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ITW Freddy Hufnagel – Part 2 : « La formation des joueurs en France est exceptionnelle

Interview

Suite aujourd’hui de notre entretien avec Freddy Hufnagel, ancienne gloire de Pau-Orthez dans les années 80 et 90. Auteur de 51 points en championnat de France de Pro A contre Reims le 11 novembre 1987, dans cette seconde partie de cette interview, nous avons abordés entre autres la NBA, l’Euroligue et ses camps de basket.

BR : Quelles différences faites-vous dans l’évolution du basket masculin au niveau tactique et technique entre votre époque et celle d’aujourd’hui ?

FH : Techniquement, je pense pas que ça ait beaucoup changé. Par contre, au niveau de la puissance et de la vitesse, c’est évident que ça a changé. Aujourd’hui, vous avez des joueurs de 2m10 qui courent, qui sautent. Il y a un impact physique qui fait la différence. J’aime pas trop comparer les époques et ce qui n’est pas comparable. C’est comme si vous comparez aujourd’hui la Formule 1 et Fangio. Sauf qu’aujourd’hui Fangio ne pourrait pas conduire les voitures de F1. Je ne sais pas si les joueurs accepteraient de s’entraîner un mois avec 25 degrés dans la salle.

BR : Il y a les Camps de basket Freddy Hufnagel à Biarritz qui se déroule en ce moment.

FH : Ces camps sont organisés pour revoir des gens qu’on n’a pas vus dans l’année. Et à Biarritz, je m’occupe aussi du club de basket de la JAB (Jeanne d’Arc Biarritz) à plein temps.

BR : En quoi ça consiste ?

FH : C’est de l’initiation, du perfectionnement de jeunes basketteurs licenciés ou pas. Il y a trois entraînements par jour au bord de la mer. Il y a une bonne ambiance, une piscine. On travaille les fondamentaux individuels et collectifs. C’est comme dans les clubs. C’est une autre ambiance. Je m’occupe du club de la JAB. C’est de la formation, de la compétition. A Biarritz, je fais aussi ces camps de basket qui s’appellent l’Académie de Basketball de Basco-Béarnaise. (Cliquer sur le lien pour avoir plus d’infos sur ces camps)

Freddy Hufnagel (c) freddy-hufnagel-camps-basketball fr

Freddy Hufnagel (c) freddy-hufnagel-camps-basketball.fr

BR : Quels conseils donneriez-vous à de jeunes basketteuses qui rêvent de connaître le monde pro ?

FH : Prenez du plaisir. C’est un moment fabuleux. Mais faut souffrir pour être beau comme on dit. Il faut beaucoup s’entraîner, shooter. C’est faire les bons choix, rencontrer les bonnes personnes. C’est très important de rencontrer un bon entraîneur, un bon président, soit quelqu’un qui vous fait confiance. Et que l’entraîneur ait confiance en le président, le président en les joueurs, les joueurs en l’entraîneur, le président en l’entraîneur. Et que ces jeunes fassent passionnément ce qu’ils font.

BR : J’en viens aux résultats de l’équipe de France. Pensez-vous qu’ils vont dominer dans les cinq années à venir au niveau européen et mondial ?

FH : Il y a une génération exceptionnelle en Equipe de France qu’on n’a jamais eu dans le basket français. On a une équipe exceptionnelle comme d’autres nations. En retrouver une comme celle-ci, j’en suis pas sur. En général, y a des générations tous les 10 ans en France si on regarde bien. Le problème des compétitions internationales, aux Jeux Olympiques ou championnat d’Europe, est qu’on joue tout sur un match : 1/8eme pour un euro, ¼ pour les JO. Et si ce jour là vous avez des joueurs cadres dans un moins bon jour… il faut être en forme le jour J sur ces matchs-là.

BR : Ca vaut aussi pour l’équipe féminine aussi ce que vous dites la ou avez-vous un avis différent ?

FH : Oui, oui aussi. Je pense que l’Insep fait un boulot extraordinaire pour y avoir vécu longtemps. Toutes les conditions sont réunies pour former des bons joueurs et faire le maillage en France grâce à ce système mis au point de Gérard Bosc, en passant après par Jean-Pierre de Vincenzi. Ce maillage au niveau fédéral, on ne peut rien leur reprocher. Les résultats ont suivi après. La formation des joueurs est exceptionnelle.

Concernant les conseils pour les jeunes qui souhaitent évoluer dans le monde pro du basket : « Prenez du plaisir. C’est un moment fabuleux. Mais faut souffrir pour être beau comme on dit. Il faut beaucoup s’entraîner, shooter. C’est faire les bons choix, rencontrer les bonnes personnes. C’est très important de rencontrer un bon entraîneur, un bon président, soit quelqu’un qui vous fait confiance. Et que l’entraîneur ait confiance en le président, le président en les joueurs, les joueurs en l’entraîneur, le président en l’entraîneur. Et que ces jeunes fassent passionnément ce qu’ils font ».

BR : Abordons désormais la NBA. Quels sont vos premiers souvenirs de la NBA ?

FH : Je l’ai découvert par les joueurs américains d’Orthez. J’en avais un peu rien à serrer moi de la NBA. Je vous le dis franchement. Moi je regardais des joueurs comme Alain Gilles, Alain Larrouquis, le championnat de France, des clubs comme le Real Madrid, Barcelone. Après c’est les joueurs américains qui avaient des cassettes VHS (rires), ce qui fait rire mes filles quand je leur dis ça. A l’époque, il y avait l’ABA et la NBA.

BR : Y a t-il un match marquant et historique de NBA  qui vous vient à l’esprit : play-offs, performance d’un joueur, un All Star Game par rapport à cette période ?

FH : Il y avait deux confrontations qui m’intéressaient : Boston-Los Angeles et Détroit-Chicago avec Bill Laimbeer. Je regardais d’autres matchs aussi car il y avait beaucoup de bons joueurs.

BR : Que ce soit par le passé ou actuellement, avez-vous une équipe fan ou suivez-vous cela de très loin.

FH : Je suis San Antonio car y a les Français qui y jouent. Je suivais Chicago car il gagnait. Jacques Monclar est à Bein Sports, une chaîne sur laquelle je suis les matchs.

Freddy Hufnagel en une de Maxi Basket en mai 1987 (c) delcampe.com

Freddy Hufnagel en une de Maxi Basket en mai 1987 (c) delcampe.com

BR : Par le passé, vous regardiez énormément de matchs aussi ?

FH : J’ai toujours regardé les matchs. Je regarde un peu ce qui se passe. Je regarde plus d’Euroligue que de NBA. C’est plus ma culture. Je regarde la NBA car il y a des joueurs exceptionnels.

BR : Pourriez-vous me donner votre 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ?

FH : C’est compliqué. Il y a Lebron James qui est un excellent joueur et puis on verra sur le temps le concernant. Kobe Bryant est excellent aussi. Duncan est un super pivot/ailier-fort. Ce sont des joueurs performants. Il y a des jeunes qui arrivent. Par rapport aux points gagnés, titres gagnés, on va dire Abdul-Jabbar et Jordan. J’aime bien Kobe. Si vous avez Jordan à l’aile et Kobe à l’autre aile, il faut plutôt un meneur passeur qu’un meneur shooteur. Y a un paquet de joueurs NBA qui ont marqué l’histoire. Il y a Magic pour le charisme, que vous mettez donc avec Jordan et Kobe, ou Magic, Bird et Jordan.

BR : A l’intérieur, vous mettrez qui ?

FH : Abdul-Jabbar qui faisait des roulettes (bras roulés) magnifiques. Et Wilt Chamberlain, c’était un monstre.

BR : Vous parlez d’Euroligue. Comment vous expliquez que les clubs français aient du mal à performer en Coupe d’Europe ? Quelles solutions pour y remédier ?

FH : C’est un vaste sujet de réflexion. Tout d’abord, les finances. Il faut pas rêver. Le tarif des joueurs qui jouent en Euroligue, dans les clubs grecs, espagnols, italiens, russes font la différence. Les joueurs NBA pourraient jouer en Euroligue car ils y a des salaires monstrueux dans ces clubs européens. En France, il y a un système social qui empêche les clubs d’acheter les talents. Il faut aussi prendre des risques. Par exemple, si Total décidait d’aider l’Elan Béarnais demain, ca se passerait autrement pour le club et changerait la face de l’équipe. Je pense que pour la visibilité du basket français, même si celle-ci n’est pas mauvaise, il faut pas tout jeter aux orties. Il faut pas dire qu’avant c’était mieux et que maintenant c’est moins bien. Les difficultés financières sont liées au système social. Les charges sont pas les mêmes en Roumanie ou en Bulgarie.

BR : Possédez-vous des produits dérivés NBA, du basket européen : maillots, casquettes, goodies… ? Avez-vous gardé tous vos maillots que vous avez portés en carrière ?

FH : Non je ne garde rien. J’ai une bonne culture personnelle. Pour les produits dérivés, oui j’ai quelques trucs, des maillots du Real, du Barça, soit des clubs que j’admire. J’ai un maillot de Limoges, de Orthez, Mais je suis pas trop nostalgique du maillot. Je suis San Antonio avec Diaw et Parker. J’aimais bien Chicago et Los Angeles. J’ai 55 ans, je me balade pas non plus avec le short jusqu’au genou, les baskets et le maillot des Lakers sur les épaules.

Sur les difficultés des clubs français à briller en Euroligue: « C’est un vaste sujet de réflexion. Tout d’abord, les finances. Il faut pas rêver. Le tarif des joueurs qui jouent en Euroligue, dans les clubs grecs, espagnols, italiens, russes font la différence. Les joueurs NBA pourraient jouer en Euroligue car ils y a des salaires monstrueux dans ces clubs européens. En France, il y a un système social qui empêche les clubs d’acheter les talents. Il faut aussi prendre des risques. Par exemple, si Total décidait d’aider l’Elan Béarnais demain, ca se passerait autrement pour le club et changerait la face de l’équipe. Les difficultés financières sont liées au système social. Les charges sont pas les mêmes en Roumanie ou en Bulgarie ».

BR : J’en viens à ma dernière question. Je vous laisse le mot de la fin.

FH : Qu’on continue d’avoir plus de licenciés au basket, que les gens prennent du plaisir à venir dans les salles, et que ça ne dérape pas comme dans certains sports dont le football. Qu’il n’y ait pas des histoires de dopages, des enjeux financiers. Je ne dis pas qu’il y a pas de dopage dans le basket mais je suppose qu’il y a des abrutis qui le font. Après c’est un système où quand il y a beaucoup d’argent, il y a beaucoup d’excès. Que le sport reste fin, qu’il soit pratiqué autant par les femmes que les hommes, que ça continue comme ça. Que les clubs français aient plus de moyens pour plus de visibilité. Et plus de dynamique dans les salles comme à Limoges avec plus de public, que ça ressemble à des matchs de basket et que ce soit 2 heures de folie. Pour y avoir joué autant que je peux, continuer à s’occuper d’un club, continuer à prendre du plaisir au basket comme quand j’ai commencé à la cour de l’école.

SON PALMARÈS

Carrière Joueur :

  • 1970-79 : Union sportive de Seyches
  • 1979-89 : Elan Béarnais Orthez (Nationale 1 et N 1 A)
  • 1989-90 : Elan Béarnais Pau-Orthez (N 1 A)
  • 1990-92 : Racing Paris (N 1 A)
  • 1992-93 : PSG Racing (N A 1)
  • 1993-94 : Levallois (Pro A)
  • 1994-95 : La Rochelle (Pro B)
  • 1995-96 : Elan Béarnais Pau-Orthez (Pro A)

Carrière Entraîneur :

  • 1996 – 1998 : Équipe Espoir de l’Élan Béarnais Pau-Orthez
  • 1998 – 1999 : Montpellier (Pro A)
  • 2003 – 2006 : Denek Bat Bayonne Urcuit (Nationale 1)

Palmarès

  • Vainqueur de la Coupe Korac 1984
  • Champion de France 1986, 1987, 1996
  • Meilleur joueur français en 1987
  • Meilleur joueur français de Pro B en 1995
  • 102 sélections en équipe de France.
  • 32eme meilleur marqueur de l’histoire de la Pro A (3361 pts) et 7e passeur (1601 pd).
  • MVP français Maxi-Basket du championnat en 1987
  • Elu meilleur meneur français du championnat (Maxi-Basket) en 1985, 1986 et 1987
  • All-Star en 1987, 1989, 1990 et 1991

Un grand merci à Freddy Hufnagel pour sa disponibilité.

Propos recueillis par Richard Sengmany

Montage Une : Laurent Rullier

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About Richard Sengmany (361 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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