Breaking News

Dossier : les coachs NBA qui sont passés par l’Europe

Histoire d'un coach

L’intersaison en NBA est mouvementée cet été. Entre les transferts réalisés par les clubs, les rumeurs, la draft, l’actualité NBA a été marquée par l’arrivée de deux poids lourds du coaching européen : David Blatt, head coach de Cleveland et Ettore Messina, nouvel assistant coach des Spurs de Gregg Popovich. Basket Rétro revient sur les coachs de la Grande Ligue qui ont exercé leur fonction en Europe à travers différentes périodes. Détails. 

Après une multitude de joueurs européens, serait-ce autour des entraîneurs du même continent à poser leurs valises outre-Atlantique en NBA ? En même temps que les franchises NBA constituent leur roster pour la saison 2014-2015, ils recrutent aussi de nouveaux profils de coachs venant d’Europe. C’est le cas récemment de l’américano-israélien David Blatt, devenu le nouveau head coach de Cleveland et de Lebron James. Au Texas, Gregg Popovich sera assisté d’Ettore Messina aux San Antonio Spurs. Ces deux arrivées montrent encore que la NBA s’internationalise et s’intéresse à d’autres entraîneurs hors de leurs frontières. Si Blatt et Messina passent de l’Euroligue à la NBA, d’autres entraîneurs sont passés par la case Europe également avant ou après avoir coaché en NBA. George Karl, Mike d’Antoni ou encore Mike Fratello en sont de parfaits exemples. Des cas que l’on va davantage détailler ci-dessous.

L’AVENTURE MADRILÈNE DE GEORGE KARL

Alors qu’il avait signé pour 2 ans, George Karl est viré au bout d’un an du Real Madrid en 1989-1990. Il retourne aux Etats-Unis pour coacher en CBA lors de la saison 1990-1991 et les Patroons d’Albany avec lequel il gagne 50 matchs sur 56 dont tous ceux à domicile. Grace à cette performance, il est élu meilleur coach de CBA pour la troisième fois de sa carrière. A cet instant là, le Real Madrid cherche un coach et rappelle Karl qui refait surface en Espagne et retrouve le club madrilène en 1991-1992.

George Karl (c) Jorge Fernandez

George Karl (c) Jorge Fernandez

En 1996, alors coach des Sonics de Seattle qui jouait un match face aux Pacers d’Indiana à Séville, George Karl est revenu sur cet épisode où il a vécu cette expérience de coach en Europe pour Associated Press :

« J’étais heureux à cette période ici à Madrid. Mais il y avait aussi des temps très difficiles pour moi. Je ne le nierais pas ».

La presse sportive espagnole se montrait dur envers Karl et exigeait de sa part des résultats excellents du Real. Malgré le statut d’entraîneur expérimenté venant de la NBA, ces bons résultats n’étaient pas là, et c’est Karl qui était la cible de cette presse. Le coach américain se défendait comme il le pouvait :

« Je me battais trop avec la presse à qui j’ai dit des choses stupides qu’elle a écrite. Ils ont retenu certaines choses et les ont utilisées contre moi plus tard ». « Ne pas gagner avec Madrid faisait de lui était la bête noire. Les gens se demandent toujours pourquoi il n’arrivait pas à gagner avec le Real alors que c’était le cas en NBA, soulignait David Becker, journaliste sportif à Marca qui a suivi George Karl pendant ses deux saisons au Real Madrid. (Source AP)

En revenant en Espagne et donc à Séville en 1996 avec Seattle, Karl disait à l’époque qu’il n’était pas exclu qu’il revienne coacher au Real:

« Pour gagner un championnat vous devriez être avec une des meilleures équipes en Europe et Madrid est une de ces équipes, j’attendrai jusqu’à que mes enfants obtiennent leur diplôme à l’université ou entrerai à l’université. Si le Real Madrid veut que je revienne, j’y réfléchirais certainement ».

Karl ne reviendra jamais en Europe et poursuivra sa carrière de coach en NBA (Seattle, Denver).

LA RÉUSSITE DE MIKE D’ANTONI EN ITALIE

Mike d'Antoni (c) Andrew D.Bernstein - Getty Images

Mike d’Antoni (c) Andrew D.Bernstein – Getty Images

Avant d’avoir posé ses valises et coaché en NBA (Phoenix, New York et les Lakers de Los Angeles), Mike d’Antoni est connu pour avoir effectué une belle carrière de coaching en Italie (lui-même d’origine italienne). Après avoir terminé sa carrière de joueur à Milan en 1990, il reste dans ce club en tant qu’entraîneur pendant quatre ans. Lors de sa troisième année, il remporte son premier titre, une Coupe Korac, en battant la Virtus Roma. Son bilan à la tête du club est de 92 victoires sur 141 rencontres de championnat et de playoffs, et 37 victoires sur 48 rencontres sur la scène européenne. En 1994, il quitte Milan mais pas l’Italie pour prendre la direction de Trévise (1994-1997 et 2001-2002). Avec le Benetton, il remporte deux championnats d’Italie (1997, 2002), une Coupe des Coupes (1995) et une Coupe d’Italie (1995). Il gagne 212 matchs sur 306 en tant que coach dans le championnat italien (matchs cumulés avec Milan et Trévise). Sa réussite en Europe ne laisse par indifférent Brian Colangelo, dirigeant de Phoenix qui se rendra en Italie pour discuter avec d’Antoni et lui proposer plus tard un poste d’assistant en 2002 et un an plus tard celui de head coach des Suns, club dans lequel il signera et restera cinq saisons (2003-2008).

Dan Peterson, le coach d’Antoni lorsqu’il était joueur à Milan savait que celui-ci deviendrait un excellent coach :

« il vient d’une famille de grands coachs comme son père Louis qui a gagné le championnat d’Etat de West Virginia avec le lycée de Mullens HS en 1955. Ensuite, son frère aîné, Danny a été un brillant coach au lycée à Myrtie Beach dans la Caroline du Sud. Je savais que Mike avait le génie et les qualités pour entraîner ». Et de préciser lorsque Peterson a eu sous ses ordres d’Antoni pendant 9 ans à Milan (1978-1987) : «  Il était comme un coach sur le terrain. J’ai annoncé un système d’attaque à Mike pour qu’il l’exécute sans faire des signes de mains, sans annonces vocales. C’était automatique ».

MIKE FRATELLO : « LES COACHS EUROPÉENS VONT ARRIVER EN NBA »

Quant à Mike Fratello, qui a également découvert le basket européen en étant sélectionneur de l’Ukraine, il pense que comme les bons joueurs d’Europe, les dirigeants d’une franchise NBA vont s’attacher les services de coachs qui ont fait leur preuve en Europe explique t-il à ESPN :

« On a de plus en plus de gens venus d’Europe qui trouvent des jobs dans le management des équipes NBA. On a même des gens d’autres pays que les Etats-Unis qui sont propriétaires d’équipes, qui sont présidents ou General Managers. On a des assistants coaches et des scouts originaires de nombreux pays différents. »

Et d’ajouter que ces coachs européens auront une manière différente de gérer un groupe car le calendrier européen et celui de la NBA est différent :

« Avant le début de la saison, tu n’as que 28 jours d’entraînement. C’est rien du tout, surtout si tu rajoutes sept ou huit matches amicaux là-dedans. Si tu ajoutes à cela les jours de voyage et les jours de repos, tu arrives vite à 16 ou 17 jours d’entraînement. Ensuite la saison commence et tu n’as plus trop le temps de mettre les choses en place. C’est dur quand tu joues 82 matches. »

L’ancien coach d’Atlanta, de Cleveland ou de Memphis a accepté d’entrainer l’équipe nationale ukrainienne cinq ans après avoir coaché les Grizzlies  explique sa décision sur le site d’ESPN en 2011 :

« un, c’était une occasion d’entraîner une équipe, que j’aime. Deux, c’était une occasion d’entraîner dans un cadre international, dans un Eurobasket, ce que je n’avais jamais fait auparavant. J’ai fait beaucoup de consulting dans beaucoup de pays mais je n’ai jamais entraîné dans une compétition internationale auparavant. »

Mike Fratello sélectionneur de l'Ukraine (c) Fibaeurope.com

Mike Fratello sélectionneur de l’Ukraine (c) Fibaeurope.com

Lors de sa prise de son fonction en tant que sélectionneur de l’équipe d’Ukraine, Fratello a livré son sentiment sur l’approche du basket en Europe :

« C’est très différent que d’entrainer en NBA. Premièrement, vous devez connaître les règles qui sont distinctes. Par exemple, la ligne à 3 points qui change. Elle passe d’une forme en trapèze à celle rectangulaire. La manière dont ils appellent le jeu est différente. Donc vous devez ajuster votre défense en conséquence. Vous devez modifier votre attaque pour profiter des situations ».

Karl est une exception avec le Real. Mais d’Antoni a prouvé qu’il pouvait entrainer assez longtemps en Europe et en NBA. Fratello a longtemps duré sur les bancs de NBA et cela fait trois ans qu’il est responsable de la sélection A de l’Ukraine. On attend de voir comment Blatt et Messina vont tenir leur rôle à compter de fin octobre sur les parquets NBA, eux qui ont brillé sur les parquets européens.

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Richard Sengmany (365 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.