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[Jeux Vidéos] Double Dribble : 30 piges, et toujours dans le rythme.

Au milieu des années 80, l’éditeur de jeu vidéo japonais Konami décide de proposer une suite à son jeu d’arcade Super Basketball. Nous sommes en 1986 et cette suite s’appelle Exciting Basket. Le jeu change de nom en débarquant sur le marché occidental. Il devient Double Dribble. Le soft de Konami marque les esprits et se voit adapter en 1987 sur la console de salon de Nintendo, la mythique NES. C’est sur cette version que nous allons nous attarder aujourd’hui. Press Start !

Dans notre beau pays, l’adaptation sur console de salon du jeu de Konami déboule dans le courant de l’année 1988. Une époque où la Dream Team et la NBA n’ont pas encore influé sur la jeunesse. Un jeu de Basket-ball à la fin des années 80 en France, c’est comme si aujourd’hui on nous proposé une simulation de Sumo (au hasard). On frôle l’hérésie. Pourtant vu la frénésie avec laquelle j’ai fumé cette cartouche entre deux paquets de Pépito, je ne peux que remercier Konami.

THE SHOW MUST GO ON

dd1Entrons tout de suite dans le vif du sujet, et mettons cette bonne vieille « Nintendo Entertainment System » sous tension (mais c’est quoi ce clignotement rouge là, les vrais savent). Le jeu démarre, et après un écran titre qui propose une espèce de logo NBA déguisé (les jeux sous licences à l’époque se comptent sur les doigts de la main) et le choix entre un match solo ou un versus contre un pote, vous voilà directement face à votre salle où afflue une foule dense, prête à dépenser des fortunes en goodies et à hurler votre nom à chaque action d’éclat. La petite scénette d’intro’ est mystique, et tellement typique des jeux vidéos rétro. Les supporters se pressent vers le complexe, un ballon dirigeable affublé du logo de Konami survole la ville.

L’hymne Américain est joué par un orchestre philharmonique (bon là je m’enflamme, en fait c’est digitalisé avec 3 notes et un synthé, les fans de « chiptune » apprécieront l’oeuvre à sa juste valeur). En guise de bouquet final, un lâcher de ballons ( j’imagine que ce sont des ballons, même si un instant on peut croire qu’il s’agit de merguez, mais on envisage difficilement le vendeur du stand des merguez balancé sa marchandise à l’emporte pièce alors que le match n’a pas encore débuté) illumine les abords de la salle, et s’ensuit alors le déploiement d’une bannière étoilé. Au moins avec toute cette mise en scène, les fans savent pourquoi ils ont payé leurs billets. Mieux que le All-star Game et les Finals réunis. Le décor est planté, on va pouvoir passer aux choses sérieuses.

dd2Vous voici désormais devant un écran de sélection. C’est ici que vous choisissez les options du match. Le choix est famélique, mais il a le mérite d’exister. La durée des quart-temps est variable (5, 10, 20 ou 30 minutes). Ainsi que la difficulté des rencontres. Conseil du jour, optez directement pour le level 2. Dans le level 1 vous aurez l’impression d’être les Bad Boys de Detroit de la grande époque qui participent à un tournoi inter-scolaire, et à l’inverse, au sein du level 3, vous vous sentirez comme les Warriors lors des quatres derniers matchs des finales 2016. Concernant les équipes disponibles, elles sont au nombre de 4. Chicago, Boston, Los Angeles et New-York. Bon visiblement ils ont opté pour des gros marchés porteurs. Non il n’y a pas Seattle ou Milwaukee. Les puristes et les fans des Bucks feront la tronche. Il leur restera le show des pom-pom girls à la mi-temps pour se consoler. Un show qui, à défaut d’émoustiller son monde, réussira forcément à vous arracher un petit sourire. C’est aussi ça les jeux vidéos rétro.

KONAMI DONNE LE RYTHME

dd3L’arbitre se saisit (enfin) du cuir. C’est parti pour l’entre deux, le match démarre. Premier constat, c’est drôlement épuré. Pour rappel, nous sommes à la fin des années 80. Tout est relatif donc. Le parquet est identifiable et on ne s’y perd pas visuellement. Un fond orange et bleu marine, où s’animent des joueurs dans des jerseys pastels. Le choix est judicieux. Il évite ainsi une hideuse bouillie pixellisée que l’on retrouve dans pas mal de simulation sportive de l’époque. Les gradins eux sont clairsemés. Mais où est donc toute cette foule qui se hâtait à l’avant match ?? Ça va allez mal pour celui qui répond qu’elle traîne au stand de merguez. Les bruitages du ballon qui rebondit rythment l’action de façon soutenue. Comme un métronome. Les shoots longues distances sont ambiancés façon larguage de bombes et c’est dans une explosion auditive (au sens propre des choses) que vous faites mouche. Aucun doute, on sent poindre ici la touche arcade du jeu. Une propriété du jeu que l’on ressent d’ailleurs aussi dans sa maniabilité. Une maniabilité toute particulière, donnant de l’énergie et de la nervosité aux affrontements.

C’est certes rudimentaire, une touche pour les passes et/ou les interceptions et une autre pour le tir/dunk. Pas de défense possible, hormis si vous êtes sur la trajectoire d’une passe adverse, sinon vous êtes condamné à courir à côté de vos opposants. Ça sent bon le vintage, et bizarrement ça confère une sorte de fluidité aux rencontres.

dd6Tout s’enchaîne de manière effrénée et on ne s’ennuie pas. A l’époque si le jeu de Konami avait marqué les esprits et rapidement jouit d’une excellente popularité, ce n’était pas uniquement grâce à son introduction et son lâcher de merguez (ça suffit hein). Non. L’une des particularités propres à Double Dribble provient de ses petites cinématiques qui se jouent à l’écran lorsque vous montez au dunk. L’action s’arrête, et votre joueur apparaît en gros plan pour planter son Smash. Un régal, même 30 piges après. Un procédé « tape à l’oeil » et jouissif pour l’époque qui sera repris dans de nombreux jeux de basket par la suite (dans Basketball Nightmare par exemple). Konami nous dévoile (déjà) tout son savoir faire, et ce n’est pas un hasard si l’éditeur deviendra rapidement un poids lourd dans le monde du jeu vidéo (PES, Metal Gear, ou encore Castlevania ça vous parle ?).

30 ANS DÉJÀ

dd4Cependant, Double Dribble n’est pas exempt de tout reproche. Déjà, d’un point de vue technique, la console de Nintendo n’est pas une machine de guerre, et par conséquent quelques soucis viennent entacher le tableau. On pense par exemple aux clignotements perpétuels des sprites. Dès que les 10 joueurs apparaissent simultanément à l’écran, c’est la crise d’épilepsie assurée. Hormis ce détail, le package de Konami est tout à fait honorable pour la fin des années 80. En mettant les choses en perspective et en les replaçant dans le contexte historique, on ne peut que s’incliner devant Double Dribble. Grâce à sa jouabilité et sa maniabilité hors pair le jeu de Konami s’inscrit indéniablement comme une pierre importante à l’édifice vidéo-ludique de la balle orange. Au début des années 90, on retrouvera Double Dribble sur Micro-ordinateur (sur Amiga, Commodore et PC pour être précis). Une version Game Boy sera aussi réalisée. Puis en 1994 c’est la Megadrive de Sega qui accueillera une suite intitulée « Double Dribble : Playoff edition » .

Pour boucler la boucle, et pour prouver l’aura dont jouit toujours Double Dribble, il réapparaît en 2010 dans un remake jouable sur Iphone. Une version a laquelle on peut s’adonner en arborant fièrement l’un des nombreux tee-shirts aux couleurs du jeu disponible sur les sites de ventes US. Un accesoire indispensable pour briller en société. Vous voulez une dernière preuve de l’importance et de la popularité de Double Dribble ? Alors retrouvez en fin d’article une vidéo de Mai 2016 où Jordan Clarkson, actuellement joueur des Lakers s’amuse à chroniquer le classique de Konami. Ainsi la licence aura donc traversé 3 décennies. Est-il nécessaire d’ajouter quelque chose ?

Crédits photos : nintendolegends.com

Montage une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

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About Waka Bayashi (94 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

1 Comment on [Jeux Vidéos] Double Dribble : 30 piges, et toujours dans le rythme.

  1. Tiens ??! Mais c’est quoi ces ptits « ronds » sur le beau parquet orange ??? Des nœuds sur le bois des lattes ? Déjà très réaliste KONAMI… Ça donnerai presque envie de se placer pile dessus pour tenter sa chance from down town 😉 . Les Vrais Savent ^^

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