Breaking News

Scottie Pippen, leader XXL des Bulls (1994-1995)

Le plus belles perfs

Scottie Pippen wallpaper - Chicago Bulls (c) nba.com

Inévitablement associé à Michael Jordan avec qui il a formé l’un des plus grands duos de l’histoire, Scottie Pippen (54 ans aujourd’hui) n’aura jamais vraiment réussi à sortir de l’ombre imposante de son plus illustre coéquipier aux yeux du grand public. Pourtant en son absence, il ne cessera de démontrer que peu de joueurs peuvent se vanter d’être aussi complet que lui.

Lorsqu’en 2012 le présentateur de l’émission radio « The Dan Patrick Show » demanda à Karl Malone d’énoncer son 5 majeur historique, la réponse du Mailman a pu surprendre. Après avoir précisé qu’il ne s’inclurait pas dans son équipe de rêve, il égrena les noms suivants :

Au-delà des sempiternels débats suscités par ces « All Time Starting Five » c’est l’argument utilisé pour défendre la place de Scottie Pippen dans cette équipe qui retient l’attention.

« Scottie Pippen était leader de l’équipe dans toutes les catégories statistiques durant l’absence de Michael Jordan » avance Malone. On remarquera qu’il avait déjà mis en avant cet argument, alors qu’il était encore en activité, dans un clip diffusé au United Center le jour où le numéro 33 de Pippen fut retiré à Chicago. A chaque fois référence est faite à la période 1993-1995, correspondant à la première retraite de MJ, et plus exactement à la saison 1994-1995 (en 1993-1994 Horace Grant fut leader de l’équipe aux rebonds et aux contres).

Lors de cette saison 1994-1995 l’ailier des Bulls va en effet réaliser ce que seulement cinq joueurs, ABA et NBA confondues, ont réussi jusqu’à aujourd’hui : Julius Erving avec les Nets de New York en 1975-1976 (en ABA), Dave Cowens avec les Celtics en 1977-1978, Tracy McGrady et Kevin Garnett en 2002-2003 avec Orlando et Minnesota respectivement, et LeBron James en 2008-2009 avec Cleveland.

(NB : les interceptions et les contres ne sont comptabilisés que depuis les saisons 1972-1973 pour la ABA et 1973-1974 pour la NBA. Pour pouvoir entrer dans les classements statistiques il faut avoir joué au minimum 70% des matchs de son équipe durant la saison).

sportsvideozone.com

Scottie Pippen (c) sportsvideozone.com

UNE SAISON STATISTIQUEMENT IMPRESSIONNANTE DANS UNE EQUIPE TRÈS REMANIÉE

youtube.com

Après l’annonce de la retraite de Jordan en octobre 1993, l’intersaison 1994 voit l’effectif des Bulls perdre de nouveau plusieurs joueurs historiques ayant participé au premier three-peat : John Paxson se retire, et la raquette se retrouve orpheline d’Horace Grant, Bill Cartwright et Scott Williams (partis respectivement à Orlando, Seattle et Philadelphie).

Un certain équilibre est donc à reconstruire et l’équipe est bancale. La raquette est amputée des trois hommes qui assuraient le plus gros du rebond et des tâches défensives intérieures, et si le trio Toni Kukoc-BJ Armstrong-Steve Kerr réalise une saison solide, les deux arrières Ron Harper et Pete Myers n’ont pas du tout le rendement et la régularité espérés au niveau du scoring. Face à ces manques, le talent de Pippen et sa suprême polyvalence sont une nouvelle fois mis en avant.

Toujours plus fidèle à sa réputation de All-Around player, on peut citer quelques uns de ses matches aux statistiques remarquables :

  • 35 points (13/17 aux tirs dont 4/4 à 3-points et 5/9 aux lancers-francs), 9 rebonds, 6 passes, 5 interceptions et 2 contres face à Phoenix le 30 novembre 1994. Victoire 118-105.

  • 36 points (11/28 aux tirs dont 11/17 aux lancers-francs), 16 rebonds, 3 passes, 5 interceptions et 2 contres contre New York le 25 décembre 1994. Victoire 107-104 après prolongation. (voir vidéo en fin d’article)

  • 26 points (9/20 aux tirs dont 3/5 à 3-points et 5/6 aux lancers-francs), 10 rebonds, 11 passes, 6 interceptions et 1 contre face à Orlando le 10 janvier 1995. Victoire 109-77.

  • 34 points (12/21 aux tirs dont 8/10 aux lancers-francs), 13 rebonds, 6 passes, 4 interceptions et 1 contre face aux Lakers le 31 janvier 1995. Victoire 119-115.

  • 40 points (16/26 aux tirs dont 4/7 à 3-points et 4/5 aux lancers-francs), 8 rebonds, 5 passes, 3 interceptions et 3 contres face aux Lakers le 11 mars 1995. Défaite 108-105.

Il finira la saison avec des moyennes de 21.4 points/match, 8.1 rebonds, 5.2 passes, 1.1 contres et 2.9 interceptions (meilleure marque de la ligue) à 48% au shoot et 34.5% à 3 points, qui lui vaudront une sélection dans la All NBA First Team et dans la NBA All Defensive First Team.

Au niveau collectif, les résultats de l’équipe seront plus nuancés et la rumeur du retour de Jordan alimentera l’actualité durant une bonne partie de la saison. Ce dernier reviendra finalement au jeu après 65 matchs dans une équipe au bilan de 34 victoires-31 défaites, qui terminera à 47-35 et sera sortie en demi-finale de conférence par le Magic d’Orlando du duo Penny Hardaway/Shaquille O’Neal.

solecollector.com

« Come back MJ !!! »

Si pour Pippen cette saison sera une de ses meilleures sur le plan individuel, elle représente surtout une nouvelle étape charnière dans sa carrière, et pour comprendre cela il faut revenir un an en arrière.

UN JOUEUR EN QUÊTE DE RÉDEMPTION

Tribune photo by Chuck Berman, 993espn.com

Tribune photo by Chuck Berman, 993espn.com

Le 6 octobre 1993, Michael Jordan annonce sa retraite, quatre mois après la conquête d’un troisième titre consécutif, et un mois avant le début de la saison régulière. Pippen devient dès lors la figure de proue du club et voit l’occasion de montrer au monde qu’il peut emmener une équipe jusqu’au sommet. Cette année là, les Bulls finiront la saison avec un bilan de 55 victoires-27 défaites (seulement 2 victoires de moins que l’année précédente) et le n°33 avec les meilleures statistiques individuelles de sa carrière, un titre de MVP du All Star Game, une troisième place au vote du MVP de la saison régulière et un dunk légendaire sur Patrick Ewing lors du match 6 de la demi-finale de conférence perdue 4-3 face aux Knicks.

Mais malgré tous ces exploits, ce qui restera dans la mémoire du public cette saison sera un épisode beaucoup plus fâcheux. Lors du match 3 de cette même série face à New York, alors que les deux équipes sont à égalité et qu’il reste 1,8 secondes à jouer, Pippen refuse d’entrer en jeu au motif que le système décisif est dessiné pour Toni Kukoc et non pour lui. Le croate rentrera le shoot de la gagne au buzzer et un flot de critiques acerbes déferlera sur Pip, qui du coéquipier modèle et franchise player en puissance deviendra celui qui mit en péril l’équipe pour des considérations individuelles.

L’accablement subi (similaire à celui qui suivit l’élimination des Bulls par les Pistons en finales de conférence 1990 où il fut jugé soft, alors même que des migraines détruisaient sa vision et l’handicapèrent lors du match 7) renforça plus que jamais sa volonté de se racheter auprès de ses coéquipiers et du staff, débouchant sur un exercice 1995 historique (comme le furent également les trois saisons qui suivirent l’élimination et les critiques de 1990).

Ironie du sort, ce dont se souvient le plus le public lors de cette saison 1995 des Bulls, ce n’est pas la saison fantastique de Pippen mais bien les 55 points inscrits au Madison Square Garden par Jordan cinq matchs après son retour au jeu.

Mais elle constituera la première pierre posée par l’ailier dans son chemin vers la rédemption, jetant les bases des triomphes à venir. Elle lui permit également de se remémorer qu’une individualité, aussi complète ou performante soit-elle ne peut pas gagner seule. On notera d’ailleurs que, parmi les cinq joueurs ayant été leaders statistiques de leur équipe dans chaque catégorie, seul Julius Erving en 1975-1976 fut champion au terme de la saison. Même Jordan lors de sa saison la plus aboutie individuellement en 1987-1988, où il fut élu MVP et meilleur défenseur, ne gagna pas le titre.

Le basket est avant tout un sport collectif. Phil Jackson avait fait afficher dans le vestiaire de l’équipe cette phrase de Rudyard Kipling : « La force de la meute, c’est le loup ; et la force du loup c’est la meute ». Les Bulls le rappelleront avec fracas dès la saison suivante en réalisant la meilleure saison de l’histoire.

Les 36 points de Pippen face aux Knicks 

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Charles Mamere (13 Articles)
Pratiquant le basket depuis l'âge de six ans, ayant commencé à suivre la NBA avec le premier sacre des San Antonio Spurs en 1999. Dès lors impossible d'en décrocher, que ce soit pour suivre son actualité quotidiennement ou pour plonger dans sa riche histoire avec passion.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.