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[Portrait] Michael Dickerson, Grizzli blessé, homme apaisé.

Portrait

Illustration : Adrien PMMP pour Basket Rétro

Combien de carrières ont vu leurs élans brisés par les blessures ? Combien de joueurs ont nourri de grands espoirs sur les parquets avant de rejoindre définitivement l’infirmerie ? Michael Dickerson fait partie de ce cortège de traumatisés qui ont laissé tant de fans meurtris. Champion universitaire puis débutant brillant en NBA, le deuxième arrière restera une étoile filante et un What If de plus. Basket Rétro revient sur le parcours atypique de l’ancien joueur, qui fête ses 45 ans aujourd’hui en ce 25 juin, à travers les villes ou pays qui ont jalonné sa vie.

SEATTLE

Né à Greenville en Caroline du Sud, Michael Dickerson grandit à Kent puis à Federal Way, villes au sud de l’agglomération de Seattle, dans l’état de Washington, au Nord-Ouest des Etats-Unis. Il fréquente la Decatus High School puis la Federal Way High School. Deux autres joueurs de cette dernière école ont effectué une petite carrière NBA, Donny Marschall (Cleveland Cavaliers et New Jersey Nets, 1995-2003) et Jalen McDaniels (Charlotte Hornets 2020). Le numéro 23 des Eagles, avec déja des qualités physiques hors du commun et une belle agressivité vers le cercle, emmène son équipe au tournoi final de l’état en 1993 et 1994 avec une belle troisième place lors de son année senior.

Dickerson sous son maillot des Eagles de Federal Way en High School (capture YouTube)

Dickerson sous son maillot des Eagles de Federal Way en High School (capture YouTube)

TUCSON

Michael Dickerson est très sollicité à sa sortie de High School et il choisit de rejoindre une grosse écurie universitaire. Plutôt que la proximité avec Washington State et le froid régional, direction Tucson dans l’Arizona et un climat beaucoup plus clément. L’aigle devient ainsi un chat sauvage sous le commandement de Lute Olson, coach très respecté des Wildcats. Olson est un formateur reconnu, notamment de joueurs extérieurs, et prépare très bien ses étudiants-basketteurs à la NBA. Il ne tarit pas d’éloges sur sa recrue:

« Il a de longs bras et est très explosif avec un excellent premier pas. De la ligne à trois points, je l’ai vu prendre un dribble et claquer un dunk. Et c’est un gros bosseur. Je ne sais pas si j’ai déjà vu un joueur aussi impliqué que lui. »

Lute Olson.

Olson n’utilise cependant le freshman Dickerson qu’avec parcimonie, tradition oblige ! 9e temps de jeu de l’équipe, l’ailier fait cependant preuve d’une belle adresse sur ses 4,8 points par match et apporte ses qualités défensives à l’équipe menée par Damon « Mighty Mouse » Stoudemire. Malgré une belle saison à 24 victoires pour 7 défaites, Arizona chute dès le premier tour du tournoi NCAA. Pour sa deuxième année universitaire, Michael passe 6e homme, voit son temps de jeu doubler et ses stats gonfler. Son adresse diminue mais il est le plus gros shooteur de l’équipe alors qu’il sort du banc ! Stoudemire n’est plus là et le scoring est plus équilibré. Les Wildcats, avec un meilleur bilan que l’année précédente à 27v/6d, tombent au 3e tour du tournoi final face au Kansas de Raef LaFrentz et du freshman Paul Pierce. La saison 1996-97 est le point d’orgue de la carrière universitaire du numéro 23 d’Arizona. Il est le fer de lance offensif (18,9 points de moyenne) d’une escouade extérieure de très haut vol comprenant le freshman Mike Bibby, le sophomore Jason Terry et un autre junior Miles Simon. Dickerson inscrit deux fois 32 points, face à l’université de sa région d’origine Washington State et dans le derby face à Arizona State. Bibby fricote bien la balle, le bilan de 25v/9d, bien qu’inférieur aux 2 saisons précédentes, est toujours excellent et les Cats réalisent un tournoi final exceptionnel. Classés 4e du quart de tableau Sud-Ouest, ils en éliminent le numéro 1 Kansas lors du sweet sixteen (85-82) puis, après s’être difficilement débarassé de Providence après prolongation (95-92), rejoignent le Final Four d’Indianapolis au RCA Dome. En demi-finale, les joueurs d’Arizona croquent le numéro de l’Est, le North Carolina de Vince Carter et Antawn Jamison (66-58) et en finale, c’est le numéro 1 de l’Ouest, Kentucky qui rend les armes après prolongation (84-79). Malheureusement pour lui, Michael Dickerson réalise un Final Four catastrophique sur le plan offensif: 0/11 à 2 points et 2/7 à 3 points en cumulé sur les deux rencontres ! Malgré cette ombre au tableau, il est considéré comme le meilleur défenseur de l’équipe et Arizona remporte le premier et unique titre de son histoire. La saison suivante, avec un effectif quasi-inchangé, est très positive avec un bilan de 30v/5d mais les Wildcats se transforment en chatons à la porte du Final Four en étant surclassés par l’université d’ Utah. Les trois leaders, Bibby (3/15), Simon (1/9) et Dickerson (2/12) terminent tristement leur parcours universitaire. Ils se consolent pour les deux premiers avec une place dans la All-American First Team et pour Dickerson dans la Third Team après une mention honorable la saison précédente, celle du titre.

Dickerson (Arizona) face à Vince Carter (North Carolina). (Brian Bahr)

HOUSTON

Après ce cursus complet, Michael Dickerson est éligible à la draft. C’est une période charnière en NBA. Michael Jordan et les Bulls viennent de remporter leur second Three-Peat, l’icone prend une seconde retraite et le lock-out qui se profile à l’horizon va retarder le début de la saison suivante. Dans ces conditions particulières, à quelle place peut prétendre être sélectionné le joueur d’1m96 ? Michael jouait ailier en NCAA, laissant le poste 2 à Miles Simon. Dans la ligue professionnelle, il va devoir se décaler à l’arrière. Parmi les candidats, il est réputé excellent défenseur ainsi qu’un des meilleurs shooteurs. Le bémol concerne bien sûr sa difficulté à être efficace dans les gros matchs à enjeu. Il effectue deux excellents workouts à Houston et Sacramento et en réalise d’autres à Phoenix, New York, Atlanta, Philadelphie, Charlotte et dans sa ville de jeunesse Seattle. Dans les mock drafts, il est annoncé entre la 10 et la 15e place, aux Pistons en 11e choix ou au Magic à la 13e. Ce sont finalement les Rockets qui le choisissent en pick 14. Clyde Drexler vient de prendre sa retraite libérant une place pour un nouveau shooting guard. L’équipe texane compte toujours dans ses rangs les légendes vieillissantes Hakeem Olajuwon et Charles Barkley et vont signer dans quelques mois Scottie Pippen, en disgrâce avec Chicago. Le néo-pro (qui s’est engagé en contrat chaussures avec Converse) arrive plein d’humilité auprès de ces superstars et déclare au Arizona Daily Star:

«Drexler est un futur Hall of Famer et je ne m’attends pas à rentrer dans ses chaussures. Je ne peux pas faire ça. Mais je vais juste entrer et faire ce que les entraîneurs veulent que je fasse. S’ils veulent que je passe le ballon à Hakeem, je le ferai. S’ils veulent que je tire, je le ferai. Mais je ne peux pas remplacer Drexler».

Michael Dickerson.

Dickerson ainsi que dans la grande majorité des matchs de la saison Cuttino Mobley, deux rookies, accompagnent dans le cinq majeur les trois monstres sacrés. Sacré bizutage ! Avec une moyenne de plus de 10 points par match et une sixième place générale au pourcentage de réussite à 3 points avec 43,3%, le numéro 3 des Rockets réalise une très belle première année et est élu dans la Schick All-Rookie Second Team avec son partenaire Mobley. Mais, une fois les playoffs arrivés, face aux Lakers de Los Angeles, comme il en a la triste habitude dans les rencontres cruciales, Dickerson est nettement moins efficace. Il faut dire qu’il a un adversaire direct de taille en face de lui, Kobe Bryant, de trois ans son cadet mais ayant déjà trois saisons de NBA au compteur. Les Rockets restent bloqués sur le pas de tir du premier tour. 3/1 pour les Lakers.

Rookie à Houston. (nba.com)

VANCOUVER

Dickerson ne reste qu’un an à Houston. Les Rockets sont en fin de cycle et les dirigeants cherchent à modifier l’effectif. La greffe Pippen n’a pas pris et ils doivent trouver un nouveau joueur capable d’incarner l’avenir de la franchise et soutenir Olajuwon et Barkley. Le numéro 2 de la Draft 1999, Steve «Franchise» Francis renâclant à rejoindre les Grizzlies de Vancouver, Houston monte un deal complexe avec Orlando et Vancouver afin de récupérer le meneur prometteur. Mais pour cela, il faut lâcher du lest et c’est notamment Dickerson, monnaie d’échange intéressante à la vue de son année rookie, qui est sacrifié et envoyé dans la jeune franchise canadienne. L’opération est plutôt positive pour l’arrière. Il quitte les vieilles fusées texanes pour rejoindre le groupe des jeunes grizzlis dont notamment son compagnon universitaire Mike Bibby, en poste à la mène depuis un an. L’équipe de Vancouver possède un banc composés de nombreux vétérans (Dennis Scott, Doug West, Antoine Carr, Grant Long) mais mise essentiellement sur ses jeunes pour son cinq majeur. On retrouve ainsi les deux anciens compères d’Arizona à l’arrière, le talentueux Shareef Abdul-Rahim à l’aile, Othella Harrington, arrivé de Houston avec Dickerson, en poste 4 et, dans la peinture, Bryant Reeves, premier joueur drafté dans l’histoire des Grizzlies, qui commence à voir sa carrière fortement perturbée par les blessures. Sous le coaching de Brian Hill puis Lionel Hollins, l’apprentissage est difficile mais les résultats sont en léger progrès collectif, le bilan passant de 8v/42d à 22v/60d. D’un point de vue individuel, Michael Dickerson explose dans sa seconde année en NBA. Bénéficiant d’un temps de jeu de près de 38 minutes par match, le joueur, aux chaussettes montantes et à la coifure désormais tressée, compile de très belles stats avec des moyennes de 18,2 points, 3,4 rebonds et 2,5 points par rencontre. Son profil combiné de slasher/shooteur à 3 points est un poison pour les défenses adverses. Il réalise deux performances à 32 et 35 points, une pointe à 40 unités le 10 février 2000 face aux Clippers de Los Angeles et fait preuve d’une solidité au scoring qui va crescendo tout au long de la saison. Il s’entend à merveilleux avec Mike Bibby, ce dernier le trouvant les yeux fermés et le lançant pour des alley-oops réveillant la General Motors Place de Vancouver et énergisant Don Poier, le commentateur télé et radio des Grizzlies. Il participe aussi au Rising Stars Challenge 2000 à Oakland dans l’équipe des sophomores, n’ayant pas pu participer au précédent en tant que rookie pour cause d’année tronquée par le lockout. La franchise canadienne exerce l’option pour prolonger le contrat rookie de leur brillant arrière. Tous les voyants sont au vert pour le numéro 8 des Grizz.

Mike Bibby, Lionel Hollins et Michael Dickerson. (UPI)

La saison suivante 2000-2001 est le dernier exercice à peu près complet du deuxième arrière avec 70 matchs. L’arrière manque 8 rencontres pour une entorse de cheville fin décembre et 4 autres en toute fin de saison pour une déchirure abdominale, peut être un prémice de ses ennuis futurs. Il conserve la confiance du nouveau coach Sidney Lowe en gardant son statut de titulaire comme depuis le début de sa carrière. Michael Dickerson, plus collectif, score un peu moins (16,3 points par match) mais améliore ses statistiques à la passe (de 2,5 à 3,3 assists par rencontre). Cette confirmation de statut de joueur NBA solide incite l’organisation de la franchise à signer leur pépite pour un contrat long, 43 millions de dollars sur 6 ans. Le superbe début de carrière du numéro 8 est ainsi récompensé. La situation globale de l’équipe est différente. Malheureusement les Grizzlies stagnent, n’améliorant leur bilan que d’une seule victoire. Les spectateurs commencent à bouder les matchs et le propriétaire Michael Heisley perd de l’argent. Il prend la décision de déménager sa franchise dans une ville plus attractive et rémunératrice. Dickerson et les Grizzlies quittent le grand nord canadien pour prendre le chemin de Memphis. Dickerson est un des rares joueurs qui exprimera publiquement sa nostalgie de la très belle ville de Colombie-Britanique.

MEMPHIS

Cette mobilité entraine une nouvelle dynamique et une histoire à créer avec la ville du Tennessee. Malheureusement pour lui, Michael Dickerson ne va pas faire longtemps partie de cette aventure. Au bout de seulement quatre rencontres lors de la saison 2001-2002 et un déplacement à Phoenix, il souffre de douleurs dans l’aine. Les examens montrent une fracture de fatigue pubienne due à une trop forte traction des adducteurs. La galère commence. Cela signifie une fin de saison prématurée, une chirurgie, et de longs mois de rééducation avant de rejoindre les parquets de la Pyramid Arena de Memphis. Michael reprend son poste de titulaire à l’arrière pour le premier match des Grizzlies de la saison 2002-2003 à domicile face Dallas pour 6 points à 50% de réussite, 1 rebond, 1 passe décisive et un contre. L’ancien Wilcat est de retour ? Malheureusement non. Le 1er novembre 2002, à Detroit, dès le second match, démarré sur le banc pour la seconde fois de sa carrière, il ne joue qu’un petit peu plus de 4 minutes avant de sortir. C’est une rechute, compliquée de douleurs dorsales, et un retour auprès du staff médical pour trois mois et demi. Il a le feu vert des médecins pour une reprise après le All Star break 2003. Dickerson revient dans une équipe désormais coachée par Hubie Brown et dans laquelle le poste 2 est maintenant partagé entre Wesley Person et Gordan Giricek. Ses coéquipiers le trouvent explosif à l’entrainement et l’entraineur vétéran compte toujours sur son arrière qui foule à nouveau le parquet de Memphis face à Dallas à la Saint Valentin 2003.

« Je trouve que pour un joueur sur la touche depuis plusieurs mois, il s’est bien entrainé. La chose la plus importante pour l’équipe, c’est qu’il soit compétitif désormais. »

Hubie Brown.

La belle histoire entre Dickerson et la NBA ne reprend que pour une nouvelle courte durée, 4 petits matchs, et les Grizzlies le réinscrivent sur l’injured list début mars. Il souffre toujours d’une pubalgie tenace et doit se faire ré-opérer. A l’exploration, les chirurgiens ne peuvent que constater que le traumatisme initial de novembre 2001 ne s’est pas consolidé complètement laissant toujours la région de l’aine en soufrance et avec de lourds dommages. Une dernière opération est tentée pour régler tous ces problèmes mais l’organisation de Memphis commence, à juste titre, à ne plus compter sur leur arrière pour l’avenir et visent le recrutement d’un poste 2 à l’intersaison suivante qui sera James Posey. Quelques jours avant la reprise de la saison 2003-2004, il estime qu’il n’arrivera pas à retrouver l’intégrité de ses moyens physiques après l’opération de la dernière chance. Il a en effet consulté plus d’une vingtaine de spécialistes, de Vancouver à la Californie, de Miami à New York. Michael Dickerson annonce sa retraite le 25 octobre 2003. Il a gagné un peu plus de 17 millions de dollars en carrière, ne profitant financièrement que de deux années de son gros contrat signé en 2001.

INDE ET TIBET

Cette rupture brutale est vécue comme une injustice par le joueur qui commence à fortement déprimer. Tant de travail, d’abnégation, de sueur coulée sur les parquets pour être stoppé dans un si bel élan… Plutôt que se lamenter sur son sort et tomber dans une grave dépression, le swingman ressent le besoin de quitter son pays. Il part pour l’Inde pour une première quête initiatique qui va durer 3 ans. Ce changement d’environnement aide Michael qui découvre une autre culture et des personnes bien éloignées du monde de la NBA. Il ne touche aucun ballon de basket. Il étudie l’Hindouisme et ses mantras, les écritures anciennes, s’initie au yoga, soigne son esprit autant que son corps. Il ne veut pas non plus être un de ces joueurs qui doublent de volume en quittant leur carrière pro. Ces découvertes, ces échanges, lui permettent de relativiser sa situation. Tout en gardant son amour du basket et en ne lui tournant pas le dos, il se forge de nouveaux projets notamment dans l’encadrement de la jeunesse.

« Juste après la retraite, j’avais beaucoup de questions sans réponses. Je venais de signer un contrat et je progressais dans ma carrière. Et là, elle stoppait brutalement. J’ai donc commencé à étudier différentes cultures, différents environnements. Et j’ai trouvé plus de réponses en Inde que partout ailleurs dans ma vie. J’ai trouvé la paix, l’harmonie, la force et la confiance.»

Michael Dickerson.

Dickerson visite aussi le Tibet, apprend les fondements du Bouddhisme et les préceptes du Dalaï-lama. Il travaille la respiration, s’adonne à la méditation mais aussi à différents arts martiaux et la boxe, sport familial déjà pratiqué par son père, ses frères et ses cousins. Le grand Michael panse ses plaies de l’âme tout en entretenant sa condition physique.

CLEVELAND

Le 1er septembre 2008, après cinq années de voyages, surprise, Michael Dickerson décide de sortir de sa retraite et de retenter sa chance en NBA. Il est un homme apaisé qui, armé d’une nouvelle confiance, souhaite se lancer le défi de revenir dans le basket. Son agent Mark Bartelstein renoue des contacts et lui décroche une place au Training Camp des Cavaliers de Cleveland. Le General Manager Danny Ferry est curieux de voir ce que peut apporter un joueur au passage NBA brillant mais lointain. Dickerson est conscient qu’il n’a plus ses qualités de premier pas mais se présente comme un joueur défensif capable de prendre en charge Paul Pierce ou Kobe Bryant. Rien que ça ! Ses voyages lui ont redonné confiance ou inconscience ! Il arrive au Cleveland Clinic Courts armé de bonnes intentions:

« Je vais juste venir au camp et travailler dur, jouer dur. Et si j’ai un spot et qu’ils me sélectionnent, c’est bien. Et s’ils ne le font pas, c’est bien aussi. Je retournerai en Inde à mes activités spirituelles. C’est le pilier essentiel de ma vie. « 

Michael Dickerson.

Mike Brown tente le coup. Mais il n’y a qu’une place disponible dans l’effectif final et ce n’est pas Dickerson qui est conservé malgré un training camp réussi pendant lequel il a gagné le respect des autres joueurs sur le parquet. Signé le 29 septembre, Dickerson quitte la bande de LeBron James le 8 octobre. Il peut être fier de lui car son engagement et son éthique de travail ont été loués pendant ces dix jours. Quelques mois plus tard, il déclare au quotidien de Memphis « The Commercial Appeal »:

« J’ai prouvé que je pouvais jouer. Je pense souvent à quel point j’aurais pu être bon si je ne m’étais jamais blessé. »

Michael Dickerson.

ESPAGNE

À défaut d’une dernière danse, ce sera el ultimo flamenco. À la fin de l’année 2009, Michael Dickerson traverse l’Atlantique pour rejoindre en Espagne son cousin Josh Fisher, joueur professionnel à Gran Canaria, club de Liga ACB. Il s’entraine à Las Palmas, crée des contacts et signe finalement pour un mois avec le Faymasa Palencia en Liga LEB Oro, la deuxième division espagnole. Il y joue 4 matchs en milieu de saison et côtoie un jeune joueur prometteur originaire du Monténégro et fraichement naturalisé espagnol, Nikola Mirotic. En un peu plus de 21 minutes de moyenne, il score 11,8 points et grapille 2 rebonds. Palencia souhaite le prolonger pour la fin de la saison mais Michael décide le 28 février 2010 de ne pas accepter le renouvellement de son contrat. Il a ainsi disputé son dernier match pro à Majorque dans une victoire 98-94 au cours de laquelle il a inscrit 15 points.

A l’entrainement à Palencia (site FB du club)

RETOUR AUX SOURCES

Depuis 2010, Michael Dickerson a peu fait parler de lui. Il partage sa vie entre Seattle et Vancouver. Et oui, l’ancien Grizzli a gardé des attaches avec la Colombie-Britannique bien que la ville portuaire ne possède plus d’équipe professionnelle de basket. Il entretient régulièrement son basket et sa condition physique avec les Thunderbirds, surnom des joueurs de l’équipe de l’Université de British-Columbia (UBC) de l’entraineur Kevin Hanson, rencontré à un camp des Raptors. Il retourne parfois en Inde et va fréquemment en Europe rendre visite à son cousin Josh Fisher, reconverti dans le coaching. Un autre cousin, David Wesley, a effectué une très jolie carrière NBA entre 1993 et 2007. Issu d’une famille nombreuse avec quatre sœurs et trois frères, Michael Dickerson a une fille, Rahda, mais il est séparé de sa maman et leur relation est conflictuelle.

Bien sûr les observateurs auraient aimé voir la carrière NBA de Michael Dickerson sur le long terme et non minée par les blessures. Mais le parcours atypique de l’homme après 2003, ses envies d’ailleurs et d’enrichissement personnel forcent le respect. Ses multiples tentatives de reprise n’ont jamais été réalisées par aigreur ou revanche mais dans un cheminement personnel où le basket était un moyen et non une finalité. Le Grizzli blessé ne s’est pas morfondu dans les forêts de Colombie-Britannique où de la région de Seattle, mais il a voyagé à près de 12000 kilomètres de là afin de soigner autant son corps que son esprit, prouvant que le chemin est plus important que la destination.

SES STATS

  • 212 matchs dont 206 titulaires.
  • 15,4 points.
  • 43,2% de réussite à 2 points, 40,2% à 3 points.
  • 2,9 rebonds.
  • 2,6 passes décisives.
  • 1999 NBA All-Rookie Second Team

HIGHLIGHTS DE M.DICKERSON AUX GRIZZLIES

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About Vincent "Baby TER" Reculeau (15 Articles)
passionné de la NBA des années 80 et 90, des drafts de Bird et Magic jusqu'au 6e titre de MJ. Et plus si affinités... Biberonné à Maxi-Basket, 5 Majeur, Canal+ et Pontel.

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