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La victoire de Porto Rico face aux États-Unis lors des JO d’Athènes en 2004

Après avoir été humiliée lors de ses championnats du monde à Indianapolis en 2002, Team USA entend prendre sa revanche aux JO d’Athènes deux ans plus tard. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu, avec une déroute pour débuter la compétition.

A l’aube du début du tournoi olympique des questions demeurent quant à l’équipe américaine. En effet la liste des joueurs ayant décliné l’invitation est longue et les raisons invoquées diverses (fatigue, blessure, mariage, sécurité) : Shaquille et Jermaine O’Neal, Ben Wallace, Kobe Byant, Jason Kidd, Kevin Garnett, Ray Allen, Elton Brand, Richard Hamilton ou encore Tracy McGrady. L’effectif se construit ainsi : deux superstars de la ligue, Iverson et Duncan, des joueurs au statut confirmé (Marbury, Marion, Jefferson, Odom) entourés par des jeunes loups prometteurs, dont les trois rookies stars de la saison écoulée (James, Anthony, Wade). L’équipe ne compte qu’un seul véritable meneur de jeu (Marbury) et empile les ailiers très athlétiques, forts en pénétration, mais pas vraiment réputés pour leur qualité de shooteurs extérieurs. Or dans le jeu FIBA, la présence de joueurs capables d’étirer la défense par cette menace extérieur est un élément qui paraît incontournable.

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L’effectif des JO 2004

Pour leur entrée dans la compétition les USA affrontent Porto Rico. L’équipe insulaire possède notamment deux joueurs évoluant en NBA, le pivot Daniel Santiago aux Milwaukee Bucks, et le meneur Carlos Arroyo au Jazz d’Utah. La ligne arrière comporte en plus d’Arroyo deux autres joueurs à signaler : le scoreur Elias Ayuso (qui a participé à la pré-saison des Spurs en 2003) et le shooteur Eddie Casiano.

TEAM USA HUMILIÉE

Dès le début du match les Américains jouent un peu trop faciles, ratant des passes simples et laissant échapper des ballons. Ils semblent peu à l’aise face à la défense proposée par les Portoricains. Le plus souvent organisés en zone 2-3 leur tactique est claire : verrouiller la raquette, fermer à 2 ou à 3 lorsque la balle arrive poste bas et bloquer l’accès au cercle. Cela afin d’obliger les Américains à shooter extérieur, notamment à 3 points, leur faiblesse identifiée. En attaque les insulaires peuvent s’appuyer sur Ayuso qui inscrit 10 points dans le 1er quart-temps, profitant d’une défense adverse apathique et qui ne profite que trop rarement de sa supériorité physique pour générer du jeu en transition, principale force américaine. Après un premier quart-temps serré (21-20 pour Porto Rico) les États-Unis s’effondrent complètement lors de la période suivante, n’inscrivant que 7 points. Ils s’entêtent à dégainer de loin sans même sembler y croire (airballs, gros écarts, tranches) et ratent des paniers près du cercle. Leur défense est transformée en gruyère par Arroyo qui pénètre comme il l’entend et distille les passes décisives à ses coéquipiers, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. A la mi-temps Porto Rico mène de 22 points (49-27) !

Au retour des vestiaires les Américains haussent leur intensité défensive. S’ils s’agacent face à des coups de sifflet qu’ils ne comprennent pas, ils arrivent tout de même à gagner des ballons en pressant plus haut et à s’offrir ainsi quelques contre-attaques. Mais ces efforts sont trop inconstants et leurs adversaires continuent de profiter de largesses défensives. Sur attaque placée la situation ne change guère. Les intérieurs sont peu servis et lorsqu’ils ont la balle ils viennent s’empaler sur la défense portoricaine. Les coupes dans la défense sont trop rares. L’adresse extérieure reste en berne malgré des positions ouvertes. Les paniers marqués sont la plupart du temps le résultat « d’exploits » en pénétration et l’écart est encore de 17 points à l’entame du dernier quart-temps.

Lors de cette dernière période les Américains semblent pouvoir revenir grâce à leur physique : la défense haute fatigue leurs adversaires qui perdent davantage de ballons et subissent la transition. Mais si Team USA se rapproche à 8 points à 6min11 de la fin, les Portoricains trouvent toujours une solution, notamment un Arroyo éblouissant qui marque 10 points dans le dernier quart-temps. Il termine le match avec 24 points et 7 passes décisives. Ayuso marque 15 points et Casiano 18, dont 4/4 à trois points avec un dernier tir inscrit à 20 secondes de la fin à 10 mètres du panier sous les « Olés » du public.

UNE DÉFAITE HISTORIQUE

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Carlos Arroyo montrant fièrement ses couleurs à sa sortie du terrain

Le score final est sans appel : 92-73. Face à une défense de zone qu’ils n’ont pas ou très peu l’occasion d’affronter en NBA la faillite offensive des Américains est totale : 35% de réussite aux tirs, 3/24 à 3 points (dont 1/10 pour Iverson et 0/6 pour Jefferson), 22 ballons perdues pour 11 passes décisives. Leur avantage aux rebonds (46-27) traduit surtout leur taux de réussite abyssal. Seul Duncan aura tenu son rang avec 15 points, 16 rebonds, 5 interceptions, 4 passes décisives et 2 contres. Mais il n’aura shooté que 10 fois, cerné et englué dans la défense resserrée des Portoricains.

L’équipe Américaine concède ce 15 août 2004 son premier revers lors d’une phase de poules olympique. C’est seulement la troisième défaite de son histoire lors des JO et la première depuis qu’elle peut compter sur des joueurs professionnels. Cela marque aussi la fin d’une série de 24 victoires consécutives de Team USA aux JO, entamée en 1992 à Barcelone.

LE MATCH EN INTÉGRALITÉ

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About Charles Mamere (13 Articles)
Pratiquant le basket depuis l'âge de six ans, ayant commencé à suivre la NBA avec le premier sacre des San Antonio Spurs en 1999. Dès lors impossible d'en décrocher, que ce soit pour suivre son actualité quotidiennement ou pour plonger dans sa riche histoire avec passion.

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