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Detroit Pistons – 30 années de prises de risques

Franchise History

Après trois intersaisons consécutives ou les Pistons étaient restés très silencieux sur le marché des FA, la faute à un salary cap plombé notamment par les signatures de Ben Gordon et Charlie Villanueva, Frank Gores, le nouveau propriétaire a mis la pression à Joe Dumars cet été : il faut atteindre les playoffs dès cette saison et cela passe par de nouveaux joueurs.

Comme en 2009, Dumars à sorti le portefeuille mais ce coup-ci, il semble aussi avoir appris de ces erreurs. Fini les contrats longue durée pour des joueurs de seconde zone, Detroit a réussi à attraper l’un des plus gros Free-Agent de l’intersaison à un prix correct (Josh Smith) et a su être patient pour attirer un joueur tellement surestimé qu’il en est devenu sous-estimé, et ce, pour une bouchée de pain (Brandon Jennings).

Son pari est audacieux et est dans la lignée d’un recrutement à contre-courant qui a fait le succès des Pistons depuis 30 ans : construire une équipe sans superstars mais autour de laisser-pour-compte et de joueurs revanchards.

Dans l’histoire de la franchise, cette prise de risque a souvent payé !

15 février 1989 – Echange Adrian DantleyMark Aguire 

dantley_aguirre_300_110801_0Les Pistons sortent d’une saison 1987-1988 ponctuée par une défaite en finale face aux Lakers et font office de favoris pour le titre dès l’année suivante. Malgré le meilleur bilan de la ligue au All-Star break (34V/12D), Jack McCloskey, GM de l’époque sent qu’il manque une pièce pour décrocher le titre. A la surprise générale, il décide d’échanger Adrian Dantley, meilleur marqueur de l’équipe contre Mark Aguire, ami d’enfance d’Isiah Thomas (beaucoup diront que Isiah a eu une grosse influence sur ce trade) mais catalogué comme « joueur à problème » et « individualiste » à Dallas. A la surprise générale, Aguire le scoreur s’intègre parfaitement dans une équipe rugueuse et défensive et joue un rôle actif dans les titres de 1989 et 1990.

Expension Draft 1989 : Les Pistons libèrent « l’âme » des Bads Boys.

Mercredi 14 juin 1989. Les Pistons viennent de remporter leur premier titre NBA en « sweepant » les Lakers en Final. Une parade est organisée dans les rues de Detroit mais ce matin-là, Jack McCloskey a un autre souci. La NBA accueillant deux nouvelles franchises à Orlando et Minnesota, chaque équipe doit protéger huit joueurs de leur effectif pour l’expension draft. Les joueurs restants seront redispersés dans une draft avec les Wolves et le Magic. Les Pistons ont cinq « intouchables » (Isiah Thomas, Joe Dumars, Mark Aguire, Bill Laimbeer, Dennis Rodman) et doivent se séparer de l’un des quatre cadres restants (James Edwards, Rick Mahorn, Vinnie Johnson ou John Salley). À la surprise générale McCloskey décide de se séparer de Rick Mahorn, âme de l’équipe et leader dans le vestiaire tout en essayant de le récupérer – sans succès – dans un trade. Crève-cœur pour l’ensemble du vestiaire, ce choix s’avère payant : James Edwards brille la saison suivante en tant que titulaire, John Salley s’affirme comme un sixième homme de luxe et les Pistons remportent le titre en 1990 face aux Blazers sur un dernier shoot de …. Vinnie « The Microwave » Johnson.

Grant Hill quitte les Pistons

3 août 2000 : Pour la quatrième saison consécutive, les Pistons sont une nouvelle fois sortis au premier tour des playoffs, cette fois-ci face au Heat d’ Alonzo Mourning. Grant Hill, star de l’équipe et free-agent cet été décide de signer au Magic. Au lieu de tenter de le retenir ou de le laisser partir pour rien, Joe Dumars, récemment promu GM des Pistons propose un sign-and-trade deal à Hill et au Magic : Le premier obtient alors un contrat plus conséquent et les Pistons reçoivent un lot de consolation… Au final, Joe D est le grand vainqueur de ce trade puisque les Pistons accueillent Chucky Atkins et surtout Ben Wallace qui deviendra le leader des Bads Boys nouvelle génération, participera à 4 All-Stars Game et finira 4 fois meilleur défenseur de la ligue. Hill quant à lui aggrave sa blessure à la cheville et ne jouera au total que 200 matchs sur 492 possibles lors de ses six saisons à Orlando.

Eté 2002 : Arrivée de Richard Hamilton et Chauncey Billups

Emmenés par leur meilleur scoreur, Jerry Stackhouse, les Pistons terminent la saison 2001-2002 en tête de la division centrale avec 50 victoires au sein d’une conférence Est faiblarde et perdent au second tour des playoffs face aux Celtics de Paul Pierce et Antoine Walker. Stackhouse, meilleur marqueur de la saison 2000-2001 est le leader offensif des jeunes Pistons coaché par Rick Carlisle et son style purement défensif. Mais Dumars a d’autres plans et décide de trader Stackhouse contre le jeune shooter des Wizards, Richard RIP Hamilton. Dans le même temps, il signe en tant qu’agent libre le back-up de Terell Brandon à Minnesota, Chauncey Billups, ancien numéro 3 de la draft 1997 et annoncé comme l’un des plus gros flops de l’histoire. Dès leur première saison, ils s’imposent tout les deux dans le 5 majeur des Pistons et deviennent l’un des backcourt le plus dangereux de la ligue, défensivement et offensivement. Ils mènent les Pistons au titre en 2004, Hamilton finissant meilleur marqueur des Pistons en saison régulière/playoffs alors que Billups décroche le titre de MVP des finals.

Le Sheed débarque à Motor City

Ras19 février 2004 : Battus sèchement par les Nets en finale de conférence en 2003, les Pistons attaquent la saison 2003-2004 revanchards et avec la casquette de favoris à l’Est. Mais comme McCloskey en 1989, Dumars pense qu’il manque encore un joueur pour que cette équipe puisse prétendre au titre. Le 20 février 2011, son vœu est exaucé et Detroit récupère Rasheed Wallace d’Atlanta en échange de Zeljko Rebraca, Bob Sura, Chucky Atkins, Lindsey Hunter (qui re-signera à Detroit) et un premier tour de draft. Le Sheed à la réputation d’être un joueur à problème, fort caractère et un brin fainéant, bref, l’opposé de la mentalité des Pistons solidaires et travailleurs. Il s’adapte pourtant très vite au style de jeu des Pistons, apporte une nouvelle arme offensive poste bas et surprend défensivement au côté de son homonyme Ben. Wallace accepte de n’être qu’un « second couteau », les Pistons reporteront le titre cette année-là et manqueront de peu le doublé l’année suivante

Mais a force de prendre des risques, les Pistons ont parfois enchaîné les (très) mauvais choix :

NBA Draft 2003 : Sam Bowie 2.0

Avec le 5ème bilan de la ligue, Detroit ne pouvait guerre espérer de la Draft 2003, ou « draft de la décennie ». Et pourtant, les Pistons détiennent la possibilité de récupérer le choix de draft des Grizzlies suite à l’échange d’Otis Thorpe en 1997 (!). Seule condition, ce choix ne doit pas être le premier. Coup de chance incroyable, Les Grizzlies frôlent le gros lot (Lebron James) et se retrouvent avec le 2nd choix à céder aux Pistons. Ces derniers ont l’embarras du choix : Carmello Anthony, MOP du dernier final four, Dwayne Wade, All-America et star de l’université de Marquette ou encore Chris Bosh, freshman de Georgia Tech. Ils optent finalement pour un jeune prospect Serbe de 18 ans au toucher d’or, mesurant 2,13m : Darko Milicic. Le choix peut paraître logique, les Pistons ont déjà une équipe compétitive et font confiance au poste 3 au jeune Tayshawn Prince drafté une année plus tôt. Au final, le pari du « projet » s’avère catastrophique : Le Serbe n’arrive pas à trouver sa place dans l’effectif et est finalement échangé au Magic contre Kelvin Cato et un choix de Draft (25ème en 2007). Dwayne Wade de son côté emmène le Heat au titre en 2006, Mélo et Bosh deviennent All-Star.

The wrong answer

4 novembre 2008 : La saison 2007-2008 se termine une nouvelle fois par une défaite en finale de conférence face aux futurs champions NBA, les Boston Celtics. Après cette défaite, Dumars déclare qu’aucun joueur n’est intransférable dans l’équipe, hormis Rodney Stuckey. La base de 2004 est encore présente (sauf Ben Wallace) autour de quelques jeunes (Jason Maxiell, Rodney Stuckey, Amir Johnson, Aaron Afflalo). Mais Dumars pense déjà à la re-construction et aux prochains marchés de l’été 2008 et 2009 ou de nombreuses stars seront free-agent. Le 2 novembre 2008, après 2 matchs pour autant de victoires, les Pistons transfèrent Chauncey Billups pour Allen Iverson et son contrat arrivant à échéance. Il donne ainsi les rênes de l’équipe à Rodney Stuckey. Le jeune joueur progresse, mais n’explosera jamais dans un rôle distributeur qui n’est pas le sien. De son côté, Allen Iverson n’accepte pas de sortir du banc et quitte l’équipe avant la fin de saison. Billups lui s’offre une seconde jeunesse avec les Nuggets.

Eté 2009 : le début de la fin

BGcvAu lieu de patienter jusqu’à l’été 2010 et son marché rempli de star, les Pistons décident de faire le shopping dès 2009. En plus de la masse salariale libérée avec les départs d’Iverson et du Sheed, Joe D décide d’échanger Afflalo aux Nuggets contre un second choix de draft et Amir Johnson contre le contrat de Fabricio Oberto. L’objectif : attirer deux bons joueurs dès cet été et poursuivre la reconstruction de l’équipe. La cible numéro 1, Carlos Boozer prolonge très vite pour un an avec le Jazz. Les Pistons se rabattent alors sur deux autres joueurs : Ben Gordon qui sort de playoffs de folie avec les Bulls et Charlie Villanueva, gros potentiel qui n’a jamais éclaté avec les Bucks ou les Raptors. Le résultat est catastrophique, Gordon se blesse dès sa première saison et n’arrive pas à prendre la place d’Hamilton dans le cinq de départ, Villanueva s’embrouille avec le nouveau coach John Kuester et fait face à des soucis extra-sportifs. Pire, Afflalo et Johnson sont titulaires dans leurs clubs et enchaînent les bonnes performances.

La ville de Detroit n’est pas un gros marché comme Chicago ou New York et n’offre pas le cadre de vie de Miami ou Los Angeles. Pour pouvoir être compétitif au fil des années, les Pistons doivent respecter l’identité qui a fait l’histoire de cette franchise : défense, rigueur, travail et agressivité. Le recrutement « humain » est donc déterminant les qualités psychologiques sont autant étudiées que les performances sur le terrain.
L’avenir dira si les signatures de Jennings et Smith seront à ranger dans la première catégorie, ou dans la seconde…

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Twitter : @junkyardswan

4 Comments on Detroit Pistons – 30 années de prises de risques

  1. Que d’histoires, belles ou tristes, dans l’épopée des Pistons. A mon avis la Franchise la plus importante derrière les Lakers et les Celtics !

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  2. @ SWAN GEROME : ^Je me trompe peut-être mais c’est votre (ton?) premier article? En tout cas bravo !!! J’en ai appris pas mal sur les Pistons. Ce type d’article est pas mal. A mon avis, c’est à renouveler !

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