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[Portrait] Bruno Hamm, passeur discret

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Très tôt, son entourage sut qu’il avait la grâce des biens nés. Le toucher de balle, la vista, une technique sûre, une adresse innée.

Né dans une famille de basketteurs (parents, frère, sœurs dont Claudine, joueuse de Nationale 1 au RC Strasbourg), Bruno Hamm, le petit dernier, brûla les étapes. D’abord à l’AU Schiltigheim en Alsace où il fit toutes ses gammes depuis les poussins pour intégrer l’équipe de France cadets où il fut le backup d’un certain Frédéric Forte (1987). A 16 ans, Bruno prit les rênes de son équipe promue en Nationale IV, puis III où Stéphane Jung le couvait. Avant de le lâcher vers un avenir national en 1988 à 18 ans. C’était le bon moment pour éclore au haut niveau.

Bruno Hamm, le maître à jouer de Strasbourg @ Jean-Luc Foucret

Après hésitation avec Mulhouse, Hamm opta pour la SIG, alors en manque d’élite depuis 1976. Bruno effectua ses premiers dribbles à Graffenstaden sous les ordres de Patrick Lazare avant que le club ne rallie Strasbourg un an plus tard pour naître à l’ambition en passant de la N2 à la pro B.

En 1992, Bruno enleva la médaille de bronze avec l’équipe de France des U22 (avec Yann Bonato, Bruno Coqueran ou Jimmy Vérove) avant de se révéler véritablement comme un jeune joueur de premier plan deux ans plus tard. Après des bonnes stats en 1993 (en moyenne, 8 passes et 46,8% aux trois points), 1994 fut, de toute évidence, l’une de ses plus belles années : dans la formation strasbourgeoise animée par Cédric Ball, Jim Deines, Mark Stevenson, il fut sacré meilleur joueur français de Pro B. Cette année-là, son équipe drivée par Christian Monschau accédait en pro A à la faveur de barrages réussis face au Mans ainsi qu’en finale de la Coupe de France, finale perdue face au Limoges de Forte, le champion de France. Mais c’est à Pau/Orthez qu’il découvrit l’élite sous les ordres de Michel Gomez, qui le lança également en équipe de France en juillet 1994 contre Cuba. Il était destiné à succéder à Valéry Demory à la mène des Palois. Mais, l’aventure fit long feu : malgré une bonne saison, l’ambiance du club du Béarn ne lui convenait pas. Avec les Conrad Mc Rae, Howard Carter et les Gadou, il avait pourtant éliminé le tenant, Limoges, en demi-finales des playoffs, mais la finale épique fut perdue face à Antibes et Bonato, tout comme la finale en Coupe de France, (à nouveau Limoges).

Bruno Hamm à Dijon aux côtés de Pacelis Morlende @ Joseph Giniaux

Il fila rapidement à la JDA Dijon où le contexte plus familial colla mieux à ce meneur de jeu pétri de talent, mais desservi par un caractère trop réservé pour franchir la dimension ultime. En Bourgogne, sous les ordres de Jean-Luc Monschau puis Chris Singleton (avec lequel le courant ne passa guère), il distilla les balles à merveille, avec 23,5 d’évaluation moyenne en 1996, fut sacré meilleur passeur de Pro A en 1997 et 1998 et fit partie des cadres de l’équipe avec un temps de jeu conséquent (33’ en moyenne). Quatre saisons plus tard, Hamm fut appelé par le Limoges CSP et fit partie, aux côtés de Yann Bonato, Marcus Brown et autres Frédéric Weis, de l’épopée incroyable et troublée des baroudeurs de l’an 2000 seuls contre tous et auteurs du mémorable triplé magique : Coupe Korac (face à Malaga), championnat (devant Villeurbanne) et Coupe de France (PSG Racing). Devant les problèmes juridico-financiers du club, Yann Bonato, le capitaine, avait su fédérer l’équipe :

« Cette expérience d’auto-gestion et d’auto-financement, je ne l’échangerais pour rien au monde. C’est le plus gros kif de ma carrière ». « Le problème financier, nous a, à la fois, pesé et porté. Ça nous a rendu plus fort. Nous avons créé des liens à vie » expliqua Bruno Hamm.

A l’été, Limoges sanctionné et rétrogradé en Pro B, Dusko Ivanovic, le coach limougeaud, emmena Bruno Hamm dans ses valises pour Caceres, pour une expérience dans le championnat espagnol (demi-finaliste de la Coupe du Roi face à Malaga). Le coach fut remplacé et, au final, ce fut une expérience mi-figue, mi-raisin :

« Je suis content d’avoir passé une saison en ACB, d’avoir fait autre chose. Sur le plan sportif, c’est hyper positif, mais la ville et le club, ce n’était pas tout à fait ça ».

Bruno Hamm au CSP Limoges @

Après deux saisons tourmentées, Hamm posa à nouveau ses valises à Dijon ( « c’est avant tout une recherche de stabilité ») pour trois nouvelles saisons coachées par Alain Thinet puis Nicolas Faure. Il y remporta la Semaine des As (à Mulhouse, face au Mans en finale) et atteignit la finale de l’Eurocup Challenge en 2004 (A Izmir contre Mitteldeutscher BC). Mais ses stats déclinèrent insensiblement.

En signant à Gries alors en N2 à 34 ans en 2004, Hamm pensait avoir fait une croix sur le haut niveau, mais entre deux séjours à Gries, il eut des propositions dans l’univers pro et replongea en 2005 à Lausanne puis à Orléans, en pro B, où, comme à Strasbourg et à Dijon, il retrouva Laurent Bernard, le coéquipier de nombreuses batailles. Ils perdirent ensemble la finale de Coupe de France 2006 face à Dijon.

Au final, Hamm aura disputé dix saisons en pro A, y disputant 277 rencontres et porté le maillot tricolore à 25 reprises accédant aux quarts de finale de l’Euro 1995 à Athènes. En 2007, revenu dans sa région, Bruno passa au coaching chez les jeunes avec les cadettes du RC Strasbourg avant de retrouver la SIG et les U15 filles qu’il dirige depuis quelques saisons.

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About Dominique WENDLING (28 Articles)
Ancien journaliste, joueur, entraîneur, dirigeant, président de club. Co-auteur, avec Jean-Claude Frey, de "Plus près des étoiles", le livre paru fin 2018 sur les 90 ans de la SIG Strasbourg.

2 Comments on [Portrait] Bruno Hamm, passeur discret

  1. Grienenberger Catherine // 26 avril 2020 à 11 11 28 04284 // Réponse

    Bel article pour Bruno, que nous avons suivi très jeune. L’article est signé par…. Je ne trouve pas. Merci.

    J'aime

  2. Dominique WENDLING // 26 avril 2020 à 13 01 58 04584 // Réponse

    Auteur : Dominique Wendling (voir ci-dessus)

    J'aime

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