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ITW George Eddy : « La finale de 2002 avec Divac, Bodiroga, face à Ginobili, c’était grandiose»

Interview

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

En marge de la coupe du monde, George Eddy est revenu pour nous sur ses souvenirs en tant que commentateur assidu de la compétition. Pas toujours très bien mise en avant par le passé, il observe que la compétition continue de progresser en notoriété et en niveau de jeu.

Basket Retro : Quel a été votre premier souvenir de coupe du monde ?

George Eddy : Je n’ai pas de souvenirs très précis datant de la période où j’étais joueur en France, moi mes souvenirs c’est surtout les coupes du monde que j’ai commenté. La première que j’ai faite pour Canal ça doit être à Athènes en 98. En 94 j’avais commenté les matchs à Paris, la compétition était à Toronto. En 1998 c’était une équipe américaine sans les joueurs NBA à cause du lockout, je me souviens très bien. Athènes, ville magnifique, qui adore le basket, pour accueillir un tel événement, c’était grandiose !

BR : Le public grec était fidèle à sa réputation ?

GE : Oui, j’avais déjà commenté l’Eurobasket 1995 avec la fameuse finale avec Djordjevic à 42 points contre la Lituanie (NDLR : victoire de la Yougoslavie). On sait que le basket, avec Nikos Galis et depuis le titre de champion d’Europe  en 1987, était le sport numéro un en Grèce dans les années 90. C’était la décennie la plus glorieuse pour le basket grec.

BR : Les grecs ont d’ailleurs fait une belle compétition, s’inclinant contre les américains durant la petite finale …

GE : Le fait est que l’équipe américaine était plus faible, mais ils ont gagné quand même. C’était un mélange de joueurs non – NBA qui jouaient en Europe, avec des universitaires, il y avait quelques bons éléments, mais le lockout NBA a privé Team USA des meilleurs. Mais de toutes manières j’ai surtout un bon souvenir d’Athènes, de l’événement, et du public enthousiaste.

BR : Quelle était la place de la compétition ? Elle n’était pas autant suivie qu’un euro, très loin du prestige olympique

Les Yougoslaves, champions du monde 2002 au bout du suspense.

GE : Les Eurobaskets étaient plus connus et plus populaires en France, parce qu’elle y avait plus souvent participé, et qu’elle y avait des bons résultats. La Coupe du monde était une compétition moins suivie, moins prestigieuse quand il y avait les joueurs américains universitaires, qui se faisaient battre régulièrement par la Yougoslavie d’ailleurs. À la limite, c’était un énorme événement en Yougoslavie parce qu’ils avaient des résultats. Mais en 1998 c’était un événement très secondaire pour la télé française en comparaison aux Jeux Olympiques qu’on a fait à Barcelone et à Atlanta pour Canal+. Mais par contre je trouve que la Coupe du monde a gagné en prestige, en popularité, en notoriété tous les 4 ans. Je me souviens très bien en 2002 de l’énorme surprise de Team USA, avec toutes les stars NBA, qui finit sixième. À la limite le fait d’avoir gagné de manière étriquée en 2000 à Sydney, ça aurait dû mettre la puce à l’oreille des américains comme quoi ils n’avaient pas autant de marge de manœuvre que par le passé. Je me souviens de la finale de 2002 entre l’Argentine et la Serbie – Monténégro (NDLR : encore nommée Yougoslavie sportivement), la finale incroyablement serrée avec Divac, Bodiroga, face à Ginobili et tout ça. C’était grandiose. Donc 2002 je pense que c’est la première coupe du monde, pour les fans de basket, qui a fait comprendre que c’était un vrai événement, que les américains pouvaient perdre et que les autres équipes étaient en train de progresser depuis 1992. En 2006 ils ont compris qu’il fallait envoyer les meilleurs joueurs, avec un nouveau coach, Mike Krzyzewski, qui a tout rénové. Mais en 2006 ils ont encore perdu en demi-finale contre la Grèce ! Mais c’était la fin des déceptions, ils n’ont enchaîné que des succès depuis.

BR : Est ce que les différences de règles entre les compétitions FIBA et la NBA réduit la différence entre Team USA et le reste du monde ?

GE : Oui, en basket FIBA il y a moins de points, notamment car il n’y a pas la règle des 3 secondes défensives. Donc les raquettes sont plus bloquées, les défenses sont plus resserrées. C’est ce que Doncic me disait, c’est qu’en NBA il y a moins d’aides, gagner son un contre un débouche beaucoup plus vite sur un panier ou une passe décisive. Les américains sont donc obligés de s’adapter. Mais je pense qu’avec les confrontations internationales, les américains ont influencé les européens. L’inverse est aussi vrai, les européens ont influencé les américains sur le trois points notamment.

BR : Et pour cette année, qu’est ce que vous attendez de cette coupe du monde ?

GE : J’ai hâte de la commenter ! Cette année Canal+ a mis les petits plats dans les grands, il y aura deux commentateurs, un journaliste terrain, un plateau avec des analystes, ça va être vraiment chouette à suivre. D’autant qu’avec tous les absents chez les américains, il y a de vrais prétendants cette année. Il y a la Serbie qui a finit deuxième de toutes les dernières compétitions internationales, et cette année l’Australie, forcément l’Espagne ou même la France peuvent espérer menacer les américains.

« Cela fait un moment qu’on use trop les meilleurs joueurs et qu’on sait qu’il faut les reposer, mais personne ne prenait de décision en ce sens pour des raisons de business »

BR : Un avis notamment sur le nouveau format de la compétition ?

GE : J’aime bien ce que la FIBA a fait ! C’est la première coupe du monde avec 32 équipes, et il y en a beaucoup qui sont très fortes. Et maintenant avec l’Euro tous les 4 ans, ça va permettre aux stars d’avoir un été de repos sur quatre, c’est une vraie bonne décision . Cela fait un moment qu’on use trop les meilleurs joueurs et qu’on sait qu’il faut les reposer, même avec les progrès en médecine, mais personne ne prenait de décision en ce sens pour des raisons de business. C’est bien que la FIBA l’ait fait.

BR : Et nos bleus pour cette année ?

GE : C’est tout ce qu’on peut espérer ! N’avoir que des joueurs qui se sacrifient pour le collectif, c’était formidable, un grand moment à commenter à la télévision ! Avec le départ de ses deux leaders, Tony Parker et Boris Diaw, l’équipe a besoin de se retrouver des leaders, et le retour de Batum et Gobert cette année va faire du bien. Tout le monde est là, l’équipe a de vraies chances de faire une médaille, après la compétition sera dure, il ne faut surtout pas perdre le premier match contre l’Allemagne.

BR : On vous laisse un mot de la fin aux lecteurs de Basket Retro pour conclure cet entretien.

GE : Je trouve ça formidable ce que vous faites ! C’est important de parler aux plus jeunes, aujourd’hui ils connaissent Lebron et Curry, mais Magic, Bird, Jordan ou même des fois Bryant ça fait un peu loin. C’est toujours important, et c’est ce que j’ai essayé de faire avec mon livre, de rappeler ce qu’il y a eu avant. Et je trouve ça formidable qu’on trouve de plus en plus de sites sur lesquels on parle du rétro, c’est un peu à la mode.

Merci à George Eddy pour ses réponses et le temps qu’il nous a accordé.

Propos recueillis par Antoine Abolivier le 07/08/19.

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About Antoine Abolivier (85 Articles)
Tombé dans le basket en découvrant Tony Parker et Boris Diaw. Passionné par tout ce qui touche à son histoire que ce soit le jeu, la culture ou les institutions. Présent sur twitter, @AAbolivier

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