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Berlin 1936 : et le basket-ball devint olympique

Après avoir été sport de démonstration à l’occasion des Jeux de 1904 à Saint Louis, le basket-ball fit son entrée dans l’olympisme à Berlin pour les Jeux Olympiques de 1936. Cette onzième olympiade est restée dans les mémoires à plus d’un titre. Basket Rétro revient pour vous sur le premier tournoi olympique de basket-ball.

Quand le Comité International Olympique (CIO) accorda les Jeux Olympiques à Berlin en 1931, personne ne pouvait soupçonner que cette édition allait tant entrer dans l’histoire. En effet, près de deux ans plus tard, en 1933, à la faveur de succès électoraux le parti nazi mené par Adolf Hitler accéda à la chancellerie. Le climat international allait ainsi peu à peu se détériorer au rythme des provocations et du durcissement du régime nazi et de sa législation instaurant un racisme d’État qui allait conduire à l’une des plus grandes et abominables catastrophes de l’histoire de l’Humanité. La question du boycott s’est alors posé notamment en France et aux Etats-Unis. Finalement, après avoir obtenu certaines garanties (qui seront plus ou moins suivies par les autorités allemandes) particulièrement au niveau des discriminations envers les juifs, l’ensemble des délégations se retrouvent à l’été 1936 dans la capitale allemande.

LA BALLE ORANGE FAIT SON ENTRÉE AUX JEUX

Malgré les déclarations du Baron de Coubertin (président du CIO entre 1896 et 1925) qui était en effet opposé à l’intégration de sports collectifs aux olympiades et après le football et le hockey sur gazon en 1908, le basket-ball fut reconnu par le CIO en 1935 et intégré dès l’olympiade suivante en compagnie du handball. Il fallut toute l’énergie de trois hommes pour que cette décision soit prise. Herman Niebuhr, entraîneur de basket-ball à Bad Kreuznach, Willi Daume le président du comité olympique allemand et international de la balle orange et William Jones le secrétaire générale de la Fédération Internationale (la FIBA). L’événement qui semble-t-il entérina la décision eut lieu sur un ferry entre Stockholm et Rome. William Jones y rencontra le docteur Carl Diem, président du Comité d’organisation des Jeux de Berlin qui avait été son professeur quelques années auparavant. Le secrétaire général de la FIBA plaida la cause de son sport durant le trajet. Son plaidoyer dut être de grande qualité puisqu’il permit à la balle orange de briser les derniers obstacles à son entrée dans l’olympisme.

Les Jeux 1936 témoignent de l’essor qu’avait pris le basket-ball dans le monde dès cette époque. En effet, des équipes de tous les continents se présentèrent à ce premier tournoi. Ainsi on retrouvait 21 équipes : Belgique, Égypte, Brésil, Canada, Chili, Chine, Estonie, France, Italie, Japon, Lituanie, Mexique, Pérou, Philippines, Pologne, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Uruguay, États-Unis et évidemment l’Allemagne. Le tournoi reçut un hôte de marque tout au long de la compétition : James Naismith en personne. Le père du basket-ball fut décrit par le journaliste français Robert Perrier en ces termes :

« Au physique, avec ses lunettes d’or, son visage pétri de malice et de jeunesse, ses cheveux à peine grisonnants, il ressemble à un officier de cavalerie qui porte beau et c’est la meilleure grâce du monde qu’il savoure la joie – oh combien légitime – de voir son œuvre, son enfant appelé à une si brillante destinée. »

UN TOURNOI EN PLEIN AIR

James Naismith fut invité par l’association des entraîneurs américains de basket-ball mais l’ensemble des frais notamment concernant son séjour n’était pas pris en charge. De plus, le professeur n’avait pas reçu toutes les accréditations nécessaires pour assister à la compétition. Ainsi, l’inventeur du basket-ball faillit manquer le premier tournoi olympique du sport qu’il avait inventé. C’était sans compter sur William Jones et Carl Diem dont les interventions permirent de réparer l’impair. Une cérémonie au début du tournoi fut même organisée en l’honneur de Naismith qui put ainsi recevoir les hommages des différentes délégations.

Marcel Barillé (à gauche) président de la fédération française aux côtés de James Naismith lors du toirnoi à Berlin.

Marcel Barillé (à gauche) président de la fédération française aux côtés de James Naismith lors du tournoi à Berlin.

Ce premier tournoi olympique se déroula sur sept jours du 7 au 14 août en extérieur sur des terrains normalement prévus pour la pratique du tennis. Le premier match dont le coup d’envoi fut donné par le professeur Naismisth opposa la France à l’Estonie. Ce fut les estoniens qui l’emportèrent 34 à 29. Les Jeux Olympiques furent d’ailleurs de courte durée pour l’équipe de France malgré un certain panache que l’ensemble des observateurs leur reconnurent puisqu’ils sortirent de la compétition après seulement deux matchs et une seconde défaite face à la Chine (45 à 38). Le maître mot de ce tournoi fut la défense particulièrement pour les américains. La règle des 24 secondes n’existant pas encore (il fallut attendre 1956 pour que la FIBA instaure la règle des 30 secondes qui deviendront 24 en 1999 selon le modèle NBA), le jeu américain se transforma rapidement en passe à 10. Selon eux, le sol inégal des terrains ne permettait pas un jeu offensif et les ballons de fabrications allemande étaient trop lisses. En demi-finale les américains disposèrent du Mexique 25 à 10 quand le Canada s’imposait face à la surprise du tournoi, la Pologne sur le score de 42 à 15.

PREMIÈRE VICTOIRE POUR LA TEAM USA

Team USA aux Jeux de Berlin 1936.

Team USA aux Jeux de Berlin 1936.

Les polonais furent bien chanceux durant la compétition. Défaits par l’Italie au premier tour, un tirage au sort les exempt de repêchage, une nouvelle fois défaits au second tour cette fois-ci par le Japon, ils gagnent leur repêchage contre la Lettonie. En huitièmes de finale, les polonais viennent à bout de brésiliens épuisés par quatre matchs d’affilés avant de remporter leur quart de finale sans jouer puisque le Pérou déclara forfait. L’obstacle canadien fut cependant trop imposant pour se hisser en finale. Si le tournoi s’était déroulé sous le beau temps, le jour de la finale, le temps se gâta. Le jeu américain n’était déjà pas flamboyant et les conditions météo vinrent renforcer la stratégie attentiste états-unienne. Les américains ne tirèrent au panier que 15 fois sur l’ensemble de la finale et la marque resta inchangée 12 longues minutes. Invaincus tout au long de la compétition, les américains remportèrent leur premier titre olympique face à leurs voisins canadiens sur le score ridicule de 19 à 8. Le premier d’une longue série puisqu’il fallut attendre les jeux de Munich en 1972 et l’URSS pour détrôner la Team USA. Les mexicains disposèrent quant à eux des chanceux polonais pour le bronze sur le score de 26 à 12.

Un billet de la finale des Jeux de Berlin

Un billet de la finale des Jeux de Berlin.

Le basket-ball montra à Berlin qu’il était véritablement un sport américain puisque le podium fut composé essentiellement de nations du nouveau monde rendant ainsi hommage de la plus belle des manières à son inventeur canado-américain James Naismith. Lors de la cérémonie de remise de médailles, William Jones s’aperçut qu’il restait une médaille non attribuée. En effet, l’équipe mexicaine comptait onze joueurs sur douze autorisés. Le secrétaire de la FIBA n’hésita pas une seconde et remit cette médaille accompagnée de la couronne de lauriers promise aux vainqueurs au professeur Naismith. Celui-ci, tout heureux et fier d’un tel hommage, jeta son chapeau pour ceindre ce nouveau couvre-chef. On raconte que l’on croisa James Naismith, plusieurs heures plus tard, dans une brasserie de Berlin portant fièrement autour de son cou sa couronne de lauriers !

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

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About Julien Hector (44 Articles)
aime les vieux grimoires surtout quand ils parlent de basket et de l'ALM Evreux Basket !

1 Comment on Berlin 1936 : et le basket-ball devint olympique

  1. Le basket-ball était aussi sport de démonstration aux Jeux de 1924 à Paris. On trouve des photos sur le web du stade de Colombe avec des paniers de basket-ball avec planches en bois peintes en blanc, l’ensemble est maintenu par deux poteaux dans le prolongement de la planche, un classique en ce temps-là.

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