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Jean-Pierre Galais : 16 ans, 1,68 m, international A

France

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

12 novembre 1965 : L’Equipe de France rencontre la Finlande à Coubertin. Joe Jaunay, le DTN, aligne ce jour-là Jean-Pierre Galais, un Normand en rupture avec les canons de la sélection : il n’a pas 17 ans, mesure 1,68 m et est totalement inconnu du public. Explications.

Le contexte tricolore, en cette fin d’année, est particulier : Bonato, Staelens, Leray, Lespinasse sont forfaits et voici que se présente une double rencontre contre l’équipe de Finlande à Dieppe puis à Paris.

Extrait de la revue Basket-Ball après sa sélection contre la Finlande

Si les piliers (Gilles, Degros, Longueville, Tassin, Schol, L. Dorigo et Durand) sont bien au rendez-vous, Jaunay entend également profiter de l’occasion pour tester quelques jeunes à potentiel. Parmi eux, Jean-Pierre Galais, un cadet (16 ans et 11 mois), petit (1,68 m), issu d’un club de Fédérale (niveau 3), l’Amicale Laïque Montivilliers. Sa carte de visite tient en une ligne : il a été, quelques mois plus tôt, le capitaine de l’équipe vainqueur de la Coupe de France des cadets sous le maillot du club formateur de la banlieue du Havre dirigé par André Collet, le père de Vincent.

Il a ainsi été repéré par les conseillers techniques et envoyé dans des stages nationaux. On le surnomme très vite « le deuxième Degros ». Vif, doté d’une belle vision du jeu, bien campé sur ses jambes, adroit, il présente des atouts peu communs pour un joueur si jeune qui n’a pas froid aux yeux.

LE PLUS JEUNE INTERNATIONAL FRANCAIS DE TOUS LES TEMPS

Jaunay le convoque au stage préparatoire pour cette double confrontation, officiellement comme remplaçant, mais envisage de l’aligner, non à Dieppe à côté de chez lui, mais le lendemain à Paris. D’autres jeunes sont sélectionnés pour la première fois : Claude Peter (Mulhouse et futur Manceau), Yvon Vergnot, Jacques Veyrier (ASPTT Limoges), Jean-Marie Oury (Bagnolet) et Gérard Guillin (ASP Paris).

C’est ainsi qu’en ce jour de novembre 1965, il devient le plus jeune international du basket français. « Ce fut une grande surprise. Je n’y ai pas trop cru au départ quand on m’a appelé, a-t-il déclaré des années plus tard. Car j’étais encore cadet. Joe Jaunay me convoque à un stage sénior, puis pour la double confrontation contre la Finlande. Cela s’est très bien passé. »

De fait, atteste la revue de la FFBB « Basket-Ball » du mois de décembre 1965 : « Galais fit une apparition de cinq minutes sur le terrain, le temps de montrer son jeu de passes. Mais ses partenaires furent bien souvent surpris par la rapidité avec laquelle le ballon leur parvenait. Durant les cinq minutes de son apparition, il fut le joueur le plus applaudi des deux équipes ».

Coubertin tombe sous le charme du numéro 4 bleu qui tire une fois au panier, sans marquer dans une équipe victorieuse (68-64). « J’avais un jeu d’instinct, confirme l’intéressé, et ça a surpris quelques personnes, notamment les grands qui ne s’attendaient pas à recevoir de telles passes. A cette époque, le basket commençait à être structuré et je n’aimais pas trop jouer dans une structure ! Je fonctionnais à l’instinct. Avec mon équipe, on ne se posait pas de questions, on jouait et on courait ».

En Italie avec l’équipe de France juniors, Jean-Pierre Galais est à droite.

En rentrant, il devient la star en Normandie : « Dans ma région, cela a été énorme. Il y a eu un article dans France-Soir avec une photo où l’on me voyait aux côtés de Michel Longueville (2,04m). J’avais deux ballons sur la tête et il avait la main sur le deuxième ballon pour montrer la différence de taille ». La semaine suivante, avec Montivilliers, il gagne le derby contre Le Havre en Fédérale (80-57) puis se qualifie en Coupe de France (4° tour) contre l’US Galeries Lafayette (117-52). Et avec lui, l’ALM termine deuxième de sa poule derrière l’US Pont l’Evêque.

CONTACTE PAR DENAIN, MAIS FIDELE A MONTIVILLIERS

Le jeune Galais est ensuite contacté par Denain, le champion de France, et Caen. Ses parents sont d’accord pour qu’il s’envole, mais il préfère rester à Montivilliers. « J’avais l’esprit clocher. J’ai peut-être eu tort. Mais je ne regrette pas ».

Même s’il y avait dans les années 70 des joueurs de petites tailles comme Jean-Louis Tornior (1, 64 m) à Joeuf ou René Zimmer (1, 70 m) à Graffenstaden, les cas étaient très rares. « Il y avait davantage de petits qu’aujourd’hui. De toute façon, je n’ai jamais été complexé. Je jouais mon basket, point. Ma taille ne m’a jamais gêné. C’est surtout mon jeune âge qui a marqué les esprits ».

Après cette sélection contre la Finlande, Jean-Pierre Galais n’est jamais revenu en Equipe de France, pas plus que trois de ses jeunes coéquipiers du double rendez-vous finlandais (Oury, Vernot et Guillin), à l’inverse de Peter qui fera une belle carrière. Il n’a pas été retenu le mois suivant pour la tournée aux Etats-Unis qui a vu les Tricolores jouer à Chicago, San Francisco, Denver et surtout au Madison Square Garden de New-York en lever de rideau du match entre les Knicks et Cincinatti (avec Oscar Robertson).

Et si son record de précocité a été battu neuf ans plus tard, par Hervé Dubuisson, entré en équipe de France à 16 ans et neuf mois en mai 1974, ils sont quelques -uns à n’avoir été appelés qu’à une seule reprise : Très exactement 43 sur les 469 joueurs officiellement recensés par la FFBB. Parmi eux, Marc Veaudor, le kiné de l’équipe de France, que Pierre Dao a aligné, en clin d’œil, lors d’une tournée au Bénin, le naturalisé Dwayne Scholten ou encore, en dernier lieu, la recrue de Boulazac, Benjamin Sène en 2016. Qui est au demeurant le seul de cette liste à être encore actif…

Jean-Pierre Galais dans les années 2010 @Maxi-Basket

Quant à Jean-Pierre Galais, il disputera des matches avec l’équipe de France juniors à Vitoria et Pampelune en février (deux revers), puis contre la Belgique en avril (deux succès) pour préparer le championnat d’Europe des juniors à Porto San Giorgio en Italie de l’été 66 en compagnie, notamment, de Claude Peter, Francis Flamme, Christian Petit, Francis Schneider, René Guérin. Avec des défaites contre l’Italie, la Yougoslavie et la Bulgarie mais une victoire contre la… Finlande. Puis disputera en 1968 le tournoi de Mannheim toujours avec les juniors (Alain Vincent, Robert Zuttion, Claude Gasnal, Jean-Marc Conter). « J’ai été élu meilleur joueur européen de ce tournoi ».

Il poursuivra sa carrière à l’ AL Montivilliers, avec une courte incursion à Dammarie-lès-Lys, puis à l’AL Aplamon-Havre, jouera en Nationale 2 sur le tard, arrêtera à 36 ans, deviendra éducateur sportif dans sa ville et le restera entre 1981 et 2012. Ses enfants lui organiseront un jubilé en 1999. Entre temps, il est devenu dirigeant puis même président de l’ALM jusqu’en 2019.

Source : Stéphanie Magouët/Maxi Basket.

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About Dominique WENDLING (32 Articles)
Ancien journaliste, joueur, entraîneur, dirigeant, président de club. Co-auteur, avec Jean-Claude Frey, de "Plus près des étoiles", le livre paru fin 2018 sur les 90 ans de la SIG Strasbourg.

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