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ITW Yannick Souvré – Part 2 : « J’aurais pu faire carrière dans le coaching »

Interview

Deuxième partie aujourd’hui de notre interview avec Yannick Souvré. L’ex-internationale de l’équipe de France s’est livrée sur les récentes performances des équipes de France, le basket actuel, son après-carrière et la NBA. A vos souris sur Basket Rétro.

BR : Avez-vous le souvenir de votre pire déplacement en carrière ?

YS : Non. Je crois qu’on les oublie avec le temps. J’ai quand même vécu un déplacement avec Mirande. C’était à Novossibirsk au fin fond de la Sibérie. On s’est retrouvé à moins 35. Je devais avoir 17-18 ans. Ça fait presque 30 ans. On se retrouve à jouer dans une salle où il y avait que des hommes. Ça fumait. Incroyable. On nous donnait pas de l’eau mais un genre de limonade à boire. Je me rappelle que l’Américaine de l’équipe Shannon Mcgee avait très chaud. Paradoxalement, quand il fait très froid dehors, que vous rentrez et qu’il fait 30 dans une pièce, c’est insupportable. Et Mcgee prenait la limonade et elle s’aspergeait avec celui-ci. Elle n’a pas compris que c’était pas de l’eau (rires). C’était terrible.

On a joué contre des joueuses russes dont une Elena Koudashova avec laquelle j’ai joué à Bourges. Il y avait les meilleures joueuses russes qui jouaient. C’était un autre monde. Je m’en rappelle très bien car Annie Jardel, la femme d’Alain Jardel, l’entraîneur que j’ai eu en équipe de France avait le don d’écrire sur papier, ses voyages qui étaient hors du commun. Aller au fin fond de la Sibérie il y a 30 ans, c’était quand même un exploit. Elle avait raconté quelques mois après, dans un petit essai qu’elle avait écrit, qu’on avait pas mangé du poulet comme on le croyait mais du ragondin. C’est un souvenir que j’oublierais pas avec ma copine américaine. On en parle souvent. C’est hors du commun de se retrouver en Sibérie à moins 35 quand vous habitez  le Sud-Ouest de la France.

BR : Vous n’avez pas mis un pied dans le coaching. Entraîner ne vous a pas tenté ?

YS : Si si énormément mais surtout pas (rires). Ça me plaisait beaucoup. Je pense que j’aurais pu y faire carrière. Il faut connaître ses limites. Je pense que c’est un métier extrêmement stressant. Moi j’ai arrêté de jouer pour vivre dans une autre vie. Et pas continuer les déplacements. Si je coachais, j’aurais continué dans le même rythme de vie. Je voulais changer de rythme, vivre une vie de famille, quelque chose de peut-être un peu plus classique. Je pense que c’est un métier qui n’est jamais fini, très très difficile. Je suis pas sur que j’ai le recul nécessaire pour toujours arriver à bien le vivre. Je suis parti sur autre chose. J’espère que j’aurai l’opportunité d’entraîner mon fils. Je ferai tout. Si son père me le vole pas pour le rugby.

BR : Ah tout se joue entre le basket et le rugby.

YS : Oui et puis le golf. A l’heure actuelle, on a tous les deux perdus. Il s’est mis au judo (rires). Ça se passe bien. C’est un enfant unique. Il faudra qu’il fasse un sport collectif. Il choisira celui qu’il veut. J’aimerais bien qu’il essaie le basket pour voir si ça lui plait. Si c’est pas le cas, il passera à autre chose, c’est pas grave. Mais le basket par rapport au rugby se joue dans une salle où il fait chaud (rires, dit-elle sous le ton de la rigolade)

BR : Revenons au basket féminin. Suivez-vous toujours l’actualité : championnat de France, Euroligue ?

YS : Bien sûr, je suis la Ligue Féminine. Je connais encore pas mal de joueuses. Surtout, je suis le club de Bourges, celui de Basket Landes car je connais le président. Je suis tout court car ça m’intéresse. Ça me permet de voir les futures jeunes joueuses, de suivre les équipes, de continuer à me tenir au courant. Je suis l’équipe de France bien évidemment. L’Euroligue aussi. J’ai travaillé quand même un certain nombre d’années à la FIBA Europe. C’est mon monde. Y a peut-être des joueurs ou des joueuses qui ont terminé de jouer et qui ne s’intéressent plus trop au basket. Moi c’est pas le cas. Je lis l’Equipe tous les jours. J’essaie de m’informer. Voir des sites qui parlent de basket féminin, ça fait plaisir. Je renie pas ce que j’ai vécu. J’espère que ça va s’améliorer. Je suis la première fan de l’équipe de France féminine. Quand elles ont réussi ce qu’elles ont fait aux JO de Londres, j’étais à fond derrière. Je trouvais ça génial.

BR : Quelle différence faites-vous dans l’évolution du basket féminin au niveau tactique et technique entre votre époque et celle d’aujourd’hui ?

YS : Tactique j’en sais rien. Je sais pas s’il y a une énorme révolution. On peut pas inventer tous les jours quelque chose de nouveau. Par contre, bien évidemment au niveau physique, les joueuses sont de plus en plus des athlètes. C’était déjà le cas à l’époque. Maintenant, c’est poussé à l’extrême. Quand j’ai commencé, je pense à une Martine Campi qui faisait 1m87, 1m88. C’était un grand pivot. A l’heure actuelle, 1m87, c’est la taille d’une ailière, une fille qui court, qui va en contre-attaque. C’est devenu très physique.

De nos jours, les joueuses s’entraînent, sont tournées vers la diététique, énormément vers la musculation. Elles se prennent en main de façon individuelle avec potentiellement une aide médicale personnalisée. C’est autre chose bien sûr. C’est l’évolution du sport. On a toujours du retard. C’est pas du basket masculin. On a pas encore des joueuses qui dunkent en plein match. On s’en rapproche qu’on le veuille ou non. Le jeu est un peu plus individualisé. Les 24 secondes ont permis cela aussi. A priori, c’est un jeu plus tourné vers l’attaque. Encore que les statistiques montrent que les scores ne sont pas non plus mirobolants. Et qu’il y a pas eu une progression phénoménale au niveau du scoring. Mais physiquement les filles sont quand même plus prêtes qu’à mon époque.

« Les joueuses s’entraînent, sont tournées vers la diététique, énormément vers la musculation. Elles se prennent en main de façon individuelle avec potentiellement une aide médicale personnalisée. C’est autre chose bien sûr. C’est l’évolution du sport. On a toujours du retard. C’est pas du basket masculin. On a pas encore des joueuses qui dunkent en plein match. On s’en rapproche qu’on le veuille ou non. Le jeu est un peu plus individualisé. Les 24 secondes ont permis cela aussi ».

BR : Quel regard portez-vous sur l’équipe de France féminine de basket et celle masculine ? Avec leurs bons résultats respectifs (Vice-championne olympique aux JO de Londres en 2012, vice-championne d’Europe en 2013 pour le filles. Champion d’Europe 2013 et médaille de bronze au Mondial 2014 pour les garçons) les voyez-vous s’installer comme des équipes dominatrices dans les 5 ans qui suivent sur la scène européenne et mondiale ?

YS : De toute façon, ils y sont. S’y installer durablement, c’est compliqué d’y répondre. J’ai pas assez de recul ni de connaissances. Le basket féminin est ce que je maîtrise le mieux. Chez les filles, au niveau européen, incontestablement. Je crois que la Russie n’est pas encore prête à redevenir l’équipe imbattable comme celle qu’elle a été au tout début de ma carrière. L’Espagne, prouve qu’avec les résultats de jeunes, qu’elle faudra compter sur elle. Il va falloir s’en méfier sérieusement. Au top niveau mondial, j’ai envie d’y croire mais si c’est dans les cinq premiers mondiaux, sur les 10 années à venir, je serais pas capable d’y répondre. J’espère surtout qu’elles feront un très bon championnat d’Europe, en Hongrie et Roumanie pour se qualifier pour les JO. Ça serait très bien de continuer à être qualifiée. Est-ce qu’elles finiront vice-championne olympique ? Je leur souhaite. Pourquoi pas. Je sais pas si l’Australie a un tel réservoir au point de reprendre la place de numéro 2 qu’elles ont eu depuis plusieurs années. Je suis pas sûr que le Brésil soit très dans le coup.

L'équipe de France va t-elle remporter un troisième Euro après celui décroché en 2001 et 2009 ? (c) FFBB

L’équipe de France va t-elle remporter un troisième Euro après celui décroché comme en 2001 avec la bande à Yannick Souvré et 2009 ? (c) FFBB

Pour les garçons, y a quelque chose qu’il va falloir faire. C’est arriver à perdurer après une génération dorée : Parker, Diaw. Certes y a Nicolas Batum, des joueurs qui sont présents et pas des faire-valoirs. Ce qu’ils ont fait, moi je trouve cela exceptionnel : leur dévouement pour l’équipe nationale, venir en équipe de France après une énorme saison NBA avec tant de matchs à jouer, d’autant plus qu’ils sont champions au bout de la saison. Je crois qu’on s’en rend pas compte de la chance qu’on a d’avoir ces gars-là. Ils sont phénoménaux. Un Tony Parker, un joueur archi-exceptionnel, on en aura pas tous les 10 ans. Je crois pas. C’est pas faire offense à Antoine Diot que j’adore. Je suis très très fan des joueurs comme Boris Diaw car il correspond à ce que j’aime dans le basket. Ces gars sont forts. Est-ce-que les futurs très grands auront toujours envie de revenir en équipe de France ? Et de dire que la sélection nationale, c’est la chose la plus importante ? Et je crois que ça sera le challenge le plus difficile pour la Fédération, les entraîneurs nationaux. Quand on voit qu’il y a des jeunes joueurs qui ont pratiquement pas mis le pied en équipe de France, et qu’ils sont déjà entrain de le refuser … (elle soupire). Je comprends les objectifs individuels, que vous avez un contrat à signer. Et tant que c’est pas fait, vous avez pas votre vie qui est sereine. Je suis pas sûr qu’on arrive à retrouver des gars de cette valeur-là. Et là je parle plus de valeurs de basket.

C’est ce qu’on voit actuellement avec le handball. Certes, ce sport n’a pas la NBA. Les gens ne se rendent pas compte le gros problème que nous apporte la NBA au niveau européen. C’est un énorme problème pour nous. C’est autre chose, c’est la référence, ce qu’il y a de mieux là-bas. Ca cohabite pas bien avec les championnats d’Europe, du monde et les Jeux Olympiques. C’est compliqué tout ça. Vous prenez Nikola Karabatic qui est le meilleur joueur du monde à l’heure actuelle, quand il est en club, il est en club. Quand il est en équipe de France, il est avec les bleus, il a pas une campagne qui se met par-dessus de l’autre. Ce qu’ont font Boris Diaw et Tony Parker, les leaders de cette équipe, sont phénoménaux. Je suis très très fan de ces gars-là.

 » Pour les garçons, y a quelque chose qu’il va falloir faire. C’est arriver à perdurer après une génération dorée : Parker, Diaw. Certes y a Nicolas Batum, des joueurs qui sont présents et pas des faire-valoirs. […] Est-ce-que les futurs très grands auront toujours envie de revenir en équipe de France ? Et de dire que la sélection nationale, c’est la chose la plus importante ? Et je crois que ça sera le challenge le plus difficile pour la Fédération, les entraîneurs nationaux. Quand on voit qu’il y a des jeunes joueurs qui ont pratiquement pas mis le pied en équipe de France, et qu’ils sont déjà entrain de le refuser ».

BR : Quels conseils donneriez-vous à de jeunes basketteuses qui rêvent de vivre une carrière comme la vôtre, de connaître le monde pro ?

YS : Deux conseils. C’est une question que j’ai eu tout au long de ma carrière et même après. J’ai toujours répondu la même chose. 1 : Il y a donc le travail. Faut pas croire quand on gagne comme ça, que c’est de la magie. Une seule chose pour que ça marche : le travail. Après, vous avez un certain talent, des qualités physiques. Si vous travaillez pas, vous arriverez pas au très haut niveau. 2 : c’est de continuer à faire autre chose, le plus possible. Essayez d’arriver à un niveau d’études qui soit le plus haut possible par rapport au temps libre qu’on peut avoir quand on est basketteuse professionnelle. Surtout continuer et ne pas arrêter. J’ai fait ça dans ma carrière. On m’a dit « Oh t’as de la chance, après t’as eu un super boulot ». Oui mais moi j’ai jamais trop arrêté non plus les études grâce à des parents qui m’ont gardé dans le droit chemin. On a pas beaucoup de temps libre c’est vrai. Mais on peut toujours arriver à faire des choses, à se stimuler intellectuellement, à apprendre, prendre des cours par correspondance. Et trouver ce qui est bon pour soi. Je n’ai pas fait de cours par correspondance. Ça ne me convenait pas. J’ai fait des stages en entreprise. J’ai travaillé après. Certes, c’était pas beaucoup d’heures. Ça prépare à la reconversion, à une autre vie. Quand on est sportive de haut niveau et qu’on a la chance d’être payé pour ça, on a souvent tendance à pas garder les pieds sous terre. Ça c’est pas la vraie vie. C’est la belle vie mais pas la vraie.

Yannick Souvré au poste de consultante en 2005 (c) Elio - Fiba Europe

Yannick Souvré au poste de consultante en 2005 (c) Elio – Fiba Europe

BR : Vous parlez de reconversion à juste titre. Vous êtes consultante basket pour Sport + et France Télévisions. Le monde des médias est quelque chose qui vous attirez dès la fin de votre carrière ? Avez-vous pris le temps de la réflexion pour vous lancer dans cette activité et accepter de la faire ?

YS : Non j’ai pas pris le temps de la réflexion. On m’a demandé d’être consultante. Moi j’aime bien vivre des choses différentes. C’est pas un plan de carrière. Je suis pas journaliste. Je me suis pas lancé là-dedans. On m’a ouvert la porte. Je l’ai fait dès que j’ai pu. J’espère le refaire. J’ai un peu arrêté car à la FIBA Europe, on voulait pas trop que je fasse ça au niveau européen. On trouvait que y avait conflit d’intérêt. Chacun son avis là-dessus. J’espère que les filles de l’équipe de France se qualifieront pour les JO de Rio pour que je puisse commenter le basket pour France Télévisions. J’espère qu’ils me redemanderont car c’est une expérience très enrichissante. Je trouve que c’est bien. J’essaie de le faire de la façon la plus convaincante possible. J’ai eu une carrière très remplie, très fructueuse. Quand je vois jouer les filles, on me dit « ça te donne pas envie ? » Non bouh surtout pas. Ma carrière est finie depuis très longtemps. Quand je vois Céline Dumerc jouer, je pense pas à moi mais à elle qui mène le jeu. J’ai un avis. Je me vois pas dans son short. De toute façon, j’y rentrerais pas. Ma carrière est derrière moi, j’en suis très fier. Je suis très contente de ce que j’ai vécu. Mais je vis pas par procuration ce que la nouvelle génération vit. C’est leur temps. On me dit «  t’as l’air contente qu’elles gagnent ». Pourquoi je le serais pas ? Ça va pas enlever les titres que j’ai gagnés. Ce n’est pas parce que y en a qui ont des plus beaux palmarès que moi que ça va me rendre malheureuse. Je suis très contente pour elles. Je suis passé à autre chose. Je crois qu’il faut savoir rebondir. C’est pas toujours évident. C’est peut-être une peur que j’avais et finalement, je m’en suis pas trop mal sorti.

BR : Vous avez parlé de la FIBA Europe. Vous avez travaillé dans cette entité pendant 11 ans (directrice marketing puis directrice générale). Comment s’est présentée cette opportunité ?

YS : Cette opportunité s’est présentée grâce à mon rôle de joueuse. Celui qui m’a embauché m’a vu jouer mon dernier Final Four avec Bourges. En demi-finale, nous avions pris 25 points.  Et dans la petite finale, on en a pris 30 points. On se connaissait car j’avais représenté les joueuses, lors d’une réunion de clubs d’Euroligue. Quand je suis allée représenter le club de Bourges, dès la fin de ma carrière en Mai 2003, j’ai enchaîne avec mon travail de directrice marketing en Juin 2003. Je suis allée en juillet représenter le club de Bourges au tirage au sort de l’Euroligue. Et le patron de la Fiba Europe m’a proposé un job en me disant, tu représentes ce que j’aime, quelqu’un qui se bat, qui lâche jamais. J’aimerais que tu viennes à la FIBA Europe. C’était un peu compliquée car je m’étais engagée avec mon Bourges, et la Fédération. J’ai demandé à mes patrons respectifs, s’ils étaient d’accord pour me laisser vivre une expérience que je considérais comme assez hors du commun dans le sens où je pensais pas intégrer ce genre d’organisation. Ils ont été d’accord malgré tout. J’y ai passé 11 ans. Mon contrat s’est fini en fin d’année dernière.

BR : Quels étaient vos missions exactement ? Qu’est ce qui a changé pendant ses 11 ans où vous avez occupé le poste de directrice marketing et de directrice générale ?

YS : Je suis pas sûr que j’ai changé quoi que ce soit (rires). J’ai adhéré pleinement à ce qu’a fait mon patron. C’était la mise en place des championnats d’Europe de jeunes qu’on avait tous les étés en mai. Vous jouiez une année, quelle qu’elle soit, un championnat d’Europe tous les 2 ans. Là ce sont des championnats qui se déroulent tous les ans : garçons et filles sur trois catégories (moins de 16, moins de 18 et moins de 20 ans) et sur deux divisions. Je trouve que c’est ce qu’il y avait de mieux.

Les jeunes, c’est le futur du basket. On leur permet de jouer au très haut niveau. Au lieu d’avoir un réservoir réduit comme on l’avait à l’époque, vous leur permettez de jouer contre les meilleures européennes de la catégorie. Je pense surtout au pivot de grande taille qui éclot un petit peu plus tard que les petits en taille. Il y avait un énorme investissement financier de la part de la FIBA Europe. Je trouvais que c’était juste et vrai. Ensuite, il y a des choses qui ont été faites au niveau de l’Euroligue. J’étais pas mal impliquée sur l’amélioration des tenues. Ça s’est un peu calmé suite au changement de patron de la FIBA Europe.

Yannick Souvré ex-directrice à la Fiba Europe (c) Fiba Europe

Yannick Souvré ex-directrice à la Fiba Europe (c) Fiba Europe

BR : Quels sont vos projets à venir ?

YS : De trouver un travail qui me plaise. Je suis en recherche d’emploi. J’ai des idées. A l’heure actuelle, j’essaie de me mettre en position d’avoir un emploi tel qu’il me fait rêver. Si mes challenges actuels ne se déroulent pas comme je le souhaite, et que ca se passe pas bien, je me mettrais sur le marché du travail plus classique. J’ai des envies et je vais tout faire pour y arriver.

BR : Ce sont des envies en lien avec le basket ?

YS : Ce sont des envies en rapport avec le sport en général. Je suis pas contre rester dans ce monde. Ce n’est pas parce que ça se termine à la FIBA Europe, que je n’ai pas envie de continuer dans le basket. Loin de là, c’est mon monde, ma vie depuis de nombreuses années. De toute façon, j’y resterais quoi qu’il arrive. Si c’est de façon professionnel, c’est bien. Sinon ce sera de façon bénévole si on peut le dire. J’aimerais arriver à trouver un emploi dans le monde du sport. C’est ce qui m’est le plus adapté. Il y a d’autres choses qui sont intéressantes aussi. J’ai plein d’envie. Je suis pas fermé.

BR : Abordons désormais la NBA. Quels sont vos premiers souvenirs de la NBA ?

YS : Mon premier souvenir, c’est Magic Johnson. Pas que ce soit mon joueur favori mais je me disais comment un meneur de jeu peut être si grand (rires). Ça se faisait pas du tout en Europe, à l’époque. Moi j’étais très fan d’Isaiah Thomas, j’avais son maillot. J’ai adoré aussi les Chicago Bulls pas qu’avec Michael Jordan. Il y avait aussi Scottie Pippen que j’adorais. C’était un gars qui était dans l’ombre et qui a permis à Jordan d’être le joueur extraordinaire que tout le monde connaît.  Je pense que Jordan sans Pippen, je suis pas sur… C’est parce que peut-être je crois beaucoup dans le collectif. On fait pas du tennis. Il faut les autres autour. Vous pouvez être très très bon mais si vous avez pas les bons joueurs autour de vous, c’est plus compliqué. Ce sont mes références.

BR : Suivez-vous la NBA actuellement ou de loin ?

YS : Non. Je suis de très loin. La seule chose que je suis, ce sont les Français en NBA. Dès qu’on parle de Tony Parker, Boris Diaw, Nicolas Batum, du parcours des jeunes comme Alexis Ajinça et Rudy Gobert, j’ai envie de savoir ce qui se passe dans leur carrière. Dès que San Antonio est éliminé et qu’il y a pas de Français qui va en finale, je suis pas très au courant, je dois bien vous le dire. Je me lève pas la nuit pour voir les matchs. Je suis pas super fan des matchs NBA. Et ce d’autant plus en saison régulière. C’est pas tout à fait le basket que j’aime.

BR : De loin, avez-vous un favori cette saison en NBA ?

YS : Non. Pour San Antonio, je pense que c’est super compliquée de répéter ce qu’ils ont fait l’année dernière. Sinon j’ai pas de favoris.

BR : Y a t-il un match marquant et historique de NBA  qui vous vient à l’esprit : play-offs, performance d’un joueur, un All Star Game par rapport à cette période ?

YS : Ce sont les derniers shoots à la dernière seconde qui font gagner les Chicago Bulls de Michael Jordan. En technique pure, quand il marque en suspension, ca parait facile mais c’est très très compliqué. Avec toutes les images qu’on voit, car on les a beaucoup vues, prises au ralenti… Et derrière quand on le voit, sauter de joie encore plus haut, c’est des émotions qui sont super belles.

BR : Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ? C’est pas forcément un cinq classique.

Tony Parker, Nicolas Batum, Boris Diaw, je l’aimais beaucoup quand il était ailier (rires), Alexis Ajinça et Rudy Gobert.

BR : Vous avez décidé de donner un cinq 100 % français.

YS : Un cinq 100 % français (rires)

BR : Possédez-vous des produits dérivés NBA, du basket européen : maillots, casquettes, goodies… ? Avez-vous gardé tous vos maillots que vous avez porté en carrière.

YS : Non je suis pas très fan. J’ai donné mes maillots à des œuvres caritatives. Je crois qu’il m’en reste un chez mes parents. J’ai rien gardé à part mon accréditation pour les Jeux Olympiques, des choses qui sont très émotionnelles. La seule chose que j’achète, ce sont les mascottes des différents événements auxquels je vais. Mon fils est très fan. Je suis pas très américaine pour tout ce qui est produits dérivés (rires).

BR : J’en viens à ma dernière question. Je vous laisse le mot de la fin.

YS : Ca va être une question. Pourquoi vous avez envie de parler de basket féminin alors que tant d’autres médias n’en parlent pas ?

BR : Je ne m’attendais pas à une question. Les rôles s’inversent (rires).

YS : J’ai lu les interviews. Je me suis préparé.

BR : Ca nous permet d’enrichir notre culture basket personnellement. Certains ont découvert ce sport dans les années 90 notamment avec la NBA. A force de lire, de regarder des matchs, on découvre d’autres basket. Le but de notre site Internet est donc de retracer l’histoire de tous les baskets et pas seulement de la NBA mais aussi le basket européen, la Pro A, le basket féminin. C’est quelque chose qui n’a pas été trop fait. On a regardé tous les autres sites qui sont spécialisés soit sur la Pro A, le basket féminin, la NBA. Nous voulons faire un mélange de tous les baskets. C’est pourquoi depuis plus d’un an, on essaie de faire vivre l’histoire de ce sport à travers nos différentes interviews et articles.

YS : Le mot de la fin, ce sera félicitations. Je trouve votre démarche géniale. J’ai qu’un mot, ce sont des encouragements pour que vous continuez. Je trouve ça géniale et je vous félicite.

BR : Super mot de la fin. Merci pour votre disponibilité. C’était un plaisir de retracer votre carrière dans le basket.

Merci infiniment à Yannick Souvré d’avoir partager ce moment par téléphone depuis Munich.

Vous pouvez également vous rendre sur son site officiel : www.yannicksouvre.net

SA CARRIÈRE :

  • 1984-1989 : BAC Mirande
  • 1989-1990 : Fresno State
  • 1990-1992 : Racing Club de Paris
  • 1992-1993 : Spo Rouen
  • 1993-2003 : CJM Bourges

SON PALMARÈS :

  1. EQUIPE DE FRANCE

Palmarès collectifs :

  • Médaille d’or, Europe Championne d’Europe des Nations en 2001;
  • Médaille d’argent, Europe Vice-championne d’Europe des Nations en 1993 et 1999;
  • Médaille d’or Vainqueur des Jeux de la Francophonie en 1989;
  • Médaille d’argent Finaliste des Goodwill Games en 1994;
  • Médaille de bronze 3e des Jeux Méditerranéens en 1997.

Récompenses individuelles :

  • 251 sélections en Équipe de France
  • Capitaine de l’équipe de France de 1997 à son retrait en 2002
  • Meilleure passeuse du championnat du monde 1994

      2. CLUB

Palmarès collectifs

  • 8 fois Championne de France : 1988, 1989, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000 (finaliste en 2001 et 2002) ;
  • Tournois de la Fédération : 1996, 1999, 2000, 2001 ;
  • 3 fois Championne d’Europe Euroligue : 1997, 1998 et 2001 (sur six Final Four disputés) ;
  • Vice-championne d’Europe Euroligue 2000 ;
  • Vainqueur de la Coupe d’Europe Ronchetti 1995.

Récompenses individuelles

  • Meilleure joueuse française du championnat de France 1997-1998 (avec Odile Santaniello)
  • Élue dans le meilleur cinq de l’Euroligue 1999
  • Meilleure joueuse du Final Four 1997 de l’Euroligue.

HOMMAGE A YANNICK SOUVRE PAR LA FFBB

Montage Une : Clément Demontoux

Propos recueillis par Richard Sengmany

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About Richard Sengmany (401 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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