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ITW Claude Bergeaud – Part 2 : « Mon souvenir de l’équipe de France, c’est un 3/10 aux lancers-francs »

Interview

Suite de notre entretien ce vendredi avec Claude Bergeaud le 23 novembre dernier dans les locaux de Ma Chaîne Sport. Dans cette deuxième partie, le natif d’Artigat dans l’Ariège revient notamment sur ses 4 ans passés à la tête de l’équipe de France et évoque ses souvenirs de la NBA.

BR : Après avoir entraîné Pau, il y a ensuite votre passage en équipe de France où vous êtes sélectionneur pendant 4 ans (2003-2007). Comment l’opportunité s’est présentée ?

CB : La Fédération a pensé à moi car les années qui avaient précédé cette période de 2003 à Pau, j’avais mis des jeunes joueurs français sur le terrain : Diaw, les frères Piétrus. Ces joueurs-là étaient appelés à être en équipe de France. La Fédé s’est dit on va prendre un coach qui a l’habitude de lancer ces jeunes-là. Mais le métier était différent car il fallait faire la jonction avec la génération qui était en train de finir sa carrière en équipe de France (Laurent Foirest, Alain Digbeu, Cyril Julian) et la nouvelle. Puis j’ai fait revenir Antoine Rigaudeau, relancé Frédéric Weis. C’est mon plus grand regret de ne jamais pu avoir travaillé avec Laurent Sciarra. C’était la jonction de deux générations. Voila comment l’équipe de France m’a été offerte.

BR : Vous parlez de joueurs issus de générations différentes. En ayant dans votre effectif, Diaw, les frères Piétrus, Rigaudeau, Parker, Foirest, Gelabale, Turiaf et pleins d’autres en équipe de France, est-ce la plus belle équipe que vous ayez coaché de toute votre carrière ?

CB : C’est complexe. Souvent, on nous demande est-ce-que c’est la plus belle équipe de tous les temps. Chaque année, j’entends ce discours de vos collègues journalistes, l’équipe de France, c’est le plus beau « roster » qu’on n’ait jamais vu. Le plaisir le plus important que j’ai pris dans ma carrière, c’est en 1999, on avait une équipe de Pau d’une intelligence extrême, incroyable. Il y avait Josh Grant, Ronnie Smith décédé, Dwayne Scholten, les frères Gadou, Freddy Fauthoux, Roger Esteller, Laurent Foirest, Juan Aisa. Elle était incroyable car en 30 secondes d’un briefing sur un temps mort, les gars étaient capables tout de suite de basculer sur ce qui venait d’être demandé et il faisait basculer le match. Des fois, j’ai pris énormément de plaisir après des colères immenses. A la mi-temps, on était presque mené, en deuxième mi-temps, après une grosse colère dans le vestiaire, il y avait un petit sourire qui disait «  bon les gars, on n’y va maintenant ». Et puis « Pim » il y avait plus de match.

L’équipe de France 2005 a conquis le bronze à l’Euro, une médaille historique car cela faisait 40 ans qu’il y avait plus de médailles pour cette sélection nationale. Cette équipe était peut-être plus surprenante car il y avait une jeunesse. On était en train de découvrir dans notre sport ce qu’étaient le talent et l’insouciance. On ne savait pas ce qu’était l’insouciance. Les mecs n’ont jamais peur. A une demi-heure du coup d’envoi, ils sont en train de déconner, d’écouter de la musique. On n’avait pas vécu ses époques-là. Eux nous ont montré une autre culture imprimée par les Américains. Vous me posiez la question sur le changement de management, ils nous ont appris, sans aucune prétention, à être un peu intelligent. C’est-à-dire à s’adapter à un autre mode comportemental qui était celui du moment et ne pas faire une sale copie de méthode que nous avions par le passé.

BR : Justement au sujet de l’Euro 2005, la demi-finale Grèce-France en Serbie perdue sur un shoot incroyable de Diamantidis est-il le pire souvenir  de votre carrière de coach ?

CB : Non, je l’ai souvent dit. C’est vrai qu’on aurait été champion d’Europe cette année-là. L’Allemagne était rôtie. On a vu ce qu’il s’est passé contre les Grecs en finale (ndlr : victoire des Grecs 78-62). Faut pas oublier qu’on a mené tout le match contre la Grèce. C’était un déclic pour montrer que la France n’était pas prête pour ces grands matchs. Sur l’intelligence de fin de match, les stratégies, faire les bonnes fautes, puis sur la ligne des lancers-francs dans notre sport, quand on a autant pratiqué et coaché, on sait que ca peut passer ou pas. Evidemment on est marqué par ces événements. Mais nous le faisons aussi aux autres, j’en veux pour preuve contre l’Espagne, quand on a été champion d’Europe. On peut perdre aussi contre l’Espagne en Slovénie.  Pourtant on est passé.

On a oublié que par le passé, les lancers nous ont fait défaut. Sur la fin de match en 40 secondes face à la Grèce, 2/6 aux lancers. Et dans les 20 dernières secondes du quart de finale de l’Euro 2007 face à la Russie, on fait 1/4 aux lancers. La Russie est ensuite championne d’Europe. Mon souvenir de l’équipe de France en une minute c’est un 3/10 aux lancers-francs. On m’avait posé la question « travaillez-vous les lancers à l’entrainement ? ». On en fait pas plus pas moins qu’en club. On est adroit ou on ne l’est pas. Tony les a ratés contre l’Espagne. Ce sont des choses qui arrivent. Mais contre la Grèce en 2005 c’était marquant car le match nous tendait les bras. Les Grecs ont été diaboliquement rentables sur cette période en fin de match.

BR : Quel bilan faites-vous sur ces 4 ans passés en équipe de France ?

CB : Au départ, il est formidable car on a redonné le goût un petit peu de revenir en équipe nationale alors qu’il y avait des refus, des gens qui devenaient des starlettes. Mais une star ne pose aucun problème. Elle est un allié, un coach adjoint. Les mecs comme TP, Boris, Flo sont des coachs adjoints. Le mode de fonctionnement de l’équipe de France aujourd’hui reste encore lié à cet amour du maillot. Ca reste très positif. Ensuite, l’Euro 2007 qualificatif pour les JO de Pékin, est un énorme couac car on a eu des problèmes dans la préparation, attendait des gens à un certain poste de jeu et qui n’ont pas été présents. On s’est fait concasser par moment dans le jeu intérieur. Des gens avaient des grandes difficultés sur le moment et ce sont eux qui nous avaient portés les années précédentes. Et impossible de les retrouver au niveau qui étaient le leur. 2007 est un vrai échec. C’est dommage, les JO nous tendaient les bras. On a raté notre championnat d’Europe cette année-là.

« Le plaisir le plus important que j’ai pris dans ma carrière, c’est en 1999, on avait une équipe de Pau d’une intelligence extrême, incroyable. Il y avait Josh Grant, Ronnie Smith décédé, Dwayne Scholten, les frères Gadou, Freddy Fauthoux, Roger Esteller, Laurent Foirest, Juan Aisa. Elle était incroyable car en 30 secondes d’un briefing sur un temps mort, les gars étaient capables tout de suite de basculer sur ce qui venait d’être demandé et il faisait basculer le match ».

Claude Bergeaud avec Tony Parker (c) sudouest.fr

Claude Bergeaud avec Tony Parker (c) sudouest.fr

BR : Parmi tous les joueurs que vous avez coachés, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué dans votre carrière, ceux dont vous avez êtes le plus fier d’avoir fait progressé ?

CB : C’est les jeunes bien sur : les frères Piétrus, Boris Diaw, Artur Drozdov. Ils avaient leurs propres talents. Dans tout ce qu’il faisait, il fallait tout garder et enlever de toutes petites choses pour les laisser sur la voie de la réussite du haut niveau. Il ne faut pas tout changer. Drozdov m’en a beaucoup voulu de ne pas l’avoir fait assez joué. C’était compliqué de lancer 4 jeunes d’un coup. Ce moment reste le plus marquant.

Les anciens joueurs viennent vous voir aussi après me disant «  Whaou coach avec vous qu’est-ce que j’ai appris ». Beaucoup de joueurs ont été comme ça avec qui j’ai beaucoup collaboré comme Ronnie Smith. Il me disait «  Ah coach, c’est génial ce qu’on a fait aujourd’hui ». C’est de beaux avènements. J’ai aussi beaucoup aimé la collaboration avec Antoine Rigaudeau. Je ne peux pas dire que je lui ai appris des choses, c’est plutôt lui. C’était un vrai leader. Il sortait de campagnes avec Ettore Messina, en Italie, puis de l’Espagne, même son passage en NBA. C’était surtout dans l’attitude, et l’approche du jeu et de l’entrainement qu’il était remarquable, chose qu’il essaie de remettre dans son métier (ndlr : Rigaudeau est coach de Paris-Levallois). C’était contrasté par rapport à l’approche de l’autre génération avec laquelle il s’est super bien entendu.

BR : Et quel est votre meilleur souvenir en tant que coach ? Sans doute les trophées avec Pau ?

CB : Il y en a eu beaucoup de très bons moments. En 2002, on perd le titre à Villeurbanne. Il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. Nous avons donné le dernier ballon à Boris Diaw pour qu’il nous fasse gagner le dernier match. Ce jour-là, Boris est parti sur sa main faible, la gauche. Il a une énorme main droite. Il m’a dit quelques mois après, il a pensé que Bonato allait partir de ce côté. Il a trop pensé. C’est un souvenir qui est énorme pour moi et magnifique sur la connaissance des hommes. Boris Diaw, tellement brillantissime comme garçon, a pensé que le joueur allait faire ça. Tout le monde n’a pas la brillance de la carrière comme a fait Boris.

BR : Quelles différences faites-vous entre le basket français que vous avez connu à vos débuts en tant que joueur puis coach jusqu’à maintenant sur le plan technique et tactique ?

CB : On est d’accord, tous sports confondus, qu’il y a un grand développement athlétique et physique. Ca a fondamentalement changé à la fois les règles du jeu mais aussi les données technico-tactiques. C’est beaucoup d’avoir réduit de 6 secondes pour passer ainsi à la règle des 24 secondes. Ces éléments là ont fait que nous sommes passés d’un basket avec beaucoup plus d’intentions offensives : un travail avec beaucoup plus de tirs, de shoots à trois-points. Et le dernier élément est celui dont nous avions parlé : l’individualisation. De toutes les choses du basket jusqu’au système du jeu, il y a des systèmes qui sont appelés pour un joueur. Nous avons connu par le passé une hiérarchie du jeu. Tout le monde devait lire le jeu et saisir l’opportunité qui se présentait, sur un retard défensif. Aujourd’hui, on met un système en place avec une option individuelle. On va faire un système pour qu’il aboutisse sur un joueur. C’est la différence fondamentale entre les valeurs collectives du passé sur l’évolution vers la valeur individuelle.

BR : Dans les années 90, il y avait l’Asvel, Pau, et Limoges qui se battaient pour le titre. Depuis 2004, la Pro A connait un champion de France différent même si Limoges a fait le doublé en 2014 et 2015, est-ce inquiétant ou une bonne chose de voir peu de clubs français dominateurs dans le championnat ?

CB : C’est une excellente réflexion. Alors qu’en France, nous avons des clubs émergents, les pays qui ont des clubs dominants sont ceux qui marchent sur le front de l’Europe : l’Espagne, Israel avec le Maccabi Tel Aviv, la Russie, l’Allemagne avec Berlin et le Bayern Munich. Ces clubs dominent dans leur championnat et sont régulièrement champion, donc ils engrangent beaucoup d’expérience en Euroligue et durent. En France, en ayant un champion qui change chaque année, tout le monde croit qu’il va pouvoir faire ceci et pourtant, il n’y arrive pas. Même avec un cœur énorme (il fait le geste avec ses mains), on n’y arrive pas. L’expertise de l’Euroligue est quelque chose de très particulier. L’explication est simple : le règlement ayant permis l’ouverture des frontières a fait qu’on a dilué un petit peu les joueurs partout sur la planète, donc partout en France. Alors que quand Pau, Villeurbanne et Limoges dominaient, les meilleurs joueurs français étaient dans ces clubs avec quelques bons étrangers en plus.

Aujourd’hui, le fait de mettre des étrangers nivelle le championnat. Les clubs tentent des coups qui réussissent des fois ou pas comme avec le Havre l’année dernière. Le club havrais était en haut du championnat et était venu perturber la hiérarchie haute. C’est bon pour le championnat de France mais pas bon pour la hiérarchie européenne. Les clubs « les plus riches » en France devraient être chaque année en Euroligue, pouvoir avoir les moyens de façon régulière d’y aboutir.

Sur les joueurs coachés qui l’ont marqué : C’est les jeunes bien sur : les frères Piétrus, Boris Diaw, Artur Drozdov. Ils avaient leurs propres talents. Dans tout ce qu’il faisait, il fallait tout garder et enlever de toutes petites choses pour les laisser sur la voie de la réussite du haut niveau. Il ne faut pas tout changer. […] Les anciens joueurs viennent vous voir aussi après me disant «  Whaou coach avec vous qu’est-ce que j’ai appris ». Beaucoup de joueurs ont été comme ça avec qui j’ai beaucoup collaboré comme Ronnie Smith. Il me disait «  Ah coach, c’est génial ce qu’on a fait aujourd’hui ». J’ai aussi beaucoup aimé la collaboration avec Antoine Rigaudeau. C’était surtout dans l’attitude, et l’approche du jeu et de l’entrainement qu’il était remarquable ».

Claude Bergeaud avec ballon (c) Iconsport

Claude Bergeaud avec ballon (c) Iconsport

BR : Pau-Orthez a été le dernier club à atteindre le Top 16 de l’Euroligue. Cette saison, Strasbourg peut faire l’exploit de se hisser parmi les 16 meilleures équipes d’Europe. Comment expliquez cette difficulté des clubs français à se sublimer en Euroligue. Il n’y a pas qu’une question de budget. On voit par exemple que Zagreb a battu Efes Istanbul et Vitoria. On peut se dire alors que c’est possible d’aller en Top 16 en battant des formations dites supérieures.

CB : Pas de façon régulière pour Zagreb s’ils arrivent. Le Partizan y était mais ne le sera plus car ils n’ont plus d’argent. Il ne faut pas parler des exceptions. Nous devons parler d’une généralité.  Plus nous nous inscrivons dans une exception, on va une fois tous les 10 ans une apparition dans le Top 16. Si nous parlons de façon générale, dans les quarts de finale, les 8 derniers sont à 90 % des gros. Un seul club sur 8 sera une exception mais qui aura un budget un peu au-dessus de ce qu’ont les clubs français.

BR : L’Euroligue changera de formule et calquera son modèle sur celui du championnat NBA avec 16 équipes qui joueront 30 matchs de saison régulière (15 allers et 15 retours). Les clubs français ne feraient donc pas partie de cette nouvelle formule et joueraient les Coupes d’Europe organisées par la FIBA. Des tensions apparaissent entre la FIBA et l’Euroligue. Qu’en pensez-vous? Est-ce une bonne solution ? 

CB : Je ne veux pas me prononcer là-dessus. On ne sait pas ce qu’il va se passer car il y a de la communication. Elle est faite pour faire de la dissuasion ou de la persuasion. Je ne sais pas ce qu’il va se passer réellement. Nous vivons une période de mutation où on veut arriver pour des raisons économiques à une ligue fermée en Europe. Par quelle porte on veut rentrer ? A ce jour, on n’a pas les clés. De toute façon il va y avoir un clash comme en 2000 (ndlr : Deux Coupes d’Europe majeures ont été organisées en même temps : l’Euroligue et la Suproligue).

BR : Depuis 2-3 ans, on voit que l’équipe de France a des bons résultats (Vainqueur de l’Euro 2013, médaille de bronze au Mondial 2014, bronze à l’Euro 2015). Il y a la transition entre la génération de Diaw, Parker, et Pietrus bientôt à la retraite internationale et celle nouvelle avec Gobert, Fournier, Lauvergne et les futurs leaders De Colo, Batum. Pensez-vous que la France continuera à être dans le Top 3 des meilleures nations du basket à la fois en Europe et dans le monde dans les 5 ans qui suivent ?

CB : Les joueurs de talents qui sont en train d’arriver ou qui sont à maturité sont formidables à l’image d’Evan Fournier qui met 26 points l’autre soir avec le panier de la gagne. Il faudra qu’il y ait au milieu de tous ces leaders un vrai ou des vrais « cimenteurs », des joueurs qui soient capables de faire le lien un petit peu dans le jeu, la vie d’équipe, l’esprit d’équipe. Tous les mecs comme Tony, Boris rentrent les autres joueurs dans leurs cerveaux. Ils s’appellent et s’appellent et leur disent oui venez cet été. Ils maintiennent cet esprit équipe de France. Le talent ne suffira pas. Nicolas Batum pourra t-il le faire ? Si un joueur est vraiment déterminant dans l’esprit de cette équipe, c’est Boris.

Je pense que l’équipe de France peut se maintenir en haut encore. Mais il ne faut pas avoir peur de créer un réservoir de 25 mecs de top niveau. Vincent Collet a fait un travail exceptionnel dans l’histoire du basket français pour avoir tous ces résultats. Il y a des joueurs qui ont fait le boulot, arrivent à maturité. Il faut pouvoir faire jouer tous ces gens-là ensemble. Quand il a eu des problèmes au poste de pivot, il en est allé chercher d’autres. Et ceux-là ont répondu présent. Faut pouvoir le faire ça. Il faut continuer à être fier de notre formation. Ca reste le résultat de la formation française. Si on pouvait les mettre un peu plus sur le terrain en France plutôt que sur le banc de la NBA, ce serait bien.

BR : J’en viens à la NBA. Quels sont vos premiers souvenirs de la NBA ?

CB : C’est le match en 71-72 quand j’arrive dans ce club de l’UO Pamiers. On nous montre une cassette où il y avait Lew Alcindor qui ne s’appelait pas encore Kareem Abdul-Jabbar. Ensuite il y a les Houston Rockets avec les Twin Towers : Hakeem Olajuwon et Ralph Sampson. Il y a la génération des Celtics et Lakers. Il y avait donc ce match que j’ai vu qui n’était pas le même sport avec Alcindor et son hook. Je suis un des coachs du basket français qui ait vu le plus de match NBA car j’ai eu la chance d’être dispo à l’époque alors que Vincent Collet est sélectionneur et coach en club. Quand j’allais aux Etats-Unis, je croquais des matchs NBA, NCAA jusqu’à plus soif. Plus de 80 matchs NBA sur place en bord de terrain.

BR : Quelle est la salle NBA qui vous a le plus marqué ?

CB : Je suis un fan des Spurs car c’est dans leur salle que j’ai vu le plus de matchs. J’ai vu un match très chaud à Sacramento. J’ai bien aimé Inglewood à Los Angeles. Les Spurs restent quelque chose de particulier au moment des playoffs avec les clubs texans. Whaou comment ça pousse. C’est fabuleux. Fabuleux.

BR : Si vous étiez coach, quel serait le 5 majeur idéal de toute la NBA pour vous ? Vous pouvez choisir 7 remplaçants si vous voulez.

CB : Magic, Jordan, Erving, Duncan, Abdul-Jabbar. Je pourrais en donner d’autres.

BR : Parmi tous les matchs NBA passés ou actuels ou ceux que vous avez commenté, quels sont  ceux qui vous ont le plus marqué (performance d’un joueur, matchs de playoffs, All-Star Game, finales NBA) ?

CB : Le Détroit-Chicago, match 6 en 1989, où les Pistons veulent découper la tête de Jordan. Ils se disent il y a une solution «  il faut qu’on le tue ». Moi qui venais du Sud-Ouest. Fallait descendre un mec au rugby. On le fout par terre et on le « massacre ». Au basket, avec les règles de protection de l’attaquant, il le chopait et on avait un mec qui se relevait, visage de glace : Jordan. C’est-à-dire imperturbable sur les cartons qu’il prenait, mais il continuait à scorer. Ce match m’a marqué car j’adorais Bill Laimbeer, Isiah Thomas, un mec fier. Tous les deux amenaient cette arrogance qu’on a besoin à un moment donné quand une équipe de sport-co n’est pas forcément dans les choses les plus vertueuses du sport. C’était une arrogance qui était destinée pour gagner en allant défier le maître du monde du basket: Jordan. Ce match m’a marqué. Il est un de ceux que j’ai regardé à plusieurs reprises.

BR : J’en viens à ma dernière question. Quel serait le mot de la fin pour nos lecteurs de Basket Rétro qui vont lire l’interview ? Puis notre site fête ses deux ans bientôt.

CB : Félicitations pour le travail fait. Bon anniversaire. Il faut au moins être majeur pour pouvoir dire qu’on est mur. Longue vie à vous.

BR : Merci beaucoup Claude Bergeaud pour votre disponibilité.

CB : Avec plaisir.

Propos recueillis par Richard Sengmany

Montage Une : Laurent Rullier

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About Richard Sengmany (361 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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