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ITW Gaelle Millon – Equipe 21 (Partie 2) : « La chaîne a compris que le basket était un sport fédérateur »

Suite aujourd’hui de l’interview avec Gaëlle Millon. Dans cette deuxième partie, la journaliste revient sur son travail à l’Equipe 21 et notamment le documentaire réalisé sur les français évoluant en NBA il y a 2 ans. On a aussi abordé le sujet de la place qu’occupe le basket sur cette chaîne du Groupe Amaury.

Basket Rétro : J’en viens maintenant à votre travail sur l’Equipe 21. Vous avez réalisé un documentaire sur les joueurs français de la NBA il y a 2 ans : « Dans Leur Monde ». Comment vous est venue cette idée ?

Gaelle Millon : On était en pleine campagne pour obtenir une fréquence sur la TNT. Il nous fallait des documentaires à nous, des choses originales. Le directeur de la rédaction de l’époque avait quelques idées comme ça. Il y avait celle de Thierry Henry qui a fait l’objet d’un deuxième «  Dans leur Monde ». Le sujet du premier documentaire sur les français de la NBA a été pensé six mois avant les Jeux Olympiques de Londres en 2012. L’idée était d’aller à la rencontre de ces français à l’étranger qui allaient faire l’actualité l’été d’après. Ca s’est décidé très vite. On est parti le 20 janvier je crois et on s’était décidé le 10. On a tout calé au dernier moment. On est parti un peu en serrant les dents (rires) en se disant «  aller ca va le faire, on va y arriver ». Puis tout s’est bien passé, les joueurs sont très disponibles. On les connait. Et ils étaient assez contents de jouer le jeu.

BR : Quel était le but de ce reportage ? Faire découvrir le quotidien d’un joueur de basket NBA ?

GM : Oui voilà. Comme je le disais tout à l’heure, ce n’est pas le même sport qu’en France. Ils n’ont pas les mêmes obligations, les mêmes rythmes de vie et contraintes. C’est vraiment un monde à part entière. L’idée était de montrer l’envers du décor aux gens qui voient la NBA, qui en entendent parler et voient les matchs. Comme on n’a pas accès aux images et qu’on ne peut pas leur montrer les matchs, on pouvait leur dévoiler tout ce qui se passait avant, pendant et après un match. C’est ce qu’on a réussi à faire je pense.

 » L’idée du reportage était de montrer l’envers du décor aux gens qui voient la NBA, qui en entendent parler et voient les matchs « . 

BR : Était-il facile de contacter ces joueurs pour les faire parler dans ce reportage ? Comment avez-vous fait ? Êtes-vous passé par le service de presse de chaque club NBA ?

GM : Pour contacter les joueurs, on est passé par les agents. Je les connaissais avant de partir. Donc ils m’ont facilité la tache. Et après oui, on était en contact avec les représentants de chaque club parce que tout est très verrouillé, même si l’agent dit oui et que le club dit non.

BR : Cela prend t-il du temps pour les contacter et avoir les accords ?

GM : Non pas spécialement. Du moment qu’on a eu nos accréditations, les clubs savaient que nous étions là. Et on est rentré en contact avec eux par mail. Vu que les journalistes ne sont pas extraordinaires et qu’en NBA c’est beaucoup plus ouvert que chez nous, on a accès aux joueurs dans les vestiaires 45 minutes avant le coup d’envoi. On a le vestiaire qui s’ouvre après la causerie du coach à la fin. On sait que quoi qu’il arrive, on ne va pas attendre en zone mixte que le joueur veuille bien passer. De toute façon, on aura le moyen de le voir après. 

 » En NBA c’est beaucoup plus ouvert que chez nous, on a accès aux joueurs dans les vestiaires 45 minutes avant le coup d’envoi  « .

BR : Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience car vous avez été dans cinq villes américaines en l’espace d’une semaine à peu près me semble t-il ? (Charlotte, Chicago, Dallas, Portland et San Antonio)

GM : En six jours (rires). J’en garde un souvenir de dingue. J’avais déjà vu un match au Madison en tant que spectatrice. J’ai fait découvrir aux gens en même temps que moi je l’ai découvert. Je tâtonnais à chaque fois. J’ai adoré ça. Je m’intéresse encore plus à la NBA et encore mieux depuis que je vois l’envers du décor. Cela reste mon plus souvenir le plus fort depuis le début de ma carrière de journaliste sportive. C’est quelque chose qui est très peu fait. On a sorti le docu au moment du All Star Game 2012 si je me souviens bien. Et quelques semaines après, il y a le reportage pour Intérieur Sport du journaliste Antoine Leroy pour Canal Plus sur Tony Parker, qui est sorti. Le notre a été fait un tout petit peu avant. C’était bien. Il y a des choses qu’on ne voit pas beaucoup dans ces reportages comme filmer la maison de Parker. On n’avait jamais vu cela avant.

Carte NBA

Pour le reportage, Gaëlle Millon a voyagé dans cinq villes en moins d’une semaine (c) nba

BR : Sur la réalisation de ce reportage, combien de temps cela vous a pris pour tourner les images, les monter, poser votre voix pour obtenir le résultat final et le diffuser à l’antenne ? 

GM : Tout cumulé, cela a dû nous prendre 15 jours. C’est rien pour un 90 minutes. Il y a des chaines qui passent six mois. On a eu six jours de tournage, trois jours de montage et en amont deux jours de calage. On est une petite structure. Je ne faisais pas que cela à l’époque.  Je calais le reportage. Dans l’avion, j’ai lu plein de choses sur les villes où on allait. On peut le dire, cela s’est fait un peu à l’arrache. On a eu un peu de chance. Il nous en faut pour ce genre de reportage. On a basé cela sur la connaissance des mecs. Je suis arrivé là-bas. Je les avais tous rencontré avant hormis Noah. Je connaissais Ian Mahinmi, Nicolas Batum, Tony Parker qu’on avait reçu à l’Equipe. Le seul pour lequel je n’avais rien calé était Noah. Il est ingérable. On ne sait pas qui est son agent. C’est le joueur qu’on voit le moins sur le doc car je n’avais pas d’affinités particulières et pour le coup rien n’était calé avant de partir avec lui.

(Pour voir ou revoir ce reportage, les trois parties de celui-ci sont mises en ligne à la fin de l’interview)

BR : Peut-on s’attendre à ce que vous réalisez d’autres documentaires de NBA ou de basket français pour l’Equipe 21 ?

GM : Sur le basket français peut-être. Vu notre engagement avec Nanterre, j’ose imaginer qu’en fin de saison, on arrivera à compiler tout ce qu’on a fait dans l’année avec le club (ndlr : partenariat entre le club et la chaîne dont on va parler plus loin dans l’interview). Sur la NBA, je ne sais pas. On n’a pas d’autres idées là-dessus.

BR : Hormis les français de la NBA que vous avez rencontré, quels autres joueurs de NBA avez-vous interviewé ? Quels souvenirs en gardez-vous ?

GM : Oui pendant la campagne américaine et la première élection de Barack Obama en 2008 pour la chaîne, on est allé aux Etats-Unis faire une semaine américaine. Et j’avais rencontré Shaquille O’Neal. Il est aussi impressionnant que sur le terrain ou dans les vestiaires. On est entré dans le vestiaire juste après le match et on le voit avec une serviette autour du ventre. Vous tendez votre micro et il fait des blagues. Il est assez impressionnant. J’ai vu aussi Steve Nash. Au moment du doc « Dans Leur Monde », j’ai rencontré Jason Kidd, à l’époque joueur à Dallas. Il avait pris Beaubois un peu sous son aile. Mon rêve le plus fou serait d’interviewer Michael Jordan. Je pense que le soir où j’étais au match de Charlotte, il était là mais il est tellement protégé qu’il arrive après tout le monde.  Et part avant tout le monde.

 » Mon rêve le plus fou serait d’interviewer Michael Jordan « .

BR : Lors du dernier Euro 2013 remporté par la bande à Tony Parker, l’Equipe 21 a proposé des éditions spéciales pour couvrir cette compétition. Etait-il simple à votre direction de proposer ces éditions à cette occasion ? Vous vous êtes bien battu pour promouvoir le basket à l’antenne de Equipe 21. On sent que c’est une réelle volonté de votre part de parler basket sur la chaine étant donné votre passion pour la balle orange.

GM : Il faut dire que la notoriété des membres de l’équipe de France nous aide. On savait qu’il y avait une équipe de France compétitif, capable de gagner le titre et cette rivalité avec l’Espagne. Je n’ai pas énormément dû batailler. Après je me suis battu pour qu’il y ait une émission tous les jours d’ailleurs. On en a fait une pendant l’Euro de basket et l’Euro de hand pour leur demi et finale. On a marqué des points. On avait déjà commencé à faire une émission quotidienne pour l’Euro féminin l’année dernière. Je me suis dit si on arrive à faire une quotidienne sur l’Euro des filles même sans les jours de matchs, on n’y arriverait à faire la même chose pour les garçons. Pour les gars, on avait fait une émission que les jours de matchs. Aujourd’hui, je pense que ce sport est bien installé. La chaîne a compris que c’était un sport fédérateur et que l’équipe de France plaît, que les joueurs et joueuses de cette équipe sont accessibles, parlent bien, transmettent des valeurs. Il y a de belles histoires à raconter. Parker a été élu champion des champions par l’Equipe. Le groupe en entier et les journalistes qui font le journal savent ce qu’il représente en termes de marque.

Le titre de champion d'Europe de la France en 2013. (c) Jure Makovec AFP

Le titre de champion d’Europe de la France en 2013. (c) Jure Makovec AFP

BR : Dans la même lignée, peut-on s’attendre à voir des éditions spéciales pour le mondial de basket avec la France en septembre 2014 sur l’Equipe 21 ? 

L'Equipe 21 a couvert le basket : Euro 2013, Eurocoupe, reportages

L’Equipe 21 a couvert le basket : Euro 2013, Eurocoupe, reportages

GM : On espère et va faire en sorte que oui. Après, ca sera la grille de l’année prochaine. On ne connait pas nos orientations, ni le budget. De toute façon, on couvrira cet événement, c’est sur. Faut que je bosse la formule pour savoir si c’est intéressant de démarrer dès le début sur cette compétition. Il n’y a pas de raisons.

BR : Comment avez-vous réussi à recruter Alain Digbeu et Christophe Denis comme consultant pour cette émission quotidienne sur l’Euro 2013 ?

GM : J’ai contacté Alain Digbeu via les réseaux sociaux. On se connaissait de Villeurbanne. Je l’ai lancé, ignorant qu’il vivait en Turquie en permanence à l’époque. Je savais qu’il vivait en Espagne et ne savait plus où il était. Je lui en ai parlé et de son coté il cherchait à retrouver un peu de boulot car il ne joue plus au basket. Ca s’est fait naturellement. Il était content. Avec Alain, c’est le relationnel qui a marché. Quant à Christophe Denis, je l’avais invité et même plusieurs fois l’année dernière sur le plateau du Grand Tour de l’Equipe quand il était encore coach du Paris Levallois. En début d’année, on a fait une liste de gens qu’on pouvait inviter et il en faisait partie. Au moment où on l’a appelé, il nous a dit «  vous savez je suis disponible tout le temps. J’ai pas de clubs». Il habite Porte de Saint Cloud. C’est assez simple, on va lui dire de venir tous les jours. Et depuis ca s’est tellement bien passé que Christophe est aujourd‘hui consultant et commente les matchs d’Eurocoupe de Nanterre.

L'Equipe 21 a diffusé cette saison les matchs d'Eurocoupe de la JSF Nanterre.

L’Equipe 21 a diffusé cette saison les matchs d’Eurocoupe de la JSF Nanterre.

BR : Venons-en justement à la JSF Nanterre. Cette année, l’Equipe 21 a acquis les droits des matchs du club francilien en Eurocoupe. Comment avez-vous réussi à récupérer ces droits ? Un accord a été signé avec Nanterre. Comment se sont passés les négociations ?

GM : C’est un partenariat et une entente. Après l’Euroligue, je crois que les droits des matchs de l’Eurocoupe appartiennent aux clubs. Ils en font ce qu’ils veulent. Strasbourg a dealé avec une chaîne locale. Nanterre, qui nous avait déjà contacté avant l’Euroligue, puisqu’en début de saison, il y avait pas de diffuseur pour cette compétition, est revenu vers nous. Pascal Donnadieu m’a appelé. Il m’a dit voilà ce qui se passe. J’ai transmis l’info à Stéphane David qui s’occupe des opérations spéciales chez nous. Cela s’est fait assez naturellement. C’est un partenariat. Le club paie autant que nous.

BR : On peut s’attendre à voir les matchs de Nanterre s’il est en Coupe d’Europe la saison prochaine également ?

GM : C’est un partenariat à la saison. Les droits de l’Eurocoupe appartiennent à Eurosport. Je pense que malheureusement, on est une chaine qui vient de naitre, même si l’Equipe 21 va avoir 16 ans d’existence cette année, on n’est pas sur des projections à 3 ans. On n’achète pas comme Bein les droits de la Ligue 1 pour 4 saisons. Là, on fait des coups de temps en temps comme avec les matchs d’Eurocoupe de Nanterre. Peut être que l’an prochain, on pourra pas, peut etre que l’an prochain, on se dira que Nanterre a bien marché, on diffusera les matchs de Strasbourg ou de Gravelines. Pour le coup, je ne suis pas en charge de cette partie. J’ai fait de la mise en relation tout simplement et après c’est de la négociation.

BR : Faire des coups comme vous dites. Ainsi, peut-on s’attendre dans un futur proche à ce que Equipe 21 co-diffuse les demi-finale et finale des playoffs de Pro A avec le groupe Canal ?

GM : Avec Canal je ne pense pas. On a essayé car il ne diffuse pas tous les matchs de Pro A cette année. Mais il ne cède pas leurs droits.

BR : Etes-vous tenté par commenter un match de basket en direct ?

GM : J’ai commencé par l’Euro 2003 et l’Equipe de France en radio locale qui s’appelait Lyon Sport à l’époque. Ensuite, j’ai commenté en radio les matchs de l’ASVEL à l’extérieur lors de la saison 2002-2003. J’étais avec un journaliste et moi dans le rôle de la consultante. Ça m’avait beaucoup plu.

BR : Comment on prépare les matchs à la radio. Est-ce différent de la télévision ?

GM : Je n’ai jamais commenté en télévision. Donc je ne sais pas. A la radio, on cherche des histoires sur chaque joueur présent sur le parquet. Pour être un bon commentateur, il faut vraiment suivre à fond les clubs pour avoir des petites anecdotes à raconter, des choses pour pouvoir parler sur des joueurs. C’est un exercice que j’ai bien aimé. Ce n’était pas un exercice de pro entre guillemets. Je n’étais pas rémunéré pour faire ça. Je le faisais sur mon temps libre. Je n’ai jamais eu un patron qui me disait si je commentais bien ou pas bien. Le gars qui commentait avec moi était un ami. On faisait ça ensemble sur une radio qui n’avait pas énormément d’enjeu d’audience.

MAGAZINE L'EQUIPE TV

Merci infiniment à Gaëlle Million de nous avoir reçu dans les locaux de l’Equipe 21 et d’avoir répondu à nos questions pour Basket Rétro.

Propos recueillis par Richard Sengmany

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Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

2 Comments on ITW Gaelle Millon – Equipe 21 (Partie 2) : « La chaîne a compris que le basket était un sport fédérateur »

  1. Merci pour les liens ^^
    Auriez-vous les horaires des émissions de basket sur l’équipe21 ?

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    • Richard Sengmany // 22 mars 2014 à 23 11 30 03303 // Réponse

      Pas d’émission hebdomadaire sur le basket. Sur l’Equipe du matin Weekend, il y a toujours la chronique Sports US. Pour avoir les infos rdv basket sur la chaîne, suivez la page Facebook et Twiiter.

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