain, dirigeant au CSP.

BR : De la musculation en sorte. Vous avez dû garder quelques anecdotes ?

FB : Oui, surtout quand je suis revenu au CSP en 1990, des gens venaient me voir pour me dire que je leur avais livré leur machine à laver, et me demander si je me souvenais d’eux. Mais c’était une bonne idée car ça m’empêchait d’attraper la grosse tête. Les basketteurs sont énormément sollicités, on est le seul sport professionnel de la ville. Un engouement énorme et je me retrouve à jouer avec ceux que j’avais en poster dans ma chambre : Apollo Faye, Ed Murphy, Richard Dacoury entre autres. C’était extraordinaire.

Je me retrouve à jouer avec ceux que j’avais en poster dans ma chambre.

BR : Et vous êtes champion de France dès la première année.

FB : J’arrive et je suis champion de France, oui. Mais ça met une grosse pression. A cette époque il y a peu de joueurs de 2m10 et puis, comme je le disais, je suis venu au basket que très tard avec tout ce que cela induit comme travail à fournir en plus. J’ai donc essayé de compenser autrement et c’est ce qui expliquera que, par exemple, si l’attaquant m’emmenait que sur la gauche, il passait, je devais donc le maintenir sur la droite, je ne sautais que sur une jambe. Je compensais par ma capacité à m’intégrer facilement dans un groupe et de jouer pour les autres. C’est ça l’avantage d’un sport collectif, même si tu n’es pas fort, tu fais partie d’une chaîne, tu peux toujours apporter un truc en plus comme défendre et prendre des rebonds. C’est pour cela que j’ai toujours été un joueur de devoir même si dans les clubs que j’ai choisi il n’y avait pas de cinq majeur, ou je devais être rentable sur quinze minutes, je ne le pouvais pas sur quarante.

Je devais être rentable sur quinze minutes, je ne le pouvais pas sur quarante.

BR : C’est la beauté du basket, on ne peut pas gagner avec cinq Richard Dacoury ni avec cinq Franck Butter, c’est un équilibre. Vous ne restez pas longtemps à Limoges.

FR : Voilà, c’est pour cela que j’ai pu m’adapter et facilement dans mes différents clubs. J’avais signé un contrat de 2 ans, et à la fin du contrat, ma situation n’était pas claire. Je rencontre à ce moment-là Didier Rose qui se lance comme agent de joueur. Xavier Popelier ne voulait pas que je parte mais moi si, et il ne signe pas ma lettre de sortie. Donc, de colère, je suis parti chez l’ennemi intime Orthez. Je n’ai reçu ma lettre de sortie même pas une semaine avant le début du championnat.

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BR : C’est comme cela que débute votre aventure à Orthez, autre grosse écurie de l’époque ?

FB : Oui. Elle débute réellement le 21 septembre à Monaco, je joue le match d’ouverture et il s’avère que j’atterri sur le pied, je me fais une entorse de la cheville. Je suis resté deux à trois mois en arrêt. Je faisais beaucoup de soins. Ça a été une période difficile pour moi. J’arrive dans un nouveau club, on commence à parler de moi.

BR : Difficile à quel point ?

FB : Par exemple il a fallu que mon agent m’appelle pour que j’aille chercher mon salaire.

BR : Aller chercher votre salaire ?

FB : Oui, le trésorier du club était propriétaire d’un magasin d’habillement et on devait se déplacer pour signer le registre et recevoir son chèque. Comme j’étais blessé j’estimais ne pas mériter de salaire.

Comme j’étais blessé j’estimais ne pas mériter de salaire.

BR : Comment se déroule votre retour à l’entraînement ?

FB : Suite au feu vert des médecins je reprends, pendant deux mois et sans parler de mes douleurs, et Pierre Seillant, le président, me convoque et que ça ne va pas, le club n’est pas content de mes performances. Et là je lui explique que j’ai mal à la cheville, que j’ai l’impression de finir les entretiens comme Josiane Balasko dans les bronzés avec des chaussures de ski accrochées aux pieds. J’ai souhaité avoir l’avis d’un spécialiste et s’il n’y a rien, je suis un mauvais et on s’arrange sinon on se range à l’avis du spécialiste s’il décèle quelque chose. Je me rends donc chez le professeur Saillant à Paris, et il me dit que mes ligaments sont foutus, ce qui n’avait pas été identifié par les premiers médecins. Donc je suis opéré pour une ligamentoplastie. Je ne joue pas la première année pour me remettre et la seconde je suis barré par Tom Scheffler, Orthez joue la coupe d’Europe. Je me retrouve à très très peu jouer.

BR : Vous gagnez deux titres avec cette équipe d’Orthez.

FB : Oui mais je n’ai pas vraiment apporté, j’ai été blessé pendant presque toute cette période. Mais c’est vrai qu’en quatre ans, en ajoutant les titres espoirs, j’avais déjà sept titres. C’est surtout mon avenir qui m’inquiétait.

BR : Je souhaitais revenir sur un point que vous avez soulevé quand vous avez précisé qu’on commençait à parler de vous. Vous aimiez être dans la lumière ?

FR : Étant un des seuls grands du championnat, qui courrait bien, bonne détente, début en Équipe de France, ça vous tombe sur le coin du nez. Si j’avais été dans un petit club on aurait peut-être moins parlé de moi mais je venais de jouer pour Limoges et j’étais intérieur à Orthez. Il faut aussi faire attention car si on se met dans la lumière il faut aussi assumer et assurer, et moi je venais d’être blessé, donc mal placé pour fanfaronner. D’autant que dans ces équipes il y avait les frères Beugnot, Apollo Faye, Georges Vestris, Richard Dacoury entre autres, des joueurs majeurs à l’époque.

BR : Vous avez beaucoup appris avec ces joueurs ?

FB :  Je me mettais sur le coin de la table et j’écoutais, j’apprenais. Mais on riait aussi beaucoup, il y avait aussi Philip Szanyiel, un expert dans le domaine. C’est sûrement là aussi que j’ai appris à « déconner », ce qui m’a suivi toute ma carrière. Je savais que j’avais une chance énorme d’être avec eux.

Je me mettais sur le coin de la table et j’écoutais, j’apprenais. Mais on riait aussi beaucoup.

BR : Comment se termine l’aventure avec Orthez ?

FB : C’est important de préciser que je n’étais pas seul dans ma carrière, il y avait aussi mon agent Didier Rose. Il me dit que Nantes, une bonne équipe avec le coach Jean-Paul Rebatet, souhaite me signer ainsi que Caen. Je réfléchis comme le jeune que j’étais à l’époque et je me dis que Nantes c’est une grande ville sympa, c’est près de la mer et je doublais mon salaire. A Caen l’augmentation était minime mais le temps de jeu conséquent. Je n’ai presque pas joué depuis deux ans, si je ne joue pas cette saison, on va me perdre. Mon agent me conseille de « bouffer » du jeu et que Caen est la meilleure solution pour moi. Je rencontre le président Daniel-Charles Badache, le coach Ðorđe Andrijašević me confirme que j’aurai du temps de jeu. Les joueurs majeurs de l’époque étaient Laurent Verschueren, Abdou N’Diaye, Eric Fleury. Et Fred Forte qui débute à seize ans, il arrivait à l’entrainement avec sa mobylette.

BR : Est-ce que vous et l’équipe performez ?

FB : On finit septième du Championnat, en plus on bat Orthez chez eux, on bat Paris à Coubertin et on empêche Dubuisson de battre le record de points marqués. On fait une super saison. J’avais signé deux ans mais à la fin de la première saison, le club a des problèmes financiers, ils nous vendent Fred Forte et moi. Je me retrouve sur le marché avec une solide saison à plus de trente minutes derrière moi, équipe de France, et je signe à Mulhouse, je quitte l’ouest pour l’est.

©FCMB

BR : Quel était le niveau et les objectifs de cette équipe ?

FB : C’était les débuts de cette équipe de Mulhouse, avec Aimé Toupane, Curtis Kitchen, Philip Szanyiel, Ron Davis. On gagne le Tournoi des As au Mans, à la Rotonde, contre Cholet où débutais Antoine Rigaudeau. On les écrase d’un point. On va jusqu’en demi-finale du Championnat de France, on perd contre Limoges, bien sûr. Je fais deux bonnes saisons et ça m’ouvre complètement les portes de l’équipe de France. Nous étions coachés par Jean-Luc Monschau. Mon temps de jeu diminue donc, vu la concurrence.

BR : C’était aussi une autre époque pour le basket français ?

FB : Oui, tout tournait beaucoup autour des deux américains, Kitchen et Davis. Il y avait peu de rotations et moi j’avais deux forts intérieurs sur mon poste. Je ne pouvais pas demander à jouer quarante minutes par match mais j’ai découvert un autre niveau. Je me suis rendu compte à Mulhouse que j’étais plus rentable sur des temps de jeu plus courts. Il faut aussi dire que je n’avais que cinq ans de basket derrière moi. J’ai relevé des choses pas très logiques par rapport aux américains mais je ne dis rien.

Je n’avais que cinq ans de basket derrière moi.

BR : Les pivots sont longs à atteindre leur prime.

FB : Oui et je ne suis pas du genre à me mettre en avant, j’essaie de faire mon travail le mieux possible avec mon peu d’expérience. Je ne me connais pas autant qu’un joueur qui a débuté à douze ans, je n’avais pas la capacité, comme Hervé Dubuisson pouvait le faire, d’imposer des choses au club. Et comme j’ai toujours eu de la chance, je me mettais en retrait en attendant. Cette position m’allait très bien.

BR : Mulhouse fut la dernière étape avant le très haut niveau. Pourquoi retournez-vous à Limoges ?

FB : Limoges me fait un appel du pied, ma femme est limougeaude, j’aime Limoges et l’équipe tournait très bien. C’était la fin de l’ère Gomez qui allait être remplacé par Bill Sweek quand j’arrive en 1990, il y a encore de très grands joueurs comme Michael Brooks, Ken Dancy et Don Collins. Georges Vestris partait à Gravelines et ils avaient besoin de moi.

BR : Sur le papier vous aviez tout pour réussir. Comment cela débute ?

BF : Je me fais une rupture du tendon d’Achille le 15 août. Opération, quarante cinq jours de plâtre, rééducation et en janvier de l’année suivante je suis déplâtré. J’étais incapable de me mettre sur la pointe des pieds, pour décoller le talon je devais sauter. Je me suis fait opérer par un « vétérinaire » et je suis donc obligé de retourner voir le professeur Saillant pour entendre que mon tendon est à nouveau déchiré. Mon tendon était trop long, rupture partielle, de l’eau et de grosses adhérences. Pour résumer, c’était comme un gros saucisson.

BR : Vous avez toujours dit que vous avez fait votre carrière sur une jambe. Le tendon d’Achille est une conséquence de cela ou c’est le déclencheur ?

FB : Je ne sautais que sur la droite car je trainais mes problèmes à la jambe gauche depuis Orthez. Si vous regardez mes matchs, je saute toujours jambe gauche et à force de toujours solliciter la même jambe, ça « pète ». Surtout pour un grand gabarit. Je me refais opérer, ils sectionnent le tendon, remettent tout pour le mieux, plâtre à nouveau quarante cinq jours, la saison est donc fichue. Je dois beaucoup au professeur Saillant. Je rejoue pour la Finale 1991 que nous perdons à Orthez. Je n’avais pas d’appui, rien. Entre temps Bill Sweek part, plusieurs entraineurs se succèdent sans grand succès (Olivier Veyrat, Alexandre Gomelski) et la saison suivante démarre. Je passe mon été à m’entrainer avec Didier Dobbels, à l’époque assistant coach, pour rattraper le temps perdu. J’ai été Champion d’Europe en 1993, j’en suis très fier, mais je suis aussi particulièrement fier d’être revenu de mes différentes blessures, plus que certains titres. Dans des clubs qui parfois se cherchent, dans des conditions complexes, comme à Limoges, quand ça ne va pas tout est démultiplié.

©CSP Limoges

BR : Revenons sur l’époque Limoges, qu’a changé l’arrivée de Bozidar Maljkovic ?

FB : Le sorcier ! A son arrivée il a demandé les clés du club, tout décider. Les dirigeants ont dit oui, compte-tenu des problèmes pour trouver un bon coach. Et côte joueurs, nous avons découvert les entrainements à la yougoslave. Il n’en avait rien à faire d’avoir des appareils de musculation dernier cri, on se portait les uns les autres et on courrait. C’était la folie.

Je suis aussi particulièrement fier d’être revenu de mes différentes blessures.

BR : A-t-il aussi exigé de recruter certains joueurs ?

FB : Non dans la mesure où il est arrivé en cours de saison, il a fait avec ce qui était disponible. C’est ensuite qu’il a fait venir Michael Young et consorts. Il était aussi dur avec certains joueurs, vous avez peut-être vu des vidéos où il s’en prend à Richard Dacoury avec véhémence. Autre anecdote, lors des vingt ans du titre il y avait aussi une vidéo de l’époque, Boja demande qui est la forte tête du groupe, c’est Richard Dacoury qui est désigné. Boja le regarde et lui dit « tu es peut-être connu ici mais moi je ne te connais pas, ta réputation ne m’intéresse pas, tu joueras que si je juge que tu le mérites ».

BR : Ce sont des souvenirs qui marquent.

FB :  Oui, d’ailleurs pour les vingt ans du titre, sur le plateau de David Cozette j’ai évoqué le sujet avec Richard et je lui ai dit, pour la première fois, que j’admirais le fait que, compte-tenu de son expérience et son âge, il soit rentré dans le rang sans rien dire. Quand on le connait, jamais on n’aurait pu penser qu’il allait s’adapter. On savait qu’avec lui on pouvait aller loin, voire très loin.

BR : Il a aussi transformé son jeu sous l’ère Maljkovic, il est passé de fort attaquant à fort défenseur.

FB : Exactement. On avait aussi Jimmy Vérove comme chien fou en défense, on enchainait quatre ou cinq blocs dans la tête de nos adversaires pour libérer Michael Young. Boja partait du principe que si tu joues dur d’entrée, l’arbitre prend ça comme base et siffle moins. Donc le rythme et l’intensité ne devait pas baisser pendant la rencontre pour garder le même niveau de coups de sifflets. Ils sifflaient au début mais arrêtaient vite sinon on aurait fini le match à trois. Il nous a donné toutes les clés pour gagner.

BR : Et vous avez gagné le titre européen, entre autres. Il y a forcément eu des conséquences à cet investissement ?

FB : Jouer deux ans pour Boja c’est comme jouer six ans avec un autres entraîneur. Je me souviens de Willy Redden, qui n’était pas le genre de basketteur à courir dans tous les sens, on rigolait rien qu’en se regardant tellement c’était dur. C’était une magnifique expérience, au-delà du titre, il nous a appris à nous surpasser.

©CSP Limoges

BR : Comment se déroule la saison suivante ?

FB : je souhaitais partir après le titre mais comme j‘avais signé trois ans et que ma première saison fut blanche à cause de ma blessure au tendon d’Achille, les dirigeants m’ont demandé de rester une saison de plus. J’ai accepté mais je savais que repartir une saison complète avec Boja et le titre, ce serait dur. Et ça l’a été et pas que pour moi. C’est trop usant.

BR : Après cette dernière saison à Limoges vous changez de club. Pourquoi Montpellier ?

FR : Montpellier et Antibes me voulaient. J’avais toujours dit que jouerais dans le sud à l’approche de la retraite. Je voulais être dans mon basket sans trop de sollicitations. Je n’ai jamais voulu jouer à Paris, parfois vous mettez dix minutes pour aller à la salle, parfois une heure. Ce n’était pas bon pour moi. Le président Gérard Maurice fait venir Jean-Michel Sénégal pour entrainer mais ça n’a pas fonctionné, il est remplacé par Alain Weisz. On fait une bonne saison, on récupère aussi Dubuisson. Je reste trois ans.

BR : Comment se passent ces saisons ?

FB : La première était compliquée du fait de passer de Boja à un autre type de coaching et des attentes sur mon jeu qui ne me ressemblaient pas. Prendre dix rebonds, oui, mais marque vingt points, non. C’est aussi pour ça qu’ils ont fait venir des scoreurs par la suite comme Skeeter Henry ou Brad Sellers. Les deux suivantes se déroulent plutôt bien pour moi. Puis à la fin de mon contrat je me retrouve au chômage.

La première était compliquée du fait de passer de Boja à un autre type de coaching.

BR : Comment avez-vous géré cette période ?

FB : Je vais à Sablé, près du Mans, pour m’entrainer avec les autres joueurs sans contrat. Mon corps était exsangue mais pas ma tête. Lors d’un match contre Le Mans où je performe, le coach Alain Weisz me propose de signer au Mans. Et là, on s’aperçoit que je suis le sixième muté donc je ne peux pas jouer en championnat mais seulement en coupe d’Europe. Je fais une saison sur mon contrat de deux ans. Le club me paie ma seconde saison que je ne joue pas et j’arrête donc en 1999.

BR : Votre dernière équipe était bien fournie en talents, il y avait Makan Dioumassi avec qui vous aviez joué à Montpellier, Keith Jennings…

FB : Oui, il y avait aussi Torgeir Bryn, plein de bons joueurs. Le fait d’avoir été au chômage m’avait coupé les jambes, j’ai finalement fait une année de trop au Mans.

Le fait d’avoir été au chômage m’avait coupé les jambes, j’ai finalement fait une année de trop au Mans.

BR : C’est aussi votre corps qui dit stop d’une certaine manière ?

FB : Oui, j’avais aussi la blessure à la cheville contractée à Orthez qui ne me lâchait pas. C’était la cheville de l’autre jambe où je me suis fait le tendon. J’ai morflé, un moment donné on ne peut plus.

BR : Ce n’était pas dû aussi aux éventuelles séquelles de la bagarre avec Marcus Webb ?

FB : Ça c’est vraiment un truc que j’ai trouvé injuste. Pour remettre dans le contexte, bon, je n’étais pas un enfant de cœur, si on me cherchait, on me trouvait. Je me suis pris la tête avec différents joueurs comme Skeeter Jackson. L’histoire à Pau avec Marcus Webb, si vous regardez les images du match vous verrez que deux actions avant l’incident on se chauffe avec Marcus Webb, pas un enfant de cœur et en plus joueur de Pau (donc à domicile). Puis je lui prends un rebond sur la tête, il fait faute et les arbitres ne sifflent pas. Et sur l’action où l’incident arrive, on se chauffe un peu et Pat Durham m’attrape par derrière et me balance dans les gradins. Je me dis à ce moment-là, c’est bon, j’ai gagné, ils prennent une disqualifiante tous les deux. Mais lors du conseil de discipline ce sont Marcus Webb et moi qui sommes convoqués. J’apporte la cassette pour montrer les images et ils me demandent ce que j’ai à dire pour ma défense. Première chose, c’est Pat Durham le fautif, pas Marcus Webb et je leur explique que je n’ai pas répondu car je suis un joueur de l’équipe de France et je dois être exemplaire. La commission ne veut pas visionner les images, le compte-rendu des arbitres leur suffit. Ce qui ne me convient pas car je leur réponds que si l’arbitre avait tout vu et fait son travail de protéger les joueurs on n’en serait pas arrivé là.

BR : De quelle manière cela s’est-il finit ?

FB : je voudrais préciser que toute ma carrière j’ai été confronté à des américains sur mon poste, il y avait peu de grands français à l’époque. Cela me faisait rire que ces gars qui viennent en France ne sont rien dans leur pays et s’ils sont forts chez nous ils partent vite dans les grands championnats européens. Donc ceux qui restent en France, bon voilà. Je n’irai pas plus loin, je respecte les basketteurs. Résultat des courses 10 000 francs d’amende, cinq matchs avec sursis et Marcus Webb prend trois matchs avec sursis, tout ça pour devoir d’exemplarité en tant qu’international. Incompréhensible.

Résultat des courses 10 000 francs d’amende, cinq matchs avec sursis.

BR : De nombreux joueurs français partent à l’étranger, en Europe ou en NBA, pourquoi n’avez-vous pas sauté le pas ? 

FB : Vers la fin de ma carrière il y a eu l’arrêt Bosman qui a libéré le nombre de joueurs étrangers par club. On a donc récupéré de nombreux joueurs intra-communautaires, ce que, je trouve, un peu déloyal par rapport à la formation de nos jeunes. Étant contre, je ne me voyais pas, moi, aller jouer comme Bosman dans un club étranger. J’ai eu quelques touches en Belgique mais rien de réellement concret et mes enfants, mes deux filles, commençaient à avoir un âge où on a besoin de stabilité. Et aussi j’avais le problème de la langue, je ne parle que peu anglais, les quelques insultes nécessaires sur le terrain !

BR : Au cours de votre carrière quel est ou quels sont les joueurs qui vous ont particulièrement impressionnés ?

FB : Ils sont nombreux, par exemple, d’anciennes stars de NBA ou d’un niveau supérieur comme Don Collins ou Apollo Faye, un athlète exceptionnel. En remontant un peu, Dominique Wilkins lors de sa période grecque, Dino Meneghin de Milan, c’est vrai que maintenant ce sont plutôt les fils qui jouent. Conrad McRae de Pau, ou d’autres mais ils ne restaient pas longtemps dans notre championnat, ils partaient vers d’autres cieux plus rémunérateurs. Michael Young était un mec bien sûr et en dehors du terrain. Jamais un mot plus haut que l’autre. En finale contre Trévise, il a un faible pourcentage aux shoots en première mi-temps et Boja lui dit que ce n’est pas grave et qu’il doit continuer à shooter, que ça va rentrer. Et c’est ce qui est arrivé. J’aime beaucoup les américains humbles alors qu’ils sont très forts, j’en ai côtoyé beaucoup, je sais faire la part des choses. Je trouve ça beau. J’étais agacé par ceux qui se posaient en sauveur, moi je vois dans la durée, pas sur deux ou trois matchs, c’est là où on voit ceux qui sont vraiment forts.

©MSB

BR : Keith Jennings était de cette trempe des forts joueurs humbles ?

FB : Oui, j’ai même une anecdote. Quand j’étais au Mans, ma femme ne venait plus au match et elle restait à la maison. En parallèle, Keith Jennings n’avait pas de nounou pour sa fille, donc ma femme lui a proposé de s’en occuper. En fin de saison, il nous a offert une belle bouteille de Champagne et un pendentif en or avec un diamant en forme de terrain de basket. Un mec classe, même dans sa façon de jouer ça se sentait, un jeu propre, efficace.

Michael Young était un mec bien sûr et en dehors du terrain.

BR : A l’inverse, quels étaient les joueurs insupportables ?

FB : Il y en a eu bien sûr, je n’ai pas forcément retenu les noms, déjà que les bons ce n’a pas été évident. Pour résumer, je n’aimais pas les joueurs « sales ». On a déjà parlé de Marcus Webb et Pat Durham. Mais ce n’était pas du basket mais une baston. En plus d’être à Pau, ils n’avaient pas inventé l’eau chaude.

BR : Nous arrivons à votre carrière internationale, avez-vous des événements qui vous ont particulièrement marqués ?

FB : Déjà, je n’ai jamais pu faire de compétition majeure, j’étais à chaque fois blessé. C’est plus l’aventure humaine que je souhaite mettre en avant sur cette période que le basket. Apprendre à se connaître, même si on se côtoyait déjà en championnat. Je me suis rarement mal entendu avec quelqu’un, par exemple avec les joueurs de Pau on a appris à se connaître, comme avec Freddy Fauthoux, par exemple ou avec Antoine Rigaudeau, même si avec lui c’est compliqué de ne pas bien s’entendre de toute façon. Finalement, cette rivalité Pau/Limoges et les rivalités entre joueur c’était plus pour le folklore, pour vendre l’affiche. Ceux qui veulent entretenir ça aujourd’hui alors qu’ils n’ont pas connu les grandes heures, par exemple les duels Clarence Kea et Benkaly Kaba, c’était viril. Maintenant tout cela a presque disparu, c’est pour ça qu’entretenir cette rivalité me fait rire, la hache de guerre est enterrée si je puis dire..

BR : Arsène Ade Mensah nous avait confié que c’était compliqué de s’intégrer en Équipe de France, il y avait des groupes impénétrables. Ne se sentant pas admis, il ne s’est pas battu pour être dans le groupe France. Avez-vous vécu des expériences similaires ?

FB : A l’époque, enfin, je ne veux pas paraitre pour un vieux rabat joie.

©Equipe de France

BR : Vous savez ; le site s’appelle Basket Retro donc ce sont vos expériences passées qui nous intéressent en premier lieu.

FB : C’est vrai. Donc, quand je suis arrivé en équipe de France il y avait une vieille garde qui insufflait un esprit de rigolade, même si on gagnait peu de matchs. Freddy Hufnaguel, Philip Szanyiel, Franck Cazalon, par exemple. Qu’est-ce qu’on a pu rire ! On aurait été premier au classement du fendage de gueule. C’était énorme. La vie de groupe était devenue monotone, finalement, on s’entraine, on se repose, on dort. Il faut déconner. Puis il y a eu l’époque où les gars sont partis jouer à l’étranger, gagner plus d’argent, qu’on le veuille ou non, ça créée des décalages. Avec tout le respect que j’ai pour les gars en NBA, avec les joueurs de Pro A, ils ne sont plus sur la même longueur au bout d’un moment. Ça se ressent dans la vie de groupe et même sur le terrain.

BR : En parlant de NBA, quels souvenirs gardez-vous du match CSP Limoges contre Los Angeles Lakers lors du MacDonald’s open de 1991 ?

FB : On était comme des gamins super content. D’autant qu’on ne savait pas si Magic Johnson serait en tenue, finalement il a joué. Certains attendent noël pour les cadeaux, nous, on attendait ce match. Mais une chose m’a chagrinée, les deux équipes étaient dans le même hôtel, Kareem Abdul Jabbar était dans le hall et je vais à sa rencontre pour lui demander de signer un autographe. Deux costauds sont arrivés, il m’a fait un signe de la main pour me dire non, je me suis trouvé bête et déçu. C’est là où on se rend compte en tant que sportif de haut niveau ce que ça signifie pour un fan de lui refuser de signer un autographe. Quelque chose s’est cassé à ce moment-là.

il (Kareem Abdul Jabbar) m’a fait un signe de la main pour me dire non, je me suis trouvé bête et déçu.

BR : D’autant que Limoges a fait un bon match.

FB : Oui, on a mené au score environ une minute, 2-0. Ça reste un beau souvenir.

BR : Avez-vous d’autres souvenirs comme celui-ci à partager avec nos lecteurs ?

FB : Je me casse le bras en 1994, Michel Gomez était alors coach de l’équipe de France, et me dit qu’il veut que je vienne faire la préparation pour le Championnat d’Europe 1995 à Athènes. Je lui dis que je suis dans le plâtre et que je ne vais servir à rien. Il avait besoin de gars comme moi pour fédérer le groupe, mettre l’ambiance. J’y suis allé pendant un mois et demi pour y jouer mon rôle. Maintenant je comprends sa démarche. J’ai toujours eu l’habitude, même lorsque je ne jouais que très peu, d’encourager, de supporter mes coéquipiers. Un autre grand souvenir a été de jouer pour un grand entraineur comme Francis Jordane. Quelqu’un de foncièrement humain. Même si on a bien ri pendant ma période équipe de France, on n’a pas eu de bons résultats.

BR : Que vous a apporté l’équipe de France en tant que joueur de club ?

FB : Ce sont deux choses complètement différentes. En équipe de France on se retrouvait sur de courtes périodes, on était bichonné, parfois sans compétition dans la foulée. Ça nous permettait de s’entretenir. Le fonctionnement est différent, le standing est supérieur en équipe de France. Pour s’en rendre compte et avoir envie de rendre ce qu’on vous donné, on doit avoir ce type de traitement spécial par rapport aux clubs. Ce doit être encore plus le cas maintenant, j’imagine.

BR : Vous finissez votre carrière de joueur en 1999. Souhaitiez-vous rester dans le basket ? Comment avez-vous anticipé l’après carrière ?

FB : En 1999 j’ai dû faire nettoyer les calcifications d’une de mes chevilles, je ne pouvais plus l’utiliser. Normalement je devais intégrer le staff du CSP Limoges. Puis le club a explosé, j’ai donc dû changer mon fusil d’épaule et je me retrouve seul. Ce n’était pas prévu. Un pote professeur à l’AFPA me propose de faire une formation de délégué commercial. J’ai obtenu mon diplôme et j’ai travaillé comme vendeur d’espaces publicitaires dans un journal de petites annonces. C’était intéressant. Ça m’a permis de revoir des gens du basket, de ne pas me faire oublier, ils m’ont fait travailler. Au bout de deux ans j’avais fait le tour, je voulais faire autre chose.

J’ai donc dû changer mon fusil d’épaule et je me retrouve seul.

BR : Dans le basket ?

FB : Non mais un ancien sponsor du CSP a ouvert une franchise de restauration rapide et il cherchait un directeur. Je lui ai dit que je ne connaissais pas ce métier mais qu’avec une période d’essai on pourrait voir si on continue. J’y suis depuis 2004. Mais entre-temps, après mon opération de la cheville les calcifications ont repoussé, j’ai eu des soucis d’arthrose, je ne pouvais presque plus marcher. Comme j’étais trop jeune pour avoir une arthrodèse. J’ai pu faire cette opération en 2010. En 2014, je monte un escalier et je ressens une douleur au tendon d’Achille, je file aux Urgences et on me diagnostique deux déchirures de cinq et sept cm. Suivent une phlébite et une double embolie pulmonaire. J’ai failli y rester. En 2017, les médecins m’ont bloqué trois orteils. Je suis maintenant travailleur handicapé. Disons que j’ai le parking gratuit donc c’est bien. Il faut le prendre comme ça. Il y a eu tellement de bons moments que si c’était à refaire, je referais tout quand même. En tant que sportif professionnel, quand on a été blessé, on finit dans ce type d’état.

BR : Maintenant quelques questions en vrac. Vos enfants ont repris le flambeau de sportif de haut niveau ?

FB : J’ai deux filles d’une trentaine d’années toute les deux, qui n’ont jamais fait de sport. J’ai aussi quatre petits-enfants, trois garçons et une fille. Pour vous dire, aujourd’hui, chez moi rien ne représente le basket. Tout est dans une malle. Ça me fait plaisir d’en reparler ponctuellement mais je suis passé à autre chose. Je n’avance pas en regardant dans le rétroviseur. C’est le problème quelque part, on est constamment en train de vous rappeler ça donc on vit avec même si ce n’est pas évident d’être soit Franck Butter basketteur, soit Franck Butter « classique ».

BR : Quel était votre surnom ?

FB : A Mulhouse on m’appelait Kloug (le gâteau du Père Noel est une ordure). Pas de portable, pas d’ordi, on regardait tous le même film dans le bus. Avec des gars comme Philip Szanyiel on a dû regarder dix fois le film en deux ans. Ça me rappelle une anecdote quand je jouais à Mulhouse et qu’on était en tournée à Orthez en présaison. J’avais trouvé un filon de foie gras et au lieu de donner une boîte pleine à Daniel Contessi, j’y ai mis du sable. Puis j’oublie et à Noël il l’ouvre et ça l’a mis dans une colère noire !

A Mulhouse on m’appelait Kloug.

BR : Avez-vous souvenir d’un cinq un peu fantaisie comme Vincent Masingue et le cinq des plus beaux gosses de ProA ?

FB : Non, mais s’il y avait eu une sélection des plus gros « déconneurs » j’aurais fait partie du cinq.

©Franck Butter

BR : Effectivement, vous auriez été titulaire au poste de pivot. Encore merci pour votre disponibilité, comme de coutume, nous vous laissons le dernier mot.

FB : J’ai passé quinze magnifiques années à rencontrer des gens extraordinaires. D’avoir pu vivre pareille expérience, même sachant qu’un jour ça allait s’arrêter et aux vues des conséquences. Ma fierté a été d’être toujours revenu à haut niveau et d’avoir su me fondre dans le moule partout où je suis passé. Surtout qu’à la base ce n’était pas prévu que je puisse faire du sport.

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