ITW Frédéric Weis – Part 2 : « Un rêve de parler basket dans les médias »
Suite de l’interview aujourd’hui de Frédéric Weis. « Fredzilla » nous a parlé de son après-carrière dans les médias. La Pro A, Tony Parker, la NBA sont les autres thèmes abordés avec lui le 12 octobre dernier. A vos souris.
BR : Certains joueurs après leur carrière ont entamé une d’entraîneur, ce qui n’est pas votre cas. Coacher ne vous tente pas ?
FW : Pas du tout, il faut avoir un certain talent pour faire ce métier. Je pense à Laurent Sciarra qui sait haranguer les foules, parler aux gens. Moi je sais pas faire mais suis plus intéressé par le consulting sportif.
BR : Justement vous avez commenté par le passé des matchs pour France bleu et maintenant vous officiez sur SFR Sport. Qu’est ce qui vous a poussé à cette activité ?
FW : Cela a commencé quand j’ai animé une émission à la radio espagnole. J’aime bien parler et ai toujours aimé les médias même quand j’étais encore joueur pro. C’est une activité qui m’a toujours plu. Je rêvais d’en faire. C’est un objectif que j’avais en tête.
BR : Vous commentiez des matchs sur France Bleu Limousin
FW : Oui, tous les matchs du CSP que ce soit en Euroligue ou en championnat de Pro A. Maintenant je suis sur SFR en ayant la chance de commente d’autres clubs français que Limoges. J’en suis ravi.
BR : Et quel était votre rôle dans la radio espagnole ?
FW : C’était mon émission dans laquelle je bossais avec un animateur. Il me posait des questions. Je donnais ma façon de penser sur ce qui se passait dans le basket.
BR : Vous aviez donc des contacts dans les médias espagnols pour pouvoir faire cette activité.
FW : J’ai la chance de parler espagnol, ça aide. On était plusieurs personnes dans l’équipe de l’émission pour alterner.
BR : Comment préparez-vous vos commentaires de matchs ?
FW : Je regarde les compositions d’équipe, les infos sur les joueurs. Je prends des notes quand il faut sortir des anecdotes sur les joueurs. Je fais un travail en amont. J’essaie d’être le plus naturel possible pour raconter ce qui se passe sur le terrain. Je commente avec cette vision d’un ancien pro en disant pourquoi on n’a fait ça et pas autre chose. Quand je regarde, je me moque de savoir si le gars dit que tel joueur est le cousin d’intel.
BR : Comment s’est passé votre recrutement chez SFR Sport ?
FW : Faut se donner les moyens. J’ai appelé du monde. Et SFR m’a offert une chance, un essai. Je fais partie ainsi des consultants basket de la chaîne.

BR : Quels conseils donneriez-vous aux garçons et filles qui veulent effectuer une carrière pro ?
FW : Chacun carrière est différente. Chaque approche du basket est différente. Il faut qu’il se donne les moyens. C’est s’entraîner, faire ce qu’il faut pour être un bon basketteur. Le plus important, ne pas oublier les bases de l’éducation. C’est encore mieux d’être un sportif poli et éduqué.
BR : Quelle différence faites-vous dans l’évolution du basket masculin au niveau du jeu entre votre époque à aujourd’hui (technique, tactique) ?
FW : On a moins de joueurs capables d’intégrer de la tactique très forte. Physiquement c’est plus fort, dense. L’évolution n’est pas faite forcément pour produire du jeu bien construit. Je préfère le jeu structuré. Maljkovic m’a appris à jouer au basket. C’est l’évolution du sport en général. On est plus grand, plus fort.
BR : On assiste à un championnat de France de Pro A irrégulier avec des champions différents en plus de 10 ans. Quel est votre regard à ce sujet : inquiétant ou pas ?
FW : Tout dépend de quel point de vue on se place. Si c’est celui purement français, c’est une bonne chose que plusieurs équipes puissent prendre le relais. Si on se place du point de vue européen, c’est plus compliqué. Ca veut dire qu’on n’a pas d’équipes leaders capables d’affronter les équipes européennes avec des chances équivalentes.
BR : Que faire pour que la France brille en Coupe d’Europe. On n’a plus de clubs en Euroligue avec le conflit FIBA Uleb. Mais que faire pour aller jouer des demi-finales, participer au Final Four en Eurocoupe. Quelles solutions ?
FW: Pour l’Euroligue, ca sera impossible. Sinon qu’une équipe française gagne à l’euro millions. C’est une question d’argent. Le basket ne génère pas assez d’argent en France pour qu’on puisse recruter les meilleurs joueurs du monde hors NBA. A partir de là, on n’a aucune chance. Jamais une équipe française n’arrivera avec un budget de 30 millions de budget en Euroligue.
BR : Ce n’est pas qu’un souci d’argent. Sur le terrain, les joueurs doivent se donner à fond pour jouer une compétition.
FW : Mais on peut pas se payer les top joueurs qui jouent ailleurs. En plus, les bons joueurs français ne jouent plus en France. Ils sont bons mais s’en vont. C’est la vérité à dire.
BR : Pensez-vous que la France va continuer à glaner des médailles sur le plan européen voire mondial avec la relève de nouveaux joueurs après la génération Tony Parker, Florent Piétrus, Mickael Gelabale ?
FW : Bien sur j’y crois. On ne remplacera pas Tony Parker. Il va falloir faire autrement. On a des joueurs de top niveau comme Nando De Colo, Thomas Heurtel. Rudy Gobert est encore très jeune. Il y a de quoi faire avec ces joueurs. Une équipe se dessinera d’une autre manière. Nicolas Batum, Evan Fournier sont là aussi dans l’équipe.
BR : Vous avez cité précédemment les noms de Tony Parker et Boris Diaw. Vous avez évolué auprès de ces joueurs en équipe de France. Vous avez ressenti qu’ils avaient ces âmes de leaders en eux ?
FW : Je les ai côtoyés en 2005. Ce sont des leaders naturels.
BR : Un mot sur la retraite internationale de Tony Parker avec qui vous avez joué. Il a toujours répondu présent en sélection en étant énorme.
FW : Il faut récompenser ses bons et loyaux services en équipe nationale. C’est bien qu’il puisse se reposer. C’est bien pour l’équipe de France d’entamer une nouvelle ère. Félicitations à TP pour tout ce qu’il a apporté à la nation tricolore.
« Le basket ne génère pas assez d’argent en France pour qu’on puisse recruter les meilleurs joueurs du monde hors NBA. A partir de là, on n’a aucune chance. Jamais une équipe française n’arrivera avec un budget de 30 millions de budget en Euroligue ».
BR : Quels sont vos premiers souvenirs de la NBA ?
FW : La finale en 1991 entre Magic et Jordan. Ensuite ce sont les cassettes vidéos VHS de l’époque : Patrick Ewing (ndlr : Standing Tall), Hakeem The Dream. Ou encore Shawn Kemp qui dunke et qui pointe du doigt le gars sur qui il a dunké.
BR : Quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) que vous aimez en NBA ?
FW : Les Chicago Bulls de Michael Jordan. Les Lakers de Magic Johnson. Les Orlando Magic de Shaquille O’Neal. Les Houston Rockets quand Charles Barkley y jouait. Les Utah Jazz du duo Karl Malone-John Stockton. Et en ce moment je suis pour les Cleveland Cavaliers de Lebron James plus que les Warriors de Stephen Curry.
BR : Avez-vous le souvenir d’un match NBA marquant : All Star Game, playoffs, performance d’un joueur ?
FW : Oui lorsque Scottie Pippen portait des chaussures rouges pour jouer le All-Star Game en 1994 où il a été MVP. Je me rappelle c’était incroyable.
BR : Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ?
FW : Pau Gasol, Karl Malone, Charles Barkley, Ray Allen, Tony Parker. Un 5 assez costaud.
BR : Vous avez porté énormément de maillots pendant votre carrière. Les avez-vous tous gardé ?
FW : Oui tous gardés. Ils sont dans des cartons. C’est super important de les garder. J’ai pas voulu faire le mercenaire. J’ai tenu à représenter le club, la ville pour lesquelles j’ai joué dans ma carrière. Au PAOK, je suis pas resté longtemps, je me suis pas imprégné de la culture. Dans les autres clubs, j’y suis resté 4-5 ans. C’est donc important.
BR : Hormis ces maillots, êtes-vous une personne qui achète des produits dérivés NBA, du basket ?
FW : J’ai lancé ma marque de fringues. Je me sers plutôt de ma marque. Sinon à Lille pour l’Euro 2015, j’ai acheté le maillot et short de l’équipe de France pour mon fils. Des tenues NBA aussi. A New-York, j’ai acheté un maillot au NBA Store.
BR : On va conclure cette interview avec votre mot de la fin ?
FW : Ravi de rencontrer quelqu’un qui a une culture basket aussi importante.
BR : Merci beaucoup pour cet entretien. C’était un plaisir de vous avoir au téléphone ce soir.
FW : Merci pour cette mémoire et cette culture.
PARCOURS EN CLUB :
- 1991-1992 : CREPS Nancy
- 1992-1995 : Centre fédéral de basket-ball (Nationale 2)
- 1995-2000 : CSP Limoges (Pro A)
- 2000-décembre 2000 : PAOK Salonique (ESAKE)
- janvier 2001-2004 : Unicaja Malaga (Liga ACB)
- 2004-2009 : Bilbao (Liga ACB)
- 2009-2010 : Minorque (Liga ACB)
- 2010-2011 : Limoges CSP (Pro B puis Pro A)
- 2014-2015 : Aixe Basket (Régionale 1)
- 2015-2016 : Limoges Saint-Antoine (NM3)
PALMARES :
- Médaille d’argent aux Jeux olympiques d’été de 2000 de Sydney
- Médaille de bronze en 2005 à Belgrade
- Vainqueur de la Coupe Korac 2000 (Limoges) et 2001 (Malaga)
- Champion de France 2000 avec Limoges
- Coupe de France 2000 avec Limoges


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