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Interview Kevin Couliau (Doin’ it in The Park) : New York, le berceau du basket

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D’origine nantaise, Kevin Couliau a réalisé en collaboration avec Bobbito Garcia « Doin’ it in The Park », un documentaire sur le basket de rue à New York sorti en DVD en mai dernier. A cette occasion, NBA Flashback s’est entretenu avec ce grand passionné de la balle orange et est revenu pour nous sur les différentes étapes de la réalisation de son projet enfin dans les bacs.

Salut Kevin, comment vas-tu ?

Très bien Patrick, merci.

Tout d’abord, peux-tu nous raconter ton parcours basket et te présenter à nos lecteurs ?

Kevin Couliau, basketteur nantais issu de la génération 1982 – j’ai commencé à 6 ans et évolué dans pas mal de clubs de la région nantaise, expatrié à Paris depuis 2005. J’évolue dans un petit club de L’Essonne désormais, Bures s/ Yvette, on jouera en Nationale 3 la saison prochaine.

J’ai commencé la photographie en 2004 avec des parutions sur la culture playground dans les magazines BOUNCE (NYC), REVERSE et FADEAWAY (UK). J’ai découvert New York cet été là, et depuis je fais des allers-retours pour arpenter l’asphalte et documenter la culture playground. En 2009, j’ai réalisé une première vidéo intitulé “Heart & Soul of New York City” pour la marque allemande k1x et le rappeur Red Café, la vidéo compte aujourd’hui plus d’un million de vues en ligne et est devenue un classique de la culture basket. En 2010, j’embarque pour un périple de 75 jours à New York pour filmer mon premier documentaire avec Bobbito Garcia, le tournage débuta en Juin 2010 et le film est sorti au 1er mai 2013 sur www.doinitinthepark.com

Peux-tu nous en dire plus sur le documentaire que tu as réalisé, Doin’ It In The Park ?

DOIN’ IT IN THE PARK : PICK-UP BASKETBALL, NYC est un documentaire que j’ai co-réalisé avec Bobbito Garcia. On a sillonné les 5 quartiers de New York sur nos vélos avec l’équipement vidéo dans nos sacs à dos, visité plus de 180 terrains et interviewé 60 personnes pour finir avec un documentaire de 83 minutes. Le film explore la culture du pick-up basketball dans la ville de New York, le berceau du basket, qu’il soit indoor ou outdoor. On a eu la chance d’avoir en caméra des personnalités NBA telle que Julius Erving, Kenny Smith, Kenny Anderson ou des légendes du playground comme Pee Wee Kirkland et Fly Williams. On retrace donc l’histoire, l’évolution du basket mais on dresse également un portrait de la culture et ses composantes telles que le code vestimentaire ou le trash-talk et on aborde également l’impact social du pick-up.

Comment t’es venue l’idée de réaliser un doc sur le basket à New York ?

Je vais à New York depuis 2004 pour documenter la scène basket new yorkaise, en vrai passionné j’ai lu les livres tels que “Heaven is a Playground” , “The City Game” ou vu des films comme “Soul In The Hole” qui ont eu un impact sur ma perception du basket de rue. J’ai toujours rêvé de faire un documentaire sur le basket, et il se trouve que Bobbito avait eu une idée similaire dans les années 90. Après avoir vu “Heart & Soul of New York City” il m’a parlé de faire un documentaire ensemble sur le 21 qui est un jeu New Yorkais, et je lui ai proposé de faire un truc plus large qui inclurait les tournois de streetball mais on a vite borné le sujet au pick-up basketball – que ce soit Barack Obama, Lebron James ou un joueur lambda en France ou en Asie – c’est le dénominateur commun et l’essence du basket.

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Tu as donc réalisé ce documentaire en collaboration avec Bobbito. Peux-tu nous le présenter et nous expliquer comment tu l’as rencontré ?

Bobbito et moi on s’est rencontrés en 2004 via son magazine BOUNCE, j’ai commencé à collaborer en tant que photographe pigiste, mais notre première rencontre physique s’est faite l’été 2004 – il m’a montré ce qu’était le basket new yorkais pendant 3 jours. Depuis cette rencontre on n’a jamais cessé de bosser ensemble sur le magazine ou différents projets liés au basket. Pour ceux qui ne connaissent pas Bobbito c’est un activiste multi-casquette, il a fait sa renommée en tant qu’animateur radio sur WKCR, son émission à dévoilé les plus grands artistes Hip Hop ( Nas, Jay Z, Big L, Busta Rhymes…) – écrit un bouquin sur la culture des baskets à New York – joué dans plus de 30 pubs Nike…bref c’est une personnalité – le plus simple pour comprendre c’est de regarder cette vidéo.

Combien de temps a duré le tournage, et comment s’est-il déroulé ? Quelles difficultés as-tu rencontré ?

Le tournage a duré 75 jours sur deux étés consécutifs, 2010 et 2011. Bien qu’ éprouvant, traverser New York à vélo pour jouer au basket et filmer ça n’était que du bonheur. La plus grande difficulté c’était de résister à la tentation de poser la caméra et rejoindre Bobbito sur le terrain. L’autre problème majeur c’est le financement d’un tel projet, j’ai eu la chance de pouvoir squatter chez Bobbito et lui a eu la chance que je sois équipé pour filmer. Mais on a quand même dépensé beaucoup d’argent personnel entre le tournage à New York et les sessions de montage à Paris, le licensing des archives et de la musique jusqu’à la création du master.

Tu as également eu l’occasion de tourner dans la prison de Rikers Island. Peux-tu nous en dire plus sur cette rencontre ?

On eu l’opportunité de filmer 5 heures à Rikers Island grâce à un pote basketteur de Bobbito qui est le chef des gardiens. Ils ont donc sélectionné 8 joueurs parmi les détenus et on a donc pu les affronter et les interviewer sur le terrain de la cour pendant que d’autres enfermés regardaient l’action se dérouler. Le plus étrange c’est que Rikers Island compte une majorité de détenus de moins de 23 ans – donc lorsque l’on a traversé la prison on a croisé beaucoup d’enfants. Ils n’ont le droit qu’à 2 heures de basket par semaine.

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Tu as dû faire d’incroyables rencontres. Lesquelles t’ont le plus marqué ?

Pee Wee Kirkland et Fly Williams par leur assurance et vision du basket. Ils ont un don bien particulier pour expliquer la culture playground et viser le point juste. On a récemment eu la chance d’avoir Pee Wee avec nous sur un plateau live pour Huffington Post live – c’est bien évidemment difficile d’en placer une car il parle beaucoup, mais ses propos sont toujours justes et on ne peut avoir que du respect pour cette ancienne gloire de l’asphalte.

Toi qui connait bien le basket playground de New York. Comment le définis-tu ?

Intense, rapide, jeune, physique mais aussi égoïste, égocentrique et orgueilleux.

Certains joueurs NBA sont issus de ce milieu. Est-ce une meilleure école que l’université ?

Il n’y a pas meilleure école que l’Université pour un jeune, le playground est juste un complément pour perfectionner et étoffer son jeu. Parfois le playground peut aider à se faire une notoriété comme le raconte Corey Williams dans notre documentaire, jouer sur les terrains de NYC lui a permis d’avoir un try-out avec les Raptors et de devenir champion de D-League et de la ligue Australienne.

Justement, Quel rapport entretient le basket de rue avec les franchises NBA ?

Sur les playgrounds de NY tu peux croiser des scouts comme Tom Konchalski qui sont la pour repérer les futurs talents – mais parfois certains scouts NBA se retrouvent sur les tournois car le potentiel est tellement élevé. Mais au-delà de ça la NBA n’est pas impliquée dans le basket de rue, en tout cas pas le développement de celui-ci – Néanmoins le jeu NBA que l’on apprécie tous provient de la rue, le crossover, les passes-aveugles, les alley-oops… sont des moves qui ont été développés dans la rue avant de pénétrer les arènes NBA.

Où peut-on se procurer Doin’ It In The Park ?

DOIN’ IT IN THE PARK est actuellement disponible sur notre site internet pour 9.99$ avec les sous-titres Français. www.doinitinthepark.com                                                                                                                                                                      Vous y trouverez également la liste de nos projections
Ou notre facebook : www.facebook.com/doinitinthepark

As-tu d’autres projets dans le futur ?

On est en ce moment même en train de faire un tour du monde DOIN’ IT IN THE PARK avec Nike. On montre le film dans 11 villes cet été, on a commencé par Mexico en Mai puis Chicago, pour ensuite traverser la planète et promouvoir le basket aux Philippines, en Chine, en Europe et en Afrique du sud.

Merci de ta disponibilité, je te laisse le mot de la fin ?

Doin’ It In the Park est un documentaire indépendant, on a besoin de votre soutien pour diffuser l’information et promouvoir ce sport qu’on aime tant. Donc n’hésitez pas à nous rejoindre sur facebook et partager l’url de notre site dans vos réseaux sociaux.

Kevin Couliau

Propos recueillis par Patrick Parizot, pour NBA Flashback

Le trailer officiel

DOIN’ IT IN THE PARK Official Theatrical Trailer 2013 from Doin’ It In The Park on Vimeo.

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About Patrick Parizot (767 Articles)
Fondateur et rédacteur en chef de Basket Retro. Grand passionné de la balle orange et surtout adepte du basket en tout genre. Apprécie particulièrement le basket vintage et notamment celui des années 70.

1 Comment on Interview Kevin Couliau (Doin’ it in The Park) : New York, le berceau du basket

  1. Juste génial !!!! Après l’itw, j’avais juste envie de prendre mon ballon, mettre mon short et mon maillot Celtics #34 Paul Pierce ^^ et allez sur le terrain de basket de mon village 🙂 … Sauf qu’il est 23h50 et qu’avec mon dos je peut plus jouer au basket :/ Et après avoir vu la vidéo, l’envie était encore plus forte 🙂 Superbe itw !!!

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