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[A lire] « Dream Team », le récit de la plus grande équipe jamais assemblée

Book

Rare sont les ouvrages sur la NBA traduits en français. Après « Michael Jordan, the life » de Roland Lazenby sorti en version française l’an passé, Talent Sport propose aux fans de NBA non-anglophone de découvrir ou redécouvrir le parcours de la plus belle équipe de l’histoire : la Dream Team de 1992 des Jeux Olympiques de Barcelone, disponible le 8 juin en librairie. 

Dans « Dream Team » paru en version anglaise en 2012, Jack Mccallum nous replonge au sein d’une équipe qui révolutionnera le basket et le sport en général à travers sa construction, ses polémiques, son parcours et les répercussions qu’elle aura sur les générations futures. Truffé de témoignages et de portraits inédits des protagonistes  de l’aventure, le livre ouvre les portes de l’équipe phénomène de l’été 1992. Journaliste de longue date pour Sports Illustrated, Jack McCallum est aussi connu pour deux autres ouvrages « en immersion » au sein de franchises NBA : « Unfinished Business » sur la saison 1990-91 des Boston Celtics et le superbe « 07 Seconds or Less » retraçant le parcours les Suns de Phoenix lors de la saison 2005-06.

LA COMPOSITION

DT_PRINT_COUVERTURE_FACE_HDTout démarre par un long process. C’est sous l’impulsion du secrétaire-général de la FIBA, Boris Stankovic, qui considérait malhonnête que les professionnels américains n’aient pas le droit de participer au tournoi olympique, qu’en 1989, une résolution fût votée pour autoriser les joueurs NBA. Après l’échec de Séoul en demi-finale des Jeux Olympiques 1988, le comité d’organisation américain a donc 3 ans pour bâtir une équipe compétitive.

Débute alors une longue période de lobbying pour inciter les stars NBA à participer à la compétition, en choisissant tout d’abord un coach respecté, Chuck Daly des Detroit Pistons, et en convainquant les trois grandes stars de l’époque, Michael Jordan, Larry Bird et Magic Johnson.

Si Bird et Magic furent plus faciles à convaincre, la tâche s’annonçait plus compliquée avec Jordan. Sous contrat à avec Nike alors que Team USA a un contrat avec Reebok, Jordan est plutôt réticent à arborer la tenue de l’équipementier conçurent. Il masquera d’ailleurs habilement le logo Reebok lors de la remise des médailles, en le couvrant du drapeau américain.

Au final, Michael acceptera mais posera ses conditions : je participe si Isiah Thomas n’y est pas. L’historique entre les deux hommes est garni, depuis le « bizutage » de Jordan orchestré par Thomas lors du All-Star Game 1985 à la rivalité Pistons – Bulls de la fin des années 80. La non-selection de Thomas aura également des répercussions sur deux autres hommes proche de Thomas : Magic Johnson son ami de longue date et Chuck Daly, son coach chez les Pistons. Le fait que de les deux n’insisteront pas pour avoir Thomas dans l’équipe laissera un goût amer dans la bouche du Piston.

L’équipe sera ensuite complétée avec les plus grandes stars NBA, de Patrick Ewing à Karl Malone en passant par Clyde Drexler, Charles Barkley ou David Robinson.

LA PRÉPARATION – LE MATCH DU SIÈCLE

barkley-magicSi l’ouvrage  nous permet de suivre la préparation de la Dream Team, depuis le premier stage à San Diego qui verra la seule défaite de la Dream Team face à une équipe composée d’universitaires (Grant Hill, Chris Webber ou Jamal Mashburn) à la préparation à Monte Carlo, puis Barcelone, il nous permet surtout de vivre ce que certains appellent le plus grand match de l’histoire du basketball. Jack MacCollum a pu mettre la main et visualiser l’affrontement entre l’équipe Jordan et l’équipe Magic dans un gymnase de Monaco, quelques jours avant le début des Jeux Olympiques. D’un côté Magic, Barkley, David Robinson, Chris Mullin et Christian Laettner, de l’autre Jordan, Ewing, Malone, Pippen et Bird. Un affrontement d’une intensité rare retranscrit action par action dans le livre.

EXTRAIT

Equipe bleue Magic Johnson 7 – Equipe blanche Michael Jordan 2 

Malone rate un autre tir ouvert ; Magic prend le rebond, ressort et crie « Je te vois bébé » à Mullin qui est  démarqué. Mullin rate. Barkley prend le rebond et trouve Laettner qui coupe mais le tir de ce dernier est balayé par Ewing. Laettner lève les bras pour demander la faute ; il est vite rejoint par son coéquipier plus influent :

-« C’est bon ! intervient Magic, réclamant un contre illégal.

-Il ne l’a pas sifflé, dit Jordan

-C’est bon, redit Magic

-Il n’e l’a pas sifflé », dit Jordan

Magic gagne encore une fois. Contre Illégal

Equipe bleue Magic Johnson 11 – Equipe blanche Michael Jordan 2 

Bird contourne Laettner à droit et prend un vilain tir main gauche qui manque sa cible. Il est évident que son dos le fais souffrir et que si Stockton ou Drexler avait été disponible, il serait resté sur le banc. Laettner bénéficie d’un Lay-up en attaque sur la sortie rapide de Magic mais Ewing le contre, un petit moment qui présage de la carrière de Laettner en NBA. Il n’avait pas suffisamment de jus pour dunker et n’était pas assez physique pour provoquer la faute.

« Dunke-moi cette merde, Chris » dit Jordan.

(Des années plus tard, Jordan m’a dit froidement « Tous ceux qui avaient Laettner avec eux perdaient. Il était le maillon faible et tout le monde s’en prenait à lui »)

Bird rate un tir ouvert, Magic fonce sur Pippen et le boule hord sur terain ; néanmoins, Magic jette un regard incrédule quand la balle est attribuée à l’équipe blanche. Ewing tire : swish.

Equipe bleue Magic Johnson 11 – Equipe blanche Michael Jordan 4

LE TOURNOI : UNE PROMENADE DE SANTE AUX AIRS DE REVOLUTION

C’est installé dans un hôtel luxueux de Barcelone que la Dream Team vivra les JO avec des expériences différentes selon les joueurs. Là ou John Stockton pourra se balader sur Las Ramblas quasi-incognito, Charles Barkley et Michaël Jordan enchaînent parties de golf le jour et parties de cartes la nuit. On découvre également dans le livre les liens forts qu’ont noué certains joueurs durant la compétition comme Patrick Ewing et Larry Bird, surnommés « The Harry and Larry Show ».

Le parcours vers la médaille d’or est sans accroc, avec un écart moyen de 43 points et une domination sans partage comme lors de la victoire face aux Croate durant laquelle Toni Kukoc a été la cible de Michael Jordan et Scottie Pippen voulant faire passer un message à leur Général Manager Jerry Krause. Les deux ont mal digéré les yeux doux que Krause faisait à la pépite Européenne (et surtout le salaire envisagé nettement supérieur à celui de Pippen).

dreamteam_710_070807

LES RÉPERCUSSIONS :LA GLOBALISATION DE LA NBA

Au final, l’impact de ces jeux iront bien au-delà d’une simple médaille d’or. La NBA deviendra un produit international qui s’exportera de plus en plus souvent, avec les McDonald’s challenge dans un premier temps, puis avec les Global Games en Europe et à travers le monde. Les frontières s’ouvriront également dans l’autre sens, l’influx de joueurs Européens dans la grande ligue devenant en pleine croissante après 1992, avec l’arrivée de stars comme Kukoc, Radja, puis Sabonis pour rejoindre les Divac, Schrempf ou Petrovic déjà présents. Enfin, cette Dream Team restera aussi et surtout comme la plus belle association de talents de l’histoire. Comme pour les bons films, les Dream Team II et Dream Team III ne seront que des pâles copies de l’originale. Avec 11 Hall of Famers sur 12 joueurs dans l’effectif, la Dream Team est la meilleure équipe jamais assemblée.

Le magnifique ouvrage de Jack McCollum est un indispensable pour les fans de basket, et de sports au sens large, pour vivre ou revivre l’un des plus grands moments de l’olympisme moderne. Il nous permet de replonger au cœur de cette formidable équipe à travers des témoignages, interviews et anecdotes inédites. Un « must-have » pour accompagner la crème à bronzer cet été.

« Dream Team » – 396 pages
Disponible en librairie le 8 juin
22 euros
Editions Talent Sport www.talentsport.fr 

Dream

Crédits photo : Talent Sport

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Twitter : @junkyardswan

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