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Quand la NBA perd le Nord : chronique d’une ligue à géographie variable

Histoire

Deux Conférences. Six divisions. Tel est le format dans lequel la NBA évolue aujourd’hui. Tout n’a pourtant pas été si simple pour parvenir à cette formule. Retour sur certains « couacs » géographiques de la grande Ligue. 

Comme chacun le sait, la NBA d’aujourd’hui compte 30 franchises réparties équitablement en deux Conférences. Si l’on observe la carte des Etats-Unis, on constate une logique géographique dans cette répartition. Memphis et la Nouvelle-Orléans sont sensiblement sur la même longitude que Chicago ou Milwaukee, mais il n’y a rien de surprenant à les retrouver dans la même division que les trois équipes texanes, à savoir Houston, San Antonio et Dallas.

À ses débuts, la NBA ne comptait cependant pas autant de clubs, et le bon sens qui découle de cette répartition par Conférence n’a pas toujours été respecté.

UN CHAMPIONNAT TOUT NEUF

Remontons au début des années 60. Lors de la saison 1961-1962, la jeune NBA compte seulement neuf franchises dans ses rangs.

La Conférence Est se compose alors de quatre équipes du Nord-Est des États-Unis :

  • Les Boston Celtics de Bill Russell et Bob Cousy
  • Les Philadelphia Warriors (ancêtre des Golden State Warriors) de Wilt Chamberlain
  • Les Syracuse Nationals (devenus avec le temps les Philadelphia 76ers)
  • Les New York Knicks

Dans la Conférence Ouest, on dénombre cinq autres équipes réparties sur le reste du territoire :

  • Les Los Angeles Lakers d’Elgin Baylor et Jerry West
  • Les Cincinnati Royals (que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Sacramento Kings) et leur homme à tout faire, Oscar Robertson
  • Les Detroit Pistons
  • Les Saint Louis Hawks (club aujourd’hui basé à Atlanta) du légendaire Bob Pettit
  • Les Chicago Packers (ancêtre des Washington Wizards) de Walt Bellamy

La saison suivante (1962-1963), les Philadelphia Warriors déménagent en Californie et prennent leurs quartiers à San Francisco, en rejoignant par la même occasion la Conférence Ouest. Pour rééquilibrer sa structure, la NBA est dans l’obligation de demander à une franchise de l’Ouest de rejoindre la Conférence Est. Leur choix se porte sur Cincinnati, une des deux villes les plus à l’Est de la Conférence avec Detroit.

Pour le moment, rien de choquant.

QUAND LA NBA PERD LE NORD

Ce n’est qu’une saison plus tard (1963-1964) que la NBA perd littéralement le Nord. Les Chicago Packers (Conférence Ouest), renommés alors Chicago Zephyrs, poursuivent leur quête identitaire en déménageant à Baltimore et en changeant une nouvelle fois de nom pour devenir les Baltimore Bullets, le tout sans changer de Conférence.

La NBA se retrouve alors avec une Conférence Est dans laquelle on retrouve Cincinnati, et une Conférence Ouest dans laquelle Baltimore (pourtant situé près de 800 km à l’est de Cincinnati) s’invite.

63-64

Une situation défiant toute logique qui perdure jusque la saison 1966-67, année où les Chicago Bulls font leur apparition. Les Bulls rejoignent alors la Conférence Ouest, et la ligue se décide enfin à intégrer les Baltimore Bullets à la Conférence Est.

QUEL(S) IMPACT(S) SPORTIF(S) ?

Si cette anecdote fait aujourd’hui sourire, nul doute qu’elle a eu des conséquences sportives sur une poignée de franchises et de joueurs.

Lors des playoffs 1963, les Celtics et leurs sept futurs Hall of Famers sont poussés par les Cincinnati Royals à un septième match lors des finales de Conférence (les Celtics l’emportent 142 à 131). Malgré cette belle résistance, les saisons se suivent et se ressemblent pour les Royals, dont la route vers les finales est barrée systématiquement par les troupes impitoyables de Red Auerbach.

the big OPotentiellement seconde meilleure équipe de l’époque, les Royals auraient pu connaître un sort bien différent si la Ligue ne les avait pas maintenu dans la Conférence Est.

A l’Ouest, les Lakers auraient certainement été davantage à leur portée, et les finales NBA des années 60 auraient pu alors s’avérer moins répétitives. Ce ne sont bien entendu que des hypothèses, mais la rivalité historique entre Boston et Los Angeles tient peut-être en partie à cette mise à l’écart de Cincinnati.

Dans cette hypothèse, on peut également considérer un impact certain sur la carrière dOscar Robertson. Considéré par beaucoup comme l’un des dix meilleurs joueurs de l’histoire, l’hypothétique présence des Royals lors de finales NBA dans les années 60 (en lieu et place des Lakers) auraient pu le propulser encore plus haut dans ce classement subjectif. Et quid dans ce cas, des places qu’occuperaient Jerry West et Elgin Baylor ?

Beaucoup de questions sans réponses qui nous permettent de se faire une idée de l’impact de certaines décisions prises par les hautes instances de la Ligue.

 

UNE FUSION AUX RÉSULTATS INATTENDUS

Si cette incohérence survenue dans les années 60 semble difficile à comprendre, la NBA est pourtant parvenu à se surpasser en 1977, première année de sa fusion avec l’ABA. Voyez par vous-même la situation géographique des franchises cette année-là, où les répartitions par Conférences n’avaient alors plus aucune logique :

76-77

Ce n’est que lors de la saison 1980-81 que la carte de la NBA gagne en cohérence avec notamment les passages à l’Ouest de San Antonio et Houston, et des équipes réalisant le chemin inverse à l’image de Chicago ou Detroit.

Au fil des décennies, cette problématique géographique s’est donc dissipée, et les conséquences qui en résultent (fatigue liée aux transports) ne sont que de vieux souvenirs. Les protagonistes de notre sport sont désormais suffisamment aisés pour voyager en jet privé. Et le confort dans lequel ils évoluent aujourd’hui nous permet de mettre en perspective les exploits de leurs ainés qui, à l’époque, et avec des calendriers tout aussi chargés, engloutissaient chaque saison des milliers de kilomètres dans des vols commerciaux. Un inconfort qui n’empêchait pas les All Stars d’antan de briller chaque soir sur les parquets historiques de la NBA.

Crédits photos : Dick Raphael/NBAE/Getty Images

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About Simon ANNIC (20 Articles)
NBA Addict depuis les premiers dribbles de Kobe avec les Lakers, je suis autant passionné par la NBA actuelle que par l'histoire de la grande ligue, de Red Auerbach à Phil Jackson, d'Elgin Baylor à Chris Paul.

1 Comment on Quand la NBA perd le Nord : chronique d’une ligue à géographie variable

  1. C’est bien mieux maintenant ^^

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