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SLAM DUNK, le manga « MVP »

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D’un point de vue historique, les années 90 coïncident avec l’explosion de la NBA sur le plan international. L’avènement de Jordan et sa surmédiatisation ou encore la création de la Dream Team sont autant de facteurs qui développeront l’image de marque de la balle orange auprès du grand public. C’est durant cette même période que démarrera au Japon la publication d’un manga sobrement intitulé Slam Dunk. Basket Rétro va tenter aujourd’hui de revenir sur l’œuvre de Takehiko Inoue, qui presque 25 ans après ces débuts, continue de faire parler.

inoue2L’auteur de Slam Dunk, Takehiko Inoue voit le jour en 1967. Très jeune il se passionne pour le basket qu’il pratiquera au lycée. Son niveau relativement moyen comme il le confesse lui-même l’empêche d’entrevoir une carrière pro. Particulièrement doué pour le dessin, c’est finalement vers le manga qu’il se tourne. Il n’oublie pas pour autant son sport favori, et c’est (déjà) avec un recueil qui traite de basket qu’il se fait remarquer en 1988.  Il remporte le médiatique prix Tezuka avec  » Kaede Purple « . Après avoir été l’assistant du célèbre mangaka, Tsukasa Hojo (auteur de City Hunter, une série connue en France sous le nom de Nicky Larson grâce à sa diffusion dans le club Dorothée), Inoue se lance en solo. Il reprend le personnage principal de  » Kaede Purple « , qu’il intègre à sa nouvelle série. Cette série deviendra son plus grand succès, il s’agit de Slam Dunk.

 » J’ai commencé à jouer au basket au lycée et c’est à cette époque que j’ai voulu devenir dessinateur. Je pensais à des histoires en jouant au basket. Vous voyez, avant mes débuts, j’avais déjà l’intention de faire une histoire comme Slam Dunk. »

L’histoire de SLAM DUNK s’articule autour de son héros principal, Sakuragi Hanamichi. Au début de l’histoire, Sakuragi vient d’ intégrer le lycée. C’est un voyou qui n’a pas de passion particulière dans la vie, à part peut-être la baston. Signe particulier, il en est à son 50ème râteau avec une fille. Sakuragi tombe immédiatement amoureux de la séduisante Haruko, qui s’avère être la sœur du capitaine de l’équipe de basket du lycée. Pour faire le malin et essayer de séduire la jeune fille, Sakuragi prétend être un talentueux basketteur. Suite à un malentendu, il se voit dans l’obligation d’affronter en un contre un le frère d’Haruko, qui est donc le capitaine et le pivot de l’équipe du Lycée Shohoku. Bien entendu, capitaine Akagi (c’est son nom) s’imposera au cours de cet affrontement. Mais il est intrigué par la fougue, l’énergie et le physique de ce nouveau venu. Sakuragi de son côté se découvre une attirance pour ce sport. Il décide de s’inscrire dans l’équipe du lycée à la suite de ce one on one.

SDVoici donc grosso modo la trame de départ de Slam Dunk. Pour les gens ne connaissant pas encore le manga, pas d’inquiétude en ce qui concerne l’histoire d’amour entre Haruko et Sakuragi, elle n’est que prétexte à un point de départ. A aucun moment elle n’empiétera sur le côté sportif de la narration et jamais le récit ne basculera vers la romance. La seule histoire d’amour que l’on prendra plaisir à voir se développer, c’est celle entre Sakuragi et le basket-ball. Au fil des tomes de Slam Dunk, nous suivrons l’évolution du héros, qui découvre ce sport. Il deviendra petit à petit grâce à ces aptitudes physiques et sa détermination (et aussi beaucoup d’entrainement), un spécialiste du rebond. Avec son équipe, il partira à l’assaut du titre national. Affrontant tour à tour, des équipes au style de jeu très varié, brassant ainsi un large panel d’adversaires différents. Le récit est réellement ancré dans la réalité du jeu. Vous ne verrez pas de tirs spéciaux façon Olive et Tom par exemple, et Sakuragi ne sera à aucun moment le meilleur joueur. On sent que Takehiko Inoue aime ce sport, et il lui rend un formidable hommage au travers de son œuvre. De nombreux passages vous seront forcément familiers (l’entrainement au lay-up, l’achat de la première paire de sneakers, le premier match officiel etc..), et les puristes s’amuseront à dénicher les nombreux détails et clin d’œil à la NBA au fil des pages (le plus flagrant étant le graphisme et les couleurs du jersey de Shohoku qui sont identiques à celui des Bulls de Chicago). On notera également que l’auteur incluera un historique fort bien détaillé sur le basket-ball dans son premier tome. Il n’hésite pas non plus à expliquer les règles du jeu par l’intermédiaire d’une petite pastille intitulé  » DR. T  » (tiens tiens, encore un clin d’oeil) qui intervient entre les chapitres ou au fil des cases du récit afin d’éclaircir le lecteur non avisé.

 » Quand on aime quelque chose, il y a comme une certaine gêne à l’avouer aux autres, et parfois même on dit qu’on n’aime pas. Mais pour ce qui est du basket, je suis fier de pouvoir dire « j’aime ». « 

Takehiko Inoue est tellement fan de basket qu’il est allé aux USA pour assister aux finales NBA. Il s’est également rendu à Barcelone pour voir évoluer la Dream Team. Il aura même eu l’honneur de s’entretenir avec Magic Johnson.

 » J’ai enfin pu rencontrer la superstar NBA, Magic Johnson. Pour moi il symbolise un dieu vivant ! C’est pourquoi la veille de notre entrevue, je ne pouvais presque pas dormir. Je remercie également Magic Johnson qui m’a accueilli avec son sourire mythique habituel. « 

slam-dunk-shohokuCette passion dévorante pour la balle orange se ressent immédiatement en lisant Slam Dunk. Si vous êtes fans de basket-ball, vous ne pourrez que succomber à ce manga devant l’énergie et la passion qui s’en dégagent. Même au Japon, un pays qui n’est pas reconnu comme une terre de basket, les aventures de Sakuragi rencontreront un succès sans commune mesure. Il faut se souvenir que le manga fût édité entre 1990 et 1996. A ce jour, il s’est écoulé plus de 110 millions de tomes rien qu’au Japon (la série totalise 31 tomes). Ce statut lui confére le titre de la série ayant le meilleur ratio de vente par tome. Encore aujourd’hui, le manga remporte tout les suffrages. Takehiko Inoue a reçu par exemple en 2010 une mention élogieuse de l’Association de Basket Japonaise pour services rendus au sport. En 2012, Slam Dunk, dont la publication est finie depuis 1996 se classe deuxième au classement des mangas préférés des japonais.  A ce jour le manga peut se reposer sur une « Fan Base » nombreuse, et surtout très active. En 2014, de nombreux forums débattent toujours sur les joutes de Sakuragi et de sa team. Les fans aiment par exemple trouver à quel joueur réel ressemble tel ou tel autre joueur du manga. Il faut dire que Takehiko Inoue s’est inspiré sans aucun doute de la réalité pour pousser sa narration et ses illustrations vers l’excellence. D’ailleurs, concernant les illustrations, un des autres jeux des fans de Slam Dunk consiste à rechercher quels sont les clichés ayant servi de base de travail pour les dessins de l’auteur. Nous reviendrons d’ailleurs en images sur cet aspect plus loin dans l’article. De nombreux produits dérivés (tirelires, figurines, jeux vidéos, cartes à collectionner..) continuent de venir remplir les rayons des magasins japonais. Les jerseys des équipes du manga sont même disponibles, preuve de la vitalité de la licence et de l’effervescence qui existe autour de la série. Une adaptation du manga en dessin animé existe également, mais Takehiko Inoue n’y a pas participé, et il n’en est pas spécialement fan. En tant que passionné de basket-ball, l’auteur n’aura de cesse de créer encore et toujours des séries ayant un rapport avec la balle orange. On pense nottament à  » Buzzer Beater « , qui met en scène un tournoi de basket intergalactique sur fond de science-fiction ou encore  » Real « , qui traite cette fois du handibasket. Pour en finir avec l’impact de Slam Dunk au pays du soleil levant, il est important de revenir sur la création de la  » Bourse Slam Dunk « . Cette bourse qui a vu le jour en 2006 sous l’impulsion de l’auteur, a pour vocation d’aider les étudiants japonais à apprendre l’anglais dans un premier temps, afin d’aider ceux qui souhaitent rejoindre une école aux USA, et pourquoi pas une équipe NCAA.535053112_048 Le mangaka souhaite à travers la création de cette bourse, exprimer sa gratitude envers le basket-ball et en assurer la promotion dans son pays natal. Vous aurez certainement compris au travers de ces modestes lignes, que Takehiko Inoue est l’auteur d’un véritable mythe. Ses talents de dessinateur se mettent ici au service d’une histoire ou chaque personnage jouit d’un background extrêmement fouillé. Rien n’est laissé au hasard, les phases de jeu sont terriblement bluffantes, et l’humour parfois potache de l’auteur permet de souffler quand l’atmosphère d’une fin de match au couteau se veut étouffante. A titre personnel, j’ai lu, et relu l’intégrale de la série à plusieurs reprises, et à chaque fois j’y prends le même plaisir. Le plaisir et la passion, voilà surement deux ingrédients qui auront servi de carburant à Takehiko Inoue au début des années 90 pour emmener une banale histoire de balle orange au sommet de l’industrie du manga. D’ailleurs, cette citation de l’auteur révèle à elle seule sa véritable source de motivation :

 » Si jamais j’entendais des joueurs me dire :  » j’ai commencé à faire du basket-ball en lisant SLAM DUNK quand j’étais môme… » j’en aurais les larmes aux yeux !  »  

Il ne nous reste plus qu’à attendre un hypothétique retour de la série sur le devant de la scène. En effet, sans vous gâcher le final de l’histoire, il est intéressant de préciser que le manga se termine sur une fin ouverte. Alors croisons les doigts pour que la Team Shohoku face un jour son retour au grand complet, pour le plaisir des petits, des grands, et surtout de votre serviteur. Les 31 tomes de Slam Dunk sont disponibles en version française aux éditions Kana.

 

-OVERTIME-

On ne pouvait pas terminer cet article comme ça. Nous sommes obligés de vous offrir un peu d’extra. Tout d’abord, pour le plaisir des yeux, on vous laisse découvrir quelques comparatifs entre le travail d’illustration de Takehiko Inoue et certains clichés NBA de l’époque.

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Pour conclure en beauté, nous vous présentons le 5 majeur du Lycée de Shohoku :

 

TAKENORI AKAGIakagi

1m97 / 90 kg

Capitaine et pivot de l’équipe, Akagi est un pivot à l’ancienne. Capable de scorer proche du panier, il est également réputé comme étant un défenseur dur sur l’homme et un excellent contreur. Considéré comme le pivot numéro 1 de la préfecture de Kanagawa,  il est au cours de la série en classe de terminale et c’est pour lui la dernière chance d’emmener son équipe au tournoi national. Joueur très rigoureux, Akagi est surnommé le gorille. Il est le ciment et l’âme de son équipe.

sakuragi-hanamichi_322991SAKURAGI HANAMICHI

1m89 / 85 kg

Sakuragi joue sa première saison de basket. Doté de grosses capacités physiques, il est utilisé en tant qu’ailier fort. Son capitaine lui demandera de régner sous le cercle en lui expliquant que «  celui qui domine le rebond domine le match  » . Incapable de scorer autrement qu’en dunkant lors de ces premiers matchs, Sakuragi progressera offensivement au fil des tomes pour ajouter de nouveaux  » moves  » à son jeu . Totalement imprévisible dans ces déplacements et ses choix, Sakuragi va devenir petit à petit un pion essentiel de la rotation de Shohoku, tant dans son implication défensive que par la force de sa motivation sans faille.

KAEDE RUKAWA

1m87 / 75 kg187526

Rukawa est le joueur le plus talentueux de l’effectif de Shohoku bien qu’il ne soit qu’un rookie au niveau lycée. De nature paresseuse en dehors des parquets, Rukawa devient une véritable machine une fois sur le terrain. Disposant d’un très large éventail offensif, il est également un bon défenseur capable de chiper des ballons importants dans les moments décisifs. Il n’aura de cesse d’augmenter son niveau de jeu au fil de ces affrontements contre les stars des lycées adverses. Au vu de son niveau, sa présence au sein du lycée de Shohoku (qui n’a jamais atteint le tournoi national) en surprendra plus d’un. Il expliquera tout simplement que Shohoku était le lycée le plus proche de sa maison, une anecdote qui met en avant son côté nonchalant. Considéré par ces rivaux et les coachs adverses comme l’un des futurs meilleurs joueurs japonais, il envisage de rejoindre les USA pour continuer son apprentissage. Joueur parfois individuel, il apprendra à faire confiance à ces partenaires pour faire triompher le collectif. Il est le small-forward de l’équipe.

HISASHI MITSUI

1m84 / 70 kg

SD___Wall___Hisashi_Mitsui___by_MihaChanSi Mitsui est en terminale, il n’a jamais porté le jersey de Shohoku lorsque débute l’histoire. A la suite de la finale des collèges ou il décroche le titre de MVP en donnant la victoire à son équipe, Mitsui décide de rejoindre le lycée Shohoku alors que les plus grandes écoles du Japon souhaitent l’accueillir. Il fait ce choix pour évoluer sous les ordres du coach Anzai, celui là même qui lui donnera la force d’aller au bout de lui même le jour des finales des collèges. Malheureusement, il se blessera au genou lors de son premier entrainement avec sa nouvelle équipe. Il effectuera un retour trop rapide, qui l’éloignera une seconde fois des parquets. Finalement, Mitsui en tant qu’ancien MVP  sera frustré de la place importante que prendra Akagi dans l’équipe, et il tournera définitivement le dos au basket. Jusqu’à ce qu’il revienne au début de l’histoire. Sans entraînement depuis deux ans, Mitsui manque d’endurance mais reste un excellent shooting-guard, capable de prendre feu à trois points à tout moment.

RYOTA MIYAGIMiyagi102

1m68 / 59 kg

Miyagi est le meneur de l’équipe de Shohoku. Plus petit que la majorité de ces adversaires à la mène, il compense par une vitesse qui le classe parmi les joueurs les plus vifs de la préfecture de Kanagawa. Il n’a quasiment pas joué au cours de sa rookie-season en raison d’une hospitalisation à la suite d’une violente bagarre. Bien décidé à rattraper le temps perdu, Miyagi joue pour devenir le point-guard numéro un de Kanagawa et pour épater la manager de l’équipe, Ayako, dont il est amoureux. Son profil de bagarreur le rapprochera de Sakuragi dont il deviendra le meilleur pote.

Voilà, vous en savez désormais un peu plus sur l’impact du phénomène Slam Dunk. Il serait prétentieux de dire que nous avons fait le tour de la question. L’unique but de ce papier est de vous faire partager un autre pan de la culture Basket, entre passionnés que nous sommes. Nous espérons que ce petit focus vous donnera envie de devenir, vous aussi, des fans de Shohoku.

crédits photos : comipress.com/ebook3000.com/bounthavy.com/aliexpress.com/zerochan.net/itusozluk.com/minitokyo.net

Les propos de l’auteur proviennent de l’édition française de slam dunk : Dargaud benelux/Kana/I.T planning copyright.

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About Waka Bayashi (94 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

1 Comment on SLAM DUNK, le manga « MVP »

  1. Vraiment passionnant !!!

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