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Mon Euro – Audrey Sauret : « Le titre de Vice-Championne d’Europe en 1999, un moment très fort »

Interview

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Plus de 200 sélections chez les Bleues, un titre de championne d’Europe en 2001 et un statut de légende du basket français : en 13 ans de carrière internationale, Audrey Sauret a marqué les esprits et brillé sous le maillot tricolore malgré quelques échecs, notamment aux Jeux Olympiques. Pour Basket Rétro, elle revient sur ces moments marquants sans langue de bois !

Basket Rétro : Audrey Sauret, si l’on vous dit « maillot bleu », qu’est-ce qui vous vient immédiatement à l’esprit ?

Audrey Sauret : Le maillot de l’équipe de France ! Le bleu blanc rouge ! Représenter mon pays, ce qui est très important.

BR : Qu’est-ce qui change entre une première sélection en équipe de France et une 202ème sélection 13 ans plus tard ?

AS : Une carrière accomplie avec la chance d’avoir remporté des titres entre la 1ere et la 200eme. C’est également une fierté de représenter sa famille à travers toutes ces compétitions et ces matchs internationaux.

BR : Aviez-vous du poids auprès des jeunes joueuses ?

AS : Je pense que j’ai toujours été quelqu’un qui fédérait pas mal. C’est vrai qu’en équipe de France, la fin n’a pas forcément été celle que je souhaitais malheureusement, comme pour beaucoup d’internationales à l’époque. En France, il y avait des petits problèmes pour accepter des passages de témoin et des transitions mais en tous cas j’ai toujours essayé de faire du mieux possible pour accompagner l’arrivée ou le développement de jeunes joueuses. Je pense que partager permet de faire grandir et de grandir soi-même.

« J’ai toujours essayé de faire du mieux possible pour accompagner l’arrivée ou le développement de jeunes joueuses. Je pense que partager permet de faire grandir et de grandir soi-même. »

BR : Quels sont les plus beaux moments que vous avez vécus avec l’équipe nationale, vos plus beaux souvenirs, en dehors de l’édition 2001 sur laquelle nous reviendrons plus tard ?

AS : Les Jeux Olympiques sont forcément un moment fort. C’est un événement exceptionnel auquel tout athlète de haut niveau souhaite participer, même si ce fut pour dans un contexte particulier puisque je venais de me blesser juste avant la compétition. Sinon, avant le titre de championne d’Europe, il y a eu le titre de vice-championne en Pologne en 1999. Au-delà du résultat et de la performance, on a vécu un moment très fort en tant qu’équipe et en tant que groupe. Autant, lorsqu’on joue à domicile il y a un engouement et une excitation extérieure qui est exceptionnelle, autant quand on est en dehors de son territoire pour une compétition, il y a des liens très forts qui se créent dans le groupe, une solidarité… Ce championnat m’a beaucoup marquée.

BR : Et les pires, les plus difficiles ?

AS : Ma première année, mon premier championnat d’Europe avec une équipe un petit peu en fin de vie, ce n’était pas encore Alain Jardel à l’époque, avec des problèmes entre joueuses et même un coach remis en question en plein milieu de la compétition. Et puis mon dernier championnat d’Europe, avec encore un changement de coach et le départ d’Alain Jardel sur une année spéciale puisque c’était l’année de qualification olympique. On avait un effectif pour largement se qualifier et la situation idéale aurait été de terminer ma carrière aux Jeux…

BR : Revenons sur un moment plus joyeux ! Vous avez évidemment gagné l’Euro organisé à la maison en 2001, pouvez-vous nous raconter ce tournoi « de l’intérieur » ?

AS : Moi je suis arrivée un peu en retard à la préparation parce que c’est l’année où je suis partie en WNBA donc c’est vrai que lorsque j’ai rejoint le groupe, il y a eu une petite période de réintégration, car si quelques joueuses étaient « excitées » sur mon choix, d’autres l’étaient un peu moins ! Je suis donc arrivée sur la pointe des pieds mais après, nous avons vécu des moments forts, d’abord les matchs de poule à Orléans puis tous les moments vécus avec les proches. Partager ces moments-là avec mes parents, mon frère, ma sœur et d’autres membres de ma famille a été quelque chose de très fort. On entend souvent les athlètes dire qu’ils sont reconnaissants envers les gens qui les ont accompagnés mais je pense que ça vient vraiment du fond du cœur.
Il y a bien sûr eu l’apothéose au Mans, avec la finale, l’ambiance, puis la ferveur après la victoire. A l’époque, c’était vécu d’autant plus fort que le sport féminin restait plutôt confidentiel, les gens qui nous suivaient étaient à 300% derrière nous.

« On entend souvent les athlètes dire qu’ils sont reconnaissants envers les gens qui les ont accompagnés mais je pense que ça vient vraiment du fond du cœur. »

BR : Vous reconnaissez-vous dans une joueuse actuelle des Bleues ?

AS : Non, pas particulièrement. Le basket et le sport féminin ont changé donc je ne me retrouve ni dans le style de jeu ni dans la personnalité des filles d’aujourd’hui.

BR : Quel bilan tirez-vous de votre carrière internationale ?

AS : J’en suis plutôt fière. C’est vrai qu’il y a eu des hauts et des bas, c’est la vie d’une athlète, ce serait trop beau d’avoir vingt ans de carrière et que tout soit parfait. J’ai vécu des expériences toutes plus enrichissantes les unes que les autres et ça m’a permis de construire, de grandir car on vit des moments émotionnels forts. On doit apprendre à gérer ça, à se confronter à des athlètes qui ont autant d’ambitions que nous, faut apprendre le partage, à trouver sa place, ne jamais oublier qui on est et ce qu’on a à faire. L’Equipe de France, ce sont des moments forts, mais c’est une fierté avant tout, je ne parle pas forcément de l’amour du maillot mais jouer une finale ou monter sur un podium en entendant la Marseillaise, ce sont des moments d’émotions gravés à vie dans les esprits. Il y a des échecs, notamment les Jeux, je pense que la première médaille française aurait dû arriver en 2000, mais c’est comme ça, le sort en a décidé autrement, on a fini 5ème, ce qui était une satisfaction mais nous ne pouvions pas nous en contenter en tant que compétitrices après le quart de finale manqué face à la Corée du Sud. Nous étions capables d’aller chercher une médaille, ce fut une déception, mais on se construit aussi comme cela. Je sais qui je suis, je connais mes forces et mes faiblesses et comme je le dis, j’ai toujours cherché à faire du « Audrey Sauret ».

Propos recueillis par Alexandre Rivet pour Basket Rétro
Merci beaucoup à Audrey Sauret  de nous avoir accordé cet entretien !

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