Breaking News

40 ans de trick shots, de Pete « Pistol » Maravich au Breizh Mamba

Portrait

Des traditionnels 5 vs 5 aux tournois de 1 vs 1, en passant par les concours de dunk ou de freestyle, le basket a su, de par ses pratiquants, se démultiplier et ajouter de nouvelles disciplines à sa panoplie. La dernière en date : le trick shot. Nous sommes allés à la rencontre de l’un de ses ambassadeurs, le Breizh Mamba.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est très simplement la manière dont les Shadoks pourraient définir l’art du trick shot.

À ses premières heures, le basket n’était pas un sport spectacle. Les coaches prônaient la simplicité et l’efficacité au sein de systèmes qui demandaient rigueur et travail. Mais face à la professionnalisation croissante de la NBA (joueurs de plus en plus grands et athlétiques, défenses plus efficaces etc.) la dextérité s’est révélé peu à peu primordiale pour les extérieurs et notamment les meneurs de jeu. De Jerry West à Lenny Wilkens, en passant par Walt Frazier ou Oscar Robertson, les légendes des années 60 ont développé leurs techniques balle en mains pour inspirer des générations entières de basketteurs. Parmi la première cuvée à leur avoir succédé, celle de Pete Maravich.

LE GÉNIE DU JAZZ

S’il est difficile de dater les premiers trick shots de l’histoire, on peut raisonnablement considérer Pistol Pete comme le précurseur de cette discipline. Le meneur des New Orleans Jazz notamment, était un magicien dans la NBA des années 70, et il démontra toute sa créativité en match mais également lors de l’éphémère concours de HORSE du All Star Game.

A première vue, on peut donc penser que les trick shots, c’est joindre l’inutile au spectaculaire. Mais à défaut de pouvoir être utilisé en match, cette discipline s’est révélé un formidable outil pour travailler sa dextérité, son toucher, et son adresse. Sans Maravich, auraient-on eu le droit aux Isiah Thomas, Allen Iverson et consorts ?

Contrairement aux dunks qui ont su se démocratiser au fil des années avec Julius Erving notamment, le trick shot n’a pu connaître la même trajectoire. Inutilisable en match (si ce n’est par les Harlem Globetrotters), et avec la disparition du HORSE du All Star Week End, la discipline a donc stagné et est devenu avant tout synonyme de moment de détente pour les joueurs (professionnels ou amateurs).

L’IMPACT MCDO

« What you want is what you get » pourrait être la devise de certains spécialistes du trick shot comme le Breizh Mamba. Mais en 1993, c’était avant tout le slogan trouvé par McDonald’s pour illustrer l’une de ses plus célèbres publicités. En vedette : Michael Jordan et Larry Bird, rien de moins, se défiant dans un HORSE irréel.

Un an plus tard, Charles Barkley tente sans succès de rejoindre ses deux coéquipiers de la Dream Team.

Peut-on alors créditer le géant du fast-food d’une popularisation à grande échelle des trick shots ? Sans doute en partie, car ces succès commerciaux auront bercé l’adolescence de la génération YouTube à avoir élevé la discipline au rang d’art.

LA GÉNÉRATION Y

L’explosion d’internet et des réseaux sociaux dans les années 2000 a changé la donne pour le trick shot. Les amateurs des quatre coins du globe ont pu faire parler leur imagination et publier les vidéos de leurs exploits. La discipline a alors rapidement évolué, et de la même façon qu’un dunk « rider » est devenu obsolète s’il n’est pas réalisé en 360 les yeux fermés avec deux ballons (…), le simple shoot en arrière des trois quart du terrain s’est lui aussi avéré presque banal.

David Kalb a été à partir de 2008 le premier à se distinguer par ses tricks shots osés.

Les Dude Perfect ont débuté leur collectif à la même époque et ont publié depuis des dizaines de vidéos. Mais ne leur en déplaisent, le nouveau roi du trick shot est français.

THE BREIZH MAMBA

Yoann Simon, a.k.a. The Breizh Mamba (TBM), use ses semelles depuis des années sur les playgrounds du Morbihan, en Bretagne. Son pseudo traduit d’ailleurs autant son attachement à sa région que son admiration envers Kobe Bryant. « Iverson et Kobe m’ont inspiré. Si ça avait été Lebron, j’aurais sans doute pris comme pseudo The Chouchen One » ajoute-t-il avec humour.

TBM2Quand on lui demande quels ont été ses modèles à l’heure où il publiait ses premières vidéos, il répond sans hésiter que « le meilleur, c’est David Kalb, qui est très créatif et plaisant à voir. Les trick shots m’ont toujours intrigué avant de le voir lui, mais il m’a permis de voir que je pouvais rajouter des choses dans ce milieu ».

Stakhanoviste des playgrounds, Yoann passe des heures à s’entrainer pour rentrer les tirs les plus improbables. Il constate une vraie progression depuis ses débuts. « Plus ça va, et moins je mets de temps à réussir mes shoots. Tout dépend aussi de leur degré de difficulté, mais en règle général, je mets entre 45 et 80 mn pour les plus durs. Si je vois que ça ne rentre pas, je reviens le lendemain, et il me faut alors 15-20 minutes pour réussir ».

DES MOYENS ACCESSIBLES A TOUS

S’il y a un point où Yoann se démarque de ses homologues américains, c’est dans la simplicité de son matériel pour réaliser ses vidéos. Lorsque la troupe Dude Perfect déploie des moyens que le commun des basketteurs ne peut se permettre (trick shot depuis… un avion au décollage), Breizh Mamba se contente de sa Go Pro et de quelque balles.

Les joueurs peuvent donc s’identifier à lui et n’ont pas à dénicher par exemple de chariot élévateur (cf. David Kalb) pour tenter de nouveaux tirs. Tout repose donc sur « la persévérance et surtout la créativité. L’essentiel est de ne pas copier. Je n’ai jamais copié personne. J’aimais David Kalb, mais je ne l’ai pas copié, j’ai fais mes trick shots à ma sauce ».

Autre aspect sur lequel il met un point d’honneur : se concentrer sur le basket uniquement. Même s’il utilise parfois ses pieds pour réaliser certaines figures (passé de footballeur oblige), vous ne verrez pas le Breizh Mamba s’éloigner des arceaux.

UNE NOTORIÉTÉ GRANDISSANTE

Si Yoann n’a pas la prétention de se considérer comme le meilleur de sa discipline, il suffit de regarder quelques unes de ces vidéos pour avoir la conviction qu’il mérite ce titre officieux.

TBM se remémore son parcours : « J’étais souvent seul sur le terrain, je tentais des choses et j’avais une caméra avec moi donc ça a commencé très simplement ». Puis vint le début de la gloire : « Le trick shot qui a tout déclenché, ça a été un tir en passant la balle sous les deux jambes puis en la faisant rebondir contre un mur. A l’époque, il y a eu 800 vues »

Les vidéos s’enchainent, le nombre de vue grimpe, et des partenariats se forment. Les 800 vues paraissent aujourd’hui bien dérisoires comparées aux plus de 400 000 vues atteints le mois dernier sur une vidéo.

LE PLUS DE TRICK SHOT POSSIBLE

Mais Yoann l’assure, les vues ne sont pas un objectif : « Le nombre de vue est venu assez tard. Ce que je recherche, c’est rentrer le plus de trick shot possible en essayant de ne jamais refaire deux fois la même chose ».

Jamais à court d’idée, Breizh Mamba a quelque projets en préparation : « Mon sponsor, Southball, a trois athlètes sous contrat : Kyle the Shrimp (freestyle), Kevin « Kap » Hemy (dunk), et moi-même. J’aimerais rentrer un panier nous impliquant tous les trois ». Suivi depuis ses débuts par Jordan Kilganon avant que ce dernier n’explose, Yoann a eu la chance de réaliser une première mixtape avec celui qui est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs dunkeurs au monde. « J’aimerais également retourner au Canada, et tourner une seconde vidéo avec Jordan Kilganon ».

De Pete Maravich au Breizh Mamba, les tricks shots ont donc bien évolué. Le premier a inspiré toute une génération de basketteurs, et le second saura à son tour devenir un modèle pour les futurs spécialistes de la discipline. Pour ceux qui en doutent, ces quelques images devraient finir de vous convaincre.

REDEMPTION TAPE – MAI 2015

THE BREIZH MAMBA CIRCUS CHALLENGE BY CLUTCH 23

Retrouvez le Breizh Mamba sur les réseaux sociaux : FacebookInstagramTwitter

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Simon ANNIC (20 Articles)
NBA Addict depuis les premiers dribbles de Kobe avec les Lakers, je suis autant passionné par la NBA actuelle que par l'histoire de la grande ligue, de Red Auerbach à Phil Jackson, d'Elgin Baylor à Chris Paul.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.