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[A lire] « Derrick Rose – I’ll Show You » – Itinéraire d’un enfant de Chicago

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Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Découvrez la véritable histoire de Derrick Rose ! Une fois encore, Talent Sport nous propose un livre retraçant la carrière d’un personnage emblématique du monde du basket. Après Michael Jordan, Allen Iverson, Phil Jackson ou encore George Eddy, place à la biographie de l’enfant de Chicago…

« JE VAIS TE MONTRER »

Peu de joueurs ont autant marqué les esprits en NBA ces 15 dernières années que Derrick Rose. Certes, le meneur de jeu de 31 ans n’a pas remporté le titre suprême, ni même disputé les finales. Tout le monde sait par ailleurs que D-Rose a subi beaucoup de blessures et manqué de nombreuses rencontres.

Pourtant, douze ans après son arrivée dans la grande ligue, celui qui est désormais un vétéran dans l’effectif des Detroit Pistons fascine et inspire encore des millions de fans à travers le monde. Des fans qui peuvent se reconnaître en un homme ayant dû traverser des épreuves, se relever et prouver encore et toujours de quoi il était capable. C’est donc avant même la fin de sa carrière que Derrick Rose a décidé de raconter son histoire dans un livre, rédigé avec l’aide du célèbre journaliste Sam Smith, proche des Bulls depuis plusieurs décennies. Son titre ? « I Will Show You », que l’on peut traduire en Français par « Je vais te montrer… ».

A travers près de 230 pages et 14 chapitres, le meneur de jeu raconte son histoire sans tabou en s’adressant directement au lecteur, comme s’il était face à lui. Si le « you » anglais peut laisser place au doute, la version française a choisi d’employer « tu », démontrant bien l’esprit global de ce livre. Rose parle à cœur ouvert, et, si les événements phares sont évoqués de manière chronologique, il se permet de nombreux aller-retour tout au long de l’ouvrage. Cela pourra désorienter certains lecteurs, d’autant plus que les chapitres n’ont pas de titre. L’homme est conscient de tout ce qui lui est arrivé, tant ses exploits que ses échecs et ses erreurs. Il a deux objectifs : démonter qu’il est « plus qu’un basketteur », mais également faire en sorte que chacun soit conscient de sa combativité et des efforts faits année après année pour progresser, revenir de ses blessures et se réinventer.

L’ENFANT DE CHICAGO

Derrick Rose sous les couleurs de Simeon, établissement de Chicago. Crédit Photo : Chicago Tribune

Tout commence dans sa ville natale de Chicago, et plus précisément dans ses quartiers sud, qu’il n’a pas quittés avant l’adolescence. C’est là qu’il a découvert les joies de la balle orange, pour laquelle il était doué et qui lui permettait d’oublier les tracas d’une vie passée entre les règlements de compte de son entourage et des conditions matérielles précaires. Quand on naît dans le ghetto de Chicago, difficile d’avoir des rêves, même lorsque la mère de famille travaille d’arrache-pied pour nourrir les siens.

Le livre prend donc régulièrement un aspect social, présentant le contexte local, les obstacles et les peurs. Les cinéphiles auront parfois l’impression de découvrir un remake de Rocky, qui permet de comprendre que les défis les plus importants se déroulent en dehors des salles de sport. La famille Rose, elle, devait se battre contre les cafards au beau milieu de la nuit…

Le basket est l’un des rares moyens qui permet aux jeunes de Chicago de s’évader, d’abord, puis de s’élever, s’ils sont vraiment doués. Rose nous raconte ainsi les premiers moments forts de son parcours, face au rival du quartier puis au collège Simeon. Avec ce dernier, il remporta le championnat d’état en 2006 grâce à un « floater » dont il a le secret.

UNE ANNÉE A MEMPHIS

Le récit de la visite de John Calipari, chez sa mère, à Chicago, est l’un des moments les plus touchants. C’est le jour où il a compris que le monde entier n’était pas hostile aux jeunes Afro-Américains et l’on comprend vite pourquoi Derrick a opté pour l’université de Memphis en 2007. Rose n’y aura passé qu’un an, mais quelle année ! Il y revient donc régulièrement, de sa décision de rejoindre le Tennessee, duquel il ne connaissait rien, jusqu’à l’affaire de la triche à l’examen d’entrée, en passant bien sûr par la belle épopée en NCAA et à la finale perdue contre Kansas.

Comme il le répète à de nombreuses reprises, cette défaite est tout simplement la plus difficile de sa carrière à ses yeux, mais elle lui a permis de travailler un point précis de son jeu et d’en faire par la suite un véritable atout… Sur la saison, Memphis avait remporté 38 de ses 40 matchs et D-Rose tournait à près de 15 points et 5 passes décisives de moyenne. Lors de la finale du tournoi, après une March Madness pourtant bien maîtrisée, il manqua un lancer franc décisif dans les derniers instants, laissant son vis-à-vis Mario Chalmers être le héros du jour.

PREMIERS PAS EN NBA

Rose et son coach John Calipari ont mené Memphis en finale du tournoi NCAA. Crédit Photo : Chicago Tribune

Avant même ses premiers pas en NBA, Derrick Rose a subi une pression rare. L’enfant de Chicago pouvait jouer « à la maison », chez les Bulls, mais son origine sociale et son cercle familial semblaient déranger certains dirigeants. Pourtant, c’est bien sous le jersey rouge et blanc qu’il fit ses premiers pas dans le monde professionnel en 2008.

Dans son livre, il fait une distinction entre le style de jeu de l’époque et celui d’aujourd’hui et se montre plus que ravi d’avoir connu quelques temps «l’ancienne ligue ». Comme il l’explique, Rose est arrivé peu avant la transition vers une nouvelle NBA, plus prolifique en points mais moins dure, moins physique.

Il a donc connu les intérieurs solides, les défenses hargneuses, notamment lors des playoffs de 2009 contre Boston. Si Kevin Garnett était blessé, Paul Pierce, Ray Allen et Rajon Rondo étaient « à leur niveau de futur hall of famer ».
Rose, lui, égalait le record de points marqués par un rookie lors de son 1er match de post-saison (36, comme Kareem Abdul Jabbar en 1970).

On notera quelques erreurs de datation dans l’ouvrage, ces fameux matchs contre Boston étant parfois replacés en 2008, soit un an trop tôt. Même chose lorsque Derrick Rose revient sur les confrontations entre ses Bulls et le Miami Heat de LeBron James lors des playoffs de 2010 alors que le natif d’Akron évoluait encore à Cleveland. On imagine que la confusion vient justement du fait que le Chicago de Rose se cassait régulièrement les dents sur « King James » à cette période, quelle que soit son équipe.

BLESSURES ET « L’AUTRE DERRICK »

Lors de la saison 2010/2011, les Bulls dominent la ligue, finissant premiers de la saison régulière. Derrick Rose est désigné MVP même si son équipe doit s’incliner en finale de conférence contre le Miami Heat de LeBron James. Aux côtés de Luol Deng, Carlos Boozer, Kyle Korver ou encore de son « pote » Joakim Noah, Rose vit l’une de ses plus belles années. Une photo de cette belle bande figure d’ailleurs dans le carnet central du livre, riche d’une quinzaine de pages et d’une trentaine d’images résumant tout le parcours du joueur. D’ailleurs, s’il explique ne pas avoir particulièrement suivi les Bulls dans les années 90 ni avoir été très fan de Michael Jordan à l’époque, on peut le voir enfant à côté d’un poster de MJ.

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Saison 2010/2011 : les Bulls brillent et Derrick Rose est nommé MVP ! Crédit photo : Chicago Tribune

La saison 2011/2012 devait être celle de la confirmation mais sera finalement, lors du 1er match du 1er tour des playoffs, celle de la blessure qui changera sa vie. Derrick Rose explique donc en long, en large et en travers à quel point ce fut un traumatisme, mais aussi les conséquences. Fini l’insouciance, place à une remise en question générale de son mode de vie.

A ce moment-là et comme depuis son arrivée aux Bulls, Il fut au centre de l’attention médiatique, subissant rumeurs et bruits de couloirs en tous genres. Reviendra, reviendra pas ? Lâche ou travailleur ? Arrogant ou dépressif ? Ce livre a le mérite de donner sa version des faits, son ressenti, loin des articles écrits pendant des années à son sujet pour rechercher le buzz et vendre du papier.

Après une seconde blessure majeure en 2013 et de longs mois de rééducation –encore !-, Derrick Rose a fini par revenir, étant même le héros d’un match de playoffs contre les Cavaliers de LeBron en 2015. On apprend donc sa satisfaction sur le buzzer beater marqué au Game 3 mais aussi à quel point il fut frustré par la défaite…et par l’arbitrage !

DERRICK ROSE ET LES LÉGENDES DE LA NBA

Un an après, Derrick Rose est transféré à New York après une année semée d’embûches dans l’Illinois. Malgré les difficultés personnelles qu’il connaîtra, ce fut aussi l’occasion pour lui de côtoyer Phil Jackson, dont il ne comprenait pas l’obstination pour le jeu en triangle mais avec qui il partageait l’amour pour le basket et de franches discussions. Plusieurs légendes de la NBA ont eu un impact sur lui tout au long de sa carrière. Avant Jackson, il y avait Kobe Bryant, dont il admirait le sérieux et qu’il cite tout au long du livre (livre écrit avant le décès de Kobe).

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D-Rose avec son modèle, Kobe Bryant. Crédit photo : Chicago Tribune

Parmi les plus anciens, Rose évoque plusieurs fois Oscar Robertson, pionnier de la défense des droits des joueurs lors des années 60, et Magic Johnson, ayant parfaitement réussi sa reconversion en tant que businessman.

Malgré ses déboires avec une partie de l’entourage des Bulls, l’iconique propriétaire Jerry Reinsdorf et lui ont toujours eu un respect mutuel. L’ancien meneur BJ Armstrong, triple champion NBA entre 1991 et 1993 aux côtés de Michael Jordan et Scottie Pippen, est quant-à lui devenu l’agent de Derrick Rose et est l’un des hommes de confiance du joueur depuis plus de dix ans. L’ambiance n’est pas la même avec Shaquille O’Neal et Charles Barkley, qui, sur l’antenne de TNT, ont usé beaucoup de salive pour le dénigrer lorsqu’il était au plus bas.

Malgré leurs critiques et quelques moments d’incertitude lorsqu’il évoluait à New York puis à Cleveland, Derrick Rose a à nouveau rebondi, grâce notamment à Tom Thibodeau. Le coach est souvent pointé du doigt pour avoir laissé son poulain sur le parquet contre Philadelphie en 2012 alors que les Bulls menaient largement au score mais l’ancien MVP ne lui en a jamais voulu et a toujours assumé ses responsabilités, expliquant que le problème venait de son jeu risqué et non des choix de « Thibs ». Finalement, c’est à Minnesota que Derrick Rose retrouva la sérénité et réalisa l’une des plus belles performances de sa carrière.

De quoi enrichir encore un peu plus une extraordinaire histoire et un ouvrage émouvant. On serait curieux de voir cela entre les mains d’un cinéaste…et pourquoi pas Spike Lee ? En attendant, les fans du joueur ne regretteront pas de lire ce livre qui prouve que D-Rose est effectivement, « plus qu’un basketteur ».

couverture i ll show you

POUR EN SAVOIR PLUS

  • Derrick Rose et Sam Smith, « I’ll Show You – Conversation intime avec la star de la NBA »
  • 235 pages
  • Traduction par Grégory Berge
  • Aux Editions TALENT SPORT
  • Disponible au prix éditeur de 21€90


Texte : Alexandre Taillez
Merci à Olga Kyrychuk de Talent Sport pour sa disponibilité et sa gentillesse

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