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La formidable épopée de l’A.S.P.O Tours en Coupe des coupes 1976

France

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

17 Mars 1976, Turin, Italie. Tours se retrouve en finale de Coupe d’Europe contre le club italien du Cinzano Milan. Cinquième minute de jeu, DeWitt « Slem » Menyard sort sur blessure, peut-être le tournant de cette finale. Tours est tendu, tous n’ont pas leur rendement habituel, s’énerve, la finale les fuit. Mais comment ont-ils fait pour en arriver là ?

Après la JAV Vichy, le Berck BC lors des années précédentes , L’ASPO Tours aussi, avait décidé de sortir le grand jeu lors de cette coupe des coupes 1976. Avant de revenir sur ce formidable parcours pour le club et pour la ville, revenons en un peu sur le début et la création du club.

LA CRÉATION 

En 1846, Tours était relié à Paris par voie ferrée, six ans plus tard, la compagnie d’Orléans (anciennement Comp. Leconte) absorbait les compagnies du Centre, d’Orléans à Bordeaux et de Tours à Nantes. Obligeant la nouvelle société à une extension du réseau, l’Etat jouait une bonne carte. Qui dit activités, dit emplois, l’entrée au XXé siècle, le développement industriels et commercial, prise de conscience humaine, c’est dans ce climat que vivait les cheminots en 1910.

Pour ceux qui aimaient les sports, les Jeux Olympiques de Stockholm 1912 arrive au bons moments dans cette période sombre, première Olympiades où les cinq continents sont réunis. Plus que le fait d’y rassembler 2540 athlètes, plus que les victoires Françaises, c’est une défaite qui sera le déclic : celle de Jean Bouin.

Les exploits font rêver, les défaites pleurer. Dans tout les ateliers on en parle. Mais les sportifs ne sauraient se contenter des ça, ils préfèrent les actes. (Extrait : ASPO Tours, 50 ans de basket, JL Forest). Et c’est ainsi que fut créée en 1913 l’Association Sportive Paris Orléans à Tours . À sa création, la section sportive pratique l’athlétisme, le cross-country et le football. Ce n’est qu’a partir de 1925 que le section basket voit le jour par l’intermédiaire d’Henri Bedu et René Patural. Suite à la création de la SNCF en 1938, lA.S.P.O Tours change d’appellation et prendra son nom définitif (Association Sportive de Préparation Olympique).

LES DÉBUTS DE L’A.S.P.O TOURS EN COMPÉTITION

Durant près de deux décennies (de 1932 à 1948), lA.S.P.O Tours va monopoliser les titres de champion de Touraine et d’Anjou-Orléanais, compétition regroupant les meilleurs clubs de la région. Lors de la saison 1948-1949, le club atteint la finale du Championnat Honneur (dénomination de la deuxième division à l’époque) battu par Championnet Sports. Malgré cette défaite, une page se tourne pour le basket tourangeau, Tours accède au Nationale, nouvelle appellation du Championnat de France de Basket-ball élite pour la saison 1949-50.

Pendant les deux décennies suivantes, l’A.S.P.O Tours végète en fond de classement et/ou rétrogradé (ce qui permet tout de fois de récolter deux titres de l’actuelle Pro B, lors des saison 1953-1954 et 1966-1967). À l’orée de la saison 1969-70, le club se professionnalise grâce au soutien de la ville et un recrutement judicieux (Dewitt »Slem »Menyard en 1969, Randle Bowen en 1972 et Ray Reynolds en 1974). Grâce à l’apport de ces Américains, les jeunes du club, les bons recrutements français, Jean – Michel Sénégal, Patrick Demars (transfuge de l’ASVEL LyonVilleurbanne), le club se maintient régulièrement dans le top 5 du championnat jusqu’à goûter au parfum de la Coupe d’Europe lors de la saison 1974-75 à la faveur d’une cinquième place acquise l’année précédente.

TOURS ET L’EUROPE

Pour sa première européenne, l’A.S.P.O dispute la Coupe Korac. Après avoir sorti le SL Bamberg (Allemagne), le club se retrouve en poule de quart de finale en compagnie des Belges d’Ostende du Partizan de Belgrade et de l’Innocenti Milan. Une défaite de trente points lors du match aller à Belgrade sera rédhibitoire pour la suite malgré une victoire écrasante contre l’Innocenti 82-65 devant un Palais des sports comble pour accueillir ce grand d’Europe. Cette première aventure européenne se termine dés la phase de poule mais à surtout montré que l’A.S.P.O était au niveau européen. Tours confirme son statut cette année là. Des victoires face à l’ASVEL, SCM Le Mans, Berck ou encore Antibes et une phase retour mené tambour battant permettent aux Tourangeaux de terminer à la deuxième place du championnat derrière l’ogre villeurbannais, synonyme de qualification en Coupe des coupes.

LE PARCOURS EN COUPE DESCOUPES

Exempt du premier tour suite aux bons résultats des clubs français ces dernières années, l’A.S.P.O Tours se retrouve directement qualifiée pour le second tour où il affronte le Partizan Tirana, club albanais sans véritable référence européenne hormis un huitième de finale de la Coupe des clubs champions en 1973-74 en ayant notamment éliminé le CSEPEL Budapest. Les Albanais ne posent effectivement pas de problème à Tours malgré une défaite assez surprenante à Tirana de trois points mais avec un différentiel de plus de vingt-deux points sur l’ensemble des deux matchs, la logique est respecté. Les Tourangeaux se retrouvent ainsi qualifiés pour la phase de poule en compagnie des Bulgares du CSKA Sofia, des Grecs de l’Olympiakos Athènes et des Yougoslaves du Rabotnicki Skopje (qui remplace l’Etoile Rouge de Belgrade, forfait pour la compétition).

Le « coupe-gorge de Skopje ».  Lors de cette phase de poule, le match aller contre les Yougoslaves donne le ton : opposition rugueuse, viril et arbitres partiaux. L’ASPO Tours l’emporte finalement de seize points mais on se rend vite compte côté Tourangeau que cela risque de ne pas être suffisant. Le match retour leur donne malheureusement raison. Les deux victoires acquises contre leurs autres adversaires de groupe amène donc Tours à jouer la première place contre Rabotnicki. Dans un climat délétère, entre crachats, jets de cigarettes et des officiels dépassés, l’ASPO Tours s’incline de dix-sept points (107-90) et termine deuxième de la poule en ayant le sentiment d’avoir été volé.  Réclamation du Président Guy Papineau auprès de la FIBA qui sera repoussé, ce qui fera dire le lendemain dans le journal L’Equipe dixit Pierre Tessier « Les vrais responsables de l’échec des Tourangeaux furent surtout les responsables de la table de marque. A ceux-là, le club Macédonien pourrait leur offrir un pont d’or ».

Dans l’autre poule, les qualifiés sont le Cinzano Milan et lEstudiantes Madrid qui grâce à sa victoire de trente-quatre points (106-72) rattrape son retard de vingt-cinq points du match aller (défaite 107-82). En terminant premier du groupe, les Espagnols se présentent face à l’ASPO Tours pour la demi-finale.

PHASE FINALE

Lors de la demi-finale aller au Palais des sports Robert Grenon, devant 5000 spectateurs en fusion, l’ASPO Tours récite son basket et étouffe les Madrilènes. Le trio magique (Bowen, Menyard, Reynolds) efficace, boucle la rencontre avec 86 points à eux trois, et offre une victoire aisée aux Tourangeaux 106-81. + 25, normalement marge suffisante pour s’éviter tout désagrément lors du match retour mais dans la petite salle du lycée Ramiro de Meaudzu, l’ASPO Tours joue à se faire peur. Que d’émotions pour l’ASPO, pourtant avec une première mi-temps globalement maîtrisé et posé avec un retard de huit points (34-42), rien ne présagé une deuxième mi-temps aussi laborieuse. 10-0 sous les phallanges de l’aîné des Sagi-Vella (Gonzalo), sur un nuage, plante 36 points et entretient l’espoir pour son équipe et Dewitt Menyard qui rate un panier … dans son propre camp . 27 points de retard, non ce n’est pas possible, alors, Pierre Dao se tourne vers Michel Bergeron (le sage), le sort du banc. Sonne la révolte, apporte calme et lucidité, rentre deux tirs décisifs. Les leaders de l’équipe retrouvent leur lucidité et vélocité et Tours garde quatre points de marge sur l’ensemble des deux matchs. L’ASPO a eu chaud et jouera bien la finale de la Coupe des coupes.

Cinzano Milan 1975-76

C’est donc dans le Piémont et plus précisément à Turin que l’ASPO va disputer sa première finale de Coupe d’Europe. L’ASPO Tours aurait souhaité comme adversaire le Rabotnicki Skopje pour laver l’affront de la phase de poule. Ce sera cependant en Italie et contre le Cinzano Milan que l’ASPO Tours va essayer de devenir le premier club français à gagner une coupe d’Europe. Dans un Palasport Parco Ruffini en fusion, les quelques 600 supporters Tourangeaux font grise mine, ils auraient espéré un soutien des Tifosis Turinois jouant la rivalités entre les deux villes, mais il en est rien et leurs chants et encouragements ne se font pas entendre. Le club milanais est un grand d’Europe, vainqueur de la Coupe des Champions en 1966, finaliste en 1967 et double vainqueur de la Coupe des coupes 1971 et 1972 mais l’ASPO les a battu l’année précédente et l’équipe n’a guère changé par rapport à la saison 1974-75. Malheureusement, ce soir-là à Turin, les étoiles ne sont pas alignées pour le club tourangeau. Dewitt Menyard se blesse au bout de cinq minutes pour ne revenir que diminué. LC Bowen se voit infliger 4 fautes au bout de 18 minutes, Brumatti et Sylvester sont dans un état de grâce, les officiels distillant les fautes souvent du mauvais côté, et pourtant, Tours jouant malgré tout son jeu ne possède que 4 points de retard à la mi-temps (34-38). L’ASPO Tours peut y croire,Bowen allait bien rentré ses tirs, Reynolds muselé Robbins. A 34-46 l’espoir redescend bien vite mais les Tourangeaux avec la colonie Française revient à 1 point 56-57, JM Sénégal obtient 2 lancers-francs, raté, adieu la coupe. Non, pas encore, l’ASPO reviendra à nouveau à 1 point du Cinzano Milan mais c’est le chant du cygne, panier refusé à Reynolds, deux lancers accordés Robbins qui creuse l’écart. Cette marge devient suffisante, il y’aura bien un retour à quatre points à 50 secondes de la fin mais la coupe des coupes a choisi son camp, défaite au goût amer 88-83. Tours ne deviendra pas le premier club français vainqueur d’une Coupe d’Europe, ah si seulement la finale avait lieu sur terrain neutre, peut-être que… mais avec des si.

Le trio magique de l’ASPO Tours (15- Menyard, 4- Reynolds, 14_-LC Bowen) en compagnie de l’Italien du Cinzano Milan (Pino Brumatti)

Malgré tout, le club tourangeau qui réalisera une saison exceptionnelle devient Champion de France 1976  avec seulement cinq défaites en comptant dans ses rang le meilleur marqueur (LC Bowen) et meilleur rebondeur (Ray Reynolds) du championnat.

La Nouvelle République (Mars 1976)

Source : ASPO Tours, 50 ans de basket (Jean louis Forest), la fabuleuse histoire du basket (Jean Raynal), L’année du Basket 1976 (Pierre Tissier, Noel Couedel), Crédit photo (Basket Magazine, La Nouvelle République).

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Fan de basket depuis plus de 30 ans, souhaite retracer l'histoire du Basket Tourangeau et de leur different exploit tout en racontant l'histoire du basket Français

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