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ITW Patrice Dumont – Partie 1 : « Aux Etats-Unis, le basket parle quasiment à tous »

Suite de nos entretiens exclusifs aujourd’hui dans notre rubrique « le basket vu par ». Après Mary Patrux et Gaelle Millon notamment, c’est au tour de Patrice Dumont, un autre journaliste spécialisé basket d’avoir accepté de répondre aux questions de Basket Rétro. Dans cette première partie, l’ancien commentateur sur les antennes du Groupe Canal revient pour nous sur ses souvenirs de basket et sur l’actualité de la balle orange.

Patrice Dumont en compagnie d’Edwige Lawson-Wade (c) Romain Chaib

Basket Rétro : Comment avez-vous découvert le basket ?

Patrice Dumont : J’avais un copain qui habitait en face de chez moi et dont le frère était joueur de basket et entraîneur après. Il a acheté des Sports Illustrated, magazine difficile à trouver à ce moment là avec des couvertures de joueurs de NBA. C’était mon premier contact avec ce sport.

BR : Avez-vous déjà joué et à quel niveau ? 

PAD : Je n’ai pas joué au basket en club. Je ne suis pas un joueur de basket (rires). L’occasion de jouer s’est présentée et j’ai joué mais je ne suis pas un expert. C’est du loisir et du pur plaisir.

BR : Quels sont vos premiers souvenirs de la NBA ?

PAD : Ce sont les duels entre les Lakers et les Celtics dans les années 80 avec les confrontations Magic Johnson et Larry Bird.

BR : Quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) qui vous ont marqué et vous aimez en NBA ? 

PAD : Oui plein de joueurs m’ont marqué. J’aime bien Ray Allen, un joueur un peu en fin de carrière. J’aimais beaucoup Clyde Drexler. Son profil me plaisait pas mal même s’il était peut être un joueur un petit peu moins en vue. Ensuite, je peux citer des joueurs qui ont marqué tout le monde : Magic Johnson, Michael Jordan évidemment. Le phénomène Dream Team était un peu l’aboutissement de toute cette génération avec des joueurs qui ont marqué l’ensemble. Quant aux équipes, je n’ai pas vraiment de préférence. A partir du moment où on n’habite pas aux Etats-Unis, on n’a pas forcément besoin d’être un fan absolu d’une équipe. On est plutôt fan d’un joueur, d’un système de jeu. C’est mon avis. Ensuite, j’ai un ami qui aime les Bucks de Milwaukee, club dans lequel il est kiné d’ailleurs. Donc je suis cette équipe qui a terminé dernière de la conférence Est cette année. Voilà c’est par pure amitié pour lui que je les suis (rires).

BR : Et ceux que vous détestez le moins ? (actuels ou passés)

PAD : Il y a forcément des joueurs qu’on n’aime plus ou moins. J’aime les joueurs, le jeu mais je ne fais pas attention sinon.

Ray Allen (c) nba.com/heat

Ray Allen (c) nba.com/heat

BR : Y a t-il un match marquant et historique de la NBA qui vous vient à l’esprit: playoffs, performances d’un joueur, All Star Game (ASG) ?

PAD : Il y a la finale entre les Bulls et le Jazz avec le shoot incroyable de Jordan à Utah. J’ai été aussi à Los Angeles pour le All Star Game en 2011. Et je me trouvais au bord du parquet. J’ai fait beaucoup de matchs NBA et d’autres. Voir Lebron James traverser le parquet en quatre pas, il dégage une puissance physique vraiment et assez exceptionnelle. Je me souviens de ce ASG avec les premières minutes du match, les premiers instants pour comprendre que ca allait être un bon ASG avec ce duel entre Lebron et Kobe. Je me souviens plus lequel des 2 tape sur les fesses de l’autre en marquant son premier panier. Tous les 2 voulaient gagner ce match. Et il y avait du spectacle.

« Lebron James dégage une puissance physique vraiment exceptionnelle »

BR : Vous étiez donc sur place à Los Angeles pour voir ce All Star Game. Pouvez-vous décrire l’ambiance de ce match aux Etats-Unis : l’après match, le public américain, le show à la mi-temps. J’imagine que vous avez senti la différence par rapport à d’autres pays comme la France ?

PAD : Oui la dimension est différente. C’est un peu cliché. Mais tout est plus grand. Quand on regarde les dimensions des terrains, c’est plus grand évidemment. Le temps de jeu est plus important.  Ils jouent 12 minutes par quart-temps et pas 10 comme en Europe. Parfois les gens disent «  vous vous rendez compte en NBA, ils marquent plus de 100 points et en Europe non ». Oui mais en Europe, on joue 8 minutes de moins. Ca a l’air de rien mais c’est quasiment un quart-temps supplémentaire. Forcément avec 8 minutes de plus, on a le temps de mettre des paniers. Pour revenir sur cet aspect grandeur, immédiatement quand vous faites un ASG ou n’importe quel match à l’échelle nationale aux Etats-Unis, c’est pour potentiellement 300 millions personnes. En Europe, ça n’existe pas un championnat qui réussit à s’adresser à autant de monde en même temps. C’est plus grand, plus abouti car culturellement et aujourd’hui encore il y a 4 grands sports professionnels (football US, baseball, hockey, et le basket avec la NBA). Et la NBA fait partie de la vie du petit américain moyen.

Le basket en France, ça parle car il y a beaucoup de licenciés. Et en plus il y a plus de visibilité avec les résultats en France. Mais ca ne parle pas complètement à tout le monde. Aux Etats-Unis, le basket parle quasiment à tous. Il faut comprendre qu’un match de playoffs ou de saison régulière, va être diffusé sur ABC, chaine américaine nationale. A titre de comparaison, c’est comme si les playoffs NBA étaient diffusés sur TF1. La reconnaissance et l’exposition au grand public du basket n’est pas comparable. C’est bien que BeIn propose la NBA et Canal la Pro A. Mais ce n’est pas comparable à une diffusion sur TF1 pour prendre cet exemple.

« Le basket aux Etats-Unis ? La dimension est plus grande. Un All Star Game ou n’importe quel match vise potentiellement 300 millions de personnes ».

Patrice Dumont a assisté au All Star Game au Staples Center de Los Angeles (c)nba.com

Patrice Dumont a assisté au All Star Game 2011 au Staples Center de Los Angeles (c) nba.com

BR : Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ? (pas forcément un pivot, deux ailiers, deux arrières)

PAD : C’est compliqué. Je pense à Magic Johnson, Kareem Abdul Jabbar, Michael Jordan évidemment, Kobe Bryant, et Lebron James.

BR : Kevin Durant sera-t-il logiquement élu MVP de la saison ou pensez-vous que ce sera un autre joueur ?

PAD : Je vote pour Lebron pour le titre de MVP. C’est aussi dû à son caractère que je dis James. Il a un caractère plus affirmé, plus expansif que Durant. Kevin Durant est plus réservé dans sa personnalité.

BR : Les playoffs sont en cours en NBA. Voyez-vous des équipes surprises en playoffs ? Quel est votre pronostic pour la finale 2014 ? Qui va gagner le titre cette saison ?

PAD : C’est dommage que Chicago soit sorti 4-1 contre Washington. En finale, je vois Miami-San Antonio. Mais pour moi Miami a un peu plus un avantage sur San Antonio. Indiana, en fin de saison régulière devenait un peu chaotique. Après les playoffs, c’est vraiment une nouvelle saison qui commence. Ca le démontre souvent. Miami qui assure totalement son statut de favori. On se retrouve avec 3 duels où il y a 3-3 : Memphis-OKC / Indiana-Atlanta/ LA Clippers-Golden State (ndlr : interview réalisée le 2 mai) puis les autres matchs sont à 3-2. (Houston-Portland / Brookyln-Toronto / San Antonio-Dallas). C’est donc serré partout hormis la qualif de Washngton et le sweep de Miami.

BR : Une question désormais sur la Pro A. On voit que c’est un championnat très serré avec la lutte pour les places en playoffs. Qui gagnera le titre cette année ?

PAD : (rires). Celui qui annonce le nom du futur champion de Pro A est balèze. C’est à la fois sympa est presque inquiétant ce qui se passe dans ce championnat. Au début de saison, je pensais qu’une hiérarchie allait commencer à s’établir. Aujourd’hui, franchement on a quelque chose d’assez étrange avec ce sentiment que tout le monde peut battre tout le monde. Strasbourg  est le leader le plus faible de la Pro A. C’est l’avantage pour dire qu’il y a du suspense. L’inconvénient est qu’on ne comprend rien. C’est-à-dire que les trois équipes Strasbourg, Le Mans, Limoges ont deux tiers de victoires et un tiers de défaites. Presque 20 victoires et 10 défaites. J’ai pas de favori pour cette année.

Alors que l’année dernière, j’avais dit attention quand même à la JSF Nanterre.  Je me souviens d’une discussion que j’avais eue à Chalon avec Philippe Hervé. Et je lui ai dit «  tu vas voir la JSF ». J’avais senti un truc. C’est peut-être un coup de bol. Nanterre était une équipe qui était là au bon moment. Je me souviens de leur match 1 contre Strasbourg en finale en 2013. La SIG passe une rouste à la JSF (89-55). Et on connait le résultat final par la suite. (ndlr : Nanterre aligne 3 victoires de suite) Cette année en Pro A, le titre sera pour celui qui aura un bon équilibre au bon moment. Jusqu’à maintenant, y a pas une équipe qui a été capable de conserver cet équilibre. Mais cette Pro A est bien pour le suspense.

Propos recueillis par Richard Sengmany

Dès mercredi, retrouvez la deuxième partie de l’entretien dans laquelle Patrice Dumont nous évoquera son travail de journaliste pour le Groupe Canal ainsi que celui sur le basket féminin et la Ligue Féminine de Basket. Restez connecter chers lecteurs.

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About Richard Sengmany (358 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

1 Comment on ITW Patrice Dumont – Partie 1 : « Aux Etats-Unis, le basket parle quasiment à tous »

  1. Il dit une bonne chose sur la Pro A, le fait qu’il n’y ait pas de vraie hiérarchie fat que j’ai du mal à la suivre…

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