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Zo’ Mourning, quand un frelon chope le bourdon

Al1Quand un deuxième choix de la draft NBA laisse entendre qu’il veut changer d’air, il faut s’attendre à un peu d’agitation dans les bureaux feutrés des franchises de tout le pays. Alors imaginez un peu le tableau si on ajoute que ce même second choix est un jeune pivot âgé de seulement 25 ans, rugueux et excellent défenseur et qu’il a fait ces gammes à l’école des Hoyas de Georgetown sous la houlette de John Thompson. Les envies d’ailleurs d’Alonzo Mourning seront comme vous pouvez l’imaginer une onde de choc qui fera trembler toute la Caroline du Nord et même les Etats voisins.

L’histoire avait pourtant tout du conte de fées. Charlotte arrache Alonzo Mourning lors de la draft de 1992. Celui que l’on surnomme Zo’ a toutes les cartes en main pour s’inscrire dans la longue dynastie des pivots dominants de la NBA. C’est d’ailleurs ce qu’ il est déjà en NCAA avec ses 21 points et 10 rebonds par match lors de son année Senior. En Caroline du Nord, Alonzo sera associé à un jeune ailier fort tout aussi prometteur, Larry Johnson. Le front-office des Hornets pense avoir réuni tout les ingrédients pour développer la franchise et devenir dans un avenir proche une pièce majeure sur l’échiquier NBA.

D’ailleurs lors des play-offs de 1993, les Hornets réussiront à sortir Boston au premier tour sans avoir l’avantage du terrain. C’est même Alonzo Mourning qui qualifiera les siens grâce à un buzzer beater en tête de raquette. On pense alors qu’il s’agit là du premier coup d’éclat d’une longue série pour une équipe en pleine construction. Il n’en sera finalement rien, les saisons suivantes se termineront au mieux au premier tour, au pire sans qualification pour les play-offs. Alonzo Mourning enfilera la tunique des Hornets pour la dernière fois lors du Game 4 du premier tour des play-offs 95 qui verra Charlotte se faire sortir par les Bulls.

Alors que la reprise de la saison se précise en Caroline du Nord, l’annonce ne tarde pas à tomber, Zo’ Mourning ne reprend pas l’entrainement avec ces coéquipiers. Pire, il souhaiterait partir. Raison invoquée ? Le numéro 33 aspire à plus de monnaie. Alonzo réclame 13 millions de dollars par saison. La valse des coups de fils va pouvoir démarrer; 3,2,1 sonnez !! Les tractations commencent à se mettre en place, pour le plus grand bonheur de David Falk, l’agent de Zo’ qui déclare :

 » Tout le monde veut parler à Alonzo, mais il ne veut pas entendre parler de transfert, la seule chose qu’il souhaite vraiment c’est de continuer à Charlotte.. »

Al4Info ou intox ?? Difficile de connaître le véritable positionnement de Mourning. D’un côté on peut penser que le joueur tente de revaloriser son contrat, mais d’un autre, sportivement parlant, le projet des Hornets tarde visiblement à prendre forme. Alonzo Mourning sent peut-être alors le vent tourner et se veut probablement prévoyant, voir ambitieux. Les dirigeants de Charlotte qui n’ont pas franchement envie de voir leur All-star de pivot s’en aller à la concurrence se décide à faire une proposition. Bob Bass sort le chéquier et met un contrat de 11,2 millions de dollars sur la table pour Mourning. Pas assez rétorque le joueur. cette fois c’est officiel, David Falk nous a prit pour des jambons et les dirigeants de tout le pays peuvent commencer à compter leurs dollars pour tenter d’attirer le géant dans leur raquette. Plusieurs pistes commencent à émerger, Boston et Chicago sont sur les rangs. Le Zo’ les repousse gentiment, et franchement tant mieux pour le suspense que Mourning ne file pas chez les Bulls, imaginez un peu le carnage à l’Est avec un trio Mourning/Pippen/Jordan. Donc c’est niet pour Boston et Chicago. Monseigneur Mourning ne veut pas non plus entendre parler de la conférence Ouest. C’est vrai, on dénombre là-bas déjà 3 pivots d’un certain calibre (Olajuwon, Mutombo et Robinson), et ça serait vraiment con de ne pas se rendre au All-Star Game sur un malentendu. C’est donc reparti pour les tractations et roucoulades en tout genre. Un premier bruit commence à courir en coulisses, on parle des Knicks de New-York. Voilà une piste tout à fait plausible. Le jeu des New-Yorkais conviendrait à merveille à la rigueur défensive et à la dureté de Zo’ Mourning. En plus dans les vestiaires du Madison Square Garden, Alonzo retrouverait son pote Patrick Ewing. Et puis le front office des Knicks ne cache pas qu’il souhaite rajeunir son roster. Ernie Grunfeld le GM de l’époque confirme l’intérêt de Big Apple pour Mourning :

« Lorsqu’un joueur du calibre de Mourning devient disponible, il est de notre devoir d’entrer en contact avec lui. »

Les discussions devaient en être à un stade bien avancé, Charles Oakley témoignant à l’époque pour le New-York Post :

 » Deux jours avant la signature du contrat un joueur des Hornets m’a téléphoné pour me dire de préparer mes valises.. Les patrons de Charlotte ont surement hésité à échanger deux mecs de plus de 30 ans contre une jeune star de 25 ans. »

Bien vu Charles !! Le deal initial devait donc inclure Oakley et son coéquipier Charles Smith. Mais les dirigeants des Hornets se rétractent et on les comprend. Puisque leur pivot doit partir, on aimerait au moins limiter la casse en Caroline du Nord, et c’est d’ailleurs ce qu’explique Bob Bass :

« Nous ne voulions pas nous retrouver dans la même situation que Philadelphie après le départ de Charles Barkley ».

Les New-Yorkais reviennent à la charge au pas de course et proposent cette fois Anthony Mason, John Starks et un premier tour de draft. Une fois de plus Charlotte refuse ce deal. Il faut dire qu’avec Larry Johnson et Dell Curry les Hornets sont déjà équipés au poste 2 et 4. Bon, bah cette fois les Knicks qui n’ont plus rien en magasin à proposer doivent se faire une raison.

MOURNING GLORY

Mais attendez une mAl6inute là. Qui symbolise le mieux le jeu des Knicks du début des années 90 ? Pat Riley of course. Et qui vient d’atterir sur le banc de la franchise du Heat de Miami ?? Pat Riley of (re)course. Pas de doute, ces deux là sont fait pour s’entendre. Le deal se prépare. Riley sait qu’il va avoir besoin d’un Big-Men sous ses ordres, comme à la belle époque ou il utilisait Abdul-Jabbar chez les Lakers, ou lorsqu’il drivait Pat’ Ewing à New-York. Coach Riley aime articuler son jeu et ses systèmes autour d’un pivot capable de scorer, mais également susceptible de se sacrifier défensivement quand cela est nécessaire. Mourning a le profil (et accessoirement le numéro de jersey) idéal. Le Heat n’hésite pas longtemps et sort le grand jeu, 15 millions de dollars pour la seule saison 1995/1996. Le banquier d’Alonzo est conquis, le front office des Hornets également puisqu’il récupérera dans la transaction le talentueux Glen Rice,  qui deviendra All-Star en débarquant à Charlotte, s’adjugeant même le titre de MVP de l’édition 97. Zo’ fraîchement débarqué dans sa nouvelle franchise compilera 15 points, 5 contres et 5 rebonds pour son premier match. Alors, Mourning est-il un démon cynique et cupide, ou juste un ange dont le sens des affaires est particulièrement aiguisé ? L’accusé s’explique :

 » Je ne pensais pas qu’un jour je quitterais Charlotte. Je pensais que je jouerais la totalité de ma carrière avec les Hornets, je pensais que je fonderais ma famille à Charlotte.. Il faut que les gens comprennent : je voulais obtenir ce que je mérite en fonction du marché des transferts. J’ai beaucoup bossé pour arriver là où j’en suis. Je veux profiter de tout ce travail. « 

Voilà donc comment Alonzo Mourning traumatisera une ribambelle de fans (moi le premier) en quittant les Hornets, Larry Johnson et Tyrone « Mugsy » Bogues. Il ne me restait plus qu’à remiser mon jersey bleu pastel flanqué du n°33 au plus profond de mon armoire et trouver une âme charitable qui veuille bien me racheter ma paire de Converse NBA estampillé du logo des Hornets. Pour la petite histoire, et sans rentrer dans les détails, Pat Riley mettra dix années pour inscrire en lettres d’or Miami sur la carte NBA. C’est en effet en 2006 que la franchise s’adjugera son premier titre. Alonzo Mourning lui aussi était bien de la partie. Mais tout ne fût pas si facile pour Zo’ avant d’en arriver là. Après une greffe rénale en 2003 et une parenthèse du côté de New-Jersey, Alonzo viendra mettre un terme à sa carrière en Floride en devenant la doublure attitrée du Shaq’. Il en profitera pour accrocher le titre à son palmarès. Mais tout ça c’est une autre histoire, que l’équipe de BASKET RETRO vous racontera peut-être un jour.

SES STATS A CHARLOTTE 

  • Points : 4 559 soit 21,3 par match
  • Rebonds : 2 176 soit 10,1 par match
  • Assists : 273 soit 1,3 par match
  • Contres : 684 soit 3,2 par match
  • 215 matchs de saison régulière disputés pour 214 titularisations
  • 13 matchs de play-offs pour 13 titularisations (23,2 pts et 10,9 rbds par match)

SON BUZZER BEATER CONTRE LES CELTICS

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About Waka Bayashi (94 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

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